Affichage des articles dont le libellé est fille de bonne famille. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fille de bonne famille. Afficher tous les articles

samedi 26 septembre 2009

fille de bonne famille: épisode22: Révélation assassine

Partager
En sursautant de colère, je hurlai.
- Qu’est-ce qu’elle veut ma mère ? Hein ?
Elle me prit les deux bras, et en souriant pour me calmer.
- Écoute, on est tous désolé pour ton amie, mais tu n’as pas le droit de continuer de t’infliger tant de souffrance et de peine ! et en me caressant la main, je vais me marier cet été, et je désire revoir ma sœur, la rigolote et farfelue, qui me partagerait ma joie et mon bonheur et donc tu devras passer quelques mois auprès de notre mère, quelques mois qui te feront du bien !
En tirant mes mains, d’un geste coléreux.
- Je n’irai nulle part !
Dix jours plus tard, je fus en plein cœur de Londres, dans le quartier de Chelsea, à l’intérieur d’une humble demeure, à l’ancien style victorien ; avec deux femmes ou plutôt deux mamans, d’une petite fille adoptive, de six mois ; un joli bébé d’origine vietnamienne, qu’elles élevaient ensemble, avec tant d’amour et de tendresse.
Je fis finalement la connaissance, de la femme fatale, pour qui notre mère a tout laissé derrière elle ; son mari, ses enfants, sa famille, le luxe dans lequel elle vivait, son pays, et tout, vraiment tout, au nom d’amour.
La première semaine de mon arrivée était très difficile pour moi ; avec les changements radicaux climatiques, qui font fendre les lèvres, tant de neige et d’horizon argentin, à la longueur de la journée, dans un pays où le soleil n’apparut que timidement, et rarement, pour réchauffer des cœurs froids.
Pour les toutes premières journées, elle était en déplacement pour son job, ce n’est que la veille du mon premier samedi là-bas, que je la découvris.
Une belle femme, forte, très élégante, aux yeux bleus, pleine de vie, peu bavarde. Elle ne fut pas surprise ni stressée par ma vue ; en fait, c’était elle qui a proposé à ma mère de m’inviter passer les vacances d’hiver chez elles.
C’était une femme, qui communiquait trop avec ses yeux, elle avait un regard super communicatif, avec lequel elle pouvait lire dans les pensées.
Ce samedi, j’étais comme d’habitude, renfermée dans ma coquille de détresse et de tristesse, assise dans le salon sur un tabouret face, à une cheminée qui flambe, les yeux, tournés vers la grande fenêtre chargée de givre, et donnant une vue superbe sur la rue.
Ma mère, s’approcha de moi, et tira, une chaise, pour s’asseoir prés de moi, tout en me donnant une belle tasse de thé, bien chaude.
- Alors jusqu’à quand vas-tu garder le silence ?
Je bus un peu de thé, sans prononcer le moindre mot, alors elle tenta de nouveau de me stimuler.
- Tu ne veux pas faire la connaissance d’Yvonne ?
Je levai à peine, l’œil, et je murmurai.
- Je veux retourner chez moi !
Elle se mit à me caresser les cheveux, puis reprit.
- Je sais que t’es en colère et que tu te sens coupable pour ce qui est arrivé à ton amie…
Je lui coupai la parole, en explosant de colère.
- Je l’ai tué !
- Non, tu ne l’as pas tué ! elle est encore en vie !
En craquant, je criai, d’une voix étranglée des pleurs.
- C’est un corps sans âme ! une fleur fanée !
Ma mère me serra dans ses bras tendrement et se mit, à jouer avec mes cheveux en me chuchotant.
- Il faut que tu craques ! ça te fera du bien pour faire sortir toute cette colère en toi !
En sentant, la tendresse maternelle, dont j’étais dépourvue pour des longues années, j’éclatai, en sanglots, jusqu’à ce que mes yeux s’assèchent. Pour me consoler, ma mère, se mit à me serrer, doucement, entre ses bras, tout en fredonnant, un extrait d’une ancienne chanson, qu’elle me chantait souvent, quand j’étais une gamine, pour que je puisse dormir, moi, qui avait des difficultés à trouver le sommeil, depuis mon jeune âge.
Une fois, calmée, je me sentais mieux, comme si je me suis débarrassée d’un lourd fardeau collé sur mes épaules, je me sentais, plus légère, plus relaxée, et surtout en sécurité.
Il y eut un moment de silence et de convalescence, auquel l’arrivée d’une troisième personne vint faire une heureuse diversion. Cette personne, était la partenaire de maman, Yvonne, qui attendait, depuis tout à l’heure, dans sa chambre, le bon moment pour venir me voir, et se présenter.
Elle se maintenait donc debout, en tenant la petite Tina, puis en levant la main de sa fille d’un ton complaisant.
- Dis bonsoir à Sandra !
En voyant la petite, ce bout de chou, remuer sa minuscule main, et sourire ; un sourire, innocent et spontané se traça, sur mes lèvres ; un sourire que je crus disparaitre pour toujours.
Je passai par la suite, six merveilleux mois, en compagnie de ma mère et sa partenaire. Six mois, pendant lesquels, leur amour et leur complicité me donnèrent gout à la vie, et m’encouragèrent à cramponner, de toutes mes forces, la vie, car on ne vit qu’une seule fois, et qu’une seule destinée.
Vers la fin de juillet, j’assistai au mariage de ma sœur, dans un luxueux hôtel à Kantaoui, elle était tellement belle, dans sa robe de mariée, côte à côte avec son mari, qui avait les yeux vacillants de joie et de bonheur, d’avoir épousé la fille qu’il aimait.
Bilhssan jouait au photographe avec sa petite caméra vidéo. Joyeux et tellement heureux pour le bonheur de sa grande sœur, il se dirigea vers moi, qui étais assise, dès le commencement de la soirée. Il me tira de la main, en criant.
- Allez Sandra ! je vais te prendre en photo avec Sana !
Je m’approchai donc de ma sœur, on échangea un beau sourire, et elle se mit debout et mit sa main sur mon épaule puis colla sa tête à la mienne, et Bilhssan prit cette photo.
Trois ans plus tard, Bilhssan prit une nouvelle photo de moi et ma sœur, mais cette fois-ci en inversant les rôles. J’étais moi, la mariée, vêtue d'une belle robe blanche en dentelle, épousant Helmi, le fougueux amoureux.
Ensemble on eut une petite fille, qu’on appelait Nadia ; une fille que j’enveloppai avec tant d’amour et de passion, et qui me rappelait sans cesse l’amour de ma vie, que je n’oublierai jamais.
Quelques mois après la naissance de ma fille, la famille de Nadia, n’ayant plus de foi en sa guérison et pour des raisons économiques, décida, finalement de la débrancher. Et Nadia partit paisiblement, et en silence, vers le ténébreux royaume de la mort.


la fin

vendredi 25 septembre 2009

fille de bonne famille: épisode22: Révélation assassine

Partager
L’une des filles a sauté du 4ème étage ; une phrase qui m’a coupé la respiration, m’a fondu en larmes et m’a fait pousser des cris rauques, des cris d’un cœur mourant, d’une conscience épuisée.
C’était Nadia, la victime de mon égocentrisme, mon égoïsme ; la victime de mes saloperies et de ma bassesse. Avec mon dévouement à l’aveuglette, je l’ai poussé au suicide ; à finir sa vie, alors qu’elle est encore jeune, comblée de rêves et d’ambitions.
À cause d’un amour obsessionnel et si maladroitement imbécile, j’ai perdu l’être le plus cher à mes yeux. Je n’avais plus goût à rien, je voulais m’en finir aussi, mais les dernières paroles de la femme me donnèrent de l’espoir ; une dernière chance pour demander le pardon de Nadia, elle me disait, que la fille n’était pas morte sur le champ, et que les urgentistes l’ont emmené si vite à l’hôpital Charles Nicolle.
Sans étirer la conversation ni la remercier pour ce soleil d’espérance, je dégringolai, l’escalier ; des marches qui semblaient infiniment longues, sans attendre l’arrivée de l’ascenseur.
Je ne savais pas comment j’ai pu conduire ma voiture, jusqu’à cet hôpital, avec toute cette tension et frustration qui me comblaient.
Une fois arrivée, et comme une folle désespérée, je me dirigeai vers la réception et on m’informait qu’elle fut transférée au bloc des soins intensifs.
Là-bas, une conversation, entre la famille de Nadia, et sa colocataire, Monjia, me fit déchirer le cœur encore et encore ; je me collai au mur sans trop m’approcher d’eux, de peur qu’ils m’aperçoivent, car j’étais la cause principale de sa tentation de suicide, et que je n’avais ni le courage ni la force, pour me montrer.
La mère de Nadia, larmoyante, secouait Monjia, et hurlait.
- Comment t’as pu la laisser toute seule ! tu savais qu’elle était dépressive !
Son mari lui tint la main, et murmura, en la grondant.
- Laisse-la, elle n’est pour rien !
Elle lâcha Monjia, et se mit à taper le torse de son mari, en pleurant.
- Tu n’aurais pas dû la laisser quitter la maison !
- Elle avait son boulot …
- Boulot de merde, après tout ce qu’elle a enduré, comment pourrait-elle trouver une envie de bosser !
Puis revint vers Monjia, et en la blâmant.
- Tu n’aurais pas dû laisser ma fille, seule !
Monjia, avalant ses larmes.
- Elle m’a paru calme, cet après-midi, elle était un peu fâchée à cause d’une amie à elle, après elle s’est mise à balayer le balcon, et moi à préparer le diner ! je te jure que je ne savais pas qu’elle avait l’intention de se jeter !
En apercevant un médecin venir vers eux, la maman de Nadia lui prend la main suppliante.
- Je vous en pris, laissez-moi voir ma fille !
- Elle est en soins intensifs, madame, je ne peux pas, c’est une chambre stérilisée !
Le père s’approcha de lui, et d’un air triste.
- S’il te plait ne nous cache rien ! est-ce que ma fille a une chance de guérison ?
Le médecin, la face baissée, n’osant croiser ses interlocuteurs.
- Votre fille est dans un état végétatif, son cerveau s’est complètement détérioré ; c’est uniquement son cœur, qui bat toujours, et en levant sa tête, une fois débranchée, elle serait morte, je suis vraiment navré, elle n’a aucune chance de survie, elle ne se réveillera jamais !
Sa mère s’effondra par terre, et lança des cris assourdissants et tristes, qui me firent la chair de poule. Son père secoua le médecin, et cria en déniant.
- Ne dites pas ça docteur, faites tout votre possible pour sauver ma fille !
- On a tout fait monsieur ! et ému, scientifiquement parlons votre fille n’a pas la moindre chance ! et en tapotant son épaule, tendrement, priez pour elle ! il lui faut un miracle pour survivre !
Je me figeai sur place, je ne sentais plus les battements de mon cœur ; les pleurs tumultueux ne cessèrent de pleuvoir sur mon visage. Je restai, ainsi sur cet état pour des heures et des heures, jusqu’à ce qu’une des infirmières vienne vers moi.
- Cava mademoiselle ?
N’osant lever les yeux, je ne dis rien jusqu’à ce qu’elle reprit doucement.
- Mademoiselle, tu n’as pas le droit de rester dans ce bloc !
En levant la tête, lourdement.
- Est-ce que je peux voir mon amie ?
- T’es l’amie de la fille qui a sauté du 4ème étage ?
Je remuai la tête pour dire oui, elle me regardait, tendrement, et murmura.
- Sauf un membre de sa famille, a le droit de la voir sous autorisation !
Puis elle eut pitié de moi, en me regardant pleurer en silence, et me dit.
- Allez suis moi, mais tu vas uniquement jeter un regard bref sur elle à travers la vitre !
Je la suivis, sans prononcer le moindre mot ; et je vus finalement, un corps, sans âme, une fille, fanée, toute bleue, envahie par les machines, ne donnant point un signe de vie.
C’était la scène, qui m’a plongé dans un tourbillon de dépression, tout un mois et demi. Pour trois semaines entières, je refusai de quitter ma chambre, ni d’adresser la parole à qui que ce soit. Mon père, ma sœur et même ma belle mère, ont beau essayé, m’aider à me libérer de ce cercle vicieux, dans lequel, je me suis enfermée, en vain.
Je me sentais tellement seule et impuissante, en perdant simultanément deux amies, l’une présente, en tant que cadavre vivant, dans l’hôpital, et l’autre, dans un pays lointain, à l’autre bout de monde.
Pendant ce temps là aussi, Sana se fiança avec Houssine Zarrouk, qu’elle trouva finalement aimable et sympathique, un gentil homme, doux, qui eut beaucoup de respect et d’affection pour elle. Elle finit donc par l’apprécier, et commença par l’aimer. De toute façon, chaque fois, qu’elle pénétra ma chambre, ne cessa de me parler de lui, avec un tel enthousiasme et gaieté. D’ailleurs, chacun, ayant une belle nouvelle, venait me l’annoncer en exclusivité.
C’étaient les conseils de mon psychiatre, qu’ils suivaient tous à la lettre, en souhaitant que je reprenne gout à la vie, et qu’ils trouvassent enfin, Sandra, la fille, rigolote, avec le sourire, omniprésent à la longueur de journée.
Un lundi matin, Sana poussa ma porte, et s’approcha de moi, puis mit une enveloppe sur mes jambes. Je la regardais, indifféremment puis sans hocher la tête.
- C’est quoi ça ?
Elle s’assit au bord de mon lit, et en faisant de l’effort pour sourire agréablement.
- Un billet d’avion pour Londres !
- Pour Londres ?
Elle la tint avec sa main gauche, et en me fixant d’un regard doux.
- De la part de maman !

jeudi 24 septembre 2009

fille de bonne famille: épisode22: Révélation assassine

Partager
Mon cœur se mit à battre très fort, et les mots se coincèrent au fond de ma gorge. J’avais une petite idée sur la raison de sa venue ; qui n’eut rien d’amical. Ses yeux brulèrent d’un incendie de colère, et son regard manifestait sa grande haine et mépris pour moi. Je la sentais capable de me rudoyer sans répit à n’importe quel moment.
C’était la première fois aussi, où je ne me sentais pas en sécurité avec elle : comme si j’étais avec une inconnue. Son ton de conversation fut d’un sceptique et d’un désabusé de jamais vu. Je n’avais aucune chance, de m’expliquer face, à son regard sévère et condamnant.
Malgré mon air effaré, je m’avançais vers la porte et je l’ouvris. Elle me suivit à l’intérieur, ferma la porte derrière elle doucement. Sans me laisser prendre mon souffle, elle murmura, d’une voix étranglée des pleurs.
- Pourquoi t’as fait ça ?
- Qu’est ce que j’ai fait ? dis-je, en m’asseyant sur le canapé.
Elle avança vers moi, et s’arrêta, tout en me perçant d’un regard horrible.
- Tu ne sais pas ce que t’as fait ? Puis en laissant fuir un rire furieux, n’as-tu pas gâché mes fiançailles ?
En levant la face, pour croiser son regard.
- C’est ton fiancé qui t’as posé un lapin pas moi !
Dans un excès de colère indomptable, elle me tint violemment par le bras et s’écria.
- Il m’a tout dit, sale garce ! il m’a dit qu’il ne voulait pas épouser une femme, avec qui en faisant l’amour, elle le prendra pour une fille !
Puis en me serrant si fort le bras.
- Tu n’as pas dégusté l’humiliation comme moi, le jour de mes fiançailles, tu n’étais pas assise au milieu des invités des heures et des heures, à attendre un homme, qui n’avait pas l’intention de venir !
En avalant ses larmes, elle se mit me blâmer et à me gronder pour la souffrance, volontaire, que je lui ai infligée par pur égoïsme, et par un amour aveugle et crapule.
Ahmed ne donna point à sa fiancée, une chance, pour s’expliquer, ni chercha à la voir, pour savoir sa version des faits. Ma révélation sembla avoir de l’effet irréversible, sur lui. Péniblement indigné, il prit le premier avion pour l’Allemagne, le samedi matin.
Pendant tout ce temps-là, Nadia ne se douta de rien, elle crut, que son homme l’évita uniquement, par simple obéissance aux meurs et aux coutumes des fiançailles de leur région, où l’homme ne devrait, revoir sa femme ou lui adresser la parole qu’une fois fiancés.
Intimidée et embarrassée, la famille d’Ahmed n’osa appeler l’autre famille, pour tenter de leur expliquer, le comportement, indigne et immature, de leur fils le jour des fiançailles. Ce n’est que vers 23heures le samedi que le père de Nadia décida finalement de voir ce qui se passait, lui qui tentait, tout au long de la soirée d’appeler la famille de son gendre ou son beau fils même, en vain.
Il fut choqué par la suite par leur révélation assassine et humiliante, mais la mauvaise nouvelle eut plus d’effet sur sa fille, qui resta bouche bée, pâlissante, noyée dans un tourbillon de tristesse et d'indignation, toute la soirée, au milieu des quelques têtes des invités, rieuses et moqueuses pour la plupart.
Dans une crise de fureur, elle me tint les deux bras agressivement et cria.
- Pourquoi tu m’as fait ça ?
En essayant de me relâcher de ses doigts enfoncés sous ma peau.
- Par ce que je t’aime ! et en me jetant à ses genoux que je baisais éperdument à travers son jean, je t’aime tellement et je ne supporte pas te voir avec quelqu’un d’autre !
Elle me poussa, sévèrement hors d’elle et cria, si fort.
- Tu as détruit ma vie ! je te déteste Sandra, tu m’entends, je te déteste !
En essayant de me mettre debout, tout en pleurant.
- Ne dis pas ça ! essaie de me comprendre !
Elle me coupa la parole furieusement et s’écria.
- Si tu m’aimais vraiment, t’aurais souhaité mon bonheur !
Je sautai sur elle, et je la pris dans mes bras, en l’embrassant.
- Ton bonheur est le mien ! on était bien ensemble !
Elle me gifla, et me poussa sur le sol puis s’assit sur moi et mit à me taper si fort, partout.
- T’es une salope ! je te déteste !
Je ne tentai de me défendre ; je me laissai tapoter, je la laissai se défouler sur moi, en espérant, qu’elle finisse par se calmer, dans un moment ou un autre. Mais ses coups semblaient infinis, et de plus en plus forts et violents, jusqu’à ce que deux mains étrangères la poussent hors de moi. C’était Oumayma, qui, furieuse, se dirigea vers Nadia, avec l’intention de la battre, mais je me mis debout et je l’arrêtai, suppliante.
- Arrête s’il te plait !
- Elle était en train de t’agresser !
Nadia, se mit debout, s’approcha de moi, en me jetant un dernier regard méprisant.
- Je souhaite ta mort !
Puis regarda, désagréablement Oumayma, sans lui adresser la parole et quitta l’appartement.
- Cava ma puce ?dit-elle, soucieuse, puis en me caressant la joue, la salope t’a fait un bleu sous ton œil droit !
En me débarrassant de sa main tout en m’asseyant sur le canapé.
- Ce n’est rien ! après tout, je mérite ça !
Elle s’assit à côté de moi, et murmura tendrement.
- Tu dois l’oublier ma chérie et refaire ta vie ! après ce que j’ai vu, elle n’a plus rien d’une fille amoureuse !
En soupirant tristement, je changeai de sujet.
- Alors quoi de neuf ?
Elle sourit, et tout en jouant avec mes mains.
- J’ai décidé d’aller vivre avec ma mère à Stockholm !
- Quoi ? m’écriai-je très surprise, puis en la fixant d’un regard ému, je croyais que t’étais toujours en désaccord avec Olga ?
En remuant les épaules timidement.
- On s’est réconcilié il y a deux semaines, elle prend régulièrement ses médicaments et ne fait plus ses crises de névrose odieuses ! puis en ingurgitant sa salive, et puis mes tantes ont fini par convaincre mon père à se remarier ! et je ne veux surtout pas habiter avec une inconnue sous le même toit ! puis en traçant un superbe sourire sur ses lèvres, j’ai ma sœur, ma mère, mes cousins et cousines et toute une famille qui m’aime et qui me manque trop là-bas !
En mettant sa main sur la mienne.
- C’est mieux que vivre avec un père quasi absent, comme si j’étais une orpheline !
En croisant son regard, d’une voix très émue.
- Et tu me laisseras seule ? Tu vas beaucoup me manquer !
Elle me serra dans ses bras tendrement et me chuchota à l’oreille.
- Tu vas me manquer aussi ! puis en me caressant le menton, mais je reviendrai surement pendant les vacances, comme tu peux venir chez moi, là-bas !
En me jetant dans ses bras, tout en retenant mes larmes.
- Oui, bien sûr !
Après ce moment fort émouvant, on parla presque de tout et de rien pour des heures et des heures. Mais pour la plupart de temps, j’avais la tête ailleurs, songeant à Nadia. Une fois, seule à nouveau, je pris mes clefs et je décidai d’aller la voir.
Vers 21h, je m’arrêtai devant la porte de son appartement et je mis à frapper, un bon quart d'heure, mais personne ne m’ouvrira, jusqu’à ce que la voisine de l’appartement juste à côté sorte, et me cria sur les nerfs.
- Mademoiselle, j’ai un bébé qui va se réveiller si tu continues à taper si fort sur la porte !
Rougissante, je balbutiai.
- Je suis désolée, mais personne n’ouvre la porte !
Elle mit ses mains sur sa taille, et me parla sur un ton plus calme.
- Tu n’es pas au courant ?
- Au courant de quoi ?
Elle mordit sa lèvre et dit d’une voix triste.
- L’une des filles a sauté du 4ème étage !

mercredi 23 septembre 2009

fille de bonne famille: épisode22: Révélation assassine

Partager
Le mot était si solennel pour moi ; il avait le même effet qu’une bombe. Sa phrase me fit perdre la langue, les premières secondes du choc puis en me levant.
- Enceinte ? Et en déniant, tu ne peux pas être enceinte !
En séchant ses larmes, elle se leva et me dit d’un air farouche.
- J’ai peur, je ne suis pas certaine !
- Alors, tu m’as menti, tout ce temps-là ! et en criant furieusement, tu m’as dit que tu n’as pas eu un rapport complet avec lui ?
- Oui, c’est vrai ! et intimidée, et à demie voix, mais il a frotté son pénis contre mon sexe, une fois ou deux !
Dégoutée, et en m’éloignant d’elle.
- Épargne-moi les détails ! puis en tournant la tête vers la fenêtre, je t’avais averti à son propos, à maintes reprises !
- Je l’aime Sandra ! cria-t-elle, en pleurant.
En remuant la tête, furieusement et en tenant ses deux mains.
- Moi aussi, j’ai aimé des mecs, mais je ne me suis jamais laissé aller avec eux !
- Mais c’est normal puisque t’es lesbienne ! tu préfères les chattes, et la preuve, tu as couché avec Nadia !
En relâchant ses mains subitement.
- OK, OK ! changeons de sujet !
Elle mit sa main, sur mon épaule et reprit suppliante.
- Que dois-je faire Sandra ?
En admirant son visage, pâle, longuement.
- Commence par enlever ce voile, car tu l’as largement sali avec tes infamies !
- Je parle sérieusement Sandra !
En s’asseyant sur le bord de son lit.
- Tu dois voir un gynécologue ! qu’est-ce que t’en dis de madame Hlel ?
- Quoi la gynécologue de ma belle mère ! ah, non, non, imagine s’il s’avère que je suis enceinte, elle va surement reporter ça à Soukayna !
- Ok, ok ! on ira donc chez une autre ou un autre !
Le lendemain, on choisit le cabinet privé, d’un gynécologue, homme, un vieillard, mais un bon médecin, qui enseignait des cours à la faculté de médecine de ma sœur. Je restai, durant toute la consultation, les fesses collées sur une chaise face à son bureau. Puis, la porte s’ouvrira, et il sortit avec ma sœur qui s’assit à côté de moi. Il lut le stress sculpté sur nos deux visages puis adressa la parole à ma sœur en souriant.
- Ce n’est pas aussi grave que tu le crois mademoiselle ! il s’agit d’une aménorrhée dite psychogène, qui est due probablement à un choc psychologique ou de tout autres types de stress, qui peuvent affecter temporairement le fonctionnement de l’hypothalamus et provoquer un arrêt des menstruations aussi longtemps que la source de stress persiste.
Puis en souriant.
- Je sais que les étudiants de la médecine sont tout le temps stressés, mais ma fille, tu dois essayer de faire des activités pour vaporiser ce stress, essaye le yoga, moi, personnellement ça m’aide à me relaxer !
Sana, sembla rassurée et trouva enfin le sourire.
- Oui, je vais essayer le yoga !
Le médecin tira une feuille et son stylo puis dit.
- Je vais te prescrire la bromocriptine, qui va t’aider à reprendre tes règles, mais surtout ma fille, tu dois apprendre à gérer le stress, et comme je te l’avais dit une bonne gestion du stress ainsi qu’une modération dans la pratique des exercices physiques seront largement suffisantes pour permettre le retour des menstruations !
Sana était tellement contente, du résultat de la consultation. Tout au long du trajet de retour, elle ne cessait de parler de tout et de rien ; quant à moi, je ne cessai de penser à Mehdi, ce salopard, qui a failli détruire ma sœur, et je n’avais qu’une idée, en tête, le voir et lui dire ses quatre vérités. Après tout, je n’avais plus rien à perdre.
Je déposai ma sœur devant le portail du jardin, et je pris la route pour Sahloul, où ce minable passait son stage. Je garai ma voiture face à l’hôpital universitaire et je mis à l’attendre. Une demi-heure après, c’était la pause déjeuner, et je l’aperçus, avec une bande d’amis. Illico, je mis à klaxonner. Il tourna la tête et nos regards se croisèrent. Il échangea, quelques paroles brèves, avec ses copains puis vint vers moi.
- Sandra ! quelle surprise ? Je suis tellement chanceux que la fille la plus sexy du Sahel vient m’attendre devant l’hôpital ?
En gardant mon sang-froid.
- Monte ! il faut qu’on parle !
- Comme tu le veux ma belle ! s’écria-t-il excité.
Une fois, installé, à l’intérieur, je démarrai la voiture, puis sans oser le regarder.
- Je suis bien contente que tu as finalement largué ma sœur !
- J’étais sûr que tu serais contente !
- Ah bon ?
Il mit sa main sur la mienne et reprit.
- J’avais plus d’amour pour toi que pour elle !
En accélérant, je criai étourdie.
- Tu n’as pas honte de me dire ça !
- C’est la vérité Sandra ! puis en avalant sa salive, c’est du délire, je le sais, mais j’ai eu le béguin pour toi, depuis le premier jour où je t’ai vu ! et j’ai cru qu’en m’introduisant dans la vie de ta sœur, j’aurai l’opportunité de m’approcher de toi, même à titre fictif !
J’arrêtai ma voiture, sur une piste à l’entrée de Hergla, puis je criai en le regardant avec mépris.
- T’es vraiment un salopard ! tu as abusé de ma sœur, physiquement et moralement alors que tu ne l’aimais pas !
Il mit sa main sur la mienne, insolemment, et répondit en plongeant son regard dans le mien.
- Si tu m’avais laissé une chance, avec toi, tout ceci ne serait reproduit !
- T’es vraiment un pervers et un malade ! et en riant de dégout, sors de ma bagnole !
- Quoi ?
En le fixant d’un regard sacripant.
- Sors de ma voiture ! change ton numéro et disparais de sa vie et de la mienne une fois pour toutes, sinon je te jure que tu auras affaire à moi !
Il croisa les bras, et dit avec sa bassesse.
- Tu n’as pas intérêt à me menacer !
En riant, d’énervement.
- Je n’ai plus peur Mehdi, tu peux dire à tout le monde que j’ai couché avec une fille, je n’ai plus rien à perdre ! puis en le perçant d’un regard rancunier, si mon père apprend que tu as abusé de sa fille ainée, il va surement te tuer, je te le jure, alors dégage et ne remet plus le pied chez nous ! puis en haussant la voix, et maintenant sors !
- Tu vas me laisser ici ?
En riant.
- T’es un grand garçon, tu peux te débrouiller !
- Mais...
- Sors !
- OK, OK !
Dés qu’il sortit de ma voiture, je démarrai le moteur, en direction de Tunis, et je le voyais à travers le rétroviseur, faire des mouvements des va-et-vient et essayer en vain d’arrêter les rares voitures passant par cette petite ruelle.
En rentrant chez moi, à Manar, une surprise m’attendait à l’entrée de mon appartement. Dés que la porte automatique de l’ascenseur s’ouvrit, le visage de Nadia m’accueillit.
Elle se maintenait debout, le dos collé sur ma porte, et me regardait, avec une telle haine et rancune, je me sentais faible et désarmée devant elle, jusqu’à ce qu’elle entama la conversation.
- Salut Sandra !
En m’avançant vers elle à pas hésitants.
- Ça fait longtemps que t’es là ?
En traçant, un sourire intriguant, cachant tant de fureur et de peine.
- Depuis trois heures et 40minutes !

mardi 22 septembre 2009

fille de bonne famille: épisode22: Révélation assassine

Partager
Je n’avais aucun regret ni remords pour ce que j’ai fait. J’étais heureuse que Ahmed ait baissé les bras, juste au premier obstacle ; qu’il n’ait fait aucune preuve d’amour, ou de sacrifice pour épouser la fille qu’il aimait. J’étais ravie, et tellement joyeuse, que mon amour pour elle fut plus fort que sa soi-disant passion.
Une victoire, inattendue, mais ressentie ; je savais profondément qu’une telle révélation ne peut le laisser indifférent ; j’avais lu sa déception et son indignation sur ses yeux ; sa tristesse soudaine m’avait fait signe de ses mauvaises intentions, mais je me suis dit que par amour il aurait pu négliger son amour propre, et il s’avérait qu’il ait beaucoup d’estime pour sa propre personne, que d’amour pour sa bien-aimée.
Tout le monde semblait ébahi, par la mauvaise nouvelle, et eut de la compassion pour Nadia et sa famille. Quant à moi, je restai, calme, clouée sur ma chaise, la conscience tranquille, buvant ma tasse du café.
- Tu ne sembles pas touchée par la nouvelle ? s’écria ma sœur, en levant ses sourcils.
- Mais si je le suis ! dis-je à contrecœur .
Et Bilhssan, intervint ému.
- La pauvre ! quel scandale !
Et Soukayna murmura, en mordant sa lèvre inférieure.
- J’imagine les dépenses de la coiffeuse et de la robe de fiancée, pour un tel fiasco ! les pauvres, quelle honte !
Sana retint son rire, et répliqua.
- Sa sœur semblait très émue, elle était brève avec moi, et m’a dit uniquement ce que je vous ai raconté sans entrer dans les détails !
Bilhssan me regarda lentement puis m’interpela.
- Tu devrais l’appeler et voir comment elle va ! c’est ta meilleure amie je suppose !
Sana fit plus rapide que moi et prit la parole en se moquant.
- Elles ne sont plus des bonnes copines, c’est pour cela que j’ai dit que ce n’est pas une si mauvaise nouvelle pour Sandra ! et en me regardant avec dédain, n’est-ce pas sœurette ?
Mon père nous partagea la conversation en se demandant.
- Je ne vois pas pourquoi ta sœur se réjouirait du malheur de son amie ?
Pour provoquer ma sœur, je repris d’un air sacripant.
- Moi non plus, et elle oublie souvent que je ne suis pas elle pour être contente des malheurs des autres !
Sana, me sourit, son sourire désagréable plein de rancune et se taisait. Mon père but un peu de son café puis en adressant la parole à Bilhssan.
- Alors, t’as obtenu le bulletin numéro 3 ?
- Oui, c’était vendredi !
- C’est bien ! dit papa, en souriant, il ne reste qu’attendre le visa !
En traçant un faible sourire sur mes lèvres.
- Alors, Billy nous quittera bientôt ?
Il se mit à rire, à voix basse, et badina.
- Par pour longtemps, je reviendrai surement durant les vacances !
- Tu entameras quand alors tes études à HEC Montréal ?
- Dans la session d’hiver, à partir du premier janvier !
Sana murmura, un peu émue.
- Ah, c’est pour très bientôt alors !
- Oui, dans un mois ! s’écria mon frère, très excité.
Soukayna, souriante ajouta.
- J’espère que tu seras sage là-bas !
Moi et Billy, on échangea des regards moqueurs puis on éclata de rire jusqu’à ce que mon père toussait intentionnellement pour mette fin à notre manque de respect à l’égard de notre belle mère puis reprit en adressant la parole à Sana.
- Alors ma fille, tu sors encore avec ce garçon ?
Sa question nous intrigua tous et ma sœur, rougissait faiblement et sembla gênée voir perturbée par son interrogation pas innocente du tout.
- On traverse quelques problèmes pour le moment ! dit-elle, très intimidée.
Sans jouer le juge d’instruction, pour l’interroger sur les causes de ces problèmes momentanés il sauta vite au cœur du sujet.
- Tu connais certainement Houssine Zarrouk ?
- Houssine Zarrouk ? s’exclama-t-elle, en ouvrant largement ses yeux.
Et là, en me rappelant de ce monsieur, j’intervins.
- Ce n’est pas le propriétaire de la chaine hôtelière RAMSSIS ?
- C’est lui ! voilà, une de mes filles, qui connait des noms dans le domaine du business ! s’écria mon père, d’un ton fier.
Le visage palissant, Sana, s’interrogea, en imaginant le pire.
- Pourquoi parles- tu de lui père ?
Sans prolonger le suspens, mon père répondit en la fixant de regard.
- Il veut se présenter pour demander ta main ! il t’a aperçue lors d’un mariage des voisins et tu lui as plu !
- Quoi ? Cria ma sœur effrayée, je suis fiancée père !
- Non, tu ne l’es pas ! tu n’as pas une bague en main ni officiellement avec ce garçon pour les gens !
En contemplant le visage de ma sœur, qui prit un arc en ciel de couleurs mélancoliques.
- Il n’est pas un peu vieux pour elle, papa ? J’ai entendu parler qu’il a la cinquantaine ?
- Il a tout juste 52ans !
Ce fut un choc intense pour Sana, alors elle hurla, plaignante.
- Je ne suis pas si désespérée père ni une vielle fille ?
- T’as 25ans, tu n’es non plus une petite fille ! s’écria mon père, en levant sa voix gravement puis en tentant d’atténuer les tensions, puis c’est un homme sportif, qui a l’air d’un trentenaire, et il ne s’est jamais marié de sa vie ! il a passé toute sa jeunesse à bosser pour devenir si riche et puissant comme il l’est actuellement, tout comme moi !
Elle poussa sa chaise furieusement et cria, les yeux brûlants de colère.
- Je ne veux pas épouser une copie de toi, père !
Puis partit en pressant le pas, et on entendit le claquement violent de sa porte. On resta tous, silencieux un long moment jusqu’à ce que mon père reprit en essuyant sa bouche, très énervé.
- Comment ose-t-elle me parler sur ce ton ?
Soukayna lui tapota l’épaule tendrement pour le calmer puis murmura, en poussant sa chaise en arrière.
- Ne t’énerve pas mon chéri, je vais lui parler !
Elle partit par la suite à son tour, et on resta nous trois, un bon moment ensemble, puis on quitta la table un à un, dans un silence absolu.
Sana passa le reste de la journée enfermée dans sa chambre ; j’entendis ses pleurs et ses soupirs, de la mienne. Puis Soukayna surgit subitement devant moi, et me supplia de tenter de calmer ma sœur et de voir si je peux la convaincre, pour qu’elle change d’avis concernant ce monsieur.
Sans trop m’investir dans la conversation avec ma belle mère, je me dirigeai vers la chambre de ma sœur puis en poussant la porte doucement, je la voyais assise sur le bord de son lit, le visage enterré entre ses mains, et pleurant amèrement.
Je pris mon souffle puis je m’assis près d’elle et en caressant ses cheveux.
- Je ne vois pas pourquoi tu pleures, de toute façon, si tu ne veux pas de ce monsieur, tu n’as qu’à refuser !
Elle leva la face, et me regarda tristement puis murmura, d’une voix entrecoupée par ses pleurs.
- Mehdi m’a largué hier, je lui ai appelé ce matin, mais il refusait de décrocher !
Un sourire, involontaire, se dessina sur mes lèvres et je continuai.
- C’est mieux comme ça ! mais est ce que je peux savoir pour quelle raison ?
Elle hésita un moment puis en baissant les yeux.
- Il m’a dit qu’il ne m’aimait plus et qu’il ne désirait pas épouser la fille d’un homme qu’il ne l’appréciait pas !
En la serrant dans mes bras tendrement.
- Chut ! ce n’est rien ! toute séparation est difficile à son début !
Elle se débarrassa de mes bras puis s’écria, frustrée.
- J’ai tellement peur Sandra !
- Pourquoi ?
En éclatant en sanglots.
- Ça fait deux mois que je n’ai pas eu mes règles ! j’ai peur d’être enceinte !

lundi 21 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

Partager
C’est tellement hallucinant, l’effet de la surprise, surtout les surprises du poids lourd. C’est fou, ce qu’on change d’expression corporelle en une fraction de seconde. Son orgueil, son insolence et son agressivité disparaissaient subitement, et un tourbillon de tristesse, de faiblesse, et d’indignation prit vite le contrôle de son visage.
On échangea, les regards, un long moment. Il avait une étrange manière, de me regarder ; il me regardait avec une certaine crainte, mépris peut-être ou peur. Je le sentais si minuscule, et blessé. Les pleurs, se bloquèrent entre ses cils, une rougeur sombre émana de ses joues et les paroles se coincèrent au fond de sa gorge, et n’osèrent sauter de ses lèvres.
Ses yeux me dictèrent qu’il voulait crier, manifester sa colère et ses mains, qui tremblèrent comme un électrocuté, me firent la sensation qu’il voulût me gifler, m’agresser peut-être ou même me tuer. Mais, il resta immobile sur place ; sa voix absente, et sa respiration lente et lourde.
Au fond, j’étais heureuse. Oui, oui, très joyeuse même, de le voir souffrir autant devant moi, de le voir si petit, si fané, si réprimandé et humilié.
Après ce coup de tonnerre, il baissa la tête et s’en alla. Je le suivis du regard, il arrêta vite un taxi et partit, je ne sais où pour rester en tête à tête avec sa tristesse accablante.
Une fois parti, je m’engouffrai dans ma voiture, garée à vingt mètres de l’agence. Allumant une cigarette, j’attendais, avec impatience et malveillance, la sortie de Nadia. Une demi-heure après, le spectacle fabuleux de ma vengeance commença. En sortant du local, elle s’arrêta sur place, et tourna sa tête dans tous les sens, cherchant son pauvre fiancé. Elle avança par la suite quelques pas, s’approcha de la station de métro, et continua, en vain, ses recherches visuelles.
Quelques minutes plus tard, elle saisit son GSM et le colla à l’oreille. Elle resta un long moment ainsi, tentant de le rejoindre, une fois, deux, et trois puis d’un geste énervé, baissa le combiné et l’endossa dans son sac à main. L’air intrigué et inquiet, elle s’arrêta de nouveau devant la porte de l’agence, le dos collé au mur, et les mains croisées, attendant désespérément, l’arrivée de son homme.
En allumant la cinquième cigarette, une heure exactement du spectacle s’acheva. Avec le coucher de soleil, Nadia, comprit, enfin, l’inutilité de son attente, et en levant sa main, arrêta un taxi puis disparaissait à son tour.
Le soir, pour fêter ma victoire, j’acceptai la sixième invitation successive de Helmi dans l’un des plus glorieux restaurants de la capitale. Oumayma avait raison, à son propos, après tout, c’était un mec bien, galant, et bien élevé, et qui m’aimait sincèrement. Comme d’habitude, il ne cessait de me déclarer son amour, et de me causer avec la même excitation et passion d’un amoureux.
Comme d’habitude aussi, il m’avança, timidement, son intention de demander ma main puis les yeux, fixés sur moi, et le cœur battant attendait ma réaction.
Après un lourd moment d’attente torturant, je pris mon courage à deux mains et je parlai.
- Il est encore tôt pour évoquer ce sujet Helmi !
- Je ne te demande pas grand-chose bébé, uniquement si tu acceptes l’idée des fiançailles !
En hochant la tête, embarrassée.
- J’ai une peur bleue de l’engagement !
- Pourquoi ?
- Parce que le mariage de mes parents était un vrai fiasco, et je ne désire pas revivre ça !
Il sourit, pour que je me sente à l’aise avec lui puis en me caressant la main tendrement.
- Ça arrive les échecs dans beaucoup de couples mariés, et l’échec du mariage de tes parents n’implique pas l’échec de ton potentiel mariage.
Le regard triste, je murmurai.
- Mon papa a tellement souffert à cause de ma mère, et en avalant ma salive, nous aussi on a tellement souffert de l’absence de notre mère durant notre adolescence, et en baissant me tête, ma mère aussi, a eu sa dose de peine durant son mariage, elle a vécu avec un homme, qu’elle n’aimait pas et qui avait presque la moitié de son âge…
Il me coupa la parole en disant.
- Mais ce n’est pas le cas avec nous ma puce ! moi je t’aime, et puis je n’ai que trois ans de plus que toi !
- Mais moi, je ne t’aime pas comme tu le crois! m’écriai-je, doucement.
- Pourquoi tu dis ça ? t’es peut être pas amoureuse autant que moi, mais je sais que tu m’aimes !
En allumant une cigarette, je repris.
- J’ai besoin de temps Helmi !
- Prend tout ton temps ma puce, et je t’attendrais toute ma vie s’il le fallait ! s’écria-t-il amoureusement.
A maintes reprises, je voulais lui dire que je ne méritais pas tout son amour innocent, que je n’étais pas un ange non plus, mais surtout, que mon cœur n’était pas encore guéri de son incurable maladie, appelée Nadia ; que je ne cessai d’étouffer les pleurs sanglotants sur mon oreiller le soir, que je ne cessai non plus de casser tout ce qui tombait devant moi, à la maison, qui devenait un vrai champ de bataille, et que je n’arrivai pas à m’endormir qu’en avalant un lot de comprimés.
Comment pourrai-je l’aimer et l’épouser alors que je suis encore malade et déprimée. Comment pourrai-je prononcer le mot je t’aime, pour éteindre sa flamme passionnelle, alors que Nadia, me hantait l’esprit et que son amour me rendait sourde et handicapée sans voix, ni force de composer des mots tendres.
Comme d’habitude, je gardai le silence sur son sujet, et je me contentai d’écouter ses bavardages et ses déclarations d’amour infinies.
Le samedi, vint timidement, comme ayant de la peine pour moi. Et je décidai de le passer en famille, à Sousse, tentant désespérément d’apaiser ma douleur. Je savais que Ahmed l’aimait, follement, et qu’il a surement bien réfléchi au sujet, et que pour me battre et me mettre ko, il était prêt de laisser sa dignité, à part, et d’épouser la fille qu’il aimait depuis des années.
À la maison, et avant de rejoindre ma chambre, j’entendis des pleurs provenant de la chambre de ma sœurette. Sans frapper à la porte, je m’approchai d’elle puis en posant doucement ma main sur son épaule.
- Qu’est-ce qu’il y a Sana ?
Quand elle m’aperçut, elle essuya vite ses larmes et s’assit sur le divan, et me dit à demi-voix.
- Ce n’est rien !
- Pourquoi pleures-tu alors ?
- Ça ne te regarde pas alors occupe toi de tes affaires ! et en me regardant méchamment, tu devrais par contre assister les fiançailles de ta chère bien-aimée, et en traçant un sourire malveillant, à cet instant, il est fort probable qu’il est en train de lui faire porter la bague, je me demande pourquoi t’étais pas invitée ? Moi personnellement, Iman m’avait invité !
En serrant très fort mes dents, je criai.
- T’es une vraie salope !
Puis je quittai sa chambre et je m’enfermai dans la mienne, toute la soirée, pleurant silencieusement sur mon lit. Le lendemain, matin, on descendant l’escalier, je trouvai, toute la famille, réunie, autour de la table à manger, en train de prendre le petit déjeuner.
En saisissant ma chaise, sans dire bonjour, je remplissais mon verre du jus puis Sana, m’adressa la parole, sans trop attendre.
- J’ai une nouvelle à t’annoncer !
Bilhssan, badinant lui coupa la parole.
- S’il te plait, attends qu’on en finisse avec le petit déjeuner !
- Non, ce n’est pas une mauvaise nouvelle pour Sandra ! et en me fixant de regards, j’ai appelé Iman ce matin, et devine ce qu’elle m’a dit !
Puis en éclatant de rire.
- Il parait que les fiançailles n’ont pas eu lieu, et que le fiancé et sa famille ont posé un lapin à ta chère amie !

samedi 19 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

Partager
Est-il ordinaire de n’avoir aucune réaction suite à une telle révélation foudroyante ? Est-il possible de rester calme, de contempler son visage heureux, ses yeux vacillants avec tant de plaisir emportement et triomphe, de perdre la partie sans profaner le moindre mot ?
Montrer sa colère, sa déception, éclater en sanglots furent, des manifestations naturelles de la faiblesse humaine, mais baisser la tête, et s’enfermer dans la salle de bain, sans voix, sans larmes ou le moindre souffle, ce n’était pas une réaction saine d’un cœur déchiré.
Les murmures et les glouglous de l’eau de la baignoire se mélangeaient avec leurs cris hargneux et colériques.
- Tu n’as pas honte du tout ! s’écria Oumayma.
- Elle voulait me faire chanter et puis elle ne voulait pas mettre fin à notre relation.
- T’aurais pu attendre un peu, pas précipiter tes fiançailles, elle est hyper épuisée moralement, tu n’as pas de cœur du tout, et tu ne l’as jamais aimé !
Nadia, ria et se justifia en se moquant.
- Elle a toi, tu as le champ libre maintenant, tu peux sortir avec elle en tant que petite amie !
- T’es vraiment une salope et une sale hypocrite, pendant tout ce temps-là tu sortais uniquement avec elle pour t’amuser et manger dans les restaurent les plus chics que de toute ton existence tu n’aurais la chance d’y mettre les pieds !
- Ouais c’est ça !
Puis leurs voix disparaissaient peu à peu, en plongeant ma tête complètement dans l’eau une fois allongée dans la baignoire, toute habillée.
Quatre heures plus tard, encore, toute mouillée, dans mon bain moussant, les cris d’Oumayma commencèrent à me perturber. Elle ne cessait de frapper à la porte et de me chialer pour que je lui ouvre la porte.
Pour me débarrasser de sa voix assourdissante, je sortis un petit moment de la baignoire, et j’ouvris la porte si vite. Illico, elle surgit devant moi, et fixa ses yeux sur mes vêtements trempés qui se dégouttaient.
- Tu te laves toute habillée ?
Sans répondre, je revenais dans mon bain moussant et en laissant l’eau coloniser la totalité de mon corps.
- Je me purifie !
Elle s’approcha de moi et mit la main sous l’eau quelques secondes puis reprit en m’éclaboussant avec quelques gouttes.
- Avec de l’eau froide ? Puis en me tenant le bras fermement, allez sors, je ne désire pas que tu prennes froid et que tu passes une semaine dans le lit pour une fille qui ne t’aime pas !
- Elle est encore là ?
Elle riait, avec dédain et reprit.
- Apparemment t’as fermé l’œil quelques heures ! elle est partie une demi-heure après son arrivée, c’est une sale hypocrite et cupide !
Puis en me caressant le visage tendrement.
- Mon pauvre chou, t’es toute bleue du froid ! puis en grinçant les dents, elle va le payer, je te le promets, puis en m’aidant à me lever, allez va te changer et je vais te préparer une soupe bien chaude !
En souriant faiblement.
- Mais tu ne sais pas cuisiner ?
- Je vais essayer de la préparer pour toi ! dit-elle en riant.
En m’emballant dans une serviette je me demandai, d’une voix à peine entendue.
- Tu comptes faire quoi ce soir !
- Je n’ai rien à faire, je vais m’inviter à passer le soir avec toi !
En essuyant le visage, je murmurai.
- Non, on va sortir ce soir, in ira en boite et on dansera jusqu’à l’aube ! j’ai tellement envie de m’éclater !
Elle me regarda bizarrement et reprit.
- T’es sure de ce que tu dis ?
En traçant un large sourire, pour tenter de dissiper les premiers symptômes d’une dépression.
- Ouais parfaitement sure ! puis en en plongeant mon regard dans le sien, appelle Helmi, et demande-lui s’il désire nous accompagner ce soir ! dis-lui que Sandra insiste sur sa présence !
Le soir vers 22 h 30, comme au bon vieux temps, lors de nos soirées disjonctées, on se réunissait dans la boite du Gammart. Helmi était venu le premier, et était tellement content de pouvoir passer la soirée avec moi. Oumayma avait invité aussi son petit copain, et n’a guère perdu du temps pour se laisser manipuler par la musique de house sur la piste du dance.
Une fois en tête à tête, Helmi s’approcha de moi, excité avec plein de paroles sur les lèvres.
- Je suis tellement content que tu m’as invité ce soir !
En souriant pour ne pas pleurer, car je n’arrivais plus à me contrôler.
- Moi aussi, je suis contente de te voir !
- C’est vrai ! s’écria-t-il pour que je puisse l’entendre.
- Oui.
- Tu sais, depuis que je t’appelais et que tu refusais de décrocher j’ai failli perdre l’espoir !
En laissant un soupire triste s’échapper.
- Je suis désolée, je ne me sentais pas bien !
- Oui, je te comprends ! puis en me caressant la main tendrement, je ne fais que penser à toi tout le temps, ton image me hante l’esprit !
En rigolant, je répliquai.
- J’espère ne pas devenir un fantôme !
Il ria, et continua amoureusement.
- Je t’aime tellement surtout lorsque tu souris ! t’as un sourire à mourir !
- Merci !
- Non, ne me remercie pas c’est la vérité ! puis en me faisant une œillade, tu vois tous ces mecs-là, ils ne cessent de te mâter ! mais je suis bien fier d’être le seul parvenu à sortir avec toi !
Je souris sans profaner le moindre mot jusqu’à ce qu’il reprit de la même excitation.
- Tu ne m’as pas répondu l’autre fois ? Est-ce que t’es 100% célibataire ou t’as quelqu’un partiellement ?
- Je n’ai personne ! dis-je sans pouvoir battre l’amertume qui m’étranglait au fond de ma gorge.
- Cool ! s’écria-t-il comme un petit enfant, puis en me fixant de ses yeux, alors si je me présente pour demander ta main, tu serais d’accord !
- Pardon ? m’écriai-je surprise.
Il sembla un petit moment perturbé et marmotta avec hésitation.
- Ce n’est encore qu’une suggestion !
- C’est encore tôt pour en discuter ! dis-je en suivant des yeux mon amie Oumayma.
- Oui t’as raison ! je suis désolé ! puis sans se reposer, alors qu’est ce que t’en dit d’un diner romantique ?
- S’agit-il d’une invitation ?
Un peu timide, il reprit joyeusement.
- Ou plutôt une opportunité pour qu’on s’apprenne à se connaitre encore plus ! puis en me suppliant, je t’en prie ne dis pas non !
Rieuse, je murmurai.
- OK !
En fait je m’efforcerai à me montrer forte devant tout le monde, de faire comme si de rien n'était ; comme si je n’ai pas un cœur sanglotant, me déchirant l’âme, ou comme si l’indignation ne m’a pas allumé la face, ce visage engourdi et froid.

Cependant, je ne pus enlever Nadia, de mon esprit ni dormir convenablement le soir sans avoir recours aux calmants. J’avais tracé un emploi de temps, un peu spécial pour moi, des nuits entières à se déchainer dans les boites et les restaurants ou à passer des soirées pyjamas avec mon amie, et mes journées étaient consacrées à Nadia, à la suivre comme son ombre où elle allait, seule ou accompagnée.
Pour quatre jours successifs, je ne faisais que la suivre elle et son fiancé, qui commençait à prendre la fâcheuse habitude de l’attendre devant la sortie de son travail, toujours aussi galant, avec une rose à la main. Il l’emmenait toujours, manger, dans le même restaurent et se baladait soit au lac soit au centre-ville du Tunis, toujours la main dans la main, comme un jeune couple heureux.
Un jour, je décidai de faire surface, et de me montrer après une belle période d’inspection. C’était jeudi, deux jours avant leurs fiançailles. Il était debout, le dos collé au mur extérieur de l’agence. Je sautai, vite de la voiture et je m’approchai de lui.
- Salut Ahmed !
- Hey, Sandra, quelle surprise ! s’écria-t-il en traçant un large sourire sur ses lèvres.
- Tu attends Nadia ?
- Oui, on va manger ensemble ! puis en me regardant tu veux nous accompagner ?
- Non, non, merci, j’étais du passage, puis en cachant mon sourire, alors après demain c’est le grand jour !
Il tenta de rigoler en disant.
- Le grand jour c’est le mariage, c’est plutôt le petit jour !
En m’efforçant de rire, je disais.
- Ah, ouais t’as raison ! puis sans perdre encore du temps, alors comment t’as fait pour la convaincre à changer d’avis ?
- Pas grand-chose, mais elle m’a dit qu’elle a bien réfléchi ! puis d’un air joyeux, je l’aime beaucoup et j’étais tellement content lorsqu’elle m’a accordé une deuxième chance ! je crois qu’elle m’aime encore comme avant!
- T’es sur ? dis-je d’un ton provocant.
Mon interrogation émut Ahmed d’une extraordinaire façon, son sourire s’évapora et ses yeux perdirent vite leurs éclats.
- Qu’est ce que tu veux dire par là ?
- T’étais au courant qu’elle a eu le béguin pour un certain Ghassen ?
Il dessina un joli sourire, et répondit plus à l’aise.
- Oui, elle m’a tout dit, et c’était pendant notre séparation ! puis de sa fierté masculine, de toute façon, je serais l’unique homme dans sa vie et l’unique homme à qui elle offrira son corps !
Je me mis à rire, d’une voix hausse et insolente, et je sentais sa montée de tension et tout d’un coup il me tint le bras violemment et s’écria.
- Pourquoi ris-tu ?
En continuant mon rire.
- Parce que tu seras peut-être l’homme qu’elle épousera, mais pas le premier avec qui elle fait l’amour !
- T’es une menteuse ! hurla-t-il en me serrant encore plus fort.
En relâchant ma main, furieusement.
- Je ne suis pas une menteuse ! c’est la vérité !
- Avec qui elle a couché ? s’écria-t-il en me secouant les épaules, furibond.
- Avec moi !

jeudi 17 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

Partager
Souriante, je murmurai.
- Ben, oui, assis toi !
Il regarda mon amie, d’un air gêné et reprit.
- Non, je préfère que ce soit seul à seul !
Oumayma, respecta sa volonté, en se mettant debout puis me dit.
- Bon, alors je vais aux toilettes !
Elle partit, tout de suite après, et Mehdi, occupa sa place, face à moi, sans perdre un seul instant.
- Écoute Sandra ! ce n’est pas ce que tu crois !
- Et qu’est-ce, que je suis en train de croire ?
Il m’observa un bon moment et reprit si bas.
- C’est une amie !
- Ou peut être bien une autre cousine qui habite à l’étranger ? dis-je, en ricanant.
Il pigea ma connotation, avala sa salive et murmura.
- Bon, je vais être sincère avec toi !
- Ah, ça sera mieux.
- C’est une ex !
- Une ex ?m’écriai-je en haussant les sourcils, avec dédain.
Il me regarda avec anxiété comme cherchant à deviner ce que je suis en train de penser, puis bégaya.
- Je garde toujours une bonne relation avec mes ex, on reste des amis et c’est le cas avec Wafa !
- Elle s’appelle donc Wafa ? je plaisantai, pour l’énerver de plus.
Il ajouta avec effort.
- Oui, Wafa et elle est tunisoise !
- Je ne cherche pas les détails ! dis-je en allumant une cigarette.
- De toute façon, je suis en train de t’expliquer qu’il s’agisse uniquement d’un meeting amical !
Je mis à rire un bon moment puis je répliquai ironiquement.
- Ah, j’adore l’emploi du mot meeting !
Puis en pénétrant son regard hardiment.
- De toute manière, merci pour les informations, Sana serait ravie de faire la connaissance de sa rivale Wafa !
À partir de ce moment l’entretien devenait de plus en plus animé voir épineux. Et sa caressante hypocrisie se voila par son effroyable identité, tant cachée.
- Tu n’as pas intérêt à le faire !
- Ah, ouais ? Tu me fais tant peur !
Il remplissait son regard de tant de venin et reprit audacieusement.
- Je ne crois pas que Bilhssan serait heureux d’apprendre que sa sœur cadette n’est qu’une putain de lesbienne !
Ses paroles, prononcées avec insolence me firent revenir l’anxiété et l’angoisse, m’envahissant le jour où ma relation amoureuse fut dévoilée. Je le sentais, plus fort que moi, pour la première fois, mais je faisais semblant de rester calme, indifférente en déniant.
- De quoi parles-tu ?
- De la fois où Sana vous a surprise entre les bras de ta belle bien-aimée Nadia ! puis en caressant ma main doucement, je ne crois pas qu’il aura une réaction aussi passive que celle de ta sœurette !
- Je n’ai pas peur de Bilhssan ! dis-je, en retirant ma main violemment.
Il se mit à rire calmement et continua, avec sa bassesse.
- J’avais oublié que les lesbiennes maudissent les mâles ! puis en traçant un sourire serpentin sur ses lèvres, mais tu aurais sûrement peur de ton cher papa !
- T’es vraiment une ordure ! criai-je avec tant de haine.
Il me contemplait de ses gros yeux fixes, et tenta de me dissuader à nouveau.
- Donc ma poule, si t’aimes bien avoir la conscience tranquille, tu feras mieux de fermer ta grande gueule !
Puis il poussa la chaise et se leva alors je le retenais avec mes paroles.
- Je veux uniquement savoir pourquoi tu sors avec ma sœur ?
- Quelle question ? dit-il en riant, je l’aime ! puis en me faisant un clin d’œil, bon appétit.
Puis il partit rejoindre sa copine et Oumayma, jusqu'à ce temps-là, discutant avec l’un des serveurs reprit sa place, et me demanda.
- Alors ? que voulait-il de toi ?
Les yeux, baissés, je murmurai, avec amertume.
- Il est au courant Oumayma ! puis en haussant la tête, il sait pour moi et Nadia !
- Non, ce n’est pas vrai ! dit-elle, d’un air terrifié.
Rouge de colère, je criai.
- Ma putain de sœur, lui a tout raconté !
- Pourquoi aurait-elle fait une chose pareille ?
- Je ne sais pas, peut être de peur, peut être par sottise ! puis en soufflant furieusement, le salaud !
Elle croisa les bras et parla.
- Et tu ne comptes pas donc reporter à ta sœur le fait qu’il la trompe ?
- Il ne m’a pas laissé le choix !
- Tu ne vas pas tout de même te soumettre à lui ?
En prenant un long souffle de ma cigarette, je répondis.
- Je ne vais pas me taire par peur, mais par ce que je ne veux pas être la cause directe d’une crise cardiaque à mon père, s’il apprend que j’ai couché avec une fille !
Elle posa sa main sur la mienne, et me tranquillisa.
- Il ne le fera pas, car c’est un lâche et puis ton père ne l’aime pas, par conséquent il ne le croira pas !
Le serveur s’approcha de nous et en sortant son carnet il intervint.
- Alors mes demoiselles, que voulez-vous comme entrée ?
C’était dur pour moi, de garder le silence, mais surtout de voir le sale pervers sortir avec plein de filles sans oser lui dire ses quatre vérités en face ni d’ailleurs apprendre à Sana qu’elle est tombée sur la mauvaise personne. C’est l’un des inconvénients de l’amour aussi, risquer d’aimer cœur et âme une ordure, de combler, une personne, ne méritant que le mépris et la haine, de tant d’affection noble et sincère.
Je n’ai pu rester encore plus dans le restaurant, et surtout pas contempler Mehdi, passer du bon temps avec sa nouvelle copine. J’achevai vite mon plat, comme étant dans un concours de bouffe puis je m’excusai auprès d’Oumayma et je partis. Mais, elle ne me laissa pas seule, elle me suivit jusqu’à chez moi, et passa la nuit avec moi, dans mon appartement.
Le lendemain, en me réveillant, elle me prépara un café puis s’assit près de moi, sur le canapé.
- J’espère que tu te sens bien aujourd’hui !
En admirant ce qu’elle a fait pour moi, je la serrai contre ma poitrine.
- Merci, Oumayma ! puis en retenant mes larmes, t’es l’unique personne qui ne m’a pas laissé tombé !
Elle me caressa les cheveux et bégaya gentiment.
- C’est à ça que servent les amis !
Puis le claquement de la porte nous interrompit alors Oumayma bondit vite et alla l’ouvrir.
- Hey, Nadia, quelle surprise ?
Dès que j’entendis Oumayma prononcer son prénom, je sautai du canapé et je courus vers le hall. Elle me regarda un bon moment puis m’interpela, doucement.
- Bonjour Sandra !
Je dessinai un large sourire sur mes lèvres et je repris.
- Alors, t’es venue fêter ta rupture avec Ahmed ?
Elle s’approcha de moi, de deux pas puis en plongeant son regard dans le mien.
- Je suis venue t’épargner l’effort de l’investigation et t’annoncer qu’il viendra chez nous samedi prochain, pour demander ma main !

mercredi 16 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

Partager
Ce qu’on peut devenir désagréable et rancunier par moment. Ce que l’amour peut rendre aveuglante notre conscience, et détruisant notre colère.
Dieu ! Ce qu’on était bien ensemble, nageant dans le bonheur, et croyant, naïvement à la version classique de l’amour. Une version, originale, où il n’y a pas le moindre vice, une version saine sans arrière-pensée ; une passion, au sens propre du terme.
Une relation sans des hauts et des bas ne peut exister, mais quand on décide de l’en finir sans s’expliquer, sans raison convaincante, tout se bascule dans notre vie.
Malheureusement pour moi, on était arrivées à une période noire, où l’amour sort ses griffes et nous montre l’autre facette cachée ; du diable humain, en fureur, comblé, du malheur et de peine. Une période, où l’on refuse d’admettre qu’on a tout perdu, et qu’on doit essayer de tourner la page. Mais, on n’en peut pas, car on restera paralysé, par nos sentiments et la grande foi, en amour.
Têtu de nature, on refuse de perdre, on refuse l’échec et pour garder la personne à notre côté, on déploie, toute sorte, de moyens, quelques soit les circonstances et la réaction de l’élu de cœur.
C’était mon cas, et me voilà, vêtue dans un manteau de bassesse, emportée par ma colère et mon désespoir, en train de menacer ma Nadia, pour qu’elle largue son fiancé et reste exclusivement pour moi, et la prisonnière de mon dévouement.
Une fois ma phrase terminée, elle sourit, croyant que je plaisantais, puis se mit à rire et reprit sans la moindre crainte.
- Non, tu ne le feras pas !
Je partageais son sourire et je continuai, en la fixant d’un regard de psychopathe.
- Je suis sérieuse Nadia ! et puis je n’ai plus rien à perdre !
Bouche bée, un long moment, je sentais son inquiétude et je repris.
- Je ne voulais pas en arriver là !
En croisant mon regard, elle murmura, avec amertume.
- T’es vraiment une salope !
Retenant mes larmes, je bégayai.
- Tu peux m’insulter autant que tu le voulais, je ne changerai pas d’avis !
- Sors de chez moi ! cria-t-elle, en me jetant un regard désagréable.
Ma main sur la poignée de la porte, je marmottai.
- Je saurai de mes propres moyens, si tu as rompu avec lui ou pas !
En ouvrant la porte, Monjia surgit devant moi, et se demanda.
- Allez venez, le diner est prêt ! on va tous manger ensemble !
Nadia, intervint, avant que je prenne la parole.
- Elle est pressée !
Évitant d’ébruiter les tensions, je ne dis rien et je quittai l’appartement sans même regarder Monjia.
Essayant, de me calmer, je décidai, de me balader un petit peu, puis en fin de soirée, je finissais collée sur une chaise, d’un restaurent luxueux à Gammart, « la langouste », appelant, inconsciemment ma meilleure amie, pour qu’elle vienne me tenir compagnie.
- Sandroucha, salut bébé !
- Où es-tu ?
- Ben, en boite avec mon copain !
- Bouge tes fesses et viens me rejoindre au restaurant la langouste !
Elle se mit à rire puis badina.
- La langouste ? Putain, c’est l’un des restaurants les plus chers !
- T’inquiète, pas c’est moi qui t’invite !
- Dans ce cas, j’accepterai l’invitation !
Un quart d’heure, plus tard, elle s’assit face à moi, me dévorant du regard puis murmura.
- Sandra ! oublie-la !
En traçant, un sourire coléreux, je répondis.
- Choisis plutôt le plat avant que le serveur ne vienne !
Oumayma croisa les bras et répliqua.
- Je n’ai pas trop faim, et je ne peux non plus faire semblant de ne pas remarquer ta colère !
En buvant un peu d’eau, je criai, furibonde.
- Écoute ! je suis venue ici pour essayer de me distraire un peu et non pour m’énerver davantage !
- OK !OK, c’est bon ! puis en se rappelant de Helmi, pourquoi n’essaies-tu pas de sortir avec Helmi, c’est un mec bien et il semble t’apprécier…
En lui coupant la parole, ricanant.
- Il est amoureux de moi !
- C’est vrai ? s’exclama-t-elle joyeuse, ça tombe bien alors, donne-lui une chance, il est beau et riche, et c’est une personne avec qui tu peux entretenir une relation sérieuse !
Le regard fixant un mec assis au fond, en train de peloter sa copine, je repris.
- Si j’avais voulu m’engager, je serais sortie avec Ghassen !
- Mais Ghassen n’est plus sur Tunis ! puis en suivant la trajectoire de mes yeux, tu le connais ?
- Qui ? dis-je en retournant la tête.
- Le mec que tu n’arrêtes pas de mater !
- Ah ! le mec ! dis-je, en laissant échapper un rire. Tu ne l’as pas reconnu, ma chérie, regarde le bien !
Elle se mit à le guetter, un bout de temps, puis reprit doucement.
- Bon son visage, m’est un peu familier ! je l’ai peut être vu quelque part !
- Je croyais que t’avais une bonne mémoire !
En me tapotant la main, elle s’écria, impatiemment.
- Allez dis moi qui c’est ?
En croisant enfin son regard, il m’aperçut, alors je souris tout en faisant un petit coucou avec la main, il sembla perturbé, mais traça, un faible sourire et baissa les yeux à nouveau.
- Sandra ! je te parle ! s’écria-t-elle, curieuse.
- C’est Mehdi, le fiancé de ma sœur !
- Bon Dieu ! s’écria-t-elle, non, tu rigoles j’espère !
- Non, non, c’est bien lui ! et en allumant une cigarette, alors tu vas prendre quoi ?
Interloquée par ma froideur et mon indifférence, elle se demanda.
- Tu ne vas rien faire ?
- Que veux-tu que je fasse ?
- La moindre des choses, c’est d’appeler ta sœur et lui dire que tu as vu son fiancé avec une fille dans un restaurant !
Soupirant, je répondis.
- Ce ne sont pas mes affaires ! et puis je lui ai demandé d’ouvrir bien les yeux, mais elle ne m’a pas écouté ! puis en changeant de sujet, alors t’as quelque chose de prévu pour ce soir ?
- Ce soir ? Euh, non !
- Alors, viens passer la nuit chez moi !
Elle sourit, et parla avec son humour.
- Chez toi ou avec toi ?
Je n’avais pas envie de rigoler, mais je me contentai de sourire en disant.
- Ben comme tu veux !
Puis une voix masculine nous interrompit. En levant les yeux, je vis Mehdi, se maintenant debout près de moi.
- Salut les filles !
Oumayma le regarda de travers et murmura.
- Salut !
Il mit sa main sur mon épaule et dit, frustré.
- Est-ce qu’on peut parler pour une minute !

lundi 14 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

Partager
Époustouflée, je me tus un long moment, croisant les bras puis je murmurai.
- Tu m’aimes alors ?
Il sourit, et répéta, d’une voix confiante.
- Oui, je t’aime !
- Pourquoi ?
Il se mit à rire, silencieusement puis reprit.
- Je ne sais pas !
- Alors comment sais-tu que tu m’aimes ?
En secouant les épaules.
- Je me sens bien avec toi !
- Mais ce n’est pas suffisant pour aimer.
- On ne choisit pas la personne qu’on aime.
En retenant mes pleurs.
- Si !
- Ah non ! puis en souriant, c’est l’unique chose incontrôlable et imprévisible.
En plongeant mon regard dans le sien.
- Peut-être imprévisible, mais parfaitement contrôlable.
Et en me mettant debout.
- Merci pour le café !
- Tu pars déjà ? dit-il en se relevant.
- Oui, je ne me sens pas bien.
- J’espère que ce n’est pas à cause de ce que je t’ai dit ? Si c’est le cas, fais comme si je ne t’ai rien dit !
- Non, non, tu n’es pour rien !
Il me tint la main, doucement et d’un ton suppliant.
- Alors, reste un peu avec moi !
Souriante, je m’assis à nouveau, et tout en me dévorant du regard il reprit.
- Je peux te poser une question ?
- Oui, vas-y !
- Est-ce que tu sors avec quelqu’un ?
Pour m’égayer un petit peu, je balbutiai.
- Supposons oui, ça te posera un problème ?
Il participa à mon petit jeu de séduction en disant.
- Si ta réponse est affirmative, bien sûr que oui !
- Serais-tu jaloux ?
En plongeant son regard dans le mien, comme s’il s’agissait d’une confidence amoureuse.
- Oui, car cette personne occupe une partie de ton cœur !
Je ne dis rien, mais je mis à rire, il m’interrompit, d’un air sérieux.
- Je suis sincère Sandra, je ne vois pas pourquoi tu ris ! puis en s’expliquant plus, je sais que ça peut te paraitre bizarre, mais je suis comme ça, je tombe assez facilement amoureux !
Je cessai de rire, instantanément puis en badinant.
- Tu m’oublieras aussi assez facilement.
Il me partagea ce bout de rire, ironique, et reprit, d’un air décidé.
- Alors, t’as quelqu’un dans la vie ou pas ?
Je souris, je mis à le regarder un petit moment, mais sans répondre, sans satisfaire sa curiosité amoureuse. Je ne sais pas d’ailleurs, comment j’ai fait pour m’en aller. J’étais tellement bourrée moralement que je me rappelle pas les deux mots ou trois que je lui ai dit, pour avoir ma liberté. Pour retourner dans la cage de mon supplice, je lui filai mon numéro de téléphone, la seule arme, que j’avais en possession et qui m’assurait de partir.
Comme attirée par une force magique, je changeai du chemin habituel et je me dirigeai plutôt vers l’appartement de Nadia. Décidée à lui parler, je n’hésitai pas un seul moment, à frapper à sa porte. C’était vers 19 h 30, je crois. Enfin, je ne donnai plus d’importance à la notion temporelle, j’étais tellement confuse, et comme amnésique, je ne voulais pas me rappeler de la conversation qui s’est engagée entre moi et elle, à la sortie de son job.
J’essayai peut être, de me dire que cette conversation n’avait pas eu lieu, que c’était un mauvais rêve, le délire peut être aussi, d’une âme effrayée, une âme blessée.
Quelques instants après, Monjia m’ouvrit la porte, traça son large sourire, et s’écria.
- Sandra !quelle surprise ! allez entre !
- Nadia est là ?
- Non, mais elle rentra bientôt ! et en me faisant une œillade, elle est passée faire les courses ! puis en me tirant par le bras. Entre ne reste pas là !
En pénétrant le petit salon, la vue de son fiancé, me parut surprenante alors je m’arrêtai sur place, comme clouée au sol jusqu’à ce que Monjia reprit.
- C’est Ahmed, le fiancé de Nadia ! il est venu la voir aussi !
L’homme se mit debout et en me tendant la main gentiment.
- T’es Sandra, n'est-ce pas ? Nadia m’a tellement parlé de toi !
En serrant sa main, poliment.
- Oui c’est moi !
Monjia participa à la conversation en disant, chaleureusement.
- Mais asseyez-vous ! je vais vous préparer du thé en attendant le retour de Nadia ! je suis certaine qu’elle serait heureuse de voir sa meilleure amie et son fiancé, en même temps !
Une fois, absorbée par la cuisine, je regardai Ahmed de travers et sans vouloir paraitre désagréable, enfin, je me suis efforcé, à jouer la carte de la sérénité et de la sagesse.
- Excuse-moi, mais à ce que je sache, Nadia et vous n’êtes plus ensemble.
Il m’examina d’un regard frais, un regard d’une personne qui a beaucoup d’espoir.
- Enfin, peut être pas officiellement comme avant ! mais je suis certain que notre relation reviendra plus forte et plus intense qu’avant !
Je me sentais menacée, et tellement effrayée par son allusion alors je tentai de tuer son sourire naissant de vainqueur en disant avec effort.
- Ce n’est pas pourtant ce qu’elle m’a dit !
- Qu’est-ce qu’elle t’a raconté ? dit-il très intéressé.
- Qu’elle a mis terme à votre relation !
Il sourit, pour cacher sa déception, et reprit.
- Ce n’était pas un refus absolu !
- Absolu ? dis-je en laissant échapper, un rire involontaire.
- Enfin, je lui ai demandé de prendre tout son temps avant de me répondre et elle a accepté !
- Et tu es venu pour écouter sa réponse ? je me demandai, le cœur battant.
- Oui c’est un peu ça ! et en me fixant de son regard, je l’aime tant, et je suis prêt à tout faire pour la récupérer ! et en souriant, et je compte sur ton soutien aussi !
- Mon aide ?
- Oui, t’es sa meilleure amie, et je suis certain que si tu collabores avec moi, elle me reviendra surement ! et je te serai reconnaissant toute ma vie, Sandra !
Puis le bruit de l’ouverture de la porte, mit terme à notre petite discussion et Nadia, en hochant la tête, parut interloquée par notre vue, elle resta figée sur place, me regardant d’un air farouche et craintif, jusqu’à ce que Monjia vint nous rejoindre.
- Tu vois ma chérie, je t’avais dit qu’il y a une belle surprise qui t’attendait !
Elle déposa le sachet par terre lestement et tout en essayant de chasser mon regard facho.
- Ouais c’est vraiment une surprise !
Ahmed, sans trop attendre, se précipita vers sa bien-aimée et lui fit la bise en disant tendrement.
- J’espère que tu ne sois pas gênée par ma visite !
- Non, non, pas de tout ! bégaya-t-elle d’une voix tremblée.
Puis en s’efforçant de sourire.
- Assis toi ! je me changerai et je reviens tout de suite !
- OK !dit-il-en calmement.
Elle me jeta un regard discret puis en m’abordant.
- J’ai enfin trouvé le parapluie que tu m’as prêté !
- Ah ! le parapluie ! murmurai-je entre les dents.
Puis de ses yeux, elle me demanda de la suivre dans la chambre. Une fois dedans, elle ferma la porte doucement et me gronda, furieusement.
- Pourquoi t’es venue ?
- Qu’est ce qu’il fait ici ? m’écriai-je jalousement, en négligeant sa question.
- Je ne sais pas !
- C’est toi qui lui as demandé de venir, c’est ça ?
- Non, je t’assure ! et en levant à peine ses yeux, et puis ce ne sont plus tes ognons Sandra ! tu n’es plus ma copine !
En attrapant sa main, agressivement.
- Ne dis plus ça, OK ! et d’un air autoritaire, tu dois rompre définitivement avec ce salopard !
Elle ria, d’un air négligeant, et reprit en ricanant.
- Sinon, quoi ?
Le doigt caressant ses lèvres, je répondis.
- Sinon, je raconterai à tout le monde qu’on a couché ensemble !

vendredi 11 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

Partager
Je poussai la porte et je sortis de la voiture.
- Hey, Nadia !
Elle s’arrêta, un bout de temps, échangea, deux ou trois paroles, avec l’une de ses collègues puis vint vers moi.
- Qu’est ce que tu viens faire ici ?
Je m’approchai d’elle jusqu’à ce que mes respirations se mélangent avec les siennes, puis en la brûlant du regard.
- Te parler !
- On a rien à se dire, Sandra !
En serrant fortement son bras avec mon poignet.
- Si, on a plein de choses à se dire.
- Sandra, rentre chez toi ! dit-elle, en avançant son pied.
- Je n’irai nulle part sans toi !
Puis en tenant sa main.
- Allez, monte dans la voiture.
- Non, je dois m’en aller !
- Pourquoi ?
Puis en laissant échapper un rire furieux de ma bouche.
- Monjia a encore oublié ses clefs ?
Elle se mit à me regarder un petit moment puis m’obéit en s’engouffrant dans ma bagnole. Je pris un long souffle pour me calmer puis je m’assis au volant tout en fermant la porte.
- Je te comprends Nadia, je sais que tu as peur ! et en tournant la tête vers son joli visage, moi aussi j’ai eu la trouille ce jour-là, mais ça ne te donne pas raison de me fuir comme tu le fais maintenant !
En soupirant sur les nerfs, elle me coupa la parole.
- Notre relation n’a aucun futur, Sandra ! j’en ai marre de vivre dans la peur ! et tout en plongeant son regard dans le mien, je veux une relation facile, simple, que je peux afficher devant tout le monde, je désire pas aimer quelqu’un en cachette, comme si j’avoue avoir commis un crime !
Sentant tout mon corps, en flammes, je hurlai.
- C’est toi qui désires laisser notre relation dans l’obscurité, c’est toi qui as peur et qui accordes trop d’importance aux regards des autres et à leurs ouï-dire !
Elle se mit à rire, quelques instants puis reprit.
- Tu oseras alors avouer à ton papa que tu sors avec une fille ?
- Oui, je le ferai ! dis-je amoureusement.
- Oh, Sandra ! tu dis ça uniquement parce que tu es amoureuse ! puis en me caressant le visage, sois raisonnable, cette relation finira tôt ou tard par s’éteindre !
Les yeux trempés de pleurs, je murmurai.
- Non, elle ne s’éteindra pas ! je ferai tout mon possible pour sauver mon couple !
- Pff ! ça ne sert à rien !
Elle acheva sa phrase et essaya d’ouvrir la porte, mais je l’arrêtai et d’un geste violent et je refermai sa porte, en haussant la voix.
- On n’a pas encore terminé !
Elle laissa échapper un souffle furieux et cria.
- Sandra, je ne veux plus être en couple avec toi !
- Deux jours en arrière, tu disais le contraire ! criai-je énervée, et en saisissant son collier suspendu sur mon cou, pourquoi me l’as-tu offert, si tu ne voulais plus de moi ?
- C’était le cadeau de ton anniversaire !
- Oui, mais tu es venue jusqu’à moi, car tu m’aimais ! et en caressant sa joue tendrement, ne me largue pas ma puce, je t’aime tellement !
Elle éloigna ma main de son visage, et répliqua, sévèrement.
- Tu sauras m’oublier avec le temps !
En lui coupant la parole agressivement.
- Et toi tu m’as vite oublié ?
- Non, mais j’essayerai de le faire !
- Non, tu ne le feras pas ! dis-je, d’une voix étranglée des pleurs.
Elle mordit sa lèvre inférieure, mit sa main sur la mienne et murmura, tendrement.
- Ne pleure pas, Sandra ! on restera des bonnes copines comme avant !
- Je ne veux pas être ton amie ! criai-je, furieusement, je veux récupérer ma petite amie !
- Tu ne veux pas me faciliter la tâche ! dit-elle, en ouvrant la porte. Prends ton temps et réfléchis bien, oublie que tu m’aimes et tu vas te persuader que j’ai raison !
Puis en sortant, complètement.
- Bonne journée, Sandra !
Je sortis aussi, et je criai, suppliante.
- Laisse ton GSM allumé !
Elle me jeta un regard bref, et reprit, calmement.
- Je le ferai quand tu changeras d’avis ! puis en traçant un faux sourire sur ses lèvres, allez je te laisse, bonne journée !
Je la suivis du regard jusqu’à ce qu’elle disparut dans l’avenue puis je m’engouffrai à nouveau dans ma voiture, et je mis à pleurer, chaleureusement, des larmes chagrines, d’un cœur brisé.
Quand on pleure beaucoup, notre peine se mélange avec la rancune pour nous donner, une nouvelle couleur de colère ; une colère intense, agressive et incontrôlable.
Je sentais que ma tête était en éruption comme un volcan, et dans un excès de colère, d’une fille désespérée, j’écrasai l’accélérateur, et ma voiture fonça sur l’asphalte de toute vitesse, ignorant les klaxons des voitures, les insultes des uns, et allant jusqu’à brûler le feu rouge flambant, dans un carrefour, puis des crissements de pneus, étourdissants suivis du choc de l’arrière d’une petite voiture, une FIAT je crois, qui surgit devant moi comme un fantôme.
La collision fut violente à tel point, que la voiture fit deux tours sur place puis finit par s’arrêter sur la bordure du trottoir, d’une cafétéria, heureusement, fermée.
Le chauffeur, un homme chauve, dans la trentaine poussa sa porte furieusement et descendit de sa bagnole en hurlant comme un fou.
- Salope ! tu m’as brisé l’arrière de la voiture ! tu l’as complètement bousillé !
Ma voiture, reste intacte comme s’il n’y avait pas de sérieux accrochage, sans la moindre éraflure et je vis le chauffeur, se dirigeant vers moi comme un chien enragé puis se mit à frapper ma porte avec son pied, furieusement.
- Sors de la bagnole, salope !
La clameur de sa crise de nerfs attira comme un aimant l’attention des passants, qui finissent par s’ingurgiter au lieu de l’accident. Parmi eux, un homme s’approcha du chauffeur, et cria.
- Calme-toi, monsieur !
- Comment pourrai-je me calmer ? Regarde dans quel état elle a laissé ma voiture ?
L’homme, intervenant de bonne foi, s’avéra Helmi, il me sourit en murmurant.
- Cava, sandre ?
En soupirant, je criai.
- Oui cava, cava !
Helmi se tourna vers l’homme et tenta de le raisonner.
- On va faire un constat ! tu as les papiers de ton assurance sur toi j’espère ?
- Oui, bien sûr !
Helmi fonça sa tête à travers la vitre et me dit, doucement.
- Tu me files tes papiers de l’assurance ?
Sans prononcer le moindre mot, je lui donnai les papiers puis je le suivis du regard, discutant avec l’homme, puis lui serrant la main et demander pardon de ma part.
Une fois le problème résolu, l’homme s’engouffra dans sa voiture et disparut dans la circulation, ainsi que les quelques têtes curieuses qui ont assisté à l’accrochage.
Helmi se dirigea vers moi, et tout en souriant.
- Tu n’es pas traumatisée, j’espère ?
En traçant, un faible sourire.
- Non, non, cava !
Il me remit les papiers et en me faisant un clin d’œil.
- Je peux monter ?
- Oui, oui bien sûr !
Une fois à l’intérieur, je l’interrogeai.
- Qu’est ce que tu fais ici ?
- Ben, le local dans lequel je bosse se situe sur cette avenue, ma belle ! puis en badinant, t’as de la chance tu sais ? D'habitude, il y a toujours au moins un policier dans ce rond-point !
En ingurgitant ma salive avec amertume.
- Oui, je suis chanceuse dans mon malheur !
Il me fixa d’un regard inquiet et reprit.
- Tu n’as pas l’air dans ton assiette ces jours-ci ! puis en baissant la voix, arrête la voiture, devant cette cafétéria !
Je freinai la voiture, dans le grand boulevard, puis je descendis avec lui et on s’assit face à face, à l’intérieur de la cafétéria.
En allumant une cigarette, il parla.
- Qu’est-ce qu’il y a Sandra ?
- Rien ! rien ! dis-je en allumant une cigarette aussi.
- J’espère qu’il ne s’agisse pas d’un problème familial.
En souriant, je murmurai, d’une voix à peine entendue.
- Non, ce n’est rien !
- Tu peux te confier à moi, Sandra !
Encore sous l’emprise de la colère, je criai.
- Puisque je te dis, que ce n’est rien !
Il se tut un petit instant et en essayant de se la jouer cool.
- Si ce n’est rien alors file-moi ton numéro de téléphone ! tu m’as promis l’autre fois de m’appeler !
En soufflant gravement, je criai.
- Pourquoi t’es si obsédé d’avoir mon numéro de téléphone ? Puis d’un geste furieux, je sortis mon cellulaire de mon sac à main et en le jetant sur la table, prends tous mes numéros si tu veux !
- Non, je veux uniquement ton numéro ! dit-il en plongeant son regard dans le mien.
- Tu me fais chier ! criai-je furibonde. Vous êtes tous pareils, vous ne pensez qu’à la drague !
Il mit sa main sur la mienne et murmura, sérieusement.
- Je t’aime Sandra !

mercredi 9 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode20: Cartes sur table

Partager
Tout le monde fut mobilisé sur place d’étonnement, les yeux grands ouverts et la bouche béante, jusqu’à ce que la jeune adolescente continua.
- Je voulais juste qu’il retire sa plainte contre mon papa ! je voulais pas lui faire du mal, ce n’était pas mon intention !
Sana trouva sa langue et intervint, d’un air moqueur.
- Tiens, une future mafieuse !
La maman de Sinda, intervint, suppliante.
- Je vous en supplie, ne prenez pas sa lettre en considération, c’est une gamine, et elle ne sait pas ce qu’elle fait ! et en échangeant un regard blâmant avec sa fille, tout ce qu’elle voulait c’est porter son aide à son papa !
- À travers une lettre de menace et une photo brulée ? s’écria Bilhssan, d’un ton belliqueux.
- C’était pour rire ! s’écria, Aza, frustrée, je voulais uniquement t’effrayer !
Bilhssan s’approcha d’elle et hurla, d’un ton haineux.
- Ben, c’est fait ma jolie, et ta lettre est entre les mains de l’avocat de la famille !
La femme, pleurant, lui coupa la parole.
- Je t’en prie, ne fais pas ça !
- C’est déjà fait madame ! répondit-il, rieur, au lieu de 6mois d’emprisonnement, votre mari pourra purger une peine allant jusqu’à 5ans, et tout cela, grâce à votre fille !
Sana, intervint, méchamment.
- Aza aussi mérite un beau séjour dans une maison de correction ! on a une future criminelle, parmi nous !
- Ah, non, pas ma fille, je vous en supplie ! dit la femme, d’un air hystérique.
- Je m’en fou, enfermez-moi si vous voulez, mais libérez mon père ! s’écria la fille, bravement.
- Ferme-la Aza ! la gronda sa mère, les yeux rouges de pleurs.
Mon père, jusqu’ici calme, fumant un cigare, se mit debout et adressa la parole à cette femme.
- Est-ce qu’on peut parler un petit moment en tête à tête ?
- Oui bien sûr ! murmura la femme en essuyant ses pleurs.
- Alors, suivez-moi !
Tous les deux se dirigèrent vers son bureau et on entendit le claquement de la porte. Pendant le temps d’attente, ressemblant à celui d’un accouchement, Sana ne manqua pas de viser Aza, avec son regard méprisant, puis l’attaqua.
- Quand je pense que c’est toi l’auteure de la lettre…
Elle lui coupa la parole, agressivement.
- Oui c’est moi, et je suis fière de ce que j’ai fait ! et en plantant un regard méchant vers Bilhssan, tu as eu la trouille de ta vie, j’espère ?
Soukayna, assise, intervint, étonnée.
- Apparemment la petite n’a aucun regret.
Sana, d’un ton haineux, reprit.
- Regardez son look, c’est une diablesse en chair et en os !
La petite s’approcha de ma sœur, lui jeta un regard de travers et d’un ton insolent prit sa défense.
- C’est mieux que ton look, de grand-mère !
Des rires timides fusent dans le salon. Sana, explosant de colère, regarda les rieurs, puis cria.
- T’es vraiment mal éduquée ! mais ton impolitesse n’est pas étonnante, vu ton milieu social !
- Je suis polie, mais toi non, sale connasse ! s’écria l’adolescente, furieuse.
Soukayna, fit preuve de sagesse et mit terme à cette chamaille enfantine, fermement.
- Allez, ça suffit vous dit !
Bilhssan, ignorant les paroles de sa belle mère, s’approcha de la sœur de Sinda, et l’interpela, encore sur les nerfs.
- Si tu ne regrettes pas ce que t’as fait pourquoi t’es venue ?
En plongeant son regard dans le sien, elle murmura.
- Car ma mère a tout découvert, malheureusement !
En fait, Aza ne comptait pas s’arrêter. Au contraire, elle préparait un nouveau coup, avec son complice, son amoureux secret, qui n’est que le fils de leur voisine, plus âgé d’elle de trois ans. Ils étaient, en train de planifier leur nouvelle stratégie de menace, par le biais de téléphone fixe. Sa mère, étant de passage, dans le salon, et par hasard, elle entendit la conversation et comprit, par son instinct de maman, les mauvaises intentions de sa fille, et ne tarda pas par la suite, à la gronder et venir tout de suite après chez nous, pour demander pardon le plus tôt possible avant que la situation ne s’empire davantage.
Une demi-heure après, la porte du bureau s’ouvrit. La maman de Sinda sortit en premier suivie de mon père. Fermant la porte doucement, papa tendit la main, et murmura, calmement.
- On est bien d’accord !
La femme traça, un faible sourire, et bégaya, hésitante.
- Moi, je suis d’accord, reste à savoir avec mon mari !
Souriant, mon père reprit, de son ton confiant.
- Il n’a pas de toute façon le choix ! puis en haussant la voix, bon, tu peux partir la conscience tranquille madame Stita, ton mari sera un homme libre demain matin !
- Merci monsieur Idriss ! s’écria la femme, émouvante.
Puis tira sa fille de sa main, et la gronda.
- Devant moi, petite vilaine !
Étourdi, les yeux verts de Bilhssan s’élargissaient et sous l’emprise de la colère il cria.
- Comment ça un homme libre ? il m’a agressé père !
La femme, inquiète s’arrêta un petit moment alors mon père l’assura.
- Aie confiance en moi !
Madame Sinda échangea un regard bref avec mon père puis quitta la pièce avec sa fille.
Fou furieux, Bilhssan, s’écria.
- Je ne vais pas retirer ma plainte ! il n’en est pas question !
Mon père le fixa d’un regard dur et reprit sévèrement.
- Alors cherche un autre avocat à engager et à payer ses frais !
- Tu ne peux pas me faire ça, père ? s’écria, Bilhssan, impuissant.
- Tu dois enlever cette histoire de ta tête fiston !
- Il voulait me tuer père !
Mon père laissa échapper un rire de dédain et répliqua.
- T’es sain et sauf devant moi, alors cesse de te comporter comme un gamin !
Puis en posant la main sur l’épaule de son fils.
- Par contre, tu dois me remercier !
Durant une demi-heure, mon père s’est mis d’accord avec la maman de Sinda, de retirer la plainte, mais à contre partie bien sûr ou si on aime la considérer comme une sorte de coalition, ou les deux parties seraient gagnantes.
Une fois libéré, le père de Sinda devra retirer sa plainte, pour la maltraitance conjugale, et sa demande, en cours, d’un domicile pour sa fille. De sa part, mon père, a promis la femme, d’ouvrir, un compte courant pour sa belle fille, et de l’alimenter de 500dinars, mensuellement, jusqu’à la fin de leur contrat de mariage, et que durant l’année et demi restante, sa belle fille ou n’importe quel membre de sa famille ne devra avoir aucun contact avec son fils.
Fidèle à sa parole, le père de Sinda fut libéré le jour suivant. Impuissant, monsieur Stita fit comme prévu et retira sa plainte, en cours.
C’était le 8 décembre, une date qui restera gravée à jamais dans la mémoire de Bilhssan, la date de son triomphe et du retour au célibat, et à sa vie d’amusement.
Quant à moi, l’après-midi, je pris ma voiture et je fis mon retour à Tunis. Avant de passer chez moi, je m’arrêtai devant l’agence de voyages où travaillait Nadia, et j’allumais une cigarette.
Après une heure d’attente, elle sortit de l’agence et nos regards se croisèrent.

lundi 7 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode20: Cartes sur table

Partager
Sana tint, la photo, entre les doigts, et murmura, très inquiète.
- Ça devient sérieux ! on ne peut plus se taire !
En allumant une nouvelle cigarette, je repris, indifféremment.
- S’il était réglo, rien de ça n’arriverait !
- Oh, Sandra ! aie un peu de compassion pour ton frangin !
Au bout des nerfs, je repris en me mettant debout.
- Et pourquoi personne n’a cette compassion pour moi ?
En me suivant d’un regard louche.
- Où vas-tu ?
- Aux toilettes ! dis-je, furieusement.
En réalité, je me suis allée vers ma chambre, pour me connecter à l’internet, en espérant trouver Nadia en ligne, et essayer de discuter avec elle. Malheureusement pour moi, ce n’était pas le cas. Au lieu de ça, j’ai trouvé une demande d’ajout sur MSN alors j’ai accepté. Et le nouveau contact n’était rien que Helmi. Quelques minutes après l’ajout, il paraissait en ligne et ne rata pas l’occasion pour m’aborder.
- Hey merci pour l’ajout !
- De rien ! tapai-je tout en soupirant, comment t’as eu mon adresse ?
- L’as-tu oublié ? Tu me l’as donné l’autre jour à la Miranda.
En frottant mes cheveux, je repris.
- Ah, OK !
- Tu me manques grave tu le sais ou pas ?
En m’allongeant sur mon lit, tout en posant le PC sur mes cuisses.
- OK !
- T’n’as pas l’air bien ?
- Si si je vais très bien !
- Non, je ne le pense pas.
Puis, je vis la colocataire de Nadia, entrer en ligne alors je lui envoie le texto suivant.
- Salut Monjia cava ?
- Coucou Sandra ! cava !
- Pas tellement ! puis en fonçant au cœur de mon investigation. Nadia est avec toi ?
- Non, elle n’est pas encore rentrée de Mahdia !
- Elle est à Mahdia alors ?
- C’est le plus probable !
En rigolant, j’ajoutai.
- T’as récupéré tes clefs alors ?
- Mes clefs ?!!
- Oui les clefs de l’appartement ! Nadia m’a dit que tu les as oubliées dans la maison de ta tante à Rades ?
- Mes clefs sont toujours sur moi, je ne l’ai jamais oublié chez ma tante ! t’es sure que Nadia, t’a raconté ça ?
Éprise, j’éloignais mes mains du clavier, un bout de temps puis je repris.
- Non, je rigole ! je voulais te taquiner.
- Méchante ! puis en sympathisant avec moi, pourquoi tu ne viens plus nous rendre visite ?
- Je viendrai surement ! dis-je, en retenant mes pleurs, bon je te laisse !
- Tu t’en vas si vite ?
- Je ne me sens pas bien, je vais me coucher !
- OK, comme tu veux !
Avant de quitter, je consultai la fenêtre de MSN ouverte pour la conversation avec Helmi.
- Sandra ! allo !allo ! t’es là ?
Les yeux, nageant dans les larmes, je fermai sa fenêtre, sans répondre et je quittai MSN. Tout de suite après, je m’allongeais sur mon lit, et j’éclatai en sanglots, tout en serrant fort l’oreiller sur lequel Nadia a fermé l’œil la nuit dernière.
Vers 19 h, je me réveillais sur la voix, grave, de mon père. Joyeuse, je descendis vite l’escalier, et je sautai dans ses bras. Après avoir fait la bise à tout le monde, papa s’assit sur son fauteuil préféré et tout en regardant Bilhssan.
- J’espère que rien ne s’est passé pendant mon absence ?
On échangea des regards discrets sans vraiment profaner le moindre mot alors papa reprit, d’un ton anxieux.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Et là, Sana prit son courage à deux mains et parla.
- Bilhssan a reçu une lettre de menace !
- Et la photo semi-brûlée, l’as-tu zappé ? Cria mon frère furieux.
Étonnamment, mon père leva ses sourcils, tout en grondant.
- Tout cela se passe et personne ne me le dit ?
Bilhssan, s’assit prés de lui et reprit.
- Ne t’inquiète pas papa, j’ai tout raconté à mon avocat depuis le matin.
Soukayna saisit la photo, et intervint.
- Personne n’a les photos de mariage à l’exception de notre famille et la sienne !
Souriant, Bilhssan continua.
- Il va pourrir en prison, le salaud !
- C’est ton beau père, alors un peu de respect ! s’écria mon père, en le grondant.
Puis Mahbouba surgit dans la pièce et parla, doucement.
- Excusez-moi, mais il y a une femme qui voudra voir Bilhssan !
- Quelle femme ? s’écria ma sœur.
- La dame de l’autre fois mademoiselle.
Énervé, Bilhssan s’écria.
- Dis-lui de dégager !
Mon père se mit debout et cria furieux.
- Non,laisse la entrer ! et en regardant Bilhssan de travers, ferme-la OK ?
Quelques minutes plus tard la maman de Sinda, nous rejoigne accompagnée de sa petite fille, Aza, de 13ans. Toutes les deux, comme intimidées restèrent à l’entrée du salon.
- Venez vous asseoir ? dit Soukhana, gracieusement.
La femme, perturbée, et d’une voix étranglée répondit.
- Non, merci, je suis venue pour vous demander pardon !
- Non ! ce n’est pas ta faute maman ! cria Aza, frustrée.
Sa fille, au look gothique, mordit sa lèvre d’indignation puis avança un pas vers mon frère et tout en hochant sa tête timidement.
- C’est moi l’auteure de la lettre !