vendredi 25 septembre 2009

fille de bonne famille: épisode22: Révélation assassine

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L’une des filles a sauté du 4ème étage ; une phrase qui m’a coupé la respiration, m’a fondu en larmes et m’a fait pousser des cris rauques, des cris d’un cœur mourant, d’une conscience épuisée.
C’était Nadia, la victime de mon égocentrisme, mon égoïsme ; la victime de mes saloperies et de ma bassesse. Avec mon dévouement à l’aveuglette, je l’ai poussé au suicide ; à finir sa vie, alors qu’elle est encore jeune, comblée de rêves et d’ambitions.
À cause d’un amour obsessionnel et si maladroitement imbécile, j’ai perdu l’être le plus cher à mes yeux. Je n’avais plus goût à rien, je voulais m’en finir aussi, mais les dernières paroles de la femme me donnèrent de l’espoir ; une dernière chance pour demander le pardon de Nadia, elle me disait, que la fille n’était pas morte sur le champ, et que les urgentistes l’ont emmené si vite à l’hôpital Charles Nicolle.
Sans étirer la conversation ni la remercier pour ce soleil d’espérance, je dégringolai, l’escalier ; des marches qui semblaient infiniment longues, sans attendre l’arrivée de l’ascenseur.
Je ne savais pas comment j’ai pu conduire ma voiture, jusqu’à cet hôpital, avec toute cette tension et frustration qui me comblaient.
Une fois arrivée, et comme une folle désespérée, je me dirigeai vers la réception et on m’informait qu’elle fut transférée au bloc des soins intensifs.
Là-bas, une conversation, entre la famille de Nadia, et sa colocataire, Monjia, me fit déchirer le cœur encore et encore ; je me collai au mur sans trop m’approcher d’eux, de peur qu’ils m’aperçoivent, car j’étais la cause principale de sa tentation de suicide, et que je n’avais ni le courage ni la force, pour me montrer.
La mère de Nadia, larmoyante, secouait Monjia, et hurlait.
- Comment t’as pu la laisser toute seule ! tu savais qu’elle était dépressive !
Son mari lui tint la main, et murmura, en la grondant.
- Laisse-la, elle n’est pour rien !
Elle lâcha Monjia, et se mit à taper le torse de son mari, en pleurant.
- Tu n’aurais pas dû la laisser quitter la maison !
- Elle avait son boulot …
- Boulot de merde, après tout ce qu’elle a enduré, comment pourrait-elle trouver une envie de bosser !
Puis revint vers Monjia, et en la blâmant.
- Tu n’aurais pas dû laisser ma fille, seule !
Monjia, avalant ses larmes.
- Elle m’a paru calme, cet après-midi, elle était un peu fâchée à cause d’une amie à elle, après elle s’est mise à balayer le balcon, et moi à préparer le diner ! je te jure que je ne savais pas qu’elle avait l’intention de se jeter !
En apercevant un médecin venir vers eux, la maman de Nadia lui prend la main suppliante.
- Je vous en pris, laissez-moi voir ma fille !
- Elle est en soins intensifs, madame, je ne peux pas, c’est une chambre stérilisée !
Le père s’approcha de lui, et d’un air triste.
- S’il te plait ne nous cache rien ! est-ce que ma fille a une chance de guérison ?
Le médecin, la face baissée, n’osant croiser ses interlocuteurs.
- Votre fille est dans un état végétatif, son cerveau s’est complètement détérioré ; c’est uniquement son cœur, qui bat toujours, et en levant sa tête, une fois débranchée, elle serait morte, je suis vraiment navré, elle n’a aucune chance de survie, elle ne se réveillera jamais !
Sa mère s’effondra par terre, et lança des cris assourdissants et tristes, qui me firent la chair de poule. Son père secoua le médecin, et cria en déniant.
- Ne dites pas ça docteur, faites tout votre possible pour sauver ma fille !
- On a tout fait monsieur ! et ému, scientifiquement parlons votre fille n’a pas la moindre chance ! et en tapotant son épaule, tendrement, priez pour elle ! il lui faut un miracle pour survivre !
Je me figeai sur place, je ne sentais plus les battements de mon cœur ; les pleurs tumultueux ne cessèrent de pleuvoir sur mon visage. Je restai, ainsi sur cet état pour des heures et des heures, jusqu’à ce qu’une des infirmières vienne vers moi.
- Cava mademoiselle ?
N’osant lever les yeux, je ne dis rien jusqu’à ce qu’elle reprit doucement.
- Mademoiselle, tu n’as pas le droit de rester dans ce bloc !
En levant la tête, lourdement.
- Est-ce que je peux voir mon amie ?
- T’es l’amie de la fille qui a sauté du 4ème étage ?
Je remuai la tête pour dire oui, elle me regardait, tendrement, et murmura.
- Sauf un membre de sa famille, a le droit de la voir sous autorisation !
Puis elle eut pitié de moi, en me regardant pleurer en silence, et me dit.
- Allez suis moi, mais tu vas uniquement jeter un regard bref sur elle à travers la vitre !
Je la suivis, sans prononcer le moindre mot ; et je vus finalement, un corps, sans âme, une fille, fanée, toute bleue, envahie par les machines, ne donnant point un signe de vie.
C’était la scène, qui m’a plongé dans un tourbillon de dépression, tout un mois et demi. Pour trois semaines entières, je refusai de quitter ma chambre, ni d’adresser la parole à qui que ce soit. Mon père, ma sœur et même ma belle mère, ont beau essayé, m’aider à me libérer de ce cercle vicieux, dans lequel, je me suis enfermée, en vain.
Je me sentais tellement seule et impuissante, en perdant simultanément deux amies, l’une présente, en tant que cadavre vivant, dans l’hôpital, et l’autre, dans un pays lointain, à l’autre bout de monde.
Pendant ce temps là aussi, Sana se fiança avec Houssine Zarrouk, qu’elle trouva finalement aimable et sympathique, un gentil homme, doux, qui eut beaucoup de respect et d’affection pour elle. Elle finit donc par l’apprécier, et commença par l’aimer. De toute façon, chaque fois, qu’elle pénétra ma chambre, ne cessa de me parler de lui, avec un tel enthousiasme et gaieté. D’ailleurs, chacun, ayant une belle nouvelle, venait me l’annoncer en exclusivité.
C’étaient les conseils de mon psychiatre, qu’ils suivaient tous à la lettre, en souhaitant que je reprenne gout à la vie, et qu’ils trouvassent enfin, Sandra, la fille, rigolote, avec le sourire, omniprésent à la longueur de journée.
Un lundi matin, Sana poussa ma porte, et s’approcha de moi, puis mit une enveloppe sur mes jambes. Je la regardais, indifféremment puis sans hocher la tête.
- C’est quoi ça ?
Elle s’assit au bord de mon lit, et en faisant de l’effort pour sourire agréablement.
- Un billet d’avion pour Londres !
- Pour Londres ?
Elle la tint avec sa main gauche, et en me fixant d’un regard doux.
- De la part de maman !

1 commentaires:

Anonyme a dit…

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