mercredi 9 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode20: Cartes sur table

Partager
Tout le monde fut mobilisé sur place d’étonnement, les yeux grands ouverts et la bouche béante, jusqu’à ce que la jeune adolescente continua.
- Je voulais juste qu’il retire sa plainte contre mon papa ! je voulais pas lui faire du mal, ce n’était pas mon intention !
Sana trouva sa langue et intervint, d’un air moqueur.
- Tiens, une future mafieuse !
La maman de Sinda, intervint, suppliante.
- Je vous en supplie, ne prenez pas sa lettre en considération, c’est une gamine, et elle ne sait pas ce qu’elle fait ! et en échangeant un regard blâmant avec sa fille, tout ce qu’elle voulait c’est porter son aide à son papa !
- À travers une lettre de menace et une photo brulée ? s’écria Bilhssan, d’un ton belliqueux.
- C’était pour rire ! s’écria, Aza, frustrée, je voulais uniquement t’effrayer !
Bilhssan s’approcha d’elle et hurla, d’un ton haineux.
- Ben, c’est fait ma jolie, et ta lettre est entre les mains de l’avocat de la famille !
La femme, pleurant, lui coupa la parole.
- Je t’en prie, ne fais pas ça !
- C’est déjà fait madame ! répondit-il, rieur, au lieu de 6mois d’emprisonnement, votre mari pourra purger une peine allant jusqu’à 5ans, et tout cela, grâce à votre fille !
Sana, intervint, méchamment.
- Aza aussi mérite un beau séjour dans une maison de correction ! on a une future criminelle, parmi nous !
- Ah, non, pas ma fille, je vous en supplie ! dit la femme, d’un air hystérique.
- Je m’en fou, enfermez-moi si vous voulez, mais libérez mon père ! s’écria la fille, bravement.
- Ferme-la Aza ! la gronda sa mère, les yeux rouges de pleurs.
Mon père, jusqu’ici calme, fumant un cigare, se mit debout et adressa la parole à cette femme.
- Est-ce qu’on peut parler un petit moment en tête à tête ?
- Oui bien sûr ! murmura la femme en essuyant ses pleurs.
- Alors, suivez-moi !
Tous les deux se dirigèrent vers son bureau et on entendit le claquement de la porte. Pendant le temps d’attente, ressemblant à celui d’un accouchement, Sana ne manqua pas de viser Aza, avec son regard méprisant, puis l’attaqua.
- Quand je pense que c’est toi l’auteure de la lettre…
Elle lui coupa la parole, agressivement.
- Oui c’est moi, et je suis fière de ce que j’ai fait ! et en plantant un regard méchant vers Bilhssan, tu as eu la trouille de ta vie, j’espère ?
Soukayna, assise, intervint, étonnée.
- Apparemment la petite n’a aucun regret.
Sana, d’un ton haineux, reprit.
- Regardez son look, c’est une diablesse en chair et en os !
La petite s’approcha de ma sœur, lui jeta un regard de travers et d’un ton insolent prit sa défense.
- C’est mieux que ton look, de grand-mère !
Des rires timides fusent dans le salon. Sana, explosant de colère, regarda les rieurs, puis cria.
- T’es vraiment mal éduquée ! mais ton impolitesse n’est pas étonnante, vu ton milieu social !
- Je suis polie, mais toi non, sale connasse ! s’écria l’adolescente, furieuse.
Soukayna, fit preuve de sagesse et mit terme à cette chamaille enfantine, fermement.
- Allez, ça suffit vous dit !
Bilhssan, ignorant les paroles de sa belle mère, s’approcha de la sœur de Sinda, et l’interpela, encore sur les nerfs.
- Si tu ne regrettes pas ce que t’as fait pourquoi t’es venue ?
En plongeant son regard dans le sien, elle murmura.
- Car ma mère a tout découvert, malheureusement !
En fait, Aza ne comptait pas s’arrêter. Au contraire, elle préparait un nouveau coup, avec son complice, son amoureux secret, qui n’est que le fils de leur voisine, plus âgé d’elle de trois ans. Ils étaient, en train de planifier leur nouvelle stratégie de menace, par le biais de téléphone fixe. Sa mère, étant de passage, dans le salon, et par hasard, elle entendit la conversation et comprit, par son instinct de maman, les mauvaises intentions de sa fille, et ne tarda pas par la suite, à la gronder et venir tout de suite après chez nous, pour demander pardon le plus tôt possible avant que la situation ne s’empire davantage.
Une demi-heure après, la porte du bureau s’ouvrit. La maman de Sinda sortit en premier suivie de mon père. Fermant la porte doucement, papa tendit la main, et murmura, calmement.
- On est bien d’accord !
La femme traça, un faible sourire, et bégaya, hésitante.
- Moi, je suis d’accord, reste à savoir avec mon mari !
Souriant, mon père reprit, de son ton confiant.
- Il n’a pas de toute façon le choix ! puis en haussant la voix, bon, tu peux partir la conscience tranquille madame Stita, ton mari sera un homme libre demain matin !
- Merci monsieur Idriss ! s’écria la femme, émouvante.
Puis tira sa fille de sa main, et la gronda.
- Devant moi, petite vilaine !
Étourdi, les yeux verts de Bilhssan s’élargissaient et sous l’emprise de la colère il cria.
- Comment ça un homme libre ? il m’a agressé père !
La femme, inquiète s’arrêta un petit moment alors mon père l’assura.
- Aie confiance en moi !
Madame Sinda échangea un regard bref avec mon père puis quitta la pièce avec sa fille.
Fou furieux, Bilhssan, s’écria.
- Je ne vais pas retirer ma plainte ! il n’en est pas question !
Mon père le fixa d’un regard dur et reprit sévèrement.
- Alors cherche un autre avocat à engager et à payer ses frais !
- Tu ne peux pas me faire ça, père ? s’écria, Bilhssan, impuissant.
- Tu dois enlever cette histoire de ta tête fiston !
- Il voulait me tuer père !
Mon père laissa échapper un rire de dédain et répliqua.
- T’es sain et sauf devant moi, alors cesse de te comporter comme un gamin !
Puis en posant la main sur l’épaule de son fils.
- Par contre, tu dois me remercier !
Durant une demi-heure, mon père s’est mis d’accord avec la maman de Sinda, de retirer la plainte, mais à contre partie bien sûr ou si on aime la considérer comme une sorte de coalition, ou les deux parties seraient gagnantes.
Une fois libéré, le père de Sinda devra retirer sa plainte, pour la maltraitance conjugale, et sa demande, en cours, d’un domicile pour sa fille. De sa part, mon père, a promis la femme, d’ouvrir, un compte courant pour sa belle fille, et de l’alimenter de 500dinars, mensuellement, jusqu’à la fin de leur contrat de mariage, et que durant l’année et demi restante, sa belle fille ou n’importe quel membre de sa famille ne devra avoir aucun contact avec son fils.
Fidèle à sa parole, le père de Sinda fut libéré le jour suivant. Impuissant, monsieur Stita fit comme prévu et retira sa plainte, en cours.
C’était le 8 décembre, une date qui restera gravée à jamais dans la mémoire de Bilhssan, la date de son triomphe et du retour au célibat, et à sa vie d’amusement.
Quant à moi, l’après-midi, je pris ma voiture et je fis mon retour à Tunis. Avant de passer chez moi, je m’arrêtai devant l’agence de voyages où travaillait Nadia, et j’allumais une cigarette.
Après une heure d’attente, elle sortit de l’agence et nos regards se croisèrent.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire