
Le mot était si solennel pour moi ; il avait le même effet qu’une bombe. Sa phrase me fit perdre la langue, les premières secondes du choc puis en me levant.
- Enceinte ? Et en déniant, tu ne peux pas être enceinte !
En séchant ses larmes, elle se leva et me dit d’un air farouche.
- J’ai peur, je ne suis pas certaine !
- Alors, tu m’as menti, tout ce temps-là ! et en criant furieusement, tu m’as dit que tu n’as pas eu un rapport complet avec lui ?
- Oui, c’est vrai ! et intimidée, et à demie voix, mais il a frotté son pénis contre mon sexe, une fois ou deux !
Dégoutée, et en m’éloignant d’elle.
- Épargne-moi les détails ! puis en tournant la tête vers la fenêtre, je t’avais averti à son propos, à maintes reprises !
- Je l’aime Sandra ! cria-t-elle, en pleurant.
En remuant la tête, furieusement et en tenant ses deux mains.
- Moi aussi, j’ai aimé des mecs, mais je ne me suis jamais laissé aller avec eux !
- Mais c’est normal puisque t’es lesbienne ! tu préfères les chattes, et la preuve, tu as couché avec Nadia !
En relâchant ses mains subitement.
- OK, OK ! changeons de sujet !
Elle mit sa main, sur mon épaule et reprit suppliante.
- Que dois-je faire Sandra ?
En admirant son visage, pâle, longuement.
- Commence par enlever ce voile, car tu l’as largement sali avec tes infamies !
- Je parle sérieusement Sandra !
En s’asseyant sur le bord de son lit.
- Tu dois voir un gynécologue ! qu’est-ce que t’en dis de madame Hlel ?
- Quoi la gynécologue de ma belle mère ! ah, non, non, imagine s’il s’avère que je suis enceinte, elle va surement reporter ça à Soukayna !
- Ok, ok ! on ira donc chez une autre ou un autre !
Le lendemain, on choisit le cabinet privé, d’un gynécologue, homme, un vieillard, mais un bon médecin, qui enseignait des cours à la faculté de médecine de ma sœur. Je restai, durant toute la consultation, les fesses collées sur une chaise face à son bureau. Puis, la porte s’ouvrira, et il sortit avec ma sœur qui s’assit à côté de moi. Il lut le stress sculpté sur nos deux visages puis adressa la parole à ma sœur en souriant.
- Ce n’est pas aussi grave que tu le crois mademoiselle ! il s’agit d’une aménorrhée dite psychogène, qui est due probablement à un choc psychologique ou de tout autres types de stress, qui peuvent affecter temporairement le fonctionnement de l’hypothalamus et provoquer un arrêt des menstruations aussi longtemps que la source de stress persiste.
Puis en souriant.
- Je sais que les étudiants de la médecine sont tout le temps stressés, mais ma fille, tu dois essayer de faire des activités pour vaporiser ce stress, essaye le yoga, moi, personnellement ça m’aide à me relaxer !
Sana, sembla rassurée et trouva enfin le sourire.
- Oui, je vais essayer le yoga !
Le médecin tira une feuille et son stylo puis dit.
- Je vais te prescrire la bromocriptine, qui va t’aider à reprendre tes règles, mais surtout ma fille, tu dois apprendre à gérer le stress, et comme je te l’avais dit une bonne gestion du stress ainsi qu’une modération dans la pratique des exercices physiques seront largement suffisantes pour permettre le retour des menstruations !
Sana était tellement contente, du résultat de la consultation. Tout au long du trajet de retour, elle ne cessait de parler de tout et de rien ; quant à moi, je ne cessai de penser à Mehdi, ce salopard, qui a failli détruire ma sœur, et je n’avais qu’une idée, en tête, le voir et lui dire ses quatre vérités. Après tout, je n’avais plus rien à perdre.
Je déposai ma sœur devant le portail du jardin, et je pris la route pour Sahloul, où ce minable passait son stage. Je garai ma voiture face à l’hôpital universitaire et je mis à l’attendre. Une demi-heure après, c’était la pause déjeuner, et je l’aperçus, avec une bande d’amis. Illico, je mis à klaxonner. Il tourna la tête et nos regards se croisèrent. Il échangea, quelques paroles brèves, avec ses copains puis vint vers moi.
- Sandra ! quelle surprise ? Je suis tellement chanceux que la fille la plus sexy du Sahel vient m’attendre devant l’hôpital ?
En gardant mon sang-froid.
- Monte ! il faut qu’on parle !
- Comme tu le veux ma belle ! s’écria-t-il excité.
Une fois, installé, à l’intérieur, je démarrai la voiture, puis sans oser le regarder.
- Je suis bien contente que tu as finalement largué ma sœur !
- J’étais sûr que tu serais contente !
- Ah bon ?
Il mit sa main sur la mienne et reprit.
- J’avais plus d’amour pour toi que pour elle !
En accélérant, je criai étourdie.
- Tu n’as pas honte de me dire ça !
- C’est la vérité Sandra ! puis en avalant sa salive, c’est du délire, je le sais, mais j’ai eu le béguin pour toi, depuis le premier jour où je t’ai vu ! et j’ai cru qu’en m’introduisant dans la vie de ta sœur, j’aurai l’opportunité de m’approcher de toi, même à titre fictif !
J’arrêtai ma voiture, sur une piste à l’entrée de Hergla, puis je criai en le regardant avec mépris.
- T’es vraiment un salopard ! tu as abusé de ma sœur, physiquement et moralement alors que tu ne l’aimais pas !
Il mit sa main sur la mienne, insolemment, et répondit en plongeant son regard dans le mien.
- Si tu m’avais laissé une chance, avec toi, tout ceci ne serait reproduit !
- T’es vraiment un pervers et un malade ! et en riant de dégout, sors de ma bagnole !
- Quoi ?
En le fixant d’un regard sacripant.
- Sors de ma voiture ! change ton numéro et disparais de sa vie et de la mienne une fois pour toutes, sinon je te jure que tu auras affaire à moi !
Il croisa les bras, et dit avec sa bassesse.
- Tu n’as pas intérêt à me menacer !
En riant, d’énervement.
- Je n’ai plus peur Mehdi, tu peux dire à tout le monde que j’ai couché avec une fille, je n’ai plus rien à perdre ! puis en le perçant d’un regard rancunier, si mon père apprend que tu as abusé de sa fille ainée, il va surement te tuer, je te le jure, alors dégage et ne remet plus le pied chez nous ! puis en haussant la voix, et maintenant sors !
- Tu vas me laisser ici ?
En riant.
- T’es un grand garçon, tu peux te débrouiller !
- Mais...
- Sors !
- OK, OK !
Dés qu’il sortit de ma voiture, je démarrai le moteur, en direction de Tunis, et je le voyais à travers le rétroviseur, faire des mouvements des va-et-vient et essayer en vain d’arrêter les rares voitures passant par cette petite ruelle.
En rentrant chez moi, à Manar, une surprise m’attendait à l’entrée de mon appartement. Dés que la porte automatique de l’ascenseur s’ouvrit, le visage de Nadia m’accueillit.
Elle se maintenait debout, le dos collé sur ma porte, et me regardait, avec une telle haine et rancune, je me sentais faible et désarmée devant elle, jusqu’à ce qu’elle entama la conversation.
- Salut Sandra !
En m’avançant vers elle à pas hésitants.
- Ça fait longtemps que t’es là ?
En traçant, un sourire intriguant, cachant tant de fureur et de peine.
- Depuis trois heures et 40minutes !



2 commentaires:
C'est vraiment du bien. I enjoyed it. Ce fut émouvant et susceptible.
curcuma
merci Josh:)
Enregistrer un commentaire