mercredi 16 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode21: L'autre facette

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Ce qu’on peut devenir désagréable et rancunier par moment. Ce que l’amour peut rendre aveuglante notre conscience, et détruisant notre colère.
Dieu ! Ce qu’on était bien ensemble, nageant dans le bonheur, et croyant, naïvement à la version classique de l’amour. Une version, originale, où il n’y a pas le moindre vice, une version saine sans arrière-pensée ; une passion, au sens propre du terme.
Une relation sans des hauts et des bas ne peut exister, mais quand on décide de l’en finir sans s’expliquer, sans raison convaincante, tout se bascule dans notre vie.
Malheureusement pour moi, on était arrivées à une période noire, où l’amour sort ses griffes et nous montre l’autre facette cachée ; du diable humain, en fureur, comblé, du malheur et de peine. Une période, où l’on refuse d’admettre qu’on a tout perdu, et qu’on doit essayer de tourner la page. Mais, on n’en peut pas, car on restera paralysé, par nos sentiments et la grande foi, en amour.
Têtu de nature, on refuse de perdre, on refuse l’échec et pour garder la personne à notre côté, on déploie, toute sorte, de moyens, quelques soit les circonstances et la réaction de l’élu de cœur.
C’était mon cas, et me voilà, vêtue dans un manteau de bassesse, emportée par ma colère et mon désespoir, en train de menacer ma Nadia, pour qu’elle largue son fiancé et reste exclusivement pour moi, et la prisonnière de mon dévouement.
Une fois ma phrase terminée, elle sourit, croyant que je plaisantais, puis se mit à rire et reprit sans la moindre crainte.
- Non, tu ne le feras pas !
Je partageais son sourire et je continuai, en la fixant d’un regard de psychopathe.
- Je suis sérieuse Nadia ! et puis je n’ai plus rien à perdre !
Bouche bée, un long moment, je sentais son inquiétude et je repris.
- Je ne voulais pas en arriver là !
En croisant mon regard, elle murmura, avec amertume.
- T’es vraiment une salope !
Retenant mes larmes, je bégayai.
- Tu peux m’insulter autant que tu le voulais, je ne changerai pas d’avis !
- Sors de chez moi ! cria-t-elle, en me jetant un regard désagréable.
Ma main sur la poignée de la porte, je marmottai.
- Je saurai de mes propres moyens, si tu as rompu avec lui ou pas !
En ouvrant la porte, Monjia surgit devant moi, et se demanda.
- Allez venez, le diner est prêt ! on va tous manger ensemble !
Nadia, intervint, avant que je prenne la parole.
- Elle est pressée !
Évitant d’ébruiter les tensions, je ne dis rien et je quittai l’appartement sans même regarder Monjia.
Essayant, de me calmer, je décidai, de me balader un petit peu, puis en fin de soirée, je finissais collée sur une chaise, d’un restaurent luxueux à Gammart, « la langouste », appelant, inconsciemment ma meilleure amie, pour qu’elle vienne me tenir compagnie.
- Sandroucha, salut bébé !
- Où es-tu ?
- Ben, en boite avec mon copain !
- Bouge tes fesses et viens me rejoindre au restaurant la langouste !
Elle se mit à rire puis badina.
- La langouste ? Putain, c’est l’un des restaurants les plus chers !
- T’inquiète, pas c’est moi qui t’invite !
- Dans ce cas, j’accepterai l’invitation !
Un quart d’heure, plus tard, elle s’assit face à moi, me dévorant du regard puis murmura.
- Sandra ! oublie-la !
En traçant, un sourire coléreux, je répondis.
- Choisis plutôt le plat avant que le serveur ne vienne !
Oumayma croisa les bras et répliqua.
- Je n’ai pas trop faim, et je ne peux non plus faire semblant de ne pas remarquer ta colère !
En buvant un peu d’eau, je criai, furibonde.
- Écoute ! je suis venue ici pour essayer de me distraire un peu et non pour m’énerver davantage !
- OK !OK, c’est bon ! puis en se rappelant de Helmi, pourquoi n’essaies-tu pas de sortir avec Helmi, c’est un mec bien et il semble t’apprécier…
En lui coupant la parole, ricanant.
- Il est amoureux de moi !
- C’est vrai ? s’exclama-t-elle joyeuse, ça tombe bien alors, donne-lui une chance, il est beau et riche, et c’est une personne avec qui tu peux entretenir une relation sérieuse !
Le regard fixant un mec assis au fond, en train de peloter sa copine, je repris.
- Si j’avais voulu m’engager, je serais sortie avec Ghassen !
- Mais Ghassen n’est plus sur Tunis ! puis en suivant la trajectoire de mes yeux, tu le connais ?
- Qui ? dis-je en retournant la tête.
- Le mec que tu n’arrêtes pas de mater !
- Ah ! le mec ! dis-je, en laissant échapper un rire. Tu ne l’as pas reconnu, ma chérie, regarde le bien !
Elle se mit à le guetter, un bout de temps, puis reprit doucement.
- Bon son visage, m’est un peu familier ! je l’ai peut être vu quelque part !
- Je croyais que t’avais une bonne mémoire !
En me tapotant la main, elle s’écria, impatiemment.
- Allez dis moi qui c’est ?
En croisant enfin son regard, il m’aperçut, alors je souris tout en faisant un petit coucou avec la main, il sembla perturbé, mais traça, un faible sourire et baissa les yeux à nouveau.
- Sandra ! je te parle ! s’écria-t-elle, curieuse.
- C’est Mehdi, le fiancé de ma sœur !
- Bon Dieu ! s’écria-t-elle, non, tu rigoles j’espère !
- Non, non, c’est bien lui ! et en allumant une cigarette, alors tu vas prendre quoi ?
Interloquée par ma froideur et mon indifférence, elle se demanda.
- Tu ne vas rien faire ?
- Que veux-tu que je fasse ?
- La moindre des choses, c’est d’appeler ta sœur et lui dire que tu as vu son fiancé avec une fille dans un restaurant !
Soupirant, je répondis.
- Ce ne sont pas mes affaires ! et puis je lui ai demandé d’ouvrir bien les yeux, mais elle ne m’a pas écouté ! puis en changeant de sujet, alors t’as quelque chose de prévu pour ce soir ?
- Ce soir ? Euh, non !
- Alors, viens passer la nuit chez moi !
Elle sourit, et parla avec son humour.
- Chez toi ou avec toi ?
Je n’avais pas envie de rigoler, mais je me contentai de sourire en disant.
- Ben comme tu veux !
Puis une voix masculine nous interrompit. En levant les yeux, je vis Mehdi, se maintenant debout près de moi.
- Salut les filles !
Oumayma le regarda de travers et murmura.
- Salut !
Il mit sa main sur mon épaule et dit, frustré.
- Est-ce qu’on peut parler pour une minute !

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