
Époustouflée, je me tus un long moment, croisant les bras puis je murmurai.
- Tu m’aimes alors ?
Il sourit, et répéta, d’une voix confiante.
- Oui, je t’aime !
- Pourquoi ?
Il se mit à rire, silencieusement puis reprit.
- Je ne sais pas !
- Alors comment sais-tu que tu m’aimes ?
En secouant les épaules.
- Je me sens bien avec toi !
- Mais ce n’est pas suffisant pour aimer.
- On ne choisit pas la personne qu’on aime.
En retenant mes pleurs.
- Si !
- Ah non ! puis en souriant, c’est l’unique chose incontrôlable et imprévisible.
En plongeant mon regard dans le sien.
- Peut-être imprévisible, mais parfaitement contrôlable.
Et en me mettant debout.
- Merci pour le café !
- Tu pars déjà ? dit-il en se relevant.
- Oui, je ne me sens pas bien.
- J’espère que ce n’est pas à cause de ce que je t’ai dit ? Si c’est le cas, fais comme si je ne t’ai rien dit !
- Non, non, tu n’es pour rien !
Il me tint la main, doucement et d’un ton suppliant.
- Alors, reste un peu avec moi !
Souriante, je m’assis à nouveau, et tout en me dévorant du regard il reprit.
- Je peux te poser une question ?
- Oui, vas-y !
- Est-ce que tu sors avec quelqu’un ?
Pour m’égayer un petit peu, je balbutiai.
- Supposons oui, ça te posera un problème ?
Il participa à mon petit jeu de séduction en disant.
- Si ta réponse est affirmative, bien sûr que oui !
- Serais-tu jaloux ?
En plongeant son regard dans le mien, comme s’il s’agissait d’une confidence amoureuse.
- Oui, car cette personne occupe une partie de ton cœur !
Je ne dis rien, mais je mis à rire, il m’interrompit, d’un air sérieux.
- Je suis sincère Sandra, je ne vois pas pourquoi tu ris ! puis en s’expliquant plus, je sais que ça peut te paraitre bizarre, mais je suis comme ça, je tombe assez facilement amoureux !
Je cessai de rire, instantanément puis en badinant.
- Tu m’oublieras aussi assez facilement.
Il me partagea ce bout de rire, ironique, et reprit, d’un air décidé.
- Alors, t’as quelqu’un dans la vie ou pas ?
Je souris, je mis à le regarder un petit moment, mais sans répondre, sans satisfaire sa curiosité amoureuse. Je ne sais pas d’ailleurs, comment j’ai fait pour m’en aller. J’étais tellement bourrée moralement que je me rappelle pas les deux mots ou trois que je lui ai dit, pour avoir ma liberté. Pour retourner dans la cage de mon supplice, je lui filai mon numéro de téléphone, la seule arme, que j’avais en possession et qui m’assurait de partir.
Comme attirée par une force magique, je changeai du chemin habituel et je me dirigeai plutôt vers l’appartement de Nadia. Décidée à lui parler, je n’hésitai pas un seul moment, à frapper à sa porte. C’était vers 19 h 30, je crois. Enfin, je ne donnai plus d’importance à la notion temporelle, j’étais tellement confuse, et comme amnésique, je ne voulais pas me rappeler de la conversation qui s’est engagée entre moi et elle, à la sortie de son job.
J’essayai peut être, de me dire que cette conversation n’avait pas eu lieu, que c’était un mauvais rêve, le délire peut être aussi, d’une âme effrayée, une âme blessée.
Quelques instants après, Monjia m’ouvrit la porte, traça son large sourire, et s’écria.
- Sandra !quelle surprise ! allez entre !
- Nadia est là ?
- Non, mais elle rentra bientôt ! et en me faisant une œillade, elle est passée faire les courses ! puis en me tirant par le bras. Entre ne reste pas là !
En pénétrant le petit salon, la vue de son fiancé, me parut surprenante alors je m’arrêtai sur place, comme clouée au sol jusqu’à ce que Monjia reprit.
- C’est Ahmed, le fiancé de Nadia ! il est venu la voir aussi !
L’homme se mit debout et en me tendant la main gentiment.
- T’es Sandra, n'est-ce pas ? Nadia m’a tellement parlé de toi !
En serrant sa main, poliment.
- Oui c’est moi !
Monjia participa à la conversation en disant, chaleureusement.
- Mais asseyez-vous ! je vais vous préparer du thé en attendant le retour de Nadia ! je suis certaine qu’elle serait heureuse de voir sa meilleure amie et son fiancé, en même temps !
Une fois, absorbée par la cuisine, je regardai Ahmed de travers et sans vouloir paraitre désagréable, enfin, je me suis efforcé, à jouer la carte de la sérénité et de la sagesse.
- Excuse-moi, mais à ce que je sache, Nadia et vous n’êtes plus ensemble.
Il m’examina d’un regard frais, un regard d’une personne qui a beaucoup d’espoir.
- Enfin, peut être pas officiellement comme avant ! mais je suis certain que notre relation reviendra plus forte et plus intense qu’avant !
Je me sentais menacée, et tellement effrayée par son allusion alors je tentai de tuer son sourire naissant de vainqueur en disant avec effort.
- Ce n’est pas pourtant ce qu’elle m’a dit !
- Qu’est-ce qu’elle t’a raconté ? dit-il très intéressé.
- Qu’elle a mis terme à votre relation !
Il sourit, pour cacher sa déception, et reprit.
- Ce n’était pas un refus absolu !
- Absolu ? dis-je en laissant échapper, un rire involontaire.
- Enfin, je lui ai demandé de prendre tout son temps avant de me répondre et elle a accepté !
- Et tu es venu pour écouter sa réponse ? je me demandai, le cœur battant.
- Oui c’est un peu ça ! et en me fixant de son regard, je l’aime tant, et je suis prêt à tout faire pour la récupérer ! et en souriant, et je compte sur ton soutien aussi !
- Mon aide ?
- Oui, t’es sa meilleure amie, et je suis certain que si tu collabores avec moi, elle me reviendra surement ! et je te serai reconnaissant toute ma vie, Sandra !
Puis le bruit de l’ouverture de la porte, mit terme à notre petite discussion et Nadia, en hochant la tête, parut interloquée par notre vue, elle resta figée sur place, me regardant d’un air farouche et craintif, jusqu’à ce que Monjia vint nous rejoindre.
- Tu vois ma chérie, je t’avais dit qu’il y a une belle surprise qui t’attendait !
Elle déposa le sachet par terre lestement et tout en essayant de chasser mon regard facho.
- Ouais c’est vraiment une surprise !
Ahmed, sans trop attendre, se précipita vers sa bien-aimée et lui fit la bise en disant tendrement.
- J’espère que tu ne sois pas gênée par ma visite !
- Non, non, pas de tout ! bégaya-t-elle d’une voix tremblée.
Puis en s’efforçant de sourire.
- Assis toi ! je me changerai et je reviens tout de suite !
- OK !dit-il-en calmement.
Elle me jeta un regard discret puis en m’abordant.
- J’ai enfin trouvé le parapluie que tu m’as prêté !
- Ah ! le parapluie ! murmurai-je entre les dents.
Puis de ses yeux, elle me demanda de la suivre dans la chambre. Une fois dedans, elle ferma la porte doucement et me gronda, furieusement.
- Pourquoi t’es venue ?
- Qu’est ce qu’il fait ici ? m’écriai-je jalousement, en négligeant sa question.
- Je ne sais pas !
- C’est toi qui lui as demandé de venir, c’est ça ?
- Non, je t’assure ! et en levant à peine ses yeux, et puis ce ne sont plus tes ognons Sandra ! tu n’es plus ma copine !
En attrapant sa main, agressivement.
- Ne dis plus ça, OK ! et d’un air autoritaire, tu dois rompre définitivement avec ce salopard !
Elle ria, d’un air négligeant, et reprit en ricanant.
- Sinon, quoi ?
Le doigt caressant ses lèvres, je répondis.
- Sinon, je raconterai à tout le monde qu’on a couché ensemble !



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