
Sana tint, la photo, entre les doigts, et murmura, très inquiète.
- Ça devient sérieux ! on ne peut plus se taire !
En allumant une nouvelle cigarette, je repris, indifféremment.
- S’il était réglo, rien de ça n’arriverait !
- Oh, Sandra ! aie un peu de compassion pour ton frangin !
Au bout des nerfs, je repris en me mettant debout.
- Et pourquoi personne n’a cette compassion pour moi ?
En me suivant d’un regard louche.
- Où vas-tu ?
- Aux toilettes ! dis-je, furieusement.
En réalité, je me suis allée vers ma chambre, pour me connecter à l’internet, en espérant trouver Nadia en ligne, et essayer de discuter avec elle. Malheureusement pour moi, ce n’était pas le cas. Au lieu de ça, j’ai trouvé une demande d’ajout sur MSN alors j’ai accepté. Et le nouveau contact n’était rien que Helmi. Quelques minutes après l’ajout, il paraissait en ligne et ne rata pas l’occasion pour m’aborder.
- Hey merci pour l’ajout !
- De rien ! tapai-je tout en soupirant, comment t’as eu mon adresse ?
- L’as-tu oublié ? Tu me l’as donné l’autre jour à la Miranda.
En frottant mes cheveux, je repris.
- Ah, OK !
- Tu me manques grave tu le sais ou pas ?
En m’allongeant sur mon lit, tout en posant le PC sur mes cuisses.
- OK !
- T’n’as pas l’air bien ?
- Si si je vais très bien !
- Non, je ne le pense pas.
Puis, je vis la colocataire de Nadia, entrer en ligne alors je lui envoie le texto suivant.
- Salut Monjia cava ?
- Coucou Sandra ! cava !
- Pas tellement ! puis en fonçant au cœur de mon investigation. Nadia est avec toi ?
- Non, elle n’est pas encore rentrée de Mahdia !
- Elle est à Mahdia alors ?
- C’est le plus probable !
En rigolant, j’ajoutai.
- T’as récupéré tes clefs alors ?
- Mes clefs ?!!
- Oui les clefs de l’appartement ! Nadia m’a dit que tu les as oubliées dans la maison de ta tante à Rades ?
- Mes clefs sont toujours sur moi, je ne l’ai jamais oublié chez ma tante ! t’es sure que Nadia, t’a raconté ça ?
Éprise, j’éloignais mes mains du clavier, un bout de temps puis je repris.
- Non, je rigole ! je voulais te taquiner.
- Méchante ! puis en sympathisant avec moi, pourquoi tu ne viens plus nous rendre visite ?
- Je viendrai surement ! dis-je, en retenant mes pleurs, bon je te laisse !
- Tu t’en vas si vite ?
- Je ne me sens pas bien, je vais me coucher !
- OK, comme tu veux !
Avant de quitter, je consultai la fenêtre de MSN ouverte pour la conversation avec Helmi.
- Sandra ! allo !allo ! t’es là ?
Les yeux, nageant dans les larmes, je fermai sa fenêtre, sans répondre et je quittai MSN. Tout de suite après, je m’allongeais sur mon lit, et j’éclatai en sanglots, tout en serrant fort l’oreiller sur lequel Nadia a fermé l’œil la nuit dernière.
Vers 19 h, je me réveillais sur la voix, grave, de mon père. Joyeuse, je descendis vite l’escalier, et je sautai dans ses bras. Après avoir fait la bise à tout le monde, papa s’assit sur son fauteuil préféré et tout en regardant Bilhssan.
- J’espère que rien ne s’est passé pendant mon absence ?
On échangea des regards discrets sans vraiment profaner le moindre mot alors papa reprit, d’un ton anxieux.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Et là, Sana prit son courage à deux mains et parla.
- Bilhssan a reçu une lettre de menace !
- Et la photo semi-brûlée, l’as-tu zappé ? Cria mon frère furieux.
Étonnamment, mon père leva ses sourcils, tout en grondant.
- Tout cela se passe et personne ne me le dit ?
Bilhssan, s’assit prés de lui et reprit.
- Ne t’inquiète pas papa, j’ai tout raconté à mon avocat depuis le matin.
Soukayna saisit la photo, et intervint.
- Personne n’a les photos de mariage à l’exception de notre famille et la sienne !
Souriant, Bilhssan continua.
- Il va pourrir en prison, le salaud !
- C’est ton beau père, alors un peu de respect ! s’écria mon père, en le grondant.
Puis Mahbouba surgit dans la pièce et parla, doucement.
- Excusez-moi, mais il y a une femme qui voudra voir Bilhssan !
- Quelle femme ? s’écria ma sœur.
- La dame de l’autre fois mademoiselle.
Énervé, Bilhssan s’écria.
- Dis-lui de dégager !
Mon père se mit debout et cria furieux.
- Non,laisse la entrer ! et en regardant Bilhssan de travers, ferme-la OK ?
Quelques minutes plus tard la maman de Sinda, nous rejoigne accompagnée de sa petite fille, Aza, de 13ans. Toutes les deux, comme intimidées restèrent à l’entrée du salon.
- Venez vous asseoir ? dit Soukhana, gracieusement.
La femme, perturbée, et d’une voix étranglée répondit.
- Non, merci, je suis venue pour vous demander pardon !
- Non ! ce n’est pas ta faute maman ! cria Aza, frustrée.
Sa fille, au look gothique, mordit sa lèvre d’indignation puis avança un pas vers mon frère et tout en hochant sa tête timidement.
- C’est moi l’auteure de la lettre !



0 commentaires:
Enregistrer un commentaire