
Je poussai la porte et je sortis de la voiture.
- Hey, Nadia !
Elle s’arrêta, un bout de temps, échangea, deux ou trois paroles, avec l’une de ses collègues puis vint vers moi.
- Qu’est ce que tu viens faire ici ?
Je m’approchai d’elle jusqu’à ce que mes respirations se mélangent avec les siennes, puis en la brûlant du regard.
- Te parler !
- On a rien à se dire, Sandra !
En serrant fortement son bras avec mon poignet.
- Si, on a plein de choses à se dire.
- Sandra, rentre chez toi ! dit-elle, en avançant son pied.
- Je n’irai nulle part sans toi !
Puis en tenant sa main.
- Allez, monte dans la voiture.
- Non, je dois m’en aller !
- Pourquoi ?
Puis en laissant échapper un rire furieux de ma bouche.
- Monjia a encore oublié ses clefs ?
Elle se mit à me regarder un petit moment puis m’obéit en s’engouffrant dans ma bagnole. Je pris un long souffle pour me calmer puis je m’assis au volant tout en fermant la porte.
- Je te comprends Nadia, je sais que tu as peur ! et en tournant la tête vers son joli visage, moi aussi j’ai eu la trouille ce jour-là, mais ça ne te donne pas raison de me fuir comme tu le fais maintenant !
En soupirant sur les nerfs, elle me coupa la parole.
- Notre relation n’a aucun futur, Sandra ! j’en ai marre de vivre dans la peur ! et tout en plongeant son regard dans le mien, je veux une relation facile, simple, que je peux afficher devant tout le monde, je désire pas aimer quelqu’un en cachette, comme si j’avoue avoir commis un crime !
Sentant tout mon corps, en flammes, je hurlai.
- C’est toi qui désires laisser notre relation dans l’obscurité, c’est toi qui as peur et qui accordes trop d’importance aux regards des autres et à leurs ouï-dire !
Elle se mit à rire, quelques instants puis reprit.
- Tu oseras alors avouer à ton papa que tu sors avec une fille ?
- Oui, je le ferai ! dis-je amoureusement.
- Oh, Sandra ! tu dis ça uniquement parce que tu es amoureuse ! puis en me caressant le visage, sois raisonnable, cette relation finira tôt ou tard par s’éteindre !
Les yeux trempés de pleurs, je murmurai.
- Non, elle ne s’éteindra pas ! je ferai tout mon possible pour sauver mon couple !
- Pff ! ça ne sert à rien !
Elle acheva sa phrase et essaya d’ouvrir la porte, mais je l’arrêtai et d’un geste violent et je refermai sa porte, en haussant la voix.
- On n’a pas encore terminé !
Elle laissa échapper un souffle furieux et cria.
- Sandra, je ne veux plus être en couple avec toi !
- Deux jours en arrière, tu disais le contraire ! criai-je énervée, et en saisissant son collier suspendu sur mon cou, pourquoi me l’as-tu offert, si tu ne voulais plus de moi ?
- C’était le cadeau de ton anniversaire !
- Oui, mais tu es venue jusqu’à moi, car tu m’aimais ! et en caressant sa joue tendrement, ne me largue pas ma puce, je t’aime tellement !
Elle éloigna ma main de son visage, et répliqua, sévèrement.
- Tu sauras m’oublier avec le temps !
En lui coupant la parole agressivement.
- Et toi tu m’as vite oublié ?
- Non, mais j’essayerai de le faire !
- Non, tu ne le feras pas ! dis-je, d’une voix étranglée des pleurs.
Elle mordit sa lèvre inférieure, mit sa main sur la mienne et murmura, tendrement.
- Ne pleure pas, Sandra ! on restera des bonnes copines comme avant !
- Je ne veux pas être ton amie ! criai-je, furieusement, je veux récupérer ma petite amie !
- Tu ne veux pas me faciliter la tâche ! dit-elle, en ouvrant la porte. Prends ton temps et réfléchis bien, oublie que tu m’aimes et tu vas te persuader que j’ai raison !
Puis en sortant, complètement.
- Bonne journée, Sandra !
Je sortis aussi, et je criai, suppliante.
- Laisse ton GSM allumé !
Elle me jeta un regard bref, et reprit, calmement.
- Je le ferai quand tu changeras d’avis ! puis en traçant un faux sourire sur ses lèvres, allez je te laisse, bonne journée !
Je la suivis du regard jusqu’à ce qu’elle disparut dans l’avenue puis je m’engouffrai à nouveau dans ma voiture, et je mis à pleurer, chaleureusement, des larmes chagrines, d’un cœur brisé.
Quand on pleure beaucoup, notre peine se mélange avec la rancune pour nous donner, une nouvelle couleur de colère ; une colère intense, agressive et incontrôlable.
Je sentais que ma tête était en éruption comme un volcan, et dans un excès de colère, d’une fille désespérée, j’écrasai l’accélérateur, et ma voiture fonça sur l’asphalte de toute vitesse, ignorant les klaxons des voitures, les insultes des uns, et allant jusqu’à brûler le feu rouge flambant, dans un carrefour, puis des crissements de pneus, étourdissants suivis du choc de l’arrière d’une petite voiture, une FIAT je crois, qui surgit devant moi comme un fantôme.
La collision fut violente à tel point, que la voiture fit deux tours sur place puis finit par s’arrêter sur la bordure du trottoir, d’une cafétéria, heureusement, fermée.
Le chauffeur, un homme chauve, dans la trentaine poussa sa porte furieusement et descendit de sa bagnole en hurlant comme un fou.
- Salope ! tu m’as brisé l’arrière de la voiture ! tu l’as complètement bousillé !
Ma voiture, reste intacte comme s’il n’y avait pas de sérieux accrochage, sans la moindre éraflure et je vis le chauffeur, se dirigeant vers moi comme un chien enragé puis se mit à frapper ma porte avec son pied, furieusement.
- Sors de la bagnole, salope !
La clameur de sa crise de nerfs attira comme un aimant l’attention des passants, qui finissent par s’ingurgiter au lieu de l’accident. Parmi eux, un homme s’approcha du chauffeur, et cria.
- Calme-toi, monsieur !
- Comment pourrai-je me calmer ? Regarde dans quel état elle a laissé ma voiture ?
L’homme, intervenant de bonne foi, s’avéra Helmi, il me sourit en murmurant.
- Cava, sandre ?
En soupirant, je criai.
- Oui cava, cava !
Helmi se tourna vers l’homme et tenta de le raisonner.
- On va faire un constat ! tu as les papiers de ton assurance sur toi j’espère ?
- Oui, bien sûr !
Helmi fonça sa tête à travers la vitre et me dit, doucement.
- Tu me files tes papiers de l’assurance ?
Sans prononcer le moindre mot, je lui donnai les papiers puis je le suivis du regard, discutant avec l’homme, puis lui serrant la main et demander pardon de ma part.
Une fois le problème résolu, l’homme s’engouffra dans sa voiture et disparut dans la circulation, ainsi que les quelques têtes curieuses qui ont assisté à l’accrochage.
Helmi se dirigea vers moi, et tout en souriant.
- Tu n’es pas traumatisée, j’espère ?
En traçant, un faible sourire.
- Non, non, cava !
Il me remit les papiers et en me faisant un clin d’œil.
- Je peux monter ?
- Oui, oui bien sûr !
Une fois à l’intérieur, je l’interrogeai.
- Qu’est ce que tu fais ici ?
- Ben, le local dans lequel je bosse se situe sur cette avenue, ma belle ! puis en badinant, t’as de la chance tu sais ? D'habitude, il y a toujours au moins un policier dans ce rond-point !
En ingurgitant ma salive avec amertume.
- Oui, je suis chanceuse dans mon malheur !
Il me fixa d’un regard inquiet et reprit.
- Tu n’as pas l’air dans ton assiette ces jours-ci ! puis en baissant la voix, arrête la voiture, devant cette cafétéria !
Je freinai la voiture, dans le grand boulevard, puis je descendis avec lui et on s’assit face à face, à l’intérieur de la cafétéria.
En allumant une cigarette, il parla.
- Qu’est-ce qu’il y a Sandra ?
- Rien ! rien ! dis-je en allumant une cigarette aussi.
- J’espère qu’il ne s’agisse pas d’un problème familial.
En souriant, je murmurai, d’une voix à peine entendue.
- Non, ce n’est rien !
- Tu peux te confier à moi, Sandra !
Encore sous l’emprise de la colère, je criai.
- Puisque je te dis, que ce n’est rien !
Il se tut un petit instant et en essayant de se la jouer cool.
- Si ce n’est rien alors file-moi ton numéro de téléphone ! tu m’as promis l’autre fois de m’appeler !
En soufflant gravement, je criai.
- Pourquoi t’es si obsédé d’avoir mon numéro de téléphone ? Puis d’un geste furieux, je sortis mon cellulaire de mon sac à main et en le jetant sur la table, prends tous mes numéros si tu veux !
- Non, je veux uniquement ton numéro ! dit-il en plongeant son regard dans le mien.
- Tu me fais chier ! criai-je furibonde. Vous êtes tous pareils, vous ne pensez qu’à la drague !
Il mit sa main sur la mienne et murmura, sérieusement.
- Je t’aime Sandra !



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