Affichage des articles dont le libellé est Sans tabou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sans tabou. Afficher tous les articles

dimanche 19 décembre 2010

Sans tabou:épisode17: l'avertissement

Partager
Un taxi s’arrêta devant l’immeuble où habitait Nader. Après avoir payé la course du chauffeur, Kamel sauta du siège arrière et ferma fortement la porte. Dès qu’il leva la tête, il aperçut une voiture d’ambulance sur le point de démarrer et quelques têtes encore suivant avec très attention, l’un des ambulanciers fermant la porte arrière.
Très curieux, il avança quelques pas vers un groupe d’adolescents en tenues sportives qui avaient interrompu leur partie de foot suite à la venue des ambulanciers.
- Qu’est ce qui se passe ici ?
Un jeune de 16ans parla.
- Un pot des fleurs s’est fracassé sur la tête d’un des clients sortant de la cafétéria qui se trouvait au dessous de l’immeuble, je crois que quelqu’un l’a secoué accidentellement de l’un des appartements.
- Et l’homme ?
Le jeune homme, suivant la voiture de l’ambulance démarrer.
- Je ne sais pas, à ce qu’il parait, il est gravement blessé, le pot était bien chargé.
Sans beaucoup réfléchir, il leva la tête et remarqua que les seuls balcons avec des pots de fleur sur la rambarde furent celui de sa sœur et du voisin juste en dessus.
Il traça un petit sourire au jeune homme, puis courut en entrant dans l’immeuble. En attendant un peu la venue de l’ascenseur, il voyait deux officiers de police descendre de l’escalier.
- Je ne pense pas que le pot soit tombé sous l’effet du vent, c’est sûrement quelqu’un qui la balancé !
L’autre allumant une cigarette.
- Oui c’est sur ! puis en levant un œil malin sur Kamel. Hey, toi, tu habites ici ?
Kamel, reculant d’un pas de l’ascenseur, répondit calmement.
- Non, mais je viens voir une proche…
Très précis le policier lui interrogea.
- Dis, est ce que tu sais qui est le proprio de l’appartement 45 ?
- Oui c’est celui de ma sœur, pourquoi ?
- Ah ta sœur ! ben demande-lui dans ce cas de passer au poste de police plus tard. On a frappé à la porte mais il y avait personne.
- Je peux savoir pourquoi ? s’interrogea-t-il inquiet.
Le policier après l’avoir mitraillé d’un regard désagréable.
- C’est concernant la pauvre victime ! on veut juste l’interroger… on ne sait pas encore s’il s’agisse d’un accident ou d’un acte criminel. Et en changeant de ton plus sérieux, si l’homme meurt, l’enquête aura une nouvelle ampleur.
Le silence régnait, ils n’avaient plus échangé une parole. Faisant semblant d’avoir un visage indifférent en se hâtant sur l’ascenseur, les policiers lui foutaient la paix et sortaient de l’immeuble.
Il hésita longtemps avant de cliquer sur le bouton pour faire monter l’ascenseur, mais comme il voulut voir sa sœur, il décida de l’attendre devant son appartement.
Une fois arrivé à l’étage, il colla le dos sur le mur et se mit à fredonner une vieille chanson de Whitney Houston et puis une petite toux lointaine l’interrompit. Il s’arrêta et se mit à regarder à droite et à gauche cherchant la provenance de cette voix jeune et entendit par la suite des pas montant sur les marches et voyait sa sœur, se plaignait doucement par courtes phrases.
- Immeuble de merde … pas digne d’une telle cité avec un ascenseur qui tombe tout les dix minutes en panne !
Emporté par un gros rire, Kamel se détacha de mur et s’écria.
- Toujours aussi boudeuse !
Elle leva sur lui un regard étonné, et dit en s’arrêtant sur la dernière marche pour reprendre son souffle.
- Je ne crois pas mes yeux ! est ce mon petit frère qui me fait son humble apparition ?
Il sourit, se dirigea vers sa sœur, la serra un long moment dans ses bras puis en l’embrassant sur son front.
- Tu m’as manqué sœurette !
Sans trop glisser dans l’émotion, elle badina.
- Oui, la preuve après un mois ou plus tu songes à venir la voir !
Puis en sortant la clé de la porte.
- Alors qu’est ce qui t’amène chez moi cette fois-ci ?
Surpris par la rudesse imprévue de sa grande sœur, il se demanda calmement.
- C’est comme ça que tu me parles ?... et en avalant sa salive, t’as pas l’air d’être heureuse de me voir.
En poussant la porte et en l’invitant du regard à entrer, elle continua en enlevant son manteau.
- Quand mon frère s’avère un grand égoïste qui n’apparait dans ma vie que pour me demander quelque chose sans prendre la peine de m’appeler de temps en temps pour prendre de mes nouvelles ou me défendre en cas de besoin, je ne vois pas pourquoi je devrai sauter de joie à sa vue !
- Pourquoi tu dis ça ? s’écria-t-il en tenant son bras.
Elle se débarrassa de sa main et dit, la gorge serrée.
- Est-ce que tu sais que je compte divorcer et que mon mariage s’est avéré un vrai fiasco ? les yeux rouges elle continua, ou sais-tu encore que mon mari me trompe et qu’il veut adopter le gosse de sa maitresse ?
Et en riant.
- Ou sais-tu que ton grand frère, a vendu la maison du chott, qui était la votre aussi sans te donner ta part ?
Très embarrassé, l’ai maussade et la face pâle, il murmura.
- Tu sais très bien que mon père m’a déshérité en me renvoyant de chez lui définitivement !et en regardant sa sœur avec pitié, j’avoue que j’étais assez distant dernièrement ! et en se rappelant le jour où il l’a vu avec un homme à la cafétéria, mais j’ai mes raisons aussi, et ce divorce je crois que c’est toi qui l’a causé.
- Ah bon ? moi ? hurla-t-elle sur les nerfs ! puis en entrant dans la cuisine et en jetant un regard rapide sur le mauvais état du lavabo, regarde comment sa poufiasse de copine a laissé ma cuisine, salle porcherie !
- Pardon ! il hébergeait sa copine dans ton appartement ? s’écria Kamel très choqué. Puis en laissant un rire moquer lui échapper, c’est vraiment rigolo comment les couples d’aujourd’hui règlent leur compte !
Et en tenant un verre pour le remplir d’eau.
- Il invite sa copine à dormir chez lui, et toi en parallèle tu sors avec ton copain ?
En écoutant sa dernière phrase, elle s’emporta comme une tempête.
- Avec mon copain ?
Mais quand il la coinça avec les faits, elle sembla vaincu, et parla doucement.
- C’est Nader qui m’a poussé à chercher ailleurs, il... il me négligeait je me sentais…inaperçue dans sa vie, inexistante, un corps sans âme, qu’il avait l’habitude de retrouver le soir chez lui juste pour lui rappeler qu’il était marié !
Et en fermant les yeux pour illustrer le visage de son amant.
- Lui, par contre, il m’aimait, il me trouvait féminine et me donnait de l’importance.
En s’approchant de sa sœur, il disait pour apaiser sa douleur.
- Maintenant que tu comptes divorcer, tu peux refaire ta vie avec cet homme…
Elle lui coupa la parole en lui caressant la joue.
- Tout est fini entre moi et cet homme !
- Pourquoi ?
- Une longue histoire que je n’ai pas envie de raconter pour le moment ! puis en croisant les bras, et si tu me dis maintenant la vraie raison de ta visite !
En sortant de la cuisine et en se dirigeant vers le salon.
- J’ai besoin d’argent !
Un petit sourire se traça sur ses lèvres.
- J’en étais sure ! puis levant sur lui un regard sévère, je croyais que t’étais devenu clean et que tu faisais des études même !
- J’ai eu quelques problèmes ! et en hésitant un peu, si tu ne peux pas me prêter de l’argent, j’aimerai bien que tu essaies de convaincre mon père de me donner une chance de lui parler !
En levant un sourcil d’étonnement.
- Quoi ? t’es plus gay ?
Il mordit sa lèvre inférieure et dit.
- Je suis devenu SDF ces derniers temps, je n’ai plus aucun endroit où m’endormir et aucun ami sur qui je peux m’appuyer !... je n’ai…je n’ai plus que ma famille !
Non convaincue, elle persista.
- Je ne peux rien te promettre, tu sais très bien la position de ton père contre toi…
Il lui coupa la parole en lui tenant la main.
- Lui, il ne veut pas d’un fils homo, d’accord je serai le fils idéal pour lui, un fils attiré par les filles !
Un long rire l’emporta et elle continua.
- Es-tu fiévreux ?
- Non, mais j’essayerai de contrôler mes pulsions pour reprendre ma vie du passé !
Elle le regarda minutieusement, puis murmura.
- Et comment comptes-tu le convaincre ?
Il se tut un bon moment puis dit.
- En lui présentant une fille et en lui demandant de m’accompagner pour lui demander la main !
Elle ne répondit pas d’abord mais quand il répéta ce qu’il venait de dire, furieusement, elle se décida.
- Si moi je n’arrive pas à te croire, tu crois que notre père avalera ça ?
En tenant ses deux mains, une façon pour la supplier, il continua.
- C’est pour ça que je compte sur ton aide !
Elle retira ses mains doucement et dit.
- Et c’est qui cette fille qui jouera ton gilet de sauvetage ? et en riant, j’espère bien que je ne serai pas la belle sœur de ma meilleure amie, pardon mon ex amie !
Il partagea son rire et l’assura.
- Non, c’est une fille de mon âge, et la sœur d’un bon pote à moi.. et en échangeant un regard bref avec sa sœur, elle s’appelle Ranime !
Comme il remarqua l’effet de surprise dans l’expression de son visage, il lui interrogea.
- Qu’est ce qu’il y a ?
Elle cacha son étonnement par un faux sourire et murmura entre les dents.
- C’est drôle parce que la soi-disant fiancée de ton grand frère s’appelle Ranime aussi !
Il sourit et dit d’un ton confiant.
- Et alors ! puis en sortant son gsm pour lui montrer une photo qu’il a prise d’elle lors de la fête d’anniversaire, la voilà !
Ghada resta suffoquée du poids de la surprise, puis trouva sa langue.
- Impossible, c’est elle !
- Quoi ? c’est elle ? dit-il énervé.
- C’est la copine de ton frère !
- Non, ce n’est pas possible ! dit-il dégouté, puis en reprenant, hier soir on a passé des heures à parler par tél et puis elle m’a envoyé ce texto !
Et il lui montra le texto qu’elle lui a tapé.
« J’adore causer avec toi…et j’espère te revoir plus souvent »
Tentant de garder sa tranquillité souriante de la matinée, elle balbutia.
- Et moi qui croyais qu’elle était un petit ange !
Puis le bruit d’une toux interrompit l’ambiance tendue de leur conversation.
- C’est quoi ça ? s’interrogea Ghada.
- Je croyais que c’était toi qui toussais en montant l’escalier.
Les yeux brulant de colère, elle s’écria.
- J’espère ne pas tomber sur sa maitresse endormie sur mon lit, sinon je jure de lui arracher les yeux !
En rigolant, il badina.
- Oh la , Ghada en mode de tigresse !
Puis une autre toux les conduisait au lieu de sa provenance qui n’était que la chambre à coucher de Nader. En ouvrant la porte, un petit courant d’air se mit à jouer avec leurs cheveux puis en voyant la porte fenêtre ouverte, elle se précipita à la fermer et constata que l’un des pots était fracassé sur le sol et un autre qui n’était pas là.
- Ce n’est pas possible ! c’est quoi ce bordel ! et en regardant son petit frère, elle a piqué mon pot à fleur qui contenait la menthe, cette salope !
Il croisa les bras en collant le dos au placard et continua d’une voix froide.
- Non mais je crois qu’elle l’a fait tomber accidentellement sur l’un des passants et puis elle a pris la fuite !
- Quoi ? mais du quoi tu parles, bon sang !
En gardant son sang froid, il dit.
- Ben la police est passé chez toi tout à l’heure et…
Mais avant qu’il achève sa phrase une autre toux les interrompit. Et cette fois-ci il arriva à la localiser tellement elle était proche provenant du placard.
Sans réfléchir, il tourna le dos et ouvrit brusquement la porte du placard, puis resta bouche bée en découvrant un petit enfant accroupi sous les costumes de Nader , frissonnant et cachant son visage avec ses deux bras.
Ghada, aussi surprise que son frère, s’écria.
- Ce n’est pas possible, il enferme le petit dans le placard et s’en va ?
Kamel se mettait à genoux et sourit en tendant la main au gosse.
- Salut, petit morveux ! et en dévisageant la pâleur de sa frimousse et son état de choc, je crois que j’ai découvert notre petit criminel !

samedi 2 octobre 2010

Sans tabou: épisode16: Un cadeau du ciel

Partager
De son siège conducteur, elle le guettait un long moment, assis tout seul à la terrasse de la cafétéria, protégé des rayons de soleil par un parasol de couleur verdâtre comme la peinture de ce salon de thé, prés de la gare.
Il fumait, stressé, une cigarette, et regardait comme un obsédé sa montre à chaque minute. Elle refit son rouge à lèvres, saisissait son sac à main du siège à sa droite puis ouvrit la porte, prit un long souffle pour dissiper la sensation du malaise qu’elle ressentait, et surtout de colère qui la perturbait.
En s’arrêtant face à lui, elle déposa son sac à main blanc sur la table et parla doucement.
- Me voilà, dis-moi pourquoi tu tenais tant à me voir !
- Assis-toi, Ghada ! dit Nader en souriant à peine.
Sur les nerfs, elle évita de le regarder dans les yeux et dit.
- Je suis pressée, alors dis moi pourquoi tu voulais me voir ?
Il se mit debout, et en lui tendant la main.
- S’il te plait Ghada, je ne vais pas prendre beaucoup de votre temps.

Elle le dévisagea avec lenteur, puis s’assit face à lui. En croisant les bras nerveusement.
- Vas-y, dis moi ce que tu veux.
Il l’examina d’un regard doux et mystérieux à la fois et parla.
- Je te veux toi…
- Et moi je veux plus de toi !lui coupa-t-elle la parole agressivement.
En déposant sa lourde main sur la sienne, Nader insista.
- Ecoute moi, Ghada, je sais que j’étais un mauvais mari, mais tu sais maintenant mon passé et tu peux comprendre pourquoi j’étais si renfermé sur moi-même…
Elle sourit, sortit un paquet de cigarettes sous le regard surpris de son époux et répondit.
- Je sais aussi que tu héberges ta petite amie dans ton appartement ! et en allumant une cigarette d’une voix étranglée de pleurs, et que t’as un fils d’elle !
Sous l’emprise de la surprise, il s’écria.
- Un fils ? et en riant nerveusement, je n’ai pas d’enfants et ce n’est pas ma petite amie ! et en lui arrachant le bout de cigarette des lèvres tout en l’écrasant dans le cendrier, depuis quand tu fumes ?
- Ce n’est pas notre sujet…
Il lui coupa la parole violemment.
- Si, tout ce qui te concerne fait partie de notre dialogue. Puis en baissant la voix, c’est justement pour cet enfant que je t’ai demandé de venir me voir.
Elle laissa un rire nerveux s’échapper de ses belles lèvres et se demanda.
- Et qu’est ce que j’ai à voir avec cet enfant ?
Il ingurgita sa salive, hésita un petit moment puis murmura.
- Je veux bien l’adopter.
En souriant à contre cœur, elle s’écria.
- Très bien, alors après le divorce, tu épouseras ta petite amie et tu adopteras son gosse !
- Elle n’est pas ma copine, merde ! hurla-t-il à haute voix.
Puis gêné par les regards des quelques têtes tournés vers eux, il baissa la voix au point de chuchoter en disant.
- C’est la mère de l’enfant, elle voulait voir l’endroit où son fils allait grandir c’est tout.
- Ah bon ? et tu laisses une étrangère toute seule dans ton appartement ! et au bout des nerfs, et en plus de ça, elle utilisait notre salle de bain pour doucher son petit ? s’écria-t-elle en levant sur lui un regard où il lut la colère la plus extrême.
Et en tapotant avec les doigts nerveusement sur la nappe blanche de la table.
- Je ne suis pas une gourde, Nader ! je sais très bien que c’est ta meuf !
- Ce n’est pas ma meuf ! et en expliquant, c’est vrai, je n’aurai pas dû la laisser seule dans mon appartement, mais j’ai eu un coup d’appel urgent d’un fournisseur et je n’ai pas tardé avec lui ! et faisant de l’effort pour rigoler, de toute façon, elle n’avait rien à voler, t’as pris tout avec toi, et je portais ma Rolex à la main, donc à part le meuble et l’électroménager, elle n’avait rien à piquer !
Et en caressant sa main doucement.
- Et ce n’est pas ma copine !
- Elle me l’a dit elle-même.
En la fixant d’un doux regard.
- Elle s’est mal exprimée ma chérie, c’est tout !
En retirant sa main, elle s’écria d’une voix aigüe.
- Je suis une femme, Nader, et la façon dont elle l’a dite, montre bien qu’elle t’aimait !
Perdant son sang froid, il haussa la voix.
- Elle m’aime et alors ?
- Et alors ? s’écria-t-elle, sentant de la braise traverser tous ses vaines, on est encore mariés Nader, et si tu veux vraiment habiter avec elle, tu dois me respecter un peu au moins jusqu’à ce que on divorce officiellement !
En enterrant sa tête sous ses mains, il rajouta.
- Écoute mon cœur !
- Ne me dis pas mon cœur !
- Ok, Ghada ! balbutia-t-il d’un regard triste, cette femme était à une époque amoureuse de moi…
- Était ? elle est amoureuse de toi ! cria Ghada furieuse.
En serrant ses dents, il cria.
- D’accord, elle l’est mais je lui ai dit que je ne quitterai jamais ma femme pour elle ! et en inventant une histoire toute fraiche, d’ailleurs, un homme s’est présenté voulant l’épouser mais il refusait d’éduquer le petit et là, elle est venue me supplier de l’adopter comme elle savait qu’on voulait un enfant et qu’on ne pouvait pas en avoir !
En basculant son visage, elle l’inonda d’un regard infini et coléreux.
- Pardon ? tu lui parlais même de nos problèmes intimes ?
- Je sais je n’aurai pas dû le faire mais je veux vraiment avoir un enfant de toi…
Elle leva un sourcil d’étonnement et reprit.
- Arrête de mentir Nader ! c’est toi qui ne voulais pas d’enfant, tu me l’as dit…
Il lui coupa la parole, en la regardant droit aux yeux.
- Ce n’est pas que je ne veux pas d’enfant ! mais juste que j’avais peur concernant ton état de santé, et en poussant un souffle volumineux, une éventuelle grossesse est dangereuse pour toi !
Et en traçant un pseudo sourire.
- Et puis c’est un beau petit garçon de 4ans, il est adorable, tu vas l’aimer je suis sûr ! c’est… c’est un cadeau du ciel, pour nous …
En l’interrompant furieusement.
- Avoir mon propre enfant, ça c’est un cadeau du ciel ! et en reprenant sa respiration pour faire taire l’angoisse qui montait en elle, et même si je songerai un jour à adopter un enfant, j’adopterai un nouveau né mais pas un enfant de 4 ou 5ans, et pis encore, le fils de la maitresse de mon époux chéri.
- Elle n’est pas ma maitresse…
Emportée par une vague de colère, elle s’écria.
- Tu n’as jamais fait l’amour avec elle ?
Il hésita un peu, frustré et répondit.
- Une fois ou deux mais c’était avant notre mariage. Je te jure que depuis j’ai été un époux fidèle.
En poussant la chaise et en saisissant son sac à main d’un geste furax.
- Je suis désolée Nader, mais je te crois pas !
Il se mit debout lui aussi et la supplia.
- Assis toi s’il te plait, on n’a pas encore terminé la conversation…
En portant ses lunettes de soleil, elle disait fermement.
- On n’a plus rien à se dire Nader ! et en le contemplant, elle se reprit, je ne veux plus être avec toi, ni adopter un gosse avec toi !
En attrapant sa main, il continua.
- Je t’en supplie Ghada, passe le soir chez moi, pour voir le petit, juste pour le voir ! c’est un garçon adorable…
- Je ne veux pas le voir…
- Tu le retrouveras seul avec moi, d’ailleurs sa maman n’a resté chez moi que le jour maudit où tu as passé chez moi prendre tes affaires.
Sous l’emprise de son joli regard séducteur, elle murmura en relâchant sa main.
- On verra !
Très content, il hurla excité comme un gamin.
- Merci Ghada !
- Mais je ne te promets rien ! dit-elle froidement.
Puis échangea un bref regard avec lui et se dirigea vers sa voiture. Tout de suite après, il s’assit de nouveau, but un verra d’eau et sortit son gsm en composant le numéro de Sondos.
Dans son appartement, le cellulaire de Sondos déposé sur la table basse du salon se mit à sonner. Amine, était assis, sur le sofa, balançant ses petits pieds en regardant Tom et Jerry à la télé, quant à Sondos, elle était dans la salle de bain en train de se doucher.
En écoutant son gsm sonner une belle mélodie de David Guetta, elle s’écria, en essuyant quelques goutes de shampoing qui s’étaient glisser sur ses yeux.
- Amine, apporte-moi, mon cellulaire !
De l’autre pièce, le petit garçon sauta du sofa, prit le cellulaire et se dirigea en courant vers la salle de bain. En se relavant sur les bouts des orteils, il tint la poignée et ouvrit la porte. Au même moment, Sondos, ferma le robinet, et prit de sa main le gsm en souriant.
- Merci mon chou !
Le petit ne dit rien et sortit de la salle de bain.
- Ferme la porte mon chou, et en parlant à elle-même je ne veux pas rattraper une grippe !
Curieux comme tous les enfants de son âge, Amina s’arrêta devant la chambre à coucher de Nader qui était juste à coté de la salle de bain. Après hésitation, il ouvrit sa porte qui n’était pas fermée à clé, et une petite créature sautant sur le parquet, attira son attention.
Comme attiré par un aimant, il pénétra la chambre et cria joyeux.
- Tata, il y a un pigeon !
Puis émerveillé, il suivit de l’œil, le petit invité qui était entré par la porte semi ouverte du balcon. Comme Sondos, ne lui répondit pas, il répéta en riant tout en approchant à pat de chat vers le pigeon qui s’est arrêté prés du lit.
- Tata, il y a un pigeon ! viens voir ! il est adorable !
Dans la pièce juste à coté, Sondos était au téléphone avec Nader, elle s’écria.
- Un moment mon chou, je parle au téléphone ! puis en revenant à son interlocuteur, comment t’as osé lui avouer que je suis ta maitresse ?
En laissant le pourboire sur sa table et en se levant, Nader, murmura.
- Ce qui est fait est fait maintenant ! et en allumant une cigarette, je veux que tu habilles bien le gamin et que tu dégages de chez moi !
Enervée de son ton odieux, elle s’écria.
- Pardon ? c’est comme ça que tu me remercies ? et en ingurgitant sa salive, je ne peux pas laisser Amine tout seul dans l’appartement !
- Je reviens dans une heure, disons 18H ! et sévèrement, et prends tous tes affaires !
En rouvrant le robinet, elle murmura à mi-voix gênée.
- D’accord, d’accord ! j’ai bien compris !
Puis raccrocha, et en appelant Amine.
- Viens prendre le gsm !
Mais comme il ne répondit pas, elle grommela.
- Il doit être concentré avec les dessins animés !
Elle le mit donc sur le sol, et le poussa avec la main pour l’éloigner le plus possible de la baignoire puis acheva son douche.
Une fois enveloppée de son cap de bain, elle quitta la chambre et se dirigea vers le salon en parlant.
- J’espère que t’as aimé Tom et Jerry !
Mais quand elle pénétra le salon, elle ne trouva pas le petit. Elle se dirigea donc vite fait à la cuisine et là aussi, elle ne le trouva pas. Envahie par une inquiétude dubitative, elle s’approcha des toilettes mais en tournant son regard par hasard vers la chambre à coucher de Nader, elle s’apercevait que la porte était ouverte.
- Merde ! si Nader saura que le petit s’est intrus dans sa chambre, il me tuera ! et en poussant la porte furieusement, Amine, montre toi, petit morveux !
En s’arrêtant au milieu de la chambre, elle voyait la porte fenêtre semi ouverte. Le cœur battant, elle s’approcha du balcon. Là, ses yeux tombèrent sur un pot de fleur fracassé sur le parquet et un tabouret en plastique collé à la rambarde.

samedi 25 septembre 2010

Sans tabou: épisode16: Un cadeau du ciel

Partager
Le lendemain vers 18h, Akram gara sa bagnole devant une belle villa à Sahloul. En avalant sa salive, tout en tapotant nerveusement sur le volant, il regarda du coin l’œil sa compagne et murmura doucement.
- Mon grand amour habite ici alors ?
Ranime, souriait et répondit, aussi nerveuse que lui.
- Oui, enfin, depuis 7ans …. Avant on était à Sousse centre. Et en ouvrant la porte après une grande hésitation, alors comment tu trouves la maison ?
- Aussi belle que mon bébé !
Elle riait agréablement et sauta légèrement de son siège en disant.
- Alors tu viens ou pas ?
Il sortit une cigarette avec l’intention de l’allumer puis se retentissait au dernier moment et sauta en vérifiant que les portes sont bien fermées.
En mettant ses mais dans les deux poches de son pantalon jean, il disait.
- Tu crois vraiment que c’est une bonne idée de rendre visite à tes parents la première fois sans les avertir d’avance ?
Ranime, sourit, mettait sa main sur son bras et dit.
- On n’a pas fait tout ce chemin pour reculer maintenant ? et d’un regard optimiste, je suis certaine que ma mère sauta de joie quand elle saura que tu veux demander ma main.
Se sentant prêt à remplir sa mission, il monta sur la bordure du trottoir et dit.
- Souhaite-moi bonne chance avec ma belle mère.
Ranime sans s’arrêter de rire, le tapota doucement sur son bras en disant.
- Allez, ce n’est pas un entretien d’embauche !
- Je t’assure que demander la main d’une fille est une chose beaucoup plus stressante !
Elle sortit ses clés puis décida de sonner à la porte en rigolant.
- Imagine si elle me voyait entrer avec un mec ! elle me tuera surement !
En caressant tendrement son visage, il répliquait.
- Tant que t’es avec moi, t’es en sécurité…
Et il ne termina pas sa phrase, lorsque son regard fut scotché à un homme moustachu de la cinquantaine. Emue, Ranime se jeta dans les bras de son père en disant.
- Papa, t’es là !
En embrassant sa fille sur le front sans épargner l’homme inconnu d’un regard sévère d’un père protecteur, il répondit.
- Oui, j’ai pris trois jours de congé. Et en focalisant ses yeux sur l’homme trentenaire. Alors tu ne me présentes pas ton compagnon.
Timide devant son père, elle palpita sa gorge et dit.
- Papa, c’est Akram !
- Enchanté fiston ! et en ouvrant largement la porte, entrez, je vous en pris !
Une fois installés au salon, tous les trois ; Ranime avec son homme sur un canapé et son père face à eux sur le fauteuil, un petit silence gagna l’espace puis Ranime initia la conversation par une interrogation.
- Alors où est man ?
- Elle est chez une voisine, elle reviendra dans un moment ou un autre !
Puis quand il entendit le claquement de la porte.
- Quand on parle du loup !

Et il entendait sa femme parler à haute voix en se demandant avant même d’entrer dans le salon et de découvrir ses invités.
- A qui la belle bagnole garée devant notre garage ?
Puis l’expression de surprise hanta son visage lorsqu’elle voyait sa fille assise avec un homme qu’elle ne connaissait pas. Sans prolonger le suspens, Ranima se leva et se dirigea vers sa maman. Elle la serra contre elle, mais sentit la froideur et la rigidité du corps qu’elle a touché. Passive, sans embrasser sa fille et en se contentant de lui offrir ses joues, Hinda murmura, en cherchant du regard l’homme en tenue un peu sportive.
- Alors, qui êtes-vous jeune homme ?
Il traça un petit sourire, mais avant de prononcer le moindre mot, il fut interrompu par Ranime.
- C’est mon petit ami, man !
- Pardon ? s’écria Hinda, d’un ton sacripant n’appréciant guère le mot.
Sentant la gêne de sa maman, elle reformulait.
- Akram, était mon enseignant de TD le premier semestre, et il veut devenir mon fiancé !
- Ton fiancé ? s’exclama-t-elle bizarrement. Puis en relavant les manches de sa chemise de maison comme si elle s’apprêtait à s’échauffer pour une bagarre, et pourquoi ne l’as-tu pas emmené à ta mère ? c’est à elle que tu devras présenter pas à moi !
Ranime eut une moue dubitative, qui se transforme en grimace gênée lorsque son père, rajouta, en adressant la parole à son invité.
- T’es d’où mon fils ?
- De Tunis, Carthage présidence plus exactement !
En fronçant les sourcils, il continua de sa voix grave.
- Et chez vous, quand un homme désire demander la main d’une fille, il vient seul sans sa famille ?
- Je comptais venir avec….
Et Hinda lui coupa la parole en disant sévèrement.
- De toute façon, vous vous êtes trompé d’adresse, la maison de ses parents est à Hammamet !
De colère, Ranime enfonça ses doigts sur le bras de sa maman adoptive en criant.
- Maman, on peut parler en privé !
En injectant Akram d’un désagréable regard, elle suivit sa fille à la cuisine. En laissant la porte entrouverte Ranime s’écria furieuse.
- Qu’est ce qui se passe man ? pourquoi tu le traites comme une merde ? cet homme m’aime et veut m’épouser !
Hinda croisa les bras, et dit sans quitter sa petite fille d’un regard cachant une immense colère.
- Nafissa sera aux anges lorsqu’elle saura que sa fille chérie à un potentiel fiancé.
- Maman, arrête ! et d’une voix étranglée de pleurs, j’ai rendu la voiture, je ne vois pas pourquoi tu me punis encore ! et les yeux rouges, ça me fait très mal au cœur, que tu me traites de la sorte !
Dans l’autre pièce, le gsm d’Akram se mit à vibrer alors en traçant un sourire pâle à son beau père, il s’excusa et s’arrêta à l’entrée de la villa, en parlant à voix basse.
- Oui, Nader qu’est ce que tu veux ?
- Où es-tu, bon sang ! hurla Nader sur les nerfs.
- Je suis avec ma petite amie, chez ses parents, et c’est mal parti !
En riant nerveusement de l’autre bout du fil.
- Je ne crois pas vraiment ce que tu me fais là ! et fou de rage, on est dans l’impasse, on nous pique nos clients, et monsieur s’amuse avec sa bien aimée comme si tout allait bien !
- Ne crie pas Nader ! je ne suis pas seul !et en s’éloignant encore de trois pas de la porte d’entrée, qu’est ce qu’il y a de si urgent ?
- C’est la guerre entre moi et ta sœur !
- Ça je le sais…
En lui coupant la parole très tendu.
- Elle a rencontré Sondos dans mon appartement !
Il éclata d’un rire qui sonnait faux et dit.
- Et qu’est ce qu’elle faisait là-bas ?
- Elle était avec le petit…. Et se taisait le temps d’allumer une cigarette, je ne pouvais pas laisser le petit dans le bordel tout de même, ce n’est pas un endroit pour enfants !
- T’aurais dû lui réserver une chambre d’hôtel au lieu de lui offrir les clés de ton appart ?
En attrapant le combiné avec l’autre main, Nader poursuivait angoissé.
- Elle m’a même menacé de me suivre en justice pour adultère !
Akram, sourit et dit d’une voix confiante.
- Elle ne le fera pas, je t’assure, t’as pas à te faire des soucis…
Nader lui coupa la parole en changeant de sujet.
- De toute façon, ce n’est pas essentiellement pour ça que je t’ai appelé.
- Ecoute, on pourrait parler une autre fois.
- Non, on parlera maintenant ! je ne suis pas d’humeur à attendre une autre fois ! et en fonçant directement dans le sujet, j’ai rencontré le nommé Khalifa.
- Et ?
- Et c’est un ennemi redoutable, une casse gueule quoi, un homme très prudent.
- Tu lui as parlé ?
- Oui hier ! et en ingurgitant sa salive, il faut l’écraser le plus tôt possible.
- Et quel est ton plan ?
Nader prit un souffle de sa cigarette en s’arrêtant devant un feu rouge et continua.
- Tu devras te faire passer pour un client !
- Et pourquoi tu ne le feras pas toi-même !
- Moi, il m’a vu, il m’a menacé même ! et en riant, mais toi, t’as la gueule d’un homme de bonne famille qui aspire confiance, le genre qu’il cherche et puis quand il saura que t’es le fils du ministre en effectuant une petite enquête sur toi, il mordra à l’hameçon !
*******************************************************
Dans la maison du chott, et en l’absence de Sondos, Sabrine la remplaçait à l’accueil. En attendant l’arrivée d’un client, l’une des filles russes s’habillant de façon très dénudé sortit une cigarette et l’alluma puis parla à Sabrine. Comme cette dernière n’arrivait pas à comprendre un seul mot de ce que la blonde lui racontait, elle s’écria furieuse.
- Ecoute moi ma chérie, tu ferais mieux d’attendre ton client dans ta chambre !
La blonde de 25ans, prit un souffle de la cigarette, sans vraiment comprendre son interlocutrice.
-pfff, je ne sais même pas parler en anglais pour communiquer avec cette connasse !

Puis elle entendit quelqu’un frapper à la porte deux fois, très doucement. C’était une sorte de mot de passe pour reconnaitre l’arrivée d’un client.
Ses yeux brillèrent d’une gaieté fugace, et elle s’écria.
- Le voilà, ton homme !
Elle précipitait le pas vers la porte et en l’ouvrant.
- Bonsoir monsieur Hamda !
L’homme, à l’allure d’un vieux richissime, lui sourit et dit en fermant la porte doucement derrière lui.
- C’est Hamid !
- Ah, oui ! excuse-moi ! puis en lui enlevant son manteau, entrez la chambre 3 est prête pour vous !
Puis les suivit jusqu’à la première marche, mais l’homme tint la main de sa blonde et dit en adressant la parole à Sabrine.
- Je connais bien l’endroit, merci ! et en faisant un petit clin d’œil à la fille, allons nous ma belle !
Un peu embarrassée, Sabrine regagna sa chaise, et rouvrit le carnet de rendez-vous en parlant à elle-même à voix basse.
- On dirait qu’on a un seul client ce soir !
Puis mettait une chanson sur l’ordinateur et se mettait à bouger la tête en suivant le rythme dansant de la mélodie. Quelques secondes plus tard, la porte cria.
Elle sursauta sur place de surprise puis en baissant le volume, elle se dirigea vers la porte. Et à sa grande surprise, elle découvrit une jeune femme de son âge presque. Elle était maquillée, portant une jupe de daim noir, un chemisier blanc aux manches retroussées et tenant sur son bras gauche un manteau boule plié.
- Bonsoir mademoiselle ! dit-elle en parlant à Sabrine la première.
Sabrine, angoissée s’arrêta devant la porte pour lui bloquer la vue de l’intérieur et se demanda d’une voix tremblante.
- Qui vous êtes ?
La femme à la peau très blanche, se présenta en traçant un fabuleux sourire.
- Je m’excuse d’avoir frappé à votre porte à une heure pareille ! puis en pointant le doigt vers la maison d’en face, je suis la fille de la dame qui habite juste en face de vous, et ça fait un petit quart d’heure que je frappe à sa porte sans qu’elle m’ouvre !
Sans pouvoir dissiper son malaise, Sabrine répliqua.
- Elle s’est peut être endormie ! et en observant le profil de l’étrange femme, t’as essayé de l’appeler ?
- Le fixe ne marche plus depuis un sacré bout de temps ! et sans quitter Sabrine d’un regard mystérieux, écoute ça fait des années que je n’ai pas visité ma mère, et je suis venue de l’étranger ce matin, et je commence à m’inquiéter vraiment pour elle !
- Ben, tu n’as qu’essayer encore sinon revenez demain !
La femme sourit et dit en montant encore une marche.
- Jolie votre maison !
- Ah merci ! puis en collant le dos sur la porte légèrement, ce n’est pas la mienne, enfin je suis la cousine de la cousine du propriétaire de la maison ! et naïvement, ils m’hébergent pour quelques jours le temps que je trouve un logement à Tunis !
La femme leva un sourcil, non convaincue, puis se demanda avec sa voix maligne.
- C’est vraiment bizarre d’être accueillie par l’invitée vers 22h ! ils ne sont pas là ?
A travers la porte entrouverte, elles entendirent l’une des portes s’ouvrir. C’était le client qui venait d’arriver. En tombant du regard sur la femme à la porte, il rebroussa chemin et ferma la porte derrière lui.
La femme jouait avec ses cheveux châtaigne et murmura.
- C’est lui ton cousin !
- Euh, oui, c’est lui ! dit Sabrine en s’efforçant de rire, il est timide avec les femmes, tu sais ce genre d’hommes…
En échangeant ce faux rire avec elle, la femme mystérieuse dit.
- Oui bien sûr ! et en la regardant attentivement, je m’excuse à nouveau, et en avalant sa salive, j’ai fait un long voyage jusqu’ici, et j’ai soif, vous pouvez me porter un verre d’eau.
- Oui, bien sûr ! et après hésitation, je ne peux pas te demander d’entrer, ce n’est pas chez moi ici !
- Oui, oui je comprends !dit la femme en souriant.
- Je reviens !
Dés que Sabrine disparaissait de sa vue, la jeune fille, sortit un petit appareil photo numérique, et prit quelques photos de l’intérieur : elle photographiait le bureau de l’accueil, les trois chambres qu’elle pouvait voir de l’angle où elle se maintenait, Puis cacha l’appareil photo dans son sac à main, quand elle entendit les vibrations de son gsm.
- Oui !
Une voix d’homme la répondit.
- Je le vois arriver de rétroviseur !
- J’arrive tout de suite !
Pendant ce temps là, Sabrine saisissait une bouteille d’eau du réfrigérateur et versa un peu d’eau dans un verre, dès qu’elle sortit de la cuisine, ce n’est pas le visage de la femme qu’elle dévisageait mais celui de son patron, debout prés de la porte, cramoisi de colère.
- Comment tu peux laisser la porte ouverte comme ça ! et en remarquant le verre d’eau entre ses mains, c’est pour qui ?
Frissonnant de peur, Sabrine parla à peine.
- T’as pas vu la femme ?
- Quelle femme ? puis en s’approchant d’elle, pardon, t’as ouvert la porte à une inconnue ?
La face pâle comme une morte, elle s’expliqua.
- Ce n’est pas une inconnue, c’est la fille de la vieille femme.
Une lueur d’agacement traversa son regard, et il disait en serrant les poings.
- La vieille n’a pas de filles.
A son grand étonnement, Sabrine balbutia avec une grande gêne dans la voix.
- C’était qui alors ?

lundi 16 août 2010

Sans tabou: épisode16: Un cadeau du ciel

Partager
Il mit la clé dans la serrure puis tira la poignée de la porte. Quand elle s’ouvrit, Nader apercevait une paire de chaussures de sport renversée par terre comme il l’avait laissé il y a deux jours, ce qui prouvait que sa femme n’avait pas mis le pied après leur dispute dans l’appartement. Il l’écartait d’un geste nerveux de son pied gauche et avança vers la cuisine.
Quelques gouttelettes d’eau se formaient et glissaient lentement du robinet, puis s’écrasaient sur une casserole coincée au fond du l’évier en céramique, en faisant un léger bruit, comme une note musicale.
Du coin de l’œil, il regardait la montagne d’assiettes sales, et une tâche de café sèche collée au sol.
- Quel sale pétrin ! s’écria-t-il fou furieux.
Puis ouvrit la porte du réfrigérateur, saisissait nerveusement une bouteille d’eau, prit une gorgée et la remettait sur place, en se dirigeant vers sa chambre.
Une fois installé sur son lit, les chaussures encore aux pieds, il sortit l’enveloppe marron de sa veste et l’ouvrit en tirant les cinq photos dedans.
En mitraillant la première photo, celle d’un homme, de peau très mate et du regard très sévère, avec une gigantesque cicatrice au niveau du front, il parlait à lui-même.
- Alors monsieur Khalifa, tu nous piques nos clients maintenant ? et en traçant un sourire endiablé, tu ne sais pas à qui t’as affaire, sale con !
Puis laissa la photo tomber de sa main et saisissait une seconde photo, celle d’un fastfood au milieu du centre ville, et du même homme, s’habillant comme un cuisiner professionnel, dans une tenue blanche.
- Et tu fais semblant aussi d’être un bon citoyen, un homme clean, eh !
En élargissant sa pupille de rage, il saisissait un feutre de couleur rouge, dessinait un cercle autour de la tête de son concurrent et ajouta.
- T’es un homme mort, mon ami !
Puis la sonnerie du message qu’il vient de recevoir, lui interrompit son fil d’idées. En examinant l’écran rapidement, il constata que le message fut de sa femme.
Sans trop se demander, il l’ouvrit et lit ce qui suit.
« Je passerai le soir prendre mes affaires, alors je te demande gentiment de ne pas être là, merci »
Une crise de rire nerveuse l’emporta comme un vent. En balançant le gsm, qui fit deux rebondissements sur le lit, il hurla.
- La salope, et ose même me renvoyer de chez moi ! et en poussant un siffle gêné, je me demande vraiment, pourquoi je l’avais épousé, pfff, quand je vois toutes ces nanas en bonne santé, n’attendant que la venue du prince charmant, et cette fille malade qui se prend pour Cameron diaz…. Fait chier !
Puis s’étalât complètement sur son dos, et ferma les yeux en tentant de faire une petite sieste, comme il n’avait pas fermé l’œil depuis deux jours.
Quelques heures plus tard, vers 15H, il avait les yeux encore gonflés de sommeil. Pas chez lui, mais assis autour d’une table tout seul, dans le même fastfood, que Rami a photographié. Il tapotait avec les doigts furieusement la nappe, pas si neuve, puis en faisant signe au serveur, qui venait de passer prés de lui avec deux plats.
-hey, ça fait un quart d’heure, que j’attends mon sandwich ! il est où mon putain de sandwich à la dinde ?
Le serveur, un peu frustré, répondait.
- Calmez-vous monsieur, comme vous voyez, il y a beaucoup de clients.
Nader, cherchant le patron, de son regard dans tout coin du l’intérieur du fastfood, haussa la voix exprès.
- Si vous avez tant de clients, ton putain de patron, devrait embaucher plus de personnel, ce n’est pas ainsi qu’il réussira ce job à moins qu’il ait une autre activité à part !
Le serveur, pâlissait, et regarda Nader avec méfiance, craignant qu’il s’agisse d’un policier civile, puis parla avec difficulté.
- Calmez vous monsieur, tu seras servi, tout de suite !
Nader, injecta son interlocuteur d’un désagréable regard puis croisa les jambes. En tournant sa tête vers la porte, il voyait, une petite voiture s’arrêter devant le petit fastfood, et l’homme qu’il recherchait, s’habillant d’une manière un peu sportive, sauter de la bagnole.
Il alluma une cigarette, sans le perdre du regard. Il voyait le serveur s’approcher de son patron et lui chuchoter quelques mots à l’oreille, puis le regard de Khalifa le bornant, essayant de voir s’il s’agisse d’une personne qu’il connaissait ou pas.
Au bout d’un moment, le patron se dirigea vers la table de Nader, puis en traçant un faux sourire.
- Excusez mon employé ! c’est un petit nouveau, et il est encore un peu lent au travail !
En écrasant le bout de cigarette sur le cendrier sans affronter le regard de son interlocuteur.
- Et vous ne croyez pas qu’un petit nouveau doit être assisté en permanence par un expérimenté ! tu perdras des clients ainsi ! et en levant les yeux, si j’étais à ta place, j’embaucherai des filles, elles seront plus serviables et ça attirerait davantage des clients masculins !
Khalifa sentait quelque chose de louche émanant de son interlocuteur, puis il inclina la tête et se demanda d’une voix si basse.
- Qui vous êtes ?
Pour l’énerver davantage, Nader cria.
- Hey ! j’ai faim moi…
Là, au bout de ses nerfs, Khalifa l’attrapa de sa chemise et le tira vers lui agressivement en gardant le ton aussi calme mais avec une certaine menace dans la voix.
- Monsieur ne me cherchez pas la petite bête, ça serait dans votre intérêt !
Avec un sourire de renard, Nader s’écria en se débarrassant de la lourde main de son agresseur.
- Oh là ! vous menacez tous vos clients de la sorte ?
- Seulement, ceux qui cherchent des problèmes. Puis en le dévisageant d’un regard sacripant, ta tête me dit quelque chose.
En ricanant.
- Elle te dit qu’elle a faim ! puis en se mettant debout légèrement, mais pense à ma proposition, des serveuses c’est mieux que des serveurs ! et en saisissant ses clés de voitures sans épargner Khalifa d’un regard endiablé, n’embauchez pas des tunisiennes mais des marocaines, j’ai entendu parler qu’elles sont bonnes à tout !
Puis son visage s’illumina du fantôme d’un sourire. Dès qu’il s’arrêta devant sa PASSAT, une main se mette sur son épaule, c’était celle de Khalifa qui répliqua de sa voix grave.
- Qui vous a envoyé ?
Nader éloigna de sa reverse, doucement la main de Khalifa et dit.
- On m’a dit que t’as des belles filles… des bombes marocaines.
- Je ne sais pas du quoi tu parles.
Nader tendit la main vers le pare-brise et continua de son ton provocateur :
- Vous ne prenez pas de risque eh ! et en souriant, je ne suis pas de la police, je souhaite juste devenir un de vos clients.
Avec des yeux de marbres, l’homme aussi méfiant, murmura.
- Je crois que vous vous trompez d’adresse.
- C’est pourtant Hamza Elmehdoui, qui m’a parlé de vous.
Là, Khalifa se pencha en avant, et sans quitter Nader de son regard méfiant.
- Désolé, mais je ne connais pas votre intermédiaire ! et en ouvrant la porte de voiture à Nader, sans avoir froid aux yeux, j’ai une chaine de fastfoods, cher monsieur, mais pas un centre de prostitution !
Et en le pointant du doigt.
- La prochaine fois si vous remettiez le pied ici, j’appellerai la police !
**************************************************************
Vers20H15, la porte de l’ascenseur s’ouvrit au 4ème étage. Ghada, accompagnée de son amie Salma, s’arrêtèrent devant l’appartement de Nader. En saisissant son sac à mains, cherchant les clés, Salma l’interrompit.
- Tu désires réellement le divorce ?
Ghada, du coin de l’œil, répondit.
- Est-ce que j’ai une tête de quelqu’un voulant s’amuser ?
Salma, poussa un souffle et en s’approchant encore plus de sa meilleure amie.
- Ce n’est pas un si mauvais homme après tout, réfléchis bien ma puce !
Ghada, leva entièrement la tête et répondit au bout des nerfs.
- J’ai beaucoup réfléchi, et je crois que c’est mieux pour nous deux !
Sans insister, Salma croisa les bras et colla son dos au mur, et dit en changeant de sujet.
- Et ton frère ? il est heureux avec sa copine ?
- Il veut l’épouser.
Un grand sourire, éclaira la frimousse de Salma qui s’écria.
- Ah c’est bien ! enfin ! et en riant, vous devriez le plutôt possible préparer sa villa et la décorer pour la grande occasion…
- Il l’a vendu ! enfin c’est ce qu’il nous a dit
- Sans blague ! hurla Salma, stupéfaite.
- Ben, c’est ce qu’il nous a dit ! et en sortant la clé, mais je sens quelque chose de louche, et je finirai par le découvrir.
Salma, suivait son amie du regard quelques secondes et l’interrogea.
- Je n’ai pas compris.
En mettant la clé dans la serrure, elle expliqua.
- L’autre soir, on est allé faire un petit tour à Hammamet, moi, sa copine et lui, et j’ai voulu qu’il montre sa villa à sa petite amie, mais la route principale était bloquée pour des travaux de la municipalité ! et en soupirant, quand j’ai lui demandé de changer d’itinéraire, il m’a dit qu’il faisait tard, et qu’il nous la montrera une autre fois… il semblerait même joyeux que la rue fut bloquée !
- Je ne comprends pas pourquoi tu t’intéresses soudainement à sa villa !
En tournant la clé dans la serrure, elle répliqua doucement.
- Je suis seulement curieuse…c’est plutôt sa réaction bizarroïde quand on a parlé de sa maison , qui m’a intrigué !
Et comme la porte ne s’ouvrit pas, Ghada, tenta une autre fois en tirant la poignée extérieure.
- C’est bizarre, la porte ne s’ouvre pas !
Salma, essaya à son tour de l’ouvrir, puis se demanda.
- Il a peut être changé la serrure ?
- Non ! la porte est fermée de l’intérieure ! puis d’une voix coléreuse, le salaud, il est ici !
Salma, avala sa salive et dit.
- On reviendra une autre fois si tu ne veux pas lui parler…
Ghada, emportée par la fureur, hurla.
- Je ne reviendrai pas un autre jour !
Puis se mettait à frapper à la porte de toutes ses forces.
- Ouvre cette porte Nader !
Quelques minutes plus tard, elle entendit le bruit de pas avançant vers la porte.
- Le voilà ! dit-elle, les yeux rouges de colère.
Salma, posa sa main sur l’épaule de son amie, et murmura.
- Calme-toi, ma chérie ! on ne veut pas de scandale devant les voisins !
- Il m’énerve ! je lui ai demandé de s’absenter un peu mais…
Et n’acheva pas sa phrase quand la porte s’ouvre et que son regard tombe sur une jeune femme de 26ans à peu prés, coquette, dans un jean moulant et un pull dénudé.
- Qui vous êtes ? demande la femme.
Du poids de la surprise, Ghada perdit sa langue, et Salma intervint en haussant la voix.
- Ben, c’est à toi de nous répondre !
Et puis, elles entendirent un petit gamin pleurnicher, de l’intérieur de la salle de bain.
- Le shampoing me pique les yeux !
- J’arrive mon bébé ! s’écria la femme, puis en adressant la parole aux deux filles, si vous êtes venues pour Nader, il n’est pas là…
Ghada, mit un pied à l’intérieur de l’appartement et hurla avec hystérie.
- Qui vous êtes putain ? et qu’est ce que vous faites dans mon appartement ?
La femme, traça un sourire malin et dit d’un ton provocateur en croisant les bras.
- C’est l’appartement de Nader… et devant leur stupéfaction, elle ajouta, je m’appelle Sondos et je suis sa copine !

samedi 7 août 2010

Sans tabou:épisode15: Business is business

Partager
Deux jours plus tard, il était aux alentours de 17 H 30. Ghada était assise à l’entrée de la villa de ses parents. Elle buvait du café et se laissait méditer alors que ses yeux suivaient du loin la voiture d’Akram s’arrêter devant le clôture.
Sa mère, à deux pas d’elle, assise sur une chaise, faisant semblant de lire un magasine arabe, ne la quitta pas d’une semelle puis murmura, d’un air énervé.
- C’est vraiment honteux ce que tu fais….
Ghada, leva à peine sa tête et déposa doucement la tasse du café sur la sous-tasse, puis en ingurgitant sa salive, tout en changeant de sujet.
- Le voilà, ton fils préféré.
En la bornant d’un regard fâché.
- Je n’ai pas d’enfant préféré.
- Oui c’est ça ! dit-elle en riant et ajouta, mais tu ne dis toujours rien quand il fait qu'à sa tête.
Puis se taisait quand le grand portail du jardin faisait un désagréable grincement, et voyait son frère pénétrer avec une belle jeune fille, qu’elle reconnait tout de suite.
Sa mère, traça un petit sourire, un peu un mélange entre joie et méfiance face à cette belle inconnue, que son fils ainé a amenée pour la lui présenter.
- Elle est vraiment séduisante ! murmura la mère, à demi-voix, avant même que son fils et sa compagne ne s’approchent d’elle. Puis en visant sa fille d’un regard piquant, je ne sais pas si je dois être heureuse pour ton frère parce qu’il a enfin trouvé une femme avec qui il veut faire sa vie ou m’attrister parce que ma fille chérie désire se séparer de son époux.
Ghada vida sa tasse puis en baissant la voix.
- Je croyais que c’est ce que vous voulez ! de toute façon tu ne l’as jamais apprécié.
En lui coupant la parole cruellement.
- Je ne l’aimais pas c’est vrai, mais c’est le seul homme qui s’est présenté pour toi ! et en continuant d’un air méchant, t’aurais pas dû le quitter avant même de porter un enfant de lui, au moins ainsi tu ne serais pas sortie de chez lui les mains vides.
Elle était en colère d’après les dernières paroles de sa mère, mais elle tenait cette immense fureur et la bloqua à l’intérieur d’elle, en blêmissant et tournant la tête vers son frère et son invitée.
- Enfin, tu nous ramènes ta copine ! s’écria sa maman, excitée.
En posant fièrement sa main sur l’épaule de Ranime, il disait.
- Elle ne sera plus ma copine mais ma fiancée ! et en échangeant un regard doux avec elle, elle a finalement accepté de devenir ma femme.
Madiha se leva et Ranime s’approcha encore et échangea quatre bises avec elle. Comme toute belle mère, elle faisait son inspection traditionnelle, à travers le langage corporel, en laissant sa main caresser les cheveux la joue et puis l’épaule de sa future belle fille.
- Akram m’a dit que t’es du Sahel.
- Oui c’est exact ! murmura Ranime de sa voix timide.
Madiha, lui souriait en continuant.
- La femme de mon oncle est du Sahel, moi personnellement j’aime les gens du Sahel…
Ghada, intervenait odieusement.
- Quant à moi, je n’aime pas leur accent ! je n’arrive pas à les comprendre.
Ranime, blêmit sans rien dire. Depuis le jour où elle a partagé un diner avec Ghada et son époux, elle a senti comme une déconnexion ; une sorte de répulsion de sa part. C’était peut être dû à l’attention que portait Nader pour elle sous le regard jaloux de sa femme, qui a fait naître ce tragique atmosphère entre les deux filles.
Akram, gêné par les paroles de sa petite sœur, interférait.
- Le fait que tu ne mènes pas la belle vie maintenant, ne te donne pas le droit d’être méchante avec ma fiancée…
Ghada poussa sa chaise pour se lever puis en tenant sa tasse de café, sans épargner sa future belle sœur d’un regard hargneux.
- Elle n’est pas encore ta fiancée ! puis en fixant Ranime de ses yeux mi-clos, pétillants de malice. Fais comme chez toi ma chère ! puis en souriant, moi à ta place, je lui demanderai de me montrer sa maison de Hammamet, et d’un air persiflant, elle serait votre nid d’amour, n’est ce pas frérot ?
Il fit trois pas en titubant, et en traçant un faux sourire tentant de voiler en vain l’expression de pâleur qui a envahie son visage sur le champ.
- Je l’ai vendu, il y a deux ans.
Sa mère, emportée par une vague d’étonnement s’écria.
- T’as vendu la maison que ton père t’a construite ?
Ghada, comme contente, de l’ennui dans lequel elle l’a glissée continua sans se soucier de la présence de Ranime.
- Tu ne trouves pas bizarre qu’il prenne une telle décision sans nous avertir.
Sa mère, encore n’arrivant pas à digérer la lourde révélation que son fils ainé la lui a faite, surtout que son père a passé plus de 10années à la construire.
- Tu me déçois vraiment Akram ! et en haussant la voix, comment tu peux faire une chose pareille ?
Honteux d’avoir été absorbé d’une telle conversation devant Ranime, il disait.
- Je ne crois pas que c’est le moment idéal pour parler de ça devant ma copine.
Sa mère, le fixa avec des yeux de dément ; les pupilles dilatées par la colère et la rage et s’écria en s’en moquant de la présence de Ranime.
- Non, non, tu m’expliques illico pourquoi tu l’as vendu.
Transpirant de frustration, il balbutia comme un petit gamin.
- Je… je n’aime pas l’endroit, elle est un peu isolée, et je préférai du loin une villa au cœur du Hamamet…
Sa mère, lui coupa la parole en hurlant de colère.
- T’aurais pu aborder le sujet avec ton père ! et en s’approchant de lui, on t’aurait donné cette villa à Carthage et nous déménagé là-bas, de toute façon c’est ce que ton père, m’a fait comprendre il y a une semaine.
Avec un léger sourire d’énervement, il rajouta.
- C’est trop tard maintenant.
D’un regard obstiné, elle s’écria.
- Non, ce n’est pas trop tard ! tu vas racheter cette maison, et je t’aiderai financièrement si son nouveau propriétaire s’entête et refuse de nous la vendre ! et sans le quitter de son regard implacable, tu commenceras les négociations dès demain, je veux que tout revienne comme prévu, avant même que ton père ne m’aborde le sujet une deuxième fois.
Et en regardant sa file cette fois-ci.
- Je ne veux surtout pas que ton père l’apprenne.
Ghada traça un superbe sourire et dit en cherchant des yeux Ranime.
- J’espère qu’on ne t’a pas mise mal à l’aise à cause de notre conversation un peu tendue.
Ranime, releva la tête et murmura entre les dents.
- Non, je vais très bien…
Sans lui laisser le temps de développer sa phrase, Ghada s’écria.
- Et si on allait nous trois ce soir nous promener et diner à Hammamet, ça serait mieux que passer la soirée avec les deux vieux.
Sa mère, ne disait rien et se contentait d’injecter sa fille d’un regard désagréable puisqu’elle n’aimait pas qu’on lui dise qu’elle a vieilli. Quant à Akram, sous l’empire d’une colère froide, il rétorqua en détachant ses mots.
- De toute façon, je ne compte pas diner avec ma copine ici, on s’est mis d’accord d’aller faire un tour a Sidi bou et de diner là-bas.
A sa surprise, Ranime intervenait.
- Je veux bien qu’on aille nous trois faire ce tour ! et en échangeant un sourire avec Ghada, j’aime bien connaitre de prés ta sœur…
En s’agrippant aux paroles de Ranime, elle ajouta.
- On ira donc à Hammamet, et tu lui montreras ta maison du chott à la même occasion !
********************************************************
Vers 21H à la maison du chott, Nader était dans son bureau. Il tentait depuis une bonne heure de rejoindre son partenaire, mais il trouvait toujours son gsm fermé. Sous l’emprise de la colère, il expédia le sien par terre qui se brisa en trois morceaux.
En entendant le bruit de cassure, Sondos poussa la porte.
- Cava ?
Puis en tombant sur le gsm brisé en trois pièces.
- Pourquoi l’as-tu jeté ?
Sans la répondre, il s’écria de son ton désagréable.
- Qu’est ce que tu veux maintenant ? je t’ai dit que je ne veux voir personne, surtout pas toi.
En collant le dos sur la porte, elle murmura.
- Je le sais t’as pas à me le répéter. Puis en mettant un bout de chewing gum dans la bouche. T’as un invité au salon.
- Un invité ? qui c’est ?
- Un homme que t’as attendu tant.
Sans se laisser emporter par une conversation inutile selon lui avec elle, il bondit de sa chaise et la poussa violemment avec son épaule en se dirigeant vers le salon.
Une fois là-bas, il entendit les rires du petit gamin, puis le voyait assis sur les cuisses d’un homme qui lui faisait des grimaces.
En reconnaissant Serguei le moustachu, il s’arrêta sur place et s’écria ni heureux ni fâché.
- Enfin te voilà ! je peux savoir où tu te cachais tout ce temps là ?
Le grand homme déposa le petit doucement sur le canapé, alluma une cigarette et dit en s’approchant de Nader, tout en lui tendant la main.
- Tu ne me souhaite pas la bienvenue, frérot ?
Un peu hésitant, Nader lui serra la main et continua.
- Je t’ai laissé des milliers de messages…
Sergei, lui coupa la parole froidement.
- J’étais en mission ! et pour ma sécurité j’ai désactivé mon numéro de tel. Et en traçant un sourire de psychopathe, mais dès que je l’ai réactivé, je suis venu. Et en tournant la tête vers le gamin, et d’après ce que j’ai compris, tu veux que je te fournisse des faux papiers pour le petit.
Nader secoua la tête pour dire oui et au moment, où il ouvrit la bouche pour parler, Segei continua son développement.
- Tu sais très bien que c’est une opération très risquée, et surtout, non fructifiante pour nous deux.
Nader le suivait d’un regard ferme et s’interrogea.
- Où vous voulez en venir Sergei ?
L’homme Russe, souriait méchamment et s’expliqua.
- Tu veux te débarrasser du gamin, on s’en débarrassera mais on n’est pas obligé de le garder en vie pour ça.
Tout pâle et sous le poids de la surprise, Nader s’écria.
- Tu veux qu’on tue le gamin ? et en se moquant, et comment le fait de le tuer, pourra nous porter de l’argent ?
L’homme d’un regard endiablé suivit le petit gamin, qui jouait avec le coussin, et dit à voix basse.
- C’est un petit garçon en bonne santé et je connais des amis qui peuvent nous offrir une belle somme pour l’avoir. Et en riant, de toute façon, ce n’est pas nous, qui allons salir nos mains. Nous on vend le gamin, et eux font le sale boulot.
Du choc, Nader s’effondra sur la première chaise qui tomba sous son regard et balbutia de frustration.
- Tu veux vendre le gamin à des trafiquants d’organes ?
Segei s’approcha de lui et en posant sa lourde main sur son épaule.
- C’est du bon business, mon ami et puis personne ne semble connaitre le petit ni le chercher donc sa disparition ne nous causera pas le moindre problème par contre elle ne serait très bénéfique ! et sans clignoter des yeux il continua, tu auras la moitié de la somme reçue ! à toi de voir maintenant !

mardi 6 juillet 2010

Sans tabou:épisode15: Business is business

Partager
Vers 23h15, Sondos était en train de préparer son lit pour se coucher. Ce soir là, et pour la deuxième fois consécutive, aucun client n’avait fait son apparition dans le bordel. C’était le calme total, un calme qui ne plaisait guère aux patrons, qui voyaient leurs recettes diminuer sans qu’ils puissent réagir.
Et au moment où elle s’enveloppait dans une légère chemise de nuit rose, elle entendit la porte principale claquer fortement. Sur le bout des pieds, elle quitta sa chambre et s’arrêta au niveau de l’escalier où elle voyait Nader, jetant les clés de voiture sur son bureau puis enlevant son manteau d’un air nerveux.
Dès qu’il leva les yeux, et que leurs regards se croisèrent sous une lumière assez faible d’une lampe qui ne cessait de clignoter, se préparant à s’éteindre éternellement.
- Oh ! comment Ghada t’as laissé sortir à une heure pareille ? s’écria-t-elle d’un air persifleur.
Fidèle à son désagréable regard, quand il est en mauvaise humeur, il murmura.
- Elle m’a quitté.
Surprise, et hésitante entre manifester un sourire joyeux de cette séparation ou faire semblant d’être émue, elle opta finalement pour un sourire entre les deux, à mi lèvres.
- Comment ça ? t’as quitté ? je…
Il lui coupa la parole, en montant l’escalier rapidement.
- Elle m’a quitté et c’est tout !
Et en s’arrêtant face à elle, tout en la dévorant d’un regard triste.
- Mon passé me rattrape toujours pour me gâcher la vie.
Et en laissant sa main, envelopper le visage de Sondos d’une caresse étroite.
- C’est toujours ainsi, eh ! personne ne tombe réellement amoureux de moi.
Avec une main très mince, elle effleura sa barbe de trois jours et dit.
- Moi, je t’aime, et tu le sais très bien.
D’un geste d’énervement, il dégagea son bras et s’écria.
- Et moi, je ne t’aime pas, alors cesse de rêver.
Puis sans lire même l’expression de tristesse qui s’est tracée sur sa frimousse, il pénétra sa chambre et se jeta sur son lit sans même se débarrasser de ses chaussures. En allumant une cigarette, il continua.
- Alors, personne n’est venu ?
Elle poussa la porte de sa chambre doucement, s’arrêta en croisant les bras devant lui en disant.
- Personne, oui.
- Et personne n’a fixé de rendez vous ?
- Aucun.
En serrant les dents de colère.
- C’est vraiment bizarre.
En traçant un petit sourire, elle proposa.
- Vous devriez peut être, diminuer les prix des prestations.
- C’est un bordel de luxe, ma belle ! puis en clignotant les yeux, on devra peut être encore promouvoir notre petit business.
Puis en se levant brusquement.
- Et Akram, ne m’aide pas vraiment, je ne sais pas ce qu’il fait de son temps libre.
En riant, elle ricana.
- Ben , il est amoureux, eh.
En s’approchant d’elle, il répondit.
- Il est con.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce qu’il est amoureux d’une fille qui ne l’aime pas.
- Et qui t’as dit qu’elle ne l’aime pas ? et en se moquant, elle t’aime toi par hasard ?
Il se taisait un peu. Ferma les yeux, pour se rappeler son beau visage puis dit.
- Ben, oui. J’ai plus de chance que lui.
- Parce que t’es marié et lui célibataire ? s’écria-t-elle en riant.
- Non parce que je suis plus beau et séduisant, et d’un air vaniteux, et je sais communiquer avec les femmes. Lui, il a un certain blocage avec l’autre sexe.
- Oui, c’est ça. Murmura-t-elle, d’une voix à peine entendue.
Il s’approcha de la porte et dit.
- Allez habille toi.
- Quoi ? maintenant ?
- Oui, maintenant, et en traçant un sourire, comme à la belle époque où j’étais encore libre.
Sans gêne, elle enleva sa chemise de nuit devant lui, et restant en sous vêtements uniquement elle se dirigea vers sa garde robe.
- Tu ne sembles pas très touché par cette séparation.
Il ria, s’approcha d’elle, lui caressa avec désir son dos nu, et ajouta.
- Tant que ce n’est pas moi qui l’ai quitté, j’ai la conscience tranquille. Puis en laissant sa main, glisser vers son ventre. Alors, t’as avorté ?
Elle posa sa main sur la sienne et dit d’une voix assez perturbée.
- Pas encore.
Enervé, il la fit tourner et en croisant son regard.
- Et qu’est ce que t’attends eh ?
- Ben, je vais le faire, t’inquiète. Puis en saisissant une robe de soirée noire, va m’attendre en bas.
Il la borna d’un regard hargneux et quitta la chambre. Avant de descendre l’escalier, il voyait la porte de la chambre juste à coté semi ouverte, et une faible lueur de lumière s’infiltrant de l’ouverture. C’était la chambre d’invités et celle où il passait la nuit parfois.
A pas de chats, il colla le visage à la porte, et voyait le petit Amine dormir comme un bébé. Et comme il le voyait tout seul dans la chambre, il n’hésita pas à entrer et à fermer la porte derrière lui doucement.
Quelques secondes après, il s’asseyait sur le bord du double lit, et laissa sa main caresser les cheveux bruns du gamin, puis traça un beau sourire et laissa sa main effleurer la peau douce du petit enfant.
Emporté par la tentation surtout qu’il se trouvait seul, il essaya d’introduire sa main dans le short du gamin, mais une voix féminine le fit sursauter sur place.
- Ça alors ? quelle surprise !
En tournant la tête, il dévisagea le regard de Sabrine, souriante comme toujours.
- Qu’est ce que tu fais ici ?
Elle souriait et s’approcha de lui en s’interrogeant.
- C’est plutôt à moi de te poser cette question. Et en le suivant avec suspicion, qu’est ce que tu viens faire à cette heure là, dans la chambre du petit ?
Il se leva, et dit le visage pâle.
- C’est ma chambre, et en tentant de tracer un sourire mensonger, je suis venu voir si Amine dormait bien.
Elle traça un petit sourire.
- Emm, je ne savais pas que t’étais si tendre et que t’aimais les enfants…
Il lui coupa la parole en l’injectant d’un regard méprisant.
- Et je ne vois pas ce que tu fais encore là, ce n’est pas un hôtel et je ne compte pas t’héberger dans ma villa.
Elle ria, et s’écria pour l’énerver.
- T’as pas les moyens pour acheter une telle villa, et le petit ne peut dormir qu’avec moi. Et en hochant méditativement la tête, et je ne quitte votre bordel que quand je saurai que mon enfant serait entre des bonnes mains.
Et leur brève conversation prit fin lorsque Sondos poussa la porte en s’écriant.
- Je suis prête.
Sabrine, plongeant ses yeux d’acier dans les siennes.
- Tiens, tiens, vous sortez ensemble maintenant.
Sondos, ne disait rien quant à Nader il l’ignora en disant.
- Allons-nous.
Une fois à l’intérieur de la voiture, Sondos, n’osait même pas lui parler. Elle savait très bien, qu’il n’aimait pas du tout qu’on lui adresse la parole quand il se trouvait aux bouts des nerfs.
Après un petit trajet d’une vingtaine de minutes, il s’arrêta face à un restaurant bar, au cœur de Yasmine Hammamet, et en arrêtant le moteur, il disait.
- Tu peux descendre.
Voulant rigoler, elle s’écria.
- Ben, c’est un peu tard pour le diner. Et en ouvrant la porte, et je ne bois plus. Puis en hésitant quelques temps, je connais une boite à quelques pas d’ici, ça serait cool si…
En ouvrant sa porte, il hurla en colère.
- On est ici pour le boulot ! et en sautant de la voiture, et si je désire un jour me promener ça ne serait jamais avec toi.
Intimidée, elle sauta de son siège et dit en fermant la porte.
- Et depuis quand tu me ramènes avec toi, pour le boulot.
En allumant une cigarette, tout en vérifiant que toutes les portes soient fermées.
- Depuis le moment où j’ai perdu mon partenaire, qui se prenait pour Roméo.
Une fois à l’intérieur du restaurant. C’était minuit et demi, il y avait que des hommes de plus que la cinquantaine, avec des jeunes filles de l’âge de leurs filles. En se faufilant entre les tables, sous les regards inquisiteurs de certains businessmen. Il croisa, par hasard, celui d’un de leurs meilleurs clients. Un homme de 61ans, un bijoutier très connu.
Il se dirigea donc vers lui, puis en tendant la main.
- Ah, monsieur Hamza, quelle surprise ?
L’homme moustachu, traça un faible sourire et dit.
- T’as pris du poids.
Sondos, derrière son patron interférait en souriant.
- Bonsoir, monsieur Hamza, tu sais que tu nous as manqué.
Généreusement, il s’écria.
- Ben, assoyez-vous ! que je vous offre des bières.
Une fois installés, face à lui, Nader prit un autre souffle de sa cigarette et dit.
- Alors, pourquoi tu viens plus, et en traçant un malin sourire, on a des nouvelles filles, et en faisant une œillade, et comme je sais que t’aime les jeunes filles, on a une belle petite fille, coquine, qui n’aime que faire plaisir aux hommes.
L’homme, agréablement emporté par les paroles de Nader, alluma un cigare et dit.
- Je sais que je ne serai pas déçu avec vos filles. Et en inhalant de la fumée, mais je ne cherche pas que la baise, et en souriant, je veux une fille avec qui je sors la nuit, avec qui je baise évidemment quand je veux et que je peux contacter quand bon me semble.
- Une call girl ! s’écria Sondos, et en remarquant un sac à main féminin sur la chaise juste à coté du vieux bijoutier. T’es pas seul ce soir ?
En suivant son regard incliné vers le sac à main, monsieur Hamza, lança un petit rire et dit.
- Oh, vous les femmes, vous avez un sens de l’observation assez développé.
Et Nader, les interrompit en disant.
- Et vous avez trouvé cette call girl ?
En suivant une belle fille, qui revenait des toilettes des filles et s’asseyait sur la chaise juste à côté de lui, tout en lui collant une longue bise sur la joue.
- Oui, ma préférée, Lamia ! dit-il en mettant sa main sur son épaule. Et en traçant un sourire radieux, ce que j’aime le plus ce que je peux communiquer avec ces filles, elles sont des marocaines.
Et en lui arrachant un baiser audacieux sans gêne devant ses invités.
- Alors Lamia, tu me feras tout ce dont j’ai envie ce soir.
En laissant sa main caresser le grand ventre du bijoutier.
- Et je réaliserai tes fantasmes les plus pervers aussi.
Les yeux brulant de colère, Nader s’écria.
- Et je peux savoir comment t’as fait sa connaissance ?
Le bijoutier souriait et murmura.
- Ce sont les filles de Khalifa, un petit businessman qui a une série de fastfood au centre ville, et un ami avec qui je joue au poker tous les samedis, et en levant sur lui un regard affectif, moi à ta place, je ne reste pas les bras croisés, son petit business de call girls commence à prendre de l’élan. Et en souriant, et jusqu’ ‘à maintenant il t’a piqué pas mal de clients !
Sondos, sans quitter des yeux la fille marocaine murmura, à mi voix.
- De la concurrence dans l’air !

lundi 14 juin 2010

Sans tabou:épisode15: Business is business

Partager
Dans un petit coin du salon, Nader s’était installé, la tête cachée entre les deux bras. Il regardait, avec énervement les aiguilles de l’horloge, et les quelques gouttes d’eau, glissant au dessus de la vitre extérieure de la fenêtre semi ouverte suite à une pluie légère.
Il était 19h15. Plus le temps s’écoulait, plus l’expression d’une abominable colère, se sculptait à travers les traits de son visage.
A 20h20 exactement, la porte de l’appartement s’ouvrit doucement et se renfermait tout doucement comme elle s’était ouverte. Assis dans sa place, il relevait, sa tête, dévoilant un regard hargneux, et ses yeux finissaient par croiser un regard fané, triste de sa femme, qui posait son sac à main sur le sofa juste à côté et sans s’asseoir, s’arrêta face à lui, les bras croisés, le cou tendu et murmura.
- Ah t’es de bonne heure, aujourd’hui.
Sans quitter ses yeux, il répondit entre les dents.
- Ça fait quatre heures que je t’attendais. Et en se mettant debout, où étais tu passée ?
Elle le regarda un petit moment, comme tentant de déchiffrer la cause de son immense colère, puis dit en soupirant.
- Je faisais un petit tour avec Salma.
Il fixa droit dans les yeux sa femme, et laissa un faux sourire voiler ses lèvres puis dit.
- Et où vous êtes allées ?
En secouant ses épaules et enlevant son manteau, elle murmura.
- Au lac, on a fait un café, euh, une petite marche ! avec un regard froid mais mystérieux, on a rencontré un vieil ami, il nous a invités au dîner. Puis, en traçant un sourire persifleur, je pouvais pas refuser, c’est un ami de faculté….
Il s’approcha d’elle jusqu’à ce que ses respirations se mélangent avec les siennes, puis en épousant son regard.
- Cet ami, est-ce un avocat par hasard ?
Comme par magie, son sourire disparaît et puis croisa les bras et dit d’une voix assez tendue.
- Je ne sais pas de quoi tu parles.
- Oh, que si. Dit-il en haussant la voix.
Pâle et immobile comme une statuette, elle reprit.
- Qu’est ce que tu veux Nader ?
- Que tu me dises ce que se passe derrière mon dos ! s’écria-t-il furieux. En mordant sa lèvre inférieure, j’aime pas qu’on me cache des choses.
Là, une crise de rire affolée la hanta jusqu’à verser des pleurs. Puis ce rire, s’atténuait progressivement et laissait place à une tristesse mélangée de rancune.
- Tu veux vraiment que je sois franche avec toi.
Sans clignoter des yeux, il avala de l’air et dit.
- Oui.
Elle prit un long souffle, comme pour neutraliser l’horrible colère qui commençait à se manifester à travers son regard.
- J’étais avec ma belle mère.
Nader fut pris dans un remous brusque, au point de tanguer. Ghada, sans lui laisser le temps de s’expliquer continua.
- C’est une bonne femme. Et en saisissant une cigarette du paquet de Nader posé sur la table basse, je me demande vraiment ce qui pousse un enfant d’être aussi ingrat en délaissant un parent au besoin, tout seul, comme un fugitif politique, dans un exil lointain.
Il s’effondra sur le canapé, baissa la tête et reprit en serrant les poings.
- Ma mère ne m’a jamais aimé.
- Il n’y a pas de mère qui n’aime pas ses enfants.
Il traça un sourire moqueur et dit.
- La mienne en tout cas ne m’a pas aimé.
Il ferma les yeux lentement puis en les rouvrant, fut amené de force d’une avalanche de souvenirs lointains. Il se voyait, à l’âge de 4ans. Debout près d’un berceau en bois. Il tremblait comme une feuille devant le petit corps tout rigide et froid du bébé, qui avait la bouche tachetée de yaourt. La petite cuillère encore dans sa main droite, et le pot à moitié vide dans l’autre main, il suivait, terrifié les yeux fixes de sa petite sœur, orientés vers le plafond.
En tentant de fermer ses yeux, une autre fois, d’autres flashs surgissaient. Il voyait sa mère, criant et pleurant des larmes de cœur. Il voyait aussi son père, ivre mort, qui riait, complètement bourré et inconscient de ce que se passait autour de lui. Il se rappelait les paroles de son père ce jour là, comme si elles étaient prononcées à l’heure venue.
- Tu mérites cela, salope ! et en se tenant à peine en s’agrippant au mur, alors est ce que ça fait mal de la voir morte ?
Sanglotant, en serrant le petit corps de sa fille contre elle, Dalanda hurla.
- Comment tu peux être aussi cruel, c’est ta fille, bordel de merde. Puis les yeux nageant dans les larmes, elle chercha du regard son gamin, encore traumatisé, figé sur le sol. Pourquoi t’as fait ça ?
Nader, les yeux tous rouges balbutia de sa voix d’enfant.
- Elle criait, je croyais qu’elle avait faim. Je voulais la nourrir …
Son père, s’agenouilla pour être à son niveau, lui caressa les cheveux, puis en levant un regard satanique vers son épouse.
- T’inquiète pas ma chérie, elle tiendra compagnie à son tonton !
Puis se fut sauvé de son méditation, par sa femme, qui disait sans le quitter d’un regard rancunier.
- Pourquoi tu m’as menti à son propos ? pourquoi ?
Epris d’une colère indomptable, il se mettait debout à son tour, et l’attrapa très fort de ses bras en criant.
- Parce que j’avais très honte de mon passé ! et en l’injectant d’un regard morose, et parce que si je t’avais raconté toute la vérité, on ne serait jamais mariés !
D’un geste violent, elle débarrassa ses bras, et rajouta en reculant d’un pas.
- C’est quoi cette vérité, qui t’a obsédée au point de mentir au monde entier.
Nader sentit qu’il avait perdu du terrain puis à nouveau, il se fut arraché de son présent. Et se trouvait cette fois-ci, au milieu d’une forêt. Il était assis dans une camionnette, le regard suivant son père avec une pelle , faisant un grand trou dans le sol encore trempé d’eau, sa mère debout prés de son père , développant sa petite fille dans un bout de tissu, l’embrassant sur son front, puis voyait son père, qui arrachait l’enfant des bras de sa maman, et la mettait doucement dans le trou. Par la suite, il essuya la sueur accumulée sur son visage, et traça un sourire d’un psychopathe en disant.
- Hey, frérot j’ai un cadeau pour toi. Puis en laissant un faible rire l’emporter, tu ne seras plus désormais seul. Et en reculant de deux pas, j’ai un grand cœur, malgré que tu aies trahi ton grand frère !
Puis en pointant du doigt son fils.
- Il est venu te dire bonjour ! et en criant, hey, petit, viens dire bonjour à tonton. Et en regardant sa femme avec mépris, viens qu’il regarde à quel point tu lui ressemble.
- Ça suffit, s’il te plaît ! s’écria sa femme en sanglotant.
- Ferme la, salope, ok ?
Puis suivait son père, jetant la pelle et se dirigeant vers lui en ouvrant la porte de la camionnette et en le portant dans ses bras.
- Allez viens mon petit bonhomme.
Et se faisait à nouveau secoué de son passé, par Ghada qui criait en enrageant davantage.
- Tu vas parler ou pas ?
Il avala avec difficulté sa salive et dit d’un ton amer.
- Ma mère ne m’aimait pas car j’ai tué accidentellement ma petite sœur, et sans oser lever les yeux, mais surtout parce que j’étais la cause de son malheur depuis ma venue au monde.
Ghada, surprise, ne proférait le moindre mot, alors il poursuivait.
- J’étais le fils de mon oncle paternel, le petit frère de mon père. Puis en traçant un sourire suave, ma mère avait une petite liaison avec mon oncle, et quand mon père l’a découvert, il a tué son petit frère.
Après un silence hostile, Nader continua.
- C’était suffisant pour atténuer sa souffrance, mais n’a pas cessé de se venger de moi et de ma mère. Il la tapait tout le temps, la violait, et en retenant des pleurs, il me tapait aussi et abusait de moi sexuellement. Je n’ai pas vécue une enfance mais un vrai enfer !
Il resta un long moment sans redresser la tête, puis quand il la releva, il dévisagea son épouse, incapable de parler du poids de la surprise, et continua.
- Quand ma mère ne pouvait plus supporter l’enfer dans lequel elle vivait, elle l’a balancé aux flics et il était condamné à perpétuité, pour meurtre volontaire.
Et en laissant un soupire triste sauter de ses lèvres.
- Après cela, j’ai passé une année ou deux avec ma mère puis elle m’a confié à sa sœur. Je me rappelle de ses paroles très bien, elle lui a dit qu’elle ne pouvait plus vivre à mes côtés, que je lui rappelai le monstre qui la torturait et que j’étais la chose la plus douloureuse qui lui soit venu dans sa vie !
Puis en cherchant la main de son épouse.
- Tu ne peux savoir à quel point j’étais malheureux, enfant !
Ghada, relâcha sa main violemment et dit en reculant en arrière.
- T’aurais dû me raconter cela dés le départ !
Il lui coupa la parole, en cherchant à croiser son regard.
- Maintenant tu sais tout, alors on peut tourner la page !
Elle saisissait son sac à main, puis en affrontant son regard, avec tant de colère.
- Maintenant, il est tard ! et en saisissant ses clés de voiture et son manteau de l’autre main, je ne peux plus vivre avec toi.
Il courut vers elle et dit, en la tenant agressivement par le bras.
- Où vas-tu ?
Comme si elle avait deviné ses pensées, Ghada lui fit face et dit.
- Je ne m'en vais pas pour voir l’avocat ! et en souriant, je rentre chez mes parents, et en débarrassant son bras, mais demain, j’irai voir l’avocat de famille, pour commencer la procédure de divorce !

lundi 10 mai 2010

Sans tabou: épisode14: Navette à Djerba

Partager
Bien qu’elle soit atteinte d’une maladie incurable telle que Alzheimer, cela n’avait point fait reculer Ghada devant sa volonté de faire la connaissance de sa belle mère. Elle et le détective privé, s’étaient mis d’accord pour aller le mercredi d’après. Le jour j arrivé, ils avaient pris un vol interne vers Djerba. Ils n’étaient que quelques dizaines sur ce court vol. Pendant ce temps là, Ghada, fut très calme et émergée dans son petit monde à elle.
Borhen, qui ne faisait que manger et draguer de temps à autre chaque hôtesse qui passe prés d’eux, leva vers elle un regard agréable et dit.
- Cava, j’espère ?
Elle traça le fantôme d’un sourire et murmura.
- Oui, cava.
- T’es très silencieuse aujourd’hui ! et se faisant passer pour un malin, c’est sûrement l’effet du trac !
Elle élargissait son sourire et continua.
- Oui c’est sûr !
Et tourna la tête vers le hublot et suivait du regard le ciel peu nuageux, puis ferma les yeux quelques temps. Un clignotement des yeux qui la plongea dans le passé proche. Deux jours avant, elle était allée à l’hôpital rencontrer son médecin traiteur.
Après l’avoir examiné un petit quart d’heure, elle boutonna son chemisier puis le suivait dans son bureau. Il enleva ses lunettes de vue, puis laissa un doux regard la contourner.
- On n’avance pas comme ça madame Ghada.
Sans oser le regarder dans les yeux, elle balbutia.
- Je ne laisserai pas le cancer me détruire la vie…
Il lui coupa la parole, un peu sur les nerfs.
- Et ce n’est pas en refusant de suivre ton traitement, que tu le vaincras ! puis tint son dossier médical par sa main gauche et le brandissait en colère en poursuivant, je croyais que t’étais l’une de mes patientes les plus courageuses et les plus déterminées à combattre cette maladie mais je me trompais.
La voix triste, elle s’écria.
- Je veux avoir un enfant !
Sans la perdre de regard, il hurla.
- Tu peux adopter un enfant si tu veux, mais enlève cette idée de grossesse de ta tête. Ta vie compte plus pour moi.
Énervée, elle s’écria.
- Je m’en fiche de ma vie…
Il lui coupa la parole, en tirant le papier sur lequel le résultat de sa radiographie était mentionné, puis en mettant son pouce sur une petite rondeur sur son sein gauche.
- Tu vois cette tâche anormale !
Sans prononcer le moindre mot, elle l’injecta d’un regard avide d’explications.
- Et ben, c’est une tumeur cancéreuse.
Elle ne put pour un moment parler puis un petit rire de révolte, l’emporta.
- Qu’est ce que vous voulez dire ? puis en prenant un long souffle, que le cancer a atteint mon sein gauche aussi…
En laissant retomber son dossier sur son bureau, il parla doucement.
- Et qu’on doit t’opérer le plutôt possible ! puis d’un ton ferme, une mastectomie est urgente !
Évidemment, Ghada ne s’attendait pas à une telle triste révélation. Elle se troubla et regarda son médecin avec des yeux noyés dans un fleuve de pleurs.
- Vous voulez m’enlever mon sein restant ?
En croisant ses doigts, il poursuivait.
- Ce n’est qu’une mastectomie partielle, qui devrait être accompagnée d’une chimiothérapie. Et en élargissant ses yeux noirs, tu dois reprendre ton traitement si tu désires augmenter tes chances de guérison, tu devrais t’opérer et entreprendre une chimiothérapie afin de détruire les cellules cancéreuses qui se seraient échappées de la tumeur principale.
Elle laissa un rire persiflant et morose glisser de ses lèvres, en criant.
- Une guérison à quel prix ? au point devenir un monstre ? t’imagine l’enfer et la peine d’une femme de vivre sans seins ?
- Une fois guérie, je t’enverrai à un bon ami à moi, c'est un chirurgien esthétique plasticien, il te fera des implantations et…
Elle lui coupa la parole, en poussant sa chaise et en se mettant debout.
- Et durant ce temps là, comment je fais pour avoir une vie sexuelle normale ? et les yeux gonflés de pleurs, tu ne sais pas ce que je ressens à chaque fois que je me déshabille devant mon mari, je vois son dégout et sa réticence quand ses yeux tombent sur mon sein déformé...
- Je sais ce que tu ressens madame Ghada…
Furibonde, elle s’écria.
- Non, tu ne sais pas ce que je ressens ! et en arrachant son sac à main posé sur le bureau, tu n’as pas le cancer ! et en mettant le sac sur son épaule, et tu n’es pas une femme !
Puis revient au présent, lorsque l’avion se mettait à atterrir. Borhen, la suivait d’un doux regard et dit en souriant.
- Nous voilà sur l’ile des rêves ! et en ingurgitant sa salive, t’es prête à rencontrer ta belle mère ?
En dessinant un faible sourire, elle murmurait.
- Oui, je crois !
Une fois qu’ils quittèrent l’aéroport de Djerba, c’était d’ailleurs vers 14H, ils prenaient un taxi pour les conduire jusqu’à la maison de retraite, qui se trouvait à une dizaine de kilomètres du centre ville.
Quand la voiture s’arrêta face à un vieil établissement, d’une architecture française remontant à la période de colonisation, Borhen paya la course du chauffeur et ouvrit sa porte en adressant la parole à Ghada.
- Nous voilà !
À son tour, elle poussa sa porte et se mettait debout en jetant un coup d’œil rapide sur ce grand établissement, qui ressemblait avec ses grand murs de bétons et ses petites fenêtres carrées avec des grilles de défense en fer forgé Mistral, à un bâtiment pénitentiaire.
- T’es sûr que c’est la maison de retraite ?
Il ferma la porte, et s’arrêta prés d’elle en riant.
- Et oui, plus que sûr ! et en mettant sa main sur son épaule, alors tu viens ?
Elle n’ajouta pas un mot et le suivit vers le portail entrouvert de l’établissement. Le gardien, un jeune homme trentenaire qui faisait une pause en fumant une cigarette sous un palmier, à quelques mètres devant la maison, jeta vite fait le bout restant et courut vers eux.
- Hey, hey ! où comptez-vous aller ?
Borhen, leva sur lui un regard sévère et dit.
- Voir un membre de notre famille.
L’homme, à la peau très mate, dit en s’arrêtant devant le portail.
- C’est l’heure de sieste des vieux ! revenez plus tard !
Essayant de se calmer, Borhen s’écria.
- Écoute-moi bien, on a fait un vol pour être ici ! alors soyez gentil et laisse nous entrer !
- Mon supérieur, m’a ordonné de ne laisser entrer personne à 14h !
Comme la diplomatie déployée s’était avérée inutile, Borhen, le poussa violemment avec la paume de sa main, et tira par le bras Ghada en disant.
- On y va ! on n’a pas de temps à perdre !
- Hey, vous vous prenez pour qui, connard !
s’écria le mec, en essayant de l’empêcher de pénétrer le grand jardin, où il n’y avait que quelques palmiers à droites et à gauches et des bancs en bois. En l’injectant d’un regard méprisant, Borhen s’écria.
- Je suis de la police !
La face du jeune homme jaunissait progressivement et traça un faux sourire en disant.
- Ah, la police ! vous êtes les bienvenus ! t’aurais dû me le dire dés le départ…
Sans perdre davantage du temps avec le gardien de l’établissement, ils se dirigèrent vers l’entrée. Une fois à l’accueil, ils ne trouvèrent personne, comme si le lieu fut déserté soudainement. Et au bout de dix minutes, une grosse dame de la quarantaine, en uniforme, sortit d’un bureau et ferma la porte derrière elle en leur adressant la parole.
- Qui vous a laissé entrer ? les visites sont interdites entre 13h et 15h.
- Bonjour madame, on est venu rendre visite à un membre de la famille. On a fait un long trajet jusqu’ici.
En essuyant ses mains avec une serviette, elle s’asseyait sur une chaise et dit en levant vers eux un regard sévère.
- Ah, oui, rendre visite ? et d’un air haineux, je me demande comment vous pouviez vivre en ayant la conscience tranquille en abandonnant un parent au lieu de vous en occuper vous-même !
Là, Ghada, un peu honteuse s’expliqua.
- C’est ma belle mère qui est ici ! et c’est mon mari qui la mise dans votre établissement.
La femme, leva sur elle un regard douteux puis dit en saisissant la liste nominative de tous les vieillards que la maison de retraite hébergeait.
- Elle s’appelle comment ?
Elle frotta son front pour s’en rappeler et dit.
- Dalanda je crois.
La femme souriait et dit.
- Tu crois ? tu n’es pas sûr.
Énervée, Ghada s’écria.
- Je ne l’ai jamais vu, il y a quelques mois, je croyais qu’elle était morte. Mon mari, ne m’a jamais parlé d’elle.
- Et tu veux maintenant faire sa connaissance.
- Oui !
La femme se contenta de la dévisager un petit moment, puis avec le doigt chercha le prénom de la femme, en disant.
- C’est Dalanda M’rad, c’est ça ?
Un petit sourire joyeux gagna sa frimousse.
- Oui, c’est elle !
La femme, poussa sa chaise en mettant sur le bureau la liste nominative puis dit.
- Suivez-moi.
Ils montèrent avec elle l’escalier, puis les suivirent en silence vers une chambre au fond du couloir. En mettant la main sur la poignée de la porte elle dit.
- Elle a la maladie d’Alzheimer.
- Ça on le sait ! s’écria Borhen.
En clignotant les yeux, elle continua.
- Et vous savez que c’est dans un stade avancé aussi ? puis en baissant la voix, ces jours-ci, elle se comporte comme étant une jeune fille de 16ans, je crois qu’elle revit son adolescence.
Puis entendit les cris coléreux de la vieille femme.
- Non, non ne me touche pas !
- S’il vous plaît, madame Dalanda ! laisse-moi faire ! s’écria une voix jeune de femme.
Un peu inquiète, la femme poussa la porte et Ghada et le détective derrière elle. Ils voyaient la vieille femme, les cheveux mouillés en sous vêtements, et prés d’elle une infirmière assise, tenant le sèche-cheveux. En voyant l’homme, la vieille qui avait les mêmes yeux de son fils, s’écria.
- Oh, tu n’as pas honte ! faites sortir cet homme indécent !
La grosse femme, le regarda à travers et dit.
- S’il te plait monsieur, sortez, vous la mettiez mal à l’aise.
Honteux, Borhen, sourit sans dire le moindre mot et sortit en fermant doucement la porte derrière lui. La femme de l’accueil, regarda la jeune infirmière et l’interrogea.
- Pourquoi elle criait ?
- Elle ne voulait pas me laisser lui sécher les cheveux.
La vielle femme, très mince, arracha le sèche-cheveux des mains de la jeune fille et hurla.
- Je ne suis plus un bébé, maman ! je peux le faire toute seule !
- Laisse la le faire tout seule Soumaya.
La vieille, au regard sacripant hurla.
- Ma mère s’appelle Aza.
La femme, sourit et dit gentiment.
- Excuse-moi Dalanda, je me suis trompée ! puis en cherchant de regard Ghada, t’as de la visite !
La vieille, femme, en essuyant ses cheveux très fins d’une couleur rougeâtre murmura.
- Qui êtes-vous ?
- Je m’appelle Ghada, et je suis la femme de ton fils !
- Mon fils ? s’écria la vieille étonnée, puis haussèrent ses pieds, et leva la face, furieuse, je ne suis pas mariée. Comment oses-tu me dire une chose pareille ?
La femme, regarda Ghada un bref moment et dit à voix très basse.
- Elle est dans un état de démence tu ne pourras rien tirer d’elle.
En ingurgitant sa salive tristement, Ghada s’écria.
- Laisse-moi seule avec elle quelques minutes, s’il te plaît.
- Comme tu veux !
Puis quitte avec infirmière la chambre. Une fois seule avec sa belle mère, elle s’assit prés d’elle et sortit une photo de son mari qu’elle gardait toujours dans son portefeuille.
- Regarde-le ! il te ressemble beaucoup.
La vieille femme, saisissait la photo entre ses minces doigts, puis en laissant ses yeux l’observer avec une bonne dose de nostalgie dans le regard.
- Il est vraiment beau !
Ghada, traça un agréable sourire et dit en pointant le doigt vers la photo.
- C’est Nader ton fils !
La vieille tourna la tête vers la fenêtre et dit d’une voix émue.
- Non, ce n’est pas mon fils !
En posant sa main sur l’épaule de sa belle mère, Ghada persistait.
- Mais si ! regarde le bien, tu vas t’en souvenir !
La vieille femme, jeta la photo par terre et se leva brusquement en se dirigeant vers l’armoire puis s’écria, en pleurant en même temps.
- Ce n’est pas mon fils !
Ghada, se leva et s’approcha d’elle en continuant.
- Je sais que tu l’en veux parce qu’il t’a abandonné.
Dalanda eut un léger mouvement avec la tête comme pour nier et dit dans une crise montante d’affolement, en avalant ses larmes.
- Ce n’est pas mon fils… et en laissant deux rides amères plisser sa petite bouche, Il a tué ma petite fille !

lundi 3 mai 2010

Sans tabou: épisode14: Navette à Djerba

Partager
Elle continua à la regarder un long moment, comme si elle la découvrait pour la première fois. Elle voyait l’enfante, au visage angélique, qu’elle n’a pas caressé et serré entre les bras pour plus de huit ans. Elle voyait la petite fille, aux cheveux très fins et aux yeux verts pistaches, devenir une vraie femme. Une jeune femme, qu’elle ne reconnut qu’à travers ses yeux et sa façon de parler, pleine d’enthousiasme et de vivacité.
D’un regard bienveillant, plein d’émotions mais surtout de pleurs, elle s’approcha d’elle.
- T’as grandi !
Du coin de l’œil, Abir regarda Sondos, comme attendant son approbation pour parler et finit par composer quelques mots.
- C’est ma demi-sœur ! et en levant les yeux vers sa sœur, on s’est vu que quelques fois.
Sabrine, s’approcha encore d’elle d’un pas et poursuivait.
- Tu ne m’as pas encore répandu ? qu’est ce que tu fais ici ?
Abir, s’appuya sur le bureau de sa patronne et murmura d’un ton insolent.
- Je bosse ici, ma grande ! et en traçant un sourire malin, la personne qui doit répondre à cette question est plutôt toi.
- Impossible ! s’écria, Sabrine, écœurée, ne me dis pas que tu te prostitues ? puis leva un regard sur Sondos et continua, tu peux nous laisser seules s’il te plaît ?
Sondos, traça un sourire persiflant et dit en s’éloignant de son bureau.
- Oui, bien sûr ! et en l’injectant d’un regard venimeux, on fait partie de la même équipe maintenant ?
Une fois qu’elle s’enfermait dans le bureau des patrons, Sabrine saisissait sa petite sœur du bras et la grogna, sévèrement.
- Tu n’as pas honte de toi ? ta mère te tuera si elle saurait que tu vends ton corps.
En débarrassant son bras, d’un geste nerveux elle hurla.
- Elle l’a déjà fait. Et les yeux, cachant une immense rancune, ça revient en grande partie à ta mère, comme quoi voulant honorer la mémoire de sa fille ainée !
Et en tournant la tête vers la cuisine, pour cacher ses larmes.
- Les deux étaient follement amoureuses de notre père, au point de refuser d’admettre qu’il préférait les jeunes filles, à elles !
Une vague de tristesse, passa dans le regard de Sabrine, elle s’asseyait sur le canapé et reprit en laissant un long soupire, de chagrin s’échapper de ses lèvres.
« C’est vrai, elle était folle amoureuse de lui, au point de désobéir à ses parents et d’épouser mon père. Elle avait 18ans, et c’était son premier amour, avec qui elle eut quatre filles. Il était tellement tendre avec nous surtout avec Asma. C’était sa préférée… il passait toujours la plupart de son temps libre avec elle. Pour ma mère, c’était rassurant, voir normal, qu’un père ait une affection spéciale pour l’une de ses filles en particulier. Et comme Asma était son premier enfant, ma mère trouvait naturelle, qu’il la préférait à nous. J’avais cinq ans moi, à l’époque, je me rappelai pas grand-chose. Mais je me rappelai, vaguement, qu’elle pleurait à la fin de chaque journée qu’elle passait, à l’extérieur, avec notre père. Et puis un jour, elle se suicida. Elle n’avait que 15ans, une jeune fille en pleine adolescence, qu’on trouvait pendue dans la chambre à coucher de mes parents avec le collant de ma mère.
À l’époque, on ne comprenait pas pourquoi elle l’avait fait. Elle menait une belle vie. Papa était un homme très respectée dans l’armée, et ne nous priva de rien. Asma, était la plus jolie de ses filles. Et la seule, qui ressemblait de plus à ma mère. Elle n’avait pas le moindre complexe physique et ne semblait pas du tout suicidaire. C’était une mort subite, affreuse, horrible, qui a ébranlé notre petite famille heureuse.
Ce qui me laissait de plus perplexe, ce qu’elle eut choisi la chambre de mes parents comme lieu pour mettre fin à ses journées. Mais quand je songe à tous ça, je comprends qu’elle l’ait fait comme tentative pour se venger de mon père, pour qu’il ait son image, pendue sur son lit, à chaque fois, où il tenta de fermer l’œil, un acte très intelligent de sa part, pour lui faire payer ses abus sexuels, mais qui fut très difficile à interpréter d’une mère, aveuglée par l’amour de son époux.
D’ailleurs, papa était le plus touché par sa mort. Il se renfermait pour des journées dans sa chambre. Il pleurait chaleureusement comme un gamin devant sa tombe, et au fils des ans, sa tristesse et son chagrin, semblaient s’atténuer. Et ma sœur cadette Yosra, prit la relève, et devenait sa préférée, une fois pubère.
Mais Yosra, n’était pas si silencieuse, comme le cas d’Asma. Elle se confiait à son journal intime, elle avait la fâcheuse habitude d’écrire tout ce qu’elle avait fait de ses journées dans un petit cahier, qu’elle cachait sous son oreiller, comme un petit trésor personnel.
Et depuis le triste accident de la mort de ma sœur ainée, ma mère, était devenue, super protectrice et soucieuse, comme si elle craignait que l’une de ses trois filles restantes, faisait comme son premier bébé. Et du coup, elle se permettait de lire, le journal intime de Yosra, quand elle partait à l’école. Et cette manie, se poursuivait, jusqu’au jour où je l’entendais se disputer avec mon père. J’étais au petit jardin, je donnais à manger aux fourmis, et leurs voix devenaient de plus en plus assourdissantes. J’avais à peine 8ans, et j’étais assez consciente pour comprendre même superficiellement leur ébauche de conversation.
Ma mère, était sur tous ses nerfs, elle pleurait et criait de toutes ses forces à la cuisine.
- Qu’est ce que tu fais à ma fille quand vous partez à la chasse ensemble ?
Mon père, semblait gêné, et criait.
- Mais rien, je t’assure. T’es malade ou quoi ? tu penses que je fais du mal à ma propre fille ?
Et là ma mère, saisissait le journal de ma sœur et lui cria dessus.
- Pourquoi elle n’arrêtait pas de parler de toi, dans son journal intime en répétant le mot monstre : « mon père, était un ange à la maison mais un monstre à l’extérieur » ?
C’était la phrase dont je me rappelai bien. Et ma mère, a su finalement relier le suicide de ma sœur ainée, à ma deuxième sœur, mais n’avait pas le courage, de prononcer le mot abus. Elle se contenta de demander le divorce. Mon père refusait, au début de le lui accorder, mais quand elle le menaçait de tout reporter aux flics, il finit par accepter. »
Après un bout de temps, elle se leva et continua doucement.
- Et un an après il refait sa vie en épousant ta mère et la mienne en épousant son cousin, qui nous battait tout le temps. Et en traçant un faible sourire, et t’étais la troisième victime de papa.
Abir, avala de l’air nerveusement et continua.
- Une victime, traitée de pute par ma mère et mon frangin ! et en grinçant les dents, quand j’ai demandé à Yosra, de répéter ce que mon père lui a fait subir devant ma mère, elle était partante pour dénoncer les abus de papa au tribunal mais ta mère, ne l’a pas laissé faire…
Sabrine, lui coupa la parole en disant.
- Ma mère voulait sauver la réputation de mes deux sœurs, tu sais très bien que c’est mal vu dans notre société une fille qui n’est plus vierge et pis encore, personne n’osera demander la main d’une fille appartenant à une famille de pervers. Et en caressant la joue de sa demie sœur, ma mère est très traditionnelle, et garder le silence fut sa façon de protéger la réputation de toute une famille, qu’elle tentait de reconstruire lors de son deuxième mariage.
Et leur petite conversation portant sur le passé honteux de leur père, prit fin lorsque la porte s’ouvrit brusquement, et les pleurs s’accentuant de plus en plus d’Amine, ne la laissait pas bras croisés. Elle courut vers lui et le serra contre elle fortement.
- Qu’est ce qu’il y a mon trésor ?
Le petit pleurait sans dire le moindre mot alors elle leva la tête sur Nader, debout et fumant froidement un bout de cigarette.
- Je peux savoir, où t’étais passé ?
Il prit un souffle de sa cigarette et dit.
- On a fait un petit tour entre mecs au centre ville ! et en cherchant le petit de son regard, n’est ce pas Amine ?
Le petit, secoua la tête pour dire oui et murmura d’une voix basse.
- J’avais peur.
Elle le serra contre elle tendrement, sous le regard épatée d’Abir et dit en l’embrassant sur le front.
- Maman est là, maintenant !
- Maman ? s’écria Abir, en riant.
Et là, Nader lui coupa la parole en la grondant.
- Je peux savoir, ce que tu fais ici ?
Elle souriait, et s’écria en se moquant, sans baisser les yeux.
- Je suis venue proposer mes services en tant que babysitter puisque votre bordel va devenir une crèche !
***************************************************************
Ghada, passait tout le weekend enfermée chez elle à l’appartement. Elle tentait à maintes reprises de contacter son amant, mais elle ne parvenait jamais à lui parler. Et comprit finalement, l’inutilité de ses coups de fils. Elle acceptait, à contre cœur, la fin de son amourette avec l’avocat, et se trouvait dans l’obligation de tourner la page.
Mais elle ne le faisait pas définitivement. Elle dénichait dans le répertoire de son Gsm le numéro de son détective privé, et osa l’appeler pour la première fois, sans recourir à Béhéeddine.
- Salut, Ghada ! quel plaisir d’entendre ta voix par téléphone…
Le visage, sombrant dans un océan de tristesse, elle répondit.
- Est-ce qu’on peut se voir ?
- Quand ça ? aujourd’hui ?
- Oui, si c’est possible ! dit-elle, d’une voix très calme.
Borhen, toussait un peu comme pour reformuler sa réponse et dit après réflexion.
- Ok, en tout cas, c’est le dimanche !
Une heure après, vers les 11H, Il s’installait face à elle dans une cafétéria à la Marsa. Il était ponctuel et était venu à temps. Il la trouvait, assise au fond de la cafétéria, buvant un café crème.
- J’espère être arrivé à temps.
Elle traça un sourire et murmura.
- Comme un allemand.
Il croisa les bras et continua.
- Alors mademoiselle Ghada ! que puis-je faire encore pour toi.
Elle posa sa main sur son genou et dit calmement.
- Je suis mariée !
Il sembla, très étonné, et s’écria.
- Mais Béhéeddine m’avait dit que…
- Il avait tort ! dit-elle, en levant sur lui un regard froid. Cette femme qui se trouve à Djerba est ma belle mère, et en avalant sa salive, et je désire la rencontrer.
Il saisissait sa tasse du café, buvait le reste, et dit en souriant.
- Et tu veux que je te raccompagne ?
- Exactement ! dit-elle en croisant les bras.
Il alluma une cigarette avec un soin méticuleux et releva la tête en exhalant la fumée par le nez.
- Ok, je réfléchirai à ça et je…
Elle lui coupa la parole, énervée et s’écria.
- Je veux qu’on parte maintenant.
- Maintenant ? et en riant, ce n’est pas à deux pas d’ici ma jolie, c’est à Djerba.
- Je sais ! dit-elle le regard coléreux, on n’ira par sur le bus mais on prendra l’avion.
Il versa de l’eau dans un verre, et répondit, sans la quitter des yeux.
- Oui, mais quand même, je dois me préparer, tenir ma femme au courant pour ce voyage au sud ! et en la regardant aimablement, et toi aussi, tu dois informer ton époux.
Elle hocha la tête doucement et dit, à voix basse.
- L’informer est le dernier de mes soucis.
Il la regarda longuement et murmura.
- Je comprends très bien que tu l’en voudrait pour t’avoir caché l’existence de sa mère, mais de toute façon, les visites dans cette maison de retraite sont interdites le dimanche ! je te rappelle que j’ai passé une semaine à Djerba.
Et en souriant agréablement.
- On ira, au cours de cette semaine si tu veux !
Comme elle ne proférait le moindre mot, il poursuivait.
- Je ne sais pas pourquoi tu tiens à la voir ! et voulant rigoler, une jeune mariée aurait été heureuse de ne pas connaitre sa belle mère.
Et se laissa emporter par un court rire. Mais comme elle n’appréciait pas son humour noir en restant silencieuse, les yeux fixés sur le sol, il reprit sérieusement.
- Mais en tout cas, je ne crois pas, qu’elle te sera d’une grande utilité. Et en dégageant de la fumée, si tu tiens à avoir une bonne explication de son exil, tu ferais mieux de confronter ton mari.
Intriguée, elle le regarda du coin de l’œil et se demanda.
- Pourquoi elle ne me serait pas d’une grande utilité ? et d’une certaine gêne dans la voix, il y a-t-il un truc que Béhéeddine a oublié de me rapporter ?
Il hésita un petit moment et dit.
- Je ne sais pas si c’est d’une grande importance ou pas mais…
- Mais quoi ? s’écria-t-elle au bout des nerfs.
Il écrasa le bout restant de sa cigarette dans le cendrier et dit à voix très basse.
- Elle a la maladie d’Alzheimer !