vendredi 21 août 2009

fille de bonne famille:épisode18: Week-end inoubliable à Tabarka

Partager
Le lendemain, le dimanche 9novembre était le dernier jour de notre week-end, hors norme. Une fois les valises faites, on descendit tous, prendre le petit déjeuner collectif, dans le grand restaurant.
Une assiette saisie dans la main, je fis la queue, en attendant mon tour de rôle, pour choisir mon petit déjeuner matinal. L’homme debout devant moi fit tomber maladroitement le morceau de pain chocolat qu’il a choisi par terre, il tourna vite la tête, pour s’excuser.
- Pardon mademoiselle ! j’espère qu’il n’a pas sali vos chaussures !
En levant la tête, je murmurai souriante :
- Non, ce n’est rien !
En m’examinant du regard, l’homme s’écria :
- Tiens ! tiens ! quelle belle coïncidence !
Un peu éperdue, je dis :
- Ah ! le beau parleur d’hier soir !
Il me piqua l’assiette, doucement, et sans même me regarder :
- Tu veux du croissant ou du pain chocolat ?
- Non ! laisse, je vais me servir toute seule !
- Mais, non ! j’aimerai bien le faire !
Je repris mon assiette, de force, et je criai, un peu énervée :
- Je n’ai plus 5ans, donc je suis capable de me servir toute seule !
En me dévorant du regard, il sourit, tout en s’interrogeant :
- OK ! je m’excuse ! et en ingurgitant sa salive, tu ne m’as pas encore dit ton prénom ?
- Pourquoi veux-tu le savoir ?
- Puisque je t’ai dit le mien, tu me devras le tien !
En saisissant, deux portions de fromages, je répondis :
- Je ne t’ai pas demandé le tien !
- Je suis certain que c’est un joli nom !
- Ah bon ! et qu'est-ce qui te fait penser ça ? dis-je, d’un air moqueur.
- Une jolie fille comme toi, a son doute un joli prénom !
En poussant un volumineux souffle d’énervement :
- Écoute monsieur le beau parleur, arrête ton baratin, OK !
Il se tut un moment et reprit, un peu sérieux.
- OK ! t’es pas d’ici je suppose !
- Non,
- Vu ton accent, je dirai bien du Sahel !
- Oui, c’est ça ! dis-je, en traçant un faux sourire sur mes lèvres.
- Moi, je suis originaire de Slimen, mais la famille de mon père habite depuis des lustres à Tunis !
La bouche béante, et explosant de colère :
- Pourquoi tu me racontes tout ça, je ne t’ai rien demandé ?
- Oui je sais, mais j’aime bien me présenter ! puis sans attendre ma réponse, tiens c’est mon numéro de GSM, fais-moi un appel quand tu veux et je te rappellerai !
- Je ne veux pas de ton numéro !
Il sourit, et impudemment, il endossa le bout de papier dans la poche de ma veste :
- En cas où tu changes d’avis !
Sans prononcer un mot, je le dépassai et en attendant, la femme, maintenue devant moi, pour prendre du café, ma copine Nadia, s’approcha de moi, sa tasse encore vide.
- Tu ne perds pas du temps, toi !
En hochant la tête, et en sentant la colère, brulant de ses yeux.
- Qu’est ce qu’il y a maintenant ?
- C’est qui ce mec qui t’a filé son numéro ?
- Comment t’as su qu’il m’a filé son numéro ?
Elle poussa un rire furieux et reprit :
- C’est vraiment difficile à deviner !
- Ce n’est pas ce que tu crois, Nadia !
En accentuant son ton :
- Je te demande un repos d’un jour, et toi, tu ne perds pas l’occasion pour me substituer, avec un mec ?
- Oh, arrête s’il te plait ! c’est lui qui me drague !
- Et toi, tu te laisses faire ! mademoiselle Idriss, ne supporte pas de rester seule, un seul moment !
En attrapant sa main, je criai :
- Arrête Nadia !
Elle relâcha sa main, violemment et d’une colère épouvante :
- Tu sais quoi Sandra, fais tout ce que tu veux, tu peux même sortir avec lui, quant à moi, je me casse !
- Nadia !
Elle partit rejoindre le groupe autour de la table, et me laissa immobile, noyée dans un tourbillon d’émotions.
Un peu plus tard, je m’assis avec le groupe, autour de la table. Elle était face à moi, mais le regard fixé sur sa sœur, sans me dire le moindre mot.
En conclusion, je suis venue à Tabarka, pour m’approcher de ma copine, et passer des bons moments ensemble, mais le séjour s’est terminé, par une dispute. Que pourrai-je attendre de plus dramatique ?
Mais bon, les mauvaises surprises n’ont pas cédé. Le dernier malheur m’était réservé, cette fois-ci.
Avant de quitter Tabarka, on décida de s’arrêter au centre-ville pour l’achat des souvenirs. Il y avait, beaucoup d’artisans, vagabonds, éparpillés, un peu partout, sur les deux côtés de la route principale, vendant des articles, à base du bois.
J’étais accompagnée de ma sœur, et de son fiancé, quant à Nadia, et le reste du groupe, ils ont préféré s’arrêter quelques parts, pour se prendre en photo.
En s’arrêtant devant le bazar, d’un petit garçon de 11ans, ma sœur, tenant une petite cuillère, en bois s’interrogea :
- Combien ça coute ?
- 10dinars !
- Quoi ? 10dinars ? s’écria-t-elle furieuse, on n’est pas des touristes, on veut le prix local, pour les Tunisiens !
- 10dinars !
J’intervins, un peu sur les nerfs :
- Allez Sana, si tu n’as pas envie de l’acheter, passons à autre chose !
- Je veux bien acheter cette cuillère, mais son prix est gonflé ! et en adressant la parole au garçon, et la louche, elle vaut combien ?
- 25dinars, madame !
- Tu sais quoi petit, si tu ne changes pas la fourchette de tes prix, personne n’achètera tes articles !
- Ils sont fabriqués à la main, madame !
- Et plein de défauts, mon gars ! s’écria ma sœur, en croisant les bras.
Son fiancé, silencieux, se contentait de suivre cette petite chamaille verbale en riant, quant à moi, je décidai, de rejoindre le reste du groupe, de l’autre côté de l’avenue.
En m’arrêtant sur le passage piéton, une moto, circulant de toute vitesse, se dérapa vers moi, et l’un des deux mecs, en dessus, m’arracha mon sac à main, violemment, et ils se perdaient par la suite dans la circulation.
- Aux voleurs ! merde ! tous mes papiers sont dedans ! hurlai-je avec hystérie.
Quelques, hommes s’approchèrent de moi de bonne foi.
- Cava mademoiselle ?
- Je viens d’être braquée ! dis-je, la voix étranglée de pleurs.
- Ah ! les fils de pute ! s’écria, un vieillard, qui a assisté, à la scène.
Puis, ma sœur, et son fiance, coururent, vers moi.
- Qu'est-ce qui s’est passé, Sandra ?
En pleurant, chaleureusement.
- Ils m’ont braqué ! il y avait, tous mes papiers, ma carte d’identité, mon permis de conduire, mon GSM, ma carte de crédit…
Elle me coupa la parole, en me grondant :
- Mais pourquoi, tu te balades, avec tous tes papiers ?
- Ils sont tous endossés dans mon portefeuille !
Mahdi interféra, pour me calmer.
- L’important, ce qu’ils ne t’ont rien fait ! la carte de crédit, tu peux la bloquer, dés maintenant en appelant ta banque, le GSM, ce n’est rien de tout ! et en mordant sa lèvre inférieure, le problème réside dans la carte d’identité, la procédure de récupération, d’une nouvelle, prend du temps !
Ma sœur me tapota sur l’épaule, en disant tendrement :
- Ne t’affole pas ma chérie ! estime-toi heureuse, qu’ils n’aient braqué que le sac à main !
Larmoyante, je criai :

- C’est mon sac à main préféré, je l’ai acheté du Japon !
- Arrête de bouder ! tu achèteras un autre !
C’était le week-end, le plus catastrophique et le plus cauchemardesque pour moi. Depuis, j’ai juré de ne plus mettre le pied à Tabarka, ni d’ailleurs à n’importe quelle ville lointaine du territoire tunisien.
Pendant tout le chemin de retour, je ne faisais que pleurnicher comme une petite gamine, assise à l’arrière de la voiture, à côté de ma sœur. Quant à Nadia, encore m’en voulant, elle avança s’asseoir prés d’Iman, sans m’adresser la moindre parole, tout le trajet. Et Bilhssan prit la relève, de Mahdi, pour conduire la voiture à sa place, vers Tunis.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire