
- Nadia ! Nadia, attends !
Elle descendit l’escalier principal, en toute vitesse, comme une flèche.
- Nadia, s’il te plaît, reviens !
Elle ne m’écouta pas et traversa le grand jardin en courant. Je pressai le pas, puis en cherchant, Monji, des yeux.
- Monji, ne la laisse pas sortir !
Il se maintenait comme un gardien de foot devant le grand portail du jardin, les bras croisés, et le sourire, grand large, comme si c’était le genre des missions qu’il attendait.
En apercevant, Monji, debout devant elle, avec sa grande corpulence, elle se remit à marcher rapidement quelques pas puis s’arrêta, et tourna la tête vers moi, larmoyante, le visage jaune comme un coing, et frissonnant de la tête jusqu’au pied.
- Tout le monde va le savoir !
Je l’interrompis en attrapant ses mains.
- Personne ne le saura ma puce je t’assure !
Hystérique, elle cria :
- Ne me dis plus ma puce ! je ne suis pas ta puce… je ne suis pas lesbienne !
Sentant mon cœur s’éclaboussant en mille morceaux, les yeux rouges, je marmottai.
- Ne dis pas ça Nadia, je t’en supplie !
Étincelant ses yeux, dans tous les sens puis baissant la paupière, comme épouvantée.
- Sana va tout dire à ma sœur, je suis certaine !
- Non, ma chérie, elle ne dira rien, je t’assure !
Elle retira sa main, agressivement, et en me criant dessus.
- Comment peux-tu être sure ? Elles sont très bonnes amies, et je suis certaine qu’elle le fera !
Et en pleurant, elle poursuivit :
- Mon père, me tuera, s’il l’apprend ! oh ! mon Dieu !
- Personne le saura, je te jure ! je ne la laisserai pas faire !
Elle redevint pâle, en considérant le côté le plus sinistre, puis bégaya.
- Mon père va me tuer !
En étranglant des larmes, je dis.
- Ne dis pas ça ma chérie !
- Je ne suis pas ta chérie ! dit-elle, en faisant un sursaut, à l’arrière, et tu n’es rien pour moi !
Puis en se dirigeant vers le portail.
- Oublie-moi Sandra !
Puis elle quitta la maison, et disparut vite de ma vue. Suite à l’ouragan de désespoir, qui m’ait traversé et arraché le cœur, je m'affaissai sur le pavé. Puis, en entendant le bruit de pied, s’avançant vers moi, je me mis debout, et c’était ma sœur, me jetant un regard de mépris et de dégout.
- Tu m’écœures Sandra ! tu vas bruler en enfer, toi et ton amie !
Dans un excès de colère mêlé d’effroi, je hurlai.
- Ferme la Sana, OK !
En croisant les bras, et tout en laissant glisser un rire venimeux.
- Attends que mon père l’apprenne ! qu’il apprenne que sa fille chérie est une lesbienne !
Je m’approchai d’elle, et d’une voix menaçante.
- Tu n’as pas intérêt à le faire !
- Ah, bon, c’est vrai ? murmura-t-elle d’un air persifleur. N’es-tu pas en train de me menacer là ?
D’une voix ferme, et en lui jetant un regard tranchant et coléreux.
- Ne joue pas avec moi Sana ! je sais tout sur toi !
Elle lança un rire furieux et continua :
- Je n’ai pas peur de toi Sandra, ni une gourde pour te croire ! dés que mon père revienne de son voyage, il saura tout !
En mettant mes mains autour de ma taille, je repris en fixant mon regard sur elle.
- Comme tu veux ! mais il saura aussi que tu couches avec Mahdi, en cachette !
Deux semaines en arrière, et après un long voyage de trois heures et demie, mon frère me déposa devant la porte de mon immeuble, et partit avec le reste du groupe.
J’étais hyper fatiguée et déprimée, cette après-midi, que je me sois effondrée sur mon lit, tout de suite. Vers 20 h je me réveillai, et je descendis, m’acheter quelques bières, pour me saouler, et tenter d’oublier ma peine.
Comme je ne me sentais pas bien, j’appelai Oumayma, pour qu’elle me partage mon ivresse ; et c’était bien sûr le type d’invitation qu’elle adorait, donc elle est venue sur-le-champ, après un petit quart d’heure, de mon coup de fil.
On était allongées toutes les deux sur mon lit, buvant les bières les unes après les autres ; et nageant dans un monde d’extase et de bonheur, éphémère, mais qui reste du bonheur que seuls les dégustateurs de l’alcool le sachent.
- Ma pauvre chérie ! dit-elle, les yeux presque fermés d’ivresse. T’étais une victime de mauvais œil !
- Oui, j’en suis certaine ! dis-je en vidant la bière, puis en cherchant une autre, c’était le séjour le plus maudit de toute mon existence !
Elle chercha, de ses mains, une bière à saisir, mais comme elle ne trouva pas.
- Merde ! il n’y a plus de bière !
Le cou tendu, je cherchai dans la montagne des cadavres des bières vide, une peut être oubliée, mais comme je ne trouvais pas.
- J’ai une bouteille de vodka, dans ma cuisine ! je vais te l’apporter !
- Non, ce n’est pas la peine ! et en souriant, j’ai quelque chose, de mieux !
Elle sortit son paquet de cigarettes, alors je mis à rire avec dédain :
- Des cigarettes ? Es cela, ta portion magique pour l’oubli ?
En caressant mon visage, elle me fit un clin d’œil :
- C’est quelques choses de plus puissantes que l’alcool ! c’est du cannabis ma poule !
- De la drogue ?
Elle se mit à rire et reprit avec son humeur :
- Ne t’inquiète pas, ma chérie, on ne passera pas la nuit dans une prison, car on n’est pas en train de le consommer dans un bordel, comme ton frère l’a fait !
Un peu énervée, et en allumant une cigarette du cannabis :
- Ne me rappelle pas de lui, le salaud, à cause de lui, je n’ai pas fait l’amour avec Nadia !
- T’auras tout ton temps !
- Je ne pense pas, elle ne veut plus m’adresser la parole ! puis en toussant, merde, c’est fort, ce bout de cigarette !
- C’est fort, mais tellement apaisant ! et en prenant un long souffle de sa cigarette, c’est ma portion magique à moi, chaque fois, que je suis déprimée !
Puis en m’examinant d’un regard fané.
- Alors comment s’appelle-t-il, le mec qui t’a dragué ?
- Un certain Helmi !
- Décris-le-moi !
- Pourquoi veux-tu le savoir ?
En m’embrassant sur le cou et tout en me suppliant.
- Allez, méchante !
- Il est grand, brun et les yeux noisettes, attends bleu, non noisette !
- Il y a une grande différence entre ces deux couleurs !
Les paupières presque closes, je repris.
- Je ne me rappelle plus !
- Il est où le numéro qu’il t’a filé ?
- Dans l’une des poches de ma veste !
Elle sauta légèrement du lit, et s’approcha de ma veste, jeté sur la chaise de la coiffeuse, et se mit à la fouiller, puis en traçant un sourire radieux, sur ses lèvres.
- Le voilà !
Puis s’allongea de nouveau, prés de moi.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Je vais l’appeler !
- T’es folle ! arrête !
Elle prit son GSM et composa son numéro en me disant.
- On va s’amuser ma puce ! et puisque tu m’as dit que c’est un beau gosse, on ne doit pas le laisser filer !
Puis, en baissant la voix.
- Il a décroché !
Et en haussant sa voix.
- Allo, est-ce Helmi ?
- Oui c’est moi, qui êtes-vous ?
- Je suis l’amie d’une fille à qui t’as filé le numéro !
- Ah ! la fille de l’hôtel !
- Eh oui c’est elle ! et en échangeant un rire avec moi, dis donc tu ne veux pas qu’on se voie, tous les trois, demain !
- Oui, bien sûr que je le veux !
- Tu connais la Miranda ?
- Oui ! je crois !
- Super, alors rendez- vous demain, à 18heure !
En raccrochant, elle éclata de rires, et moi aussi à mon tour en la tapotant.
- Salope !



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