jeudi 20 août 2009

fille de bonne famille:épisode18: Week-end inoubliable à Tabarka

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Il y a un proverbe français qui dit « jamais deux sans trois ». Autrefois, il était utilisé, dans le cadre d’un jeu, faisant ainsi partie de ses règles. Actuellement, on utilise cette expression, hors de son contexte, pour indiquer qu’une chose qui s’est produite deux fois se produira une troisième, plus généralement quand les malheurs, s’enchainent, ils se répètent.
Par conséquent, la troisième surprise enfin, mauvaise surprise, était au rendez-vous. Un peu, sérieuse par rapport aux deux premières, mais bon, pas assez grave, pour nécessiter la scène que mon frère, nous a faite, et la montée de colère, qui s’est manifestée, mais surtout, mettre terme, au moment fabuleux d’intimité tant attendue, de ma part.
En arrivant à l’hôpital, la vue de Mahdi, la main gauche plâtrée, signant un bout de papier, au niveau de la réception, me donna une première idée, de ce que s’est passé. En m’approchant de ma sœur, les détails furent présents.
- C’est maintenant que vous veniez ?
En croisant les bras, je répondis :
- Ben tu sais la circulation ! et puis on ne disposait pas de voiture, et on a dû prendre un taxi !
Mon frère, encore sur les nerfs, intervint :
- Mademoiselle était pendant tout ce temps là, enfermée dans sa chambre !
- Billy, ne me provoque pas, OK ? dis-je, en accentuant mon ton.
Puis, en adressant la parole, à ma sœur :
- Alors, comment ton mec s’est cassé le bras ?
Elle ingurgita sa salive, et me raconta, sa version à elle.
A ce qu’il paraît, ils voulaient jeter un coup d’œil sur le barrage de Bni Mtir. Et comme la route, était très tortueuse, et en spirale, ils ont préféré garer leur voiture, un peu loin, et faire une petite marche de quelques mètres à pieds, mais la méchante écharpe, de la sœur de Nadia, s’est envolée, vu qu’il y avait beaucoup de vent, ce matin-là, accompagné, d’une pluie, légère, et a atterri, sur le pied d’un talus.
Zorro, excusez-moi, le fiancé de ma sœur, voulait se la jouer, téméraire, un brave, quoi. Alors, il s’est approché du talus, et en s’inclinant, voulant saisir, l’écharpe, il glissa, sur le sol boueux, et finit au fond d’un fossé.
Dés qu’elle finissait, je ne pus me retenir, en lançant, un rire torrentiel, attirant l’attention des quelques têtes présentes dans le salon d’attente.
- Ça te fait rire ? s’écria-t-elle en me cernant d’un regard de boa.
- Mince, comment j’ai pu manquer ça ! dis-je, les yeux trempés des pleurs, à cause de ma crise de rire.
En regardant mon frère, elle hurla.
- Pourquoi tu l’as ramené avec toi ?
- C’est toi, qui m’as demandé de le faire !
Et pour dramatiser la situation, elle reprit :
- Ce n’est pas drôle Sandra, tu devras avoir honte plutôt. Et en plantant son regard dans le mien, heureusement que le talus, n’était que de deux mètres de longueur, sinon, les conséquences de sa chute, auraient été pire ! et en admirant son fiancé, mon pauvre chéri, il ne méritait pas ça !
Et Nadia intervint, un peu inquiète.
- J’espère que ce n’est pas grave ?
Ma sœur, lui sourit, et répondit, calmement.
- Ben depuis une heure, il faisait les radios, et tout, et c’est une double fracture ! et en lançant un soupir, heureusement que c’est son bras gauche, qui s’est cassé !
En attrapant le bras de ma copine, je disais, d’un air pressé :
- Maintenant, que tout semble réglé ! est-ce que je peux m’en aller ?
- Va-t en Sandra ! cria-t-elle furieuse.
Et ma copine libéra sa main, et balbutia :
- Je resterai avec ma sœur !
- Quoi ?
Puis, en la tirant par la main, un peu loin du groupe :
- Qu'est-ce qui se passe Nadia ?
Elle baissa la tête, et d’une voix triste :
- Je préfère passer le reste du week-end avec les autres ?
- Pourquoi, tu dis ça ?
Elle redressa la tête, et d’un visage, effrayé et craintif, elle reprit.
- J’ai peur Sandra ! tu n’as pas remarqué la façon dont ton frère nous regardait, tout à l’heure ? C’était un regard venimeux de quelqu’un qui commence à avoir des soupçons !
La bouche semi-ouverte, je repris, en tenant sa main.
- Il a toujours ce regard quand il est en colère ! ne te fais pas de souci !
Elle relâcha sa main, et sans oser me regarder aux yeux.
- Non, j’ai tellement peur, Sandra ! et je ne veux pas rester seule avec toi !
- Tu veux qu’on s’éloigne l’une de l’autre ?
- Juste pour le jour restant Sandra ! et en plongeant son regard dans le mien, on aura tout le temps de se retrouver une fois rentrées à Tunis !
Puis en traçant un faible sourire sur ses lèvres.
- Ne te fâche pas ma chérie !
Puis elle partit rejoindre les autres, et moi, emportée par la colère, je faisais un tour dans le bloque en attendant, qu’il finisse de remplir les papiers d’assurance.
Le soir, une sorte d’animation était programmée par la direction de l’hôtel. Un chanteur local, venant chanter quelques chansons du folklore tunisien. , et ma copine, décida d’assister à ce modeste concert avec le reste du groupe. Quant à moi, encore, déprimée, de ses paroles, je m’installai, au fond du bar, et je mis à boire, les bières les unes après les autres.
Et là, un mec, un beau gosse, assis, en face de moi, et me matant depuis un bout de temps, se mit debout et s’approcha de moi, audacieusement.
- Salut ma jolie !
En vidant mon verre, je marmottai, sans même lever la tête.
- Salut !
Il s’assit, sans me le demander et en s’accoudant :
- Qu’est ce qu’une jolie fille comme toi fait seule, dans le bar d’hôtel ?
- À ton avis, que fait toute personne dans un bar ?
- Boire !
- Alors, c’est inutile de me poser cette question ! dis-je, insolemment.
En souriant, il reprit, de sa voix grave.
- Emm ! t’es pas une fille facile toi, mais j’aime ça chez une fille ! et en me faisant un clin d’œil, je trouve sexy une fille qui boit !
Les yeux, presque bridés de fatigue, je murmurai, en allumant une cigarette.
- C’est la première fois qu’un mec me dit ça !
- Les filles qui fument aussi, je les trouve sexy !
En me mettant debout, et d’un air énervé :
- Et les beaux parleurs, comme toi, je les trouve ennuyeux !
Et en m’éloignant de la table, je l’entendis crier :
- On se reverra peut être demain ! moi c’est Helmi !
En quittant le bar, sans me tourner, je murmurai, entre les dents :
- Oui, sûrement dans tes rêves, connard !

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