
Trois jours plus tard, dans le cabinet du médecin de la famille, vers 16 h.
- Voyons voir ! murmura le médecin, en plongeant ses doigts entre les cheveux de Bilhssan, c’est bien, la blessure commence à cicatriser !
En faisant une grimasse suite à la douleur, Bilhssan grommela.
- Je peux me laver les cheveux alors ?
En changeant le pansement, le docteur répondit fermement.
- Pas encore mon garçon ! et en souriant, tu peux te laver tes parties inférieures, mais évitez ta cuire chevelure, car ta blessure est encore ouverte !
Comme un petit garçon pleurnicheur, Bilhssan s’écria.
- Mais mes cheveux me démangent, ça fait une semaine que je me ne suis pas lavé les cheveux !
Ne supportant plus ses caprices d’enfant gâté, j’intervins.
- Tu as bien entendu le docteur Billy ! alors, arrête de bouder.
- Ce n’est pas toi qui a ce putain de pansement sur la tête ! hurla-t-il, sur les nerfs.
- J’ai eu pire ! dis-je, en lui perçant du regard.
Puis le docteur se dirigea vers son bureau et mon frère s’arrêta devant le petit miroir suspendu sur le mur et cria fâché.
- Et cette cicatrice sur le front ! le salaud m’a défiguré !
Le docteur sourit, pour éviter de rire, et reprit pour le calmer.
- Ce n’est rien Bilhssan ! avec le temps elle disparaitra, c’est un fragment de verre cassé qui t’a griffé suite au fracassement de la bouteille ! par contre, le seul inconvénient, ce dont tu n’auras plus de cheveux repoussés à la place de la blessure ! mais tu peux changer de look et laisser tes cheveux trop repousser !
- Tu te moques de moi, docteur ? dit-il, en s’asseyant sur la chaise en face de lui.
En riant, j’interférai.
- T’as des beaux cheveux Billy ! et les filles adorent les mecs, avec les cheveux repoussés !
- Haha ! c’est trop drôle Sandra !
En croisant les bras, le médecin ajouta.
- Tu continues à prendre tes comprimés régulièrement, et tu reviens ici dans deux jours, OK, mon garçon ?
Il se mit debout et en serrant la main du médecin.
- OK, docteur !
Une fois à l’extérieur du cabinet, et tout en descendant l’escalier.
- Le salaud, il va voir ! je vais porter plainte contre lui pour agression !
- Oh ! arrête Billy ! criai-je, furieuse, tu l’as puni en détruisant sa fille, alors n’y pense même pas !
En s’approchant de ma voiture, et en posant sa main sur son capot.
- Il voulait me tuer Sandra ! il l’a dit !
- Il était en colère !
En ouvrant la porte, il rajouta.
- De toute façon, j'ai tout raconté à mon père !
Je m’arrêtai, les mains autour de ma taille.
- Non, ce n’est pas vrai !
- Si si, et il m’a promis de consulter l’avocat de la famille !
En lançant un long souffle.
- T’es un salaud Billy ! et en le grondant, après avoir déshonoré leur famille, maintenant tu comptes jeter le père dans la prison !
- Il l’a bien cherché, Sandra ! et en s’engouffrant dans la voiture, et je vais porter plainte aussi contre le service pourri de l’urgence !
Je m’assis au volant, et je murmurai.
- Là, je serai d’accord avec toi, frangin !
En fait, quelques minutes après la bagarre, le père de Sinda, prit un taxi et disparut. Quant à moi, j’appelai le 190, en utilisant le GSM de mon frère(le mien je l’ai laissé à Tunis, pour éviter Nadia).
J’étais affolée, et il y avait autour de moi, quelques hommes, venant volontiers, de bonne foi, pour voir s’ils peuvent aider.
- Vous connaissez son agresseur ? m’interrogea l’un des témoins.
- C’est son beau père ! murmurai-je d’une voix gonflée de pleurs.
Puis en collant le combiné à l’oreille.
- Allo, on a une urgence ! mon frère vient d’être agressé !
La femme, au téléphone, tout en mâchant un chewing-gum, froidement.
- Quel genre d’agression ?
Énervée, vu le ton sur lequel elle me parlait.
- Voyons, envoyez une ambulance ! c’est très grave !
- Écoutez mademoiselle ! soit vous précisez quel genre d’agression, soit je raccrocherai !
- Quel culot ! criai-je, furibonde, quelqu’un a fracassé une bouteille en verre sur la tête de mon frère!
- Ce n’est pas une urgence mademoiselle ! s’écria la femme, d’un ton sacripant, tu me fais perdre mon temps !
- Ah ! bon ! il a perdu connaissance et il saigne !
- Giflez-le ! il va se réveiller, et emmenez-le chez n’importe quel pharmacien, il saura lui faire un pansement !
Tout de suite après, elle me raccrocha au nez. Mais entre parenthèse, elle avait raison, car la blessure de mon frère n’était pas profonde, ni grave quoi que, sa façon de parler, avec les gens et son insolence méritèrent une bonne correction.
- Tu l’as appelé quand papa ? dis-je, en démarrant le moteur.
En examinant son visage minutieusement comme une fille, il répondit.
- Hier soir !
- Il est encore aux iles des Caraïbes ?
- Non, il n’a passé qu’une semaine là-bas, et il passe la deuxième semaine de sa lune de miel reportée, à Nice ! murmura-t-il avec dédain.
- Ah ! OK ! et en ingurgitant ma salive, et quand sera-t-il de retour ?
- Lundi ou mardi prochain, je crois !
Une fois arrivés à la maison, on trouva ma sœur, assise au salon avec son putain de fiancé. Dès qu’ils nous aperçoivent, ils se mirent debout, et Sana parla.
- Alors, Billy ! il ne t’a pas encore enlevé le pansement !
En gravitant l’escalier, furieusement sans s’arrêter, il répondit.
- Ma blessure n’est pas encore cicatrisée ! et en baissant la voix, excusez-moi, j’ai la tête qui tourne et je vais essayer de fermer l’œil un petit peu !
Quelques secondes plus tard, je m’assis avec ma sœur et son fiancé, et tout en échangeant de regards discrets avec son fiancé, j’initiai la conversation.
- Alors Mahdi, comment va ton bras ?
En souriant, il répondit.
- Beaucoup mieux, j’arrive à bouger mes doigts ! mais je dois garder ce foutu bout de plâtre, encore un mois !
En lui jetant un regard de travers, je marmottai.
- Oui, les doigts servent à beaucoup de choses !
Et Sana, intervint, furieuse.
- Mais où est cette putain de bonniche ! ça fait un bout de quart d’heure que je lui ai demandé de nous apporter du jus !
Et en se levant.
- Cette connasse de Mahbouba ne sert à rien !
Puis partit en pressant le pas vers la cuisine, et je restai en tête à tête avec son charmant fiancé.
- Alors Mahdi, quand est-ce que tu comptes demander sa main officiellement ?
Il sourit, et reprit, doucement.
- Quand elle me le demandera !
- Ah ! c’est elle alors qui doit te le demander !
En allumant une cigarette, il répliqua.
- Tu sais, la période de fiançailles est faite pour que le mec et la fille apprennent à se connaitre mutuellement, avant de faire le grand pas !
En traçant, un faux sourire, sur mes lèvres, j’ajoutai.
- Oui, oui t’as complètement raison ! et en me levant, apprends alors à mieux la connaître !
Ma sœur, en se dirigeant vers nous avec le plateau de jus.
- Mais reste avec nous un petit peu, Sandy !
En souriant, et tout en saisissant un verre du jus.
- Je préfère laisser les amoureux en tête à tête ! et en lui faisant une œillade, je vais faire la sieste, réveille-moi quand le diner sera prêt !
Tout de suite après, je rejoignais ma chambre. Au moment, où je m’apprêtai à fermer l’œil, ma sœur ouvra ma porte et alluma la lumière. Furieuse, je criai.
- Mais qu'est-ce que tu veux putain ?
En s’approchant de moi, tenant son GSM en main.
- Ce n’est pas moi, qui te cherche, ma chérie, mais c’est ton amie, Nadia, à l’appareil !



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