vendredi 28 août 2009

fille de bonne famille: épisode19: Le début de la fin

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Elle leva ses sourcils et murmura d’un ton persifleur.
- Je l’espère !
En souriant, de toute confiance.
- Puisque je te l’ai dit !
Le lendemain, Nadia, m’appela de bonne heure, pour me demander de l’accompagner au centre commercial du lac. Elle comptait acheter quelques affaires pour sa sœur ainsi qu’un pull ou deux pour elle. Et c’était, bien sûr, l’occasion, pour lui demander de venir passer la nuit chez moi.
Dans ma petite tête de fille amoureuse, j’avais prévu, une soirée inoubliable ; le programme était comme suit; un diner aux chandelles, où on échangeait des regards, patients et avides, et des caresses bien évidemment, au niveau des mains, bien entendu( c’est le début du plan) par la suite, s’asseoir, sur le canapé, au petit salon, pour regarder un film( pas un film pornographique) ; un long métrage romantique , un peu the Titanic style,( d’ailleurs, c’est ce dont j’ai fait hier dès ma rentrée, en téléchargeant, un film de fille, dont la fin est heureuse, pour ne pas finir le soir avec les mouchoirs), et après, on passera aux choses sérieuses, en faisant l’amour jusqu’à l’aube.
Enfin, bref, ce n’était qu’un programme primitif, dont certaines de ces étapes peuvent varier voir changer d’un seul coup. Pour une heure et demie, je ne faisais, que suivre ma petite amie, comme un chien de garde, de vitrine en vitrine, tout en ayant la tête ailleurs, et sans oser, lui rappeler, qu’aujourd’hui était mon anniversaire. Je voulais que le mot « bon anniversaire » vienne spontanément d’elle, mais je tenais, tout de même, à ce qu’elle soit présente chez moi, pour la soirée.
Elle s’arrêta, après une longue séance d’investigation de fringue, devant une boutique, présentant certains articles, soldés, en deuxièmes démarques.
- Il est joli ce pull, tu trouves pas ? m’interrogea-t-elle, émerveillée.
Je m’approchai d’elle, en disant.
- Oui, le turquoise, c’est très à la mode !
Mais, elle mordit sa lèvre inférieure d’indignation, et reprit.
- Mais 65dinars, c’est beaucoup pour un pull simple sans motif !
- C’est la qualité qui compte !
- Oui, mais, je ne dispose que de 60 dinars, et je désire acheter un autre !
De bon cœur, je lui coupai la parole.
- Je te l’achèterai moi ! ça sera un cadeau !
Elle rit, doucement, et en me faisant un clin d’œil.
- Mon anniversaire est encore loin !
- Ben moi, je ne fais pas des cadeaux qu’aux occasions ! et en mettant ma main sur son épaule, mais va l’essayer, avant tout !
D’un regard reconnaissant, elle murmura.
- Merci ma puce ! et d’une voix faible, je t’aime !
Une fois, dans la boutique, elle se cacha dans un cabinet d’essayage. Les bras croisés, je m’approchai du rideau, et en collant ma bouche.
- Chérie, tu n’as rien de prévu pour ce soir, j’espère ?
De l’intérieur, elle me répondit.
- Non, rien, pourquoi ?
- J’aimerai bien qu’on dine ensemble, ce soir !
- Cool ! où vas-tu m’emmener alors ?
- On n’ira nulle part, enfin, c’est moi, qui cuisinerai !
- Mais tu ne sais pas cuisiner ?
- Je vais commander dans ce cas deux pizzas !
Elle tira le rideau, et sortit du cabinet puis en s’arrêtant face au grand miroir.
- Alors comment me trouves-tu ?
- Très jolie ! ça te va à merveille le turquoise !
En traçant un joli sourire sur ses lèvres.
- Moi, aussi, je le trouve super !
- Tu ne m’as pas encore répondu ?
Elle retourna dans le cabinet pour se changer, et tout en tirant le rideau.
- Franchement ma puce, si on va quelque part, pour diner ça sera plus cool !
- Non, je veux que ce soit chez moi !
- Pourquoi tiens-tu tant à ce que ce soit chez toi ? dit-elle, étonnée.
Frustrée, et sans vouloir lui avouer la vraie raison.
- Comme ça ! je veux que ce soit dans mon appartement !
Elle tira le rideau et sortit, tenant soigneusement, le pull.
- Et si on laisse ça pour un autre jour !
Énervée, je criai, en perdant patience.
- Non, je tiens à ce que ce soit ce soir, j’ai quelque chose d’important à t’annoncer !
Elle planta son regard dans le mien, et répondit calmement.
- OK, je passerai chez toi vers 21 h !
C’était parfait pour moi. Le diner commencerait vers 21 h ; une demi-heure pas plus, puis un film de 190minutes, et le reste, dans le lit. Ça serait l’anniversaire, le plus joyeux, de toute mon existence, après tant de fêtes assimilables passées en solitaire, loin de la famille, pour éviter, ma belle mère, et ses interventions, désagréables dans l’organisation des fêtes ; cette intruse, qui tentait, infiniment de prendre la place de notre mère et que je n’acceptai , guère, dans ma tête.
Le soir, vers 20heures, je recommandai deux pizzas, aux fruits de mer, par téléphone. Par la suite, j’allumai, une chandelle, et je la laissai flotter, doucement, dans un joli verre, en cristal, que je déposai au milieu de la table.
Une demi-heure, plus tard, les pizzas furent livrées, par un jeune livreur à domicile. Je lui donnai, un dinar, comme pourboire, et puis je me changeai vite, en mettant une belle robe, rose, courte, mais pas assez dénudée, vu que ma copine n’aimait pas trop le court, et je m’assis sur le fauteuil, face à l’horloge, comme une petite gamine gentillette , attendant l’arrivée de ma bien-aimée.
Une heure passa, étant assise, et un nuage de frustration me couvrit le visage. Après un long moment de calme absolu, mon GSM sonna. Je saisis vite, le combiné, mis sur la table ronde, et mon interlocuteur fut Bilhssan.
- Salut sœurette ! bon anniversaire !
D’une voix, étranglée, je répondis.
- Merci, Billy !
- Je t’ai envoyé 25dinars comme recharge ! tu vois combien suis-je gentil ?
En traçant un faible sourire.
- Je vaux 25 dinars pour toi ? Après le sac de sport de 300dinars que je t’ai acheté l’année dernière ?
Il éclata de rire et reprit en humour.
- T’inquiètes ! ton cadeau t’attend à Sousse, viens le chercher si tu veux !
- C’est quoi ?
- Non, c’est une surprise ! et d’un air pressé, allez, je te laisse, je vais sortir !
- OK ! bonne nuit !
Tout de suite après, je trouvai, le numéro de ma copine en attente, alors je décrochai, vite fait.
- Tu parlais avec qui ?
- Avec mon frère ! et énervée, mais où es-tu, il est presque 22 h ?
Elle se tut un moment et me sonna avec sa réponse.
- Je ne peux pas venir ce soir, ma puce, je suis désolée…
- Pourquoi ? m’écriai-je, émue.
- Mes parents, sont venus chez moi ! et en baissant la voix, vu qu’il avait du monde autour d’elle, on laissera ça pour demain, OK ?
Emportée par une colère torrentielle, je criai, les yeux noyés dans un océan de pleurs.
- Non, ni demain, ni après demain, je ne veux plus !
- Mais Sandra !
Et sans la laisser achever sa phrase, je raccrochai, tout en éteignant le GSM, puis je l’expédiai, dans un excès de colère, loin de ma vue. Et je courus vers ma chambre, pour étouffer mes larmes, sur mon oreiller.
- Je te déteste Nadia ! je te déteste !
Ce dont je me rappelai, avoir glissé de la bouche, avant de sombrer, dans un long sommeil.
Je ne me réveillai, que 17 h 30, le jour suivant. Automatiquement, après m’être rhabillée, pomponnée et brossée les cheveux, je quittai mon appartement, je m’engouffrai dans ma voiture, fonçant l’asphalte vers Sousse.
Une fois arrivé dans la résidence familiale, le gardien Monji, m’ouvrant le grand portail, traça un sourire stupide sur ses lèvres, tout en me souhaitant la bienvenue.
- La maison est désertée sans ses propriétaires !
En ouvrant la fenêtre, je m’interrogeai.
- Bilhssan et Sana ne sont pas là ?
- Monsieur Bilhssan si mais mademoiselle Sana est sortie depuis une heure !
Je dessinai, un faux sourire, puis je fonçai, avec ma voiture, à l’intérieur du grand jardin. Une fois garée, je sautai, et je fis une marche, de cent mètres, avant de rencontrer, mon frangin, bien habillé, traversant le pavé.
- Hey, t’es venue si vite chercher ton cadeau ? dit-il en ricanant.
- Je ne suis pas d’humeur Billy, laisse-moi tranquille !
Il s’approcha de moi, et mit sa main sur mon épaule, un peu soucieux.
- Qu’est-ce qu’il y a sœurette ?
- Rien !
En me faisant une œillade.
- Allez ! viens avec moi, alors ! et en rigolant, tu n’as pas encore mis le pied dans ma porche.
- Je ne suis pas d’humeur, je te dis !
Il me coupa la parole, en me tirant par la main.
- Allez, ne fais pas la capricieuse ! ça fait longtemps qu’on ne s’est pas baladé ensemble !
- Non, je ne veux pas ! je n’irai nulle part !
15 minutes plus tard, on s’assit autour d’une table, à la terrasse, de la cafétéria la Véranda, sur la route touristique. Après avoir bu deux gorgées de mon jus, j’interpelai Bilhssan, qui ne cessait de lorgner sur toute jolie fille, passant de son côté.
- Tu m’as demandé de t’accompagner pour te voir draguer les filles ?
Son rire fusa, un moment puis répondit.
- T’es jalouse ?
- Va te faire foutre ! et un peu curieuse, alors elle est allée où ta sœur ?
En secouant ses épaules, il badina.
- Il parait que c’est la saison de mariage de toutes ses copines, ces derniers jours !
La paille entre les dents, je murmurai.
- Oui, je vois !
Puis, une charmante fille, passa devant nous, et Bilhssan, ne la manqua pas, il sauta comme une sauterelle de sa chaise, et l’aborda.
- Hey, beauté, viens t’asseoir avec nous !
Elle me regarda de travers, et répondit.
- Une seule fille ne te suffit pas ?
Et la voix grave d’un homme assis autour de la table, juste derrière nous intervint.
- Tu n’as pas honte ! laisse la fille tranquille !
Impudemment Bilhssan cria.
- Ce ne sont pas tes affaires, occupe-toi de ta femme !
Et leurs regards se croisèrent, enfin, et l’homme coléreux fut, monsieur Stita, le père de Sinda.
En dévisageant mon frangin, monsieur Stita, bondit de sa chaise, et s’approcha de mon frère, les yeux écarquillés, et le perça d’un regard horrible.
- C’est toi salaud !
Tremblant, comme une feuille, mon frère bégaya.
- J’ai rien fait ! je rigolais !
Comme un chien enragé, le père de Sinda, sauta sur mon frère, et les deux mains agrippées, violemment sur son cou, il reprit.
- Après avoir détruit ma fille, tu cherches une nouvelle victime !
- Je n’ai rien fait à ta fille, c’est elle qui m’a séduite !
Un coup de poing sévère visa directement le nez de mon frère, puis la réponse du père la suivit.
- Elle est enfermée entre quatre murs dans un hôpital psychiatrique, à cause de toi, salaud ! et en fureur, tu n’as pris même pas la peine de la visiter une seule fois, pourriture !
Puis en saisissant, la bouteille d’eau en verre déposée sur notre table.
- Je vais te tuer, salaud !
Affolée, je hurlai :
- À l’aide ! il va le tuer !
Décidé à le tuer, monsieur Stita tira mon frère, le nez saignant, vers lui, et fracassa, ardemment la bouteille sur sa tête. Tout de suite après, mon frère perdit connaissance et s’effondra par terre.
Comme une folle, je courus vers mon frère, les larmes brulant mes yeux.
- Oh ! mon Dieu ! Bilhssan ! il l’a tué ! au secours ! appelez l’ambulance ! faites quelque chose putain !

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