
Je fus surprise, mais en même temps contente que Nadia m’appelle. Comme je l’en voulais à mort, il ne fallut pas que je manifeste ma joie, de parler avec elle.
Je sais, c’est un peu bizarre comme comportement, mais seul, les amoureux peuvent me comprendre et agir de la même manière.
- Dis-lui que je ne suis pas là ! m’écriai-je, d’une voix hausse, en espérant qu’elle m’entende.
Sana sourit comme un boa et s’approcha de moi.
- Elle sait que t’es là. Je lui ai dit tout à l’heure !
En échangeant un regard serpentin avec elle, je repris.
- Merci sœurette !
Puis en saisissant le GSM de sa main.
- Allo !
- Salut Sandra ! dit-elle d’un ton coléreux.
Comme Sana se maintenait, comme un gardien face à moi, je perdis ma langue, et je me sentais embarrassée.
- Excuse-moi une minute Nadia ! puis en adressant la parole à ma sœur. Peux-tu me laisser seule, s’il te plait ?
En ricanant, elle répondit.
- Tu ne parles pas à un mec à ce que je sache ?
- Même avec mes copines, j’exige un peu d’intimités.
En ingurgitant sa salive, elle murmura.
- OK, mais je veux reprendre mon cellulaire rapidement !
- Ton fiancé est ici, je ne vois pas pourquoi t’es si pressée ?
En s’arrêtant face à la porte.
- Comme ça, je ne désire pas charger la batterie plusieurs fois par jour !
Et en sortant complètement.
- Et surtout, dis-lui de ne plus t’appeler sur mon numéro !
Je criai, furax.
- OK ! et ferme la porte derrière toi !
Elle poussa la porte et j’entendis le bruit de ses pieds descendant l’escalier.
- La salope ! puis en collant le combiné à l’oreille, alors Nadia, où étions-nous ?
Et la séance de mise au point se déclencha.
- Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu comptais passer quelques jours à Sousse ?
Énervée, je criai.
- Et c’est après quatre jours que tu me le demandes ?
Elle se tut un moment et essaya de m’expliquer.
- J’étais fâchée !
- Ah, c’est toi qui es fâchée ?
En me coupant la parole, agressivement.
- Tu m’as raccroché au nez, Sandra ! et c’est toi normalement qui devras me rappeler pour s’excuser !
Sa phrase me fit rire, alors je répliquai.
- C’est donc moi la fautive, maintenant ?
- Je n’ai pas dit ça ! mais je ne comprends pas pourquoi t’étais si en colère d’après moi ! après tout, je t’avais dit que je serai chez toi le jour suivant !
En perdant mon calme.
- Tu m’as posé un lapin Nadia ! et en brûlant de fureur, après tout ce que j’ai préparé pour toi !
- Je ne pouvais pas laisser mes parents et venir te voir, ce jour-là !
- Je ne suis pas une gourde Nadia ! c’est vraiment l’effet de hasard, que mon invitation coïncide avec la visite de tes parents ?
- Tu ne me crois pas alors ?
- Oui je ne te crois pas Nadia ! dis-je fermement, puis en retenant mes larmes, c’était mon anniversaire !
Elle parut interloquée et se tut quelques secondes avant de trouver sa langue.
- Je suis vraiment désolée ! et en essayant de me blâmer, mais tu ne m’as jamais parlé de la date de ton anniversaire !
- Même si ce n’était pas le cas, t’aurais dû le savoir, ou chercher à le découvrir, mais tu ne l’as pas fait et tu sais pourquoi ? Et en laissant une larme s’écouler, parce que tu ne m’aimes pas autant !
En révoltant furieusement.
- Ce n’est pas vraie Sandra ! je t’aime !
En soupirant tristement.
- Garde tes « je t’aime » pour une autre personne…
- Je t’ai dit que je suis désolée Sandra !
- Je m’en fou Nadia ! et après une longue hésitation, tout est fini entre nous !
Calmement elle reprit.
- Tu me largues maintenant ?
En essayant de se la jouer forte.
- À dieu Nadia !
Elle ria un petit moment, furieusement, et murmura, d’une voix basse.
- OK ! comme tu veux !
Puis elle raccrocha. Je restais comme tétanisée, un long moment, ne pouvant pas croire que j’ai rompu avec ma copine ; que cette phrase maudite fut échappée du contrôle de ma langue, mais surtout, qu’elle ne semblait pas très touchée.
Je voulais qu’elle manifeste son amour, qu’elle fît n’importe quelle réaction pour me prouver qu’elle m’aime sincèrement, et au lieu de ça, elle raccrocha rapidement.
Après avoir lavé le visage d’une pluie de pleurs, chaude et silencieuse, je quittai ma chambre. Il était 18 h 30, et je trouvai ma sœur et son fiancé, dans la salle à manger, en tête à tête, comme un jeune couple marié, en train de manger le petit souper.
Je posai le GSM sur la table et tout en attendant que je sois servie par Mahbouba, je décidai d’embêter Mahdi, une façon discrète pour manifester toute la colère qui me brûlait.
- Tiens ! Mahdi, est notre invité d’honneur ce soir !
Il sourit et en me fixant de regards.
- Sana a insisté pour que je reste diner !
Une fois servie, et tout en tenant une cuillère.
- Régale-toi alors ! puis en provoquant ma sœur, tu n’as rien cuisiné pour ton fiancé ?
Elle me regarda de travers et se tut, mais Mahdi parla à sa place.
- Je suis au courant qu’elle ne sait pas cuisiner, mais ça ne me gêne pas !
Sana, sourit pour m’énerver, puis en saisissant son GSM.
- J’espère que tu n’as pas sali mon portable avec ta sueur !
- Oui, j’avais oublié que c’est une pièce de collection !
Puis le cellulaire de son fiancé, sonna alors il se leva, et tout en s’excusant, il partit vers la salle pour répondre à l’appel. En le suivant de regard, je repris.
- Tu ne trouves pas bizarre qu’il s’éloigne autant pour répondre au téléphone ?
- Non, c’est par politesse qu’il s’est levé !
En croisant les bras.
- Oui, j’ai oublié que c’est un gentleman ! et en lui jetant un regard sacripant, moi à ta place, j’ouvre bien mes yeux !
- À quoi joues-tu Sandra ? hurla-t-elle, furibonde.
- C’est un simple conseil entre sœurs, dis-je en dégustant la soupe.
Après un long moment de silence, Bilhssan surgit dans la salle à manger, avec un large sourire sur ses lèvres, et il s’assit face à moi, tout en fredonnant.
- T’as l’air heureux frangin ? dis-je, en le dévorant du regard.
Un joli sourire embellit son visage, et en appelant la bonne.
- Mahbouba, viens me servir ! j’ai trop faim ce soir !
Et en m’adressant la parole.
- Je suis très content ! j’étais au téléphone avec mon avocat, et il m’a annoncé que la police vient d’arrêter mon cher beau père !
Et en levant son verre d’eau, très joyeux.
- Espérons qu’il passe au moins une année, enfermé entre quatre murs !



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