
Pour la deuxième fois, je surprends ma sœur en « flagrant délit ». Une fois à l’hôtel, cette fois-ci dans une maison inconnue, la prochaine, qui sait, peut être dans la nôtre, que ce soit sur la Marsa ou Sousse.
C’était mal ce qu’elle faisait, ce que le salopard Mahdi lui imposait sans cesse comme acte méprisant de chasteté. Papa avait raison, de ne pas aimer ce garçon. Cette pourriture, qui profitait de l’amour et du dévouement de ma sœur pour lui, pour profaner son corps avant le mariage.
Mon père ne méritait pas un tel déshonneur de sa part. Elle, la pieuse, la croyante, qui ne cesse de me faire ses leçons de morale sur le bien et le mal.
Je ne savais pas, dans quelle catégorie classifia-t-elle, ce qu’elle faisait, en cachette, avec ce diable humain de Mahdi, que ma haine pour lui se brûla de plus en plus. J’aurais souhaité, sauter de ma voiture, avant qu’ils pénètrent la résidence, et lui cracher à la figure, lui dire ses quatre vérités ; et surtout sauver ma sœur de ses griffes, avant qu’il ne la salisse davantage.
Mais je n’ai pas pu ; car moi-même je me sentais aussi coupable qu’elle. Moi, aussi je couchai, en cachette, avec une personne, quoique ma partenaire sexuelle n’était qu’une femme (mais on n’a pas encore fait l’amour, chaque fois quelque chose vient en mettre terme).
Tout de suite après, et tellement bouleversée, je pris la route vers Tunis. Et le lendemain, je racontai tout à Oumayma, à la Miranda.
- C’est vraiment grandiose ! s’écria Oumayma, en buvant de son café.
En m’accoudant, je murmurai, le regard ailleurs.
- C’est ma sœur et je ne supporte pas laisser un salaud comme Mahdi, abuser d’elle !
- Ils sont amoureux l’un de l’autre ! ils ont le droit même d’avoir des enfants s’ils le veulent ! ce ne sont pas tes ognons ma belle !
En soufflant de colère, je hurlai.
- Il ne l’aime pas, ce con ! et en la fixant du regard, il a tenté de me draguer moi, sa propre sœur ! et puis j’ai des yeux Oumayma, et j’ai vu comment se comporte-t-il avec elle ! et en essayant de l’expliquer avec des gestes, il n’a pas le regard d’un amoureux, il a les yeux étincelants toujours dans tous les sens, et je suis prête à parier qu’il une petite amie quelque part !
En allumant une cigarette, elle ajouta, calmement.
- Pourquoi tu n’as rien raconté de ça à Sana ?
En lançant un rire furieux.
- Parce qu’elle ne me croira pas, et me dira que je suis jalouse, car elle a trouvé enfin l’amour de sa vie, et non pas moi !
Elle croisa les bras, et murmura, indifféremment.
- Alors, fiche-lui la paix, et laisse-la le découvrir toute seule !
- C’est ma sœur Oumayma, et j’ai peur pour elle !
Elle déposa sa main sur la mienne et tout en souriant.
- Laisse-toi hors de sa vie privée ! elle est majeure et vaccinée !
Puis en me faisant une œillade.
- Raconte-moi plutôt ce que tu as fait avec ta copine dans ton appartement !
En tournant la tête vers la fenêtre, et en grommelant.
- Rien !
Tout le chemin de retour, on était silencieuse, chacune dans un monde à part. Et avant d’arriver au rond-point, séparant nos chemins habituels, elle me demanda de la ramener chez elle.
Etonnée, je m’interrogeai, un peu déçue.
- Mais tu m’as promis de passer la nuit chez moi ?
Elle ingurgita sa salive, et sans me regarder.
- Monjia, n’a pas ses clefs, elle les a oubliées chez sa tante à Rades depuis sa dernière visite ! elle est sûrement devant la porte depuis des heures, en train de m’attendre et de m’insulter !
En changeant de voie, je repris.
- Si c’était vraiment le cas, elle aurait pu t’appeler pour te le dire …
Elle me coupa la parole, et continua.
- Elle n’a surement pas de solde dans son cellulaire ! c’est une fille radine, qui ne prend même pas la peine de le recharger !
En soupirant de tristesse, je marmottai, entre les dents.
- OK, comme tu veux !
Après avoir entendu, ma version des faits, Oumayma, s’écria, furibonde.
- Elle ment ! ça se voit que c’est tiré par les cheveux !
En buvant de mon café.
- Pourquoi l’invente-t-elle ?
- Par ce qu’elle ne désire pas passer la nuit chez toi tout simplement ! et en badinant, au lieu de t’inquiéter pour ta sœur tu feras mieux de le faire pour toi !
- Qu’est ce que tu veux dire ?
Elle croisa ses bras, et reprit, d’un ton sérieux.
- Je ne sais pas ! il y a quelque chose qui cloche dans cette Nadia, j’ai parfois l’impression qu’elle ne t’aime pas et qu’elle joue la comédie, de la fille amoureuse !
Énervée, je haussai ma voix.
- Écoute, ce n’est pas parce qu’elle n’a pas tenu sa parole une fois que ça fera d’elle une menteuse !
En me dévorant du regard, elle persista.
- t’es amoureuse d’elle, c’est pour ça que tu refuses de l’admettre ! elle te traite par moment comme une merde, et tu ne dis rien…
En lui coupant la parole, furieusement.
- Ça suffit Oumayma ! je ne veux plus rien entendre !
- OK, OK, calme-toi ! dit-elle en levant ses mains, puis en changeant de sujet, alors que veux-tu demain comme cadeau pour ton anniversaire !
En tapant mon front avec la paume de ma main.
- J’ai oublié que c’est pour demain !
Elle sourit, et continua, en badinant.
- Alors, on va le fêter comme d’habitude, j’apporterai une bouteille de vain blanc, et on passera la nuit à boire et à danser dans ton appartement jusqu’à l’aube !
Je l’interrompis, doucement, en disant.
- Non, cette fois-ci, je désire le fêter avec Nadia, en tête à tête !
Elle vida son verre du café, et murmura, un peu déçue.
- Comme tu veux ! mais est-ce qu’elle sait au moins que ton anniversaire est pour demain ?
- Je l’ai mentionné une fois devant elle ! et je suis certaine qu’elle s’en rappellera !



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