
À travers la vitre, elle jeta un regard inquisiteur sur la voiture, qui se gara juste devant l’entrée de l’immeuble où se trouvait le salon de coiffure, puis en criant, excitée.
- Ils sont là Ghada !
Ghada, qui subissait les dernières retouches de son maquillage par la coiffeuse, traça un faible sourire en agitant la tête.
- Enfin !
La coiffeuse, un peu dérangée par l’agitation de sa cliente.
- Mademoiselle, s’il te plait !
- Pardon ! murmura, la nouvelle mariée en fermant les yeux.
Sa cousine s’éloigna de la vitre et s’assit sur une chaise auprès de la mariée, en la dévorant d’un regard séduit.
- T’es vraiment sublime ! et en rigolant, si j’étais Nader, je te sauterai dès maintenant !
Son amie intervint en allumant une cigarette.
- Il est vraiment chanceux ce mec !
Mayssa, la cousine, arracha d’un mouvement rapide le bout de cigarette collé sur les lèvres de Salma, puis en l’écrasant dans le cendrier.
- On ne veut pas que Ghada sente le tabac !
Salma, en riant.
- Son mari est un grand fumeur, ça lui donnerait davantage envie de la sauter !
Ghada, ne put se tenir de lancer un rire.
- Vous ne pensez qu’à ça vous deux !
La coiffeuse retint son mécontentement, par un regard de travers en serrant la trousse de maquillage. Ghada ferma les yeux, automatiquement, et laissa filer un pardon, tout timide et tout bref.
- Ben, je te préviens dès maintenant cousine ! tu me feras un rapport complet de ce que vous feriez ce soir !
Salma, riant d’une voix haute, dans un salon , presque vide.
- Mais pourquoi tu ne les accompagneras pas ! ainsi, tu assisteras sur tout en live !
- Ouais c’est une bonne idée, mais je préfère laisser mon imagination réaliser la touche de création !
- Ouais t’as complètement raison ! murmura, Salma, en échangeant une œillade maligne avec Mayssa.
Puis le cellulaire de Ghada se mit à vibrer, Mayssa, le prit donc entre ses doigts et en dévorant l’écran.
- C’est ton frère Ghada !
- Ben décroche et dis-lui d’attendre encore dix minutes ! interféra la coiffeuse, en enlevant ses lunettes de vue.
Mayssa colla le combiné à son oreille, et en souriant.
- Hey, salut cousin !
- Elle n’est pas encore prête ? s’écria Akram, sur les nerfs.
- Ben si, mais elle lui fait des retouches !
En hurlant, de colère.
- Et moi qui croyais que j’étais en retard !
- Du calme cousin, pour se faire belle , il faut prendre tout son temps !
- Ouais c’est ça ! puis en colère, heureusement que je ne compte pas me marier, sinon si elle me laissait attendre comme ma sœur, je la laisserai et j’annulerai le mariage !
Mayssa se laissa dominé par un violent rire, puis cria.
- T’inquiète, aucune fille n’épousera un fou comme toi ! puis en se mettant debout, allez, calme-toi, on sera en bas dans quelques minutes.
- Ok ! vous avez intérêt ! vous savez très bien que je n’aime pas attendre !
Puis il raccrocha, et mit le GSM sur le tableau de bord, en regardant, Nader, assis près de lui, si flegmatique, fumant un bout de cigarette, et la tête ailleurs , comme s’il n’était pas concerné.
- Je ne sais pas comment tu arrives à garder ton calme !
Nader, sourit, prit un souffle de sa cigarette et répondit.
- Je sais que ma femme serait ici dans une minute ou une autre donc je n’ai aucune raison de m’énerver ! puis en se rappelant de son souci du moment, et comment on fait pour monsieur Stewart !
En s’accoudant sur la petite fenêtre.
- Mais arrête Nader, ce n’est pas la fin du monde si un client ne serait satisfait une seule fois ! on ne peut rien ! la fille est très malade !
- Si c’était une autre de nos filles, tu agirais de la même manière ?
- À quoi tu joues là ? s’écria, Akram, en accentuant le ton.
- Avoue que tu la traites différemment !
Akram, en se ternissant les yeux d’un vacillement de colère, reprit.
- Je la traite différemment parce qu’elle est mon joker dans notre petit business ; c’est la fille la plus rentable !
En croisant les bras, et en parlant d’un ton provocateur.
- La scène que j’ai assistée l’autre jour me prouve le contraire !
C’était il y a une semaine en arrière. Dans la maison, où résidait les filles, une autre maison, à part, par ce que la maison du Chott ne fut que le lieu de travail . Située dans un bon quartier, Akram, ne laissa que la gérante des filles ,Sondos, l’habiter, et son garde-corps, un certain Rami, comme s’ils étaient un couple marié. Il prenait en effet, toutes les précautions possibles, pour éviter que l’odeur du bordel soit sentie par les chiens de gouvernement, mais surtout pour éviter la vielle chienne de garde, la voisine d’en face, une vielle femme, habitant toute seule, après la mort de son mari, et n’ayant pour activité, que de prendre une chaise, et de s’asseoir, pour des heures et des heures, à l’entrée principale, de sa demeure, jusqu’au coucher de soleil.
Et pour mettre au courant, ses filles du planning du soir, il se déplaçait lui-même à la maison de location, à dix km, de la maison du Chott ou parfois s’il est occupé, il se laissa remplacer par son partenaire soit sa gérante.
Akram avait pris l’habitude de prévenir son pote, par un coup téléphonique lorsqu’il comptait s’absenter du meeting avec les filles. Et ce jour-là, il n’avait pas appelé, mais Nader avait été abordé par un nouveau client ; une nouvelle connaissance, de l’un des restaurants chic où les hommes d’affaires se réunissaient pour discuter leur business et où Nader et Akram pêchaient les hommes les plus fortunés et les plus malhonnêtes.
Et comme ce client potentiel, présentait une belle recette pour le soir, Nader s’est précipité à la maison de location, pour ajouter ce rendez-vous au planning, mais il fut surpris, par la vue, de la chambre de Lena semi-ouverte, puis en approchant encore plus, il entendit des gémissements. Emporté par la curiosité, il se mit devant la porte et laissa son regard se faufiler dans la petite pièce, où il voyait, son boss, fermant sa braguette , et caressant la joue de la fille. Puis en levant les yeux, il croisait celui de son partenaire, un regard, surpris et accusateur.
En se rappelant de cette scène, Akram alluma une cigarette, puis balbutia les yeux fuyants.
- Comme si toi, tu ne flirtes pas avec la gérante ! puis en lui jetant un regard sacripant, tout le monde était au courant pour vous deux, et en changeant de ton, mais attention, dès ce soir tu mets terme à ta petite aventure avec cette pétasse , sinon tu auras affaire à moi, je te le préviens !
Nader, échangea, un regard signifiant avec son pote et répondit.
- T’inquiètes ! j’aime Ghada et je ne lui ferai jamais souffrir !
- T’as intérêt ! cria Akram, comme un grand frère bien veillant. Puis en hochant la face et en regardant les filles, allez descend et monte en arrière avec ta femme !
Sans ajouter un seul mot, Nader sauta de sa chaise, se dirigea vers sa femme, en traçant un large sourire et en lui tendant la main, galamment.



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