
Ghada, était en fait, une belle fille de 25ans, de bonne famille de la capitale ; la fille cadette, d’un homme, de pouvoir ; habitant l’un des quartiers les plus luxueux de Carthage.
Elle avait tout dont a besoin, une fille de son âge. Elle menait, en fait, une vie de princesse, étant l’unique fille dans la famille. Tout était parfait dans sa vie ; ou semblait l’être jusqu’au jour où elle découvrit , en se douchant, une grosseur sur son sein droit.
Dès ce jour maudit, son sourire disparaît , et une nouvelle tenue d’anxiété et d’inquiétude permanente revêt son esprit. Elle n’osait, pas, parler de ses doutes à sa mère, qui était en lutte, depuis 5ans déjà, avec les problèmes cardiaques. Elle n’osait , même pas, se confier à son amie intime Randa ; elle n’osait même plus se toucher la poitrine, ni sentir, cette grosseur en effectuant des palpations, volontaires ou non.
Dans sa tête, le mal était déjà fait ; c’était une tumeur cancéreuse . Dés la familiarisation des Tunisiens avec l’ADSL , ses copines se connectaient pour le chat, tandis qu’ elle le faisait, pour lire toutes les pages qui lui tombent aux yeux, sur le cancer du sein.
Plus elle s’imprégnait spirituellement dans l’empire de cette maladie, plus elle se noyait dans une spirale infernale, de peur et de silence. Elle avait 20ans, en plein boom de jeunesse, et avait, à ses pieds, tous les beaux gosses de la capitale, qui lui couraient après, sans arrêt.
C’était une superbe fleur, perdant tous ses pétales d’un seul coup. Elle a perdu son éclat, et son sourire divin, la période où son médecin traiteur lui annonça , ce qu’elle ne souhaita guère entendre, mais pire qu’il doit opérer une ablation du sein, pour tenter d’arrêter la propagation de la maladie.
Tout au long de sa première année de faculté, elle se battait déjà, avec cette peur de la mort, qui lui hantait l’esprit, méchamment ; et désormais, elle regrettait le fait, d’avoir osé se confier, à son amie intime, qui finissait par remarquer ses changements comportementaux, et lui conseillait fort, de consulter un médecin,
depuis cela, sa vie devint, une page noircie, où il n’y a que la mort , écrite en blanc. Depuis ce jour aussi, elle coupa le contact avec Rihab ; elle lui en voulait peut être, le fait d’avoir assassiné le peu d’espoir qu’elle avait de ne pas tomber sous les griffes du cancer.
N’ayant plus le choix, elle se laissa opérer et se condamna, à passer le restant de sa vie, avec le résidu d’un sein déformé, gâchant la beauté de l’autre, sous une vue d’ensemble, et s’appuyant sur une prothèse , qu’elle l’enlève point du soutien-gorge.
Quelque temps après l’opération, elle sombra dans une dépression ; et son père l’expédia, à Montréal, en espérant qu’elle prenne goût à la vie. Mais, tous les efforts fournis par sa famille n’ont mené à rien. Ghada devenait, de plus en plus, renfermée sur elle-même ; elle décida irrévocablement d’arrêter ses études, pourtant, elle avait des bonnes moyennes. Sa mère, avait, tout tenté, pour qu’elle change d’avis, mais elle échoua, toujours, en entendant la même mélodie instrumentalisée par sa fille, qui ne cessait de la redire et de la reformuler, à maintes reprises « A quoi bon se casser la tête dans les études alors que je n’ai peut être que 5 ou7ans devant moi, avant d’enlacer la mort ».
La mort, était l’unique mot, qu’elle prononçait, aisément, et qu’elle déployait assez souvent pour se débarrasser du monde qui l’entoure ; c’était son arme fatale , qu’elle sortit chaque fois qu’elle voulait achever le dialogue. Elle se sentait, déjà morte, fanée. Elle ne voulait pas se laisser sous l’emprise de cette mort obsessionnelle, alors par pur égocentrisme, elle essaya deux fois de mettre fin à sa vie ; l’une l’été 2006, quelques mois après son retour du Canada, et la seconde avril 2007, mais elle échoua, de faire ses adieux à la vie et resta, malgré elle, la prisonnière du fantôme de la mort.
Quatre ans après, toujours vivante, elle commença à se faire à l’idée de la mort, et décida de reprendre sa vie ; de sortir, d’adhérer à des associations de lutte contre le cancer du sein ; de participer à des séminaires portant sur ce sujet, pour se sentir utile, mais surtout en vie.
C’était d’ailleurs l’époque où son grand frère, Akram, un maitre assistant, lui présenta son meilleur ami, Nader, la trentaine comme lui, et qu’il avait connu sur Paris, pendant les trois ans de doctorat. Peu à peu, les visites de Nader se répétèrent et Akram, remarqua la belle entente entre sa sœur et son ami. C’était , en effet, ces affinités apparentes, qui l’ ont encouragé à demander à sa sœur si son pote lui plaisait ou pas.
Médusé par sa réponse affirmative, et ayant une profonde affection pour sa petite sœur, Akram réussit d’ implanter l’idée du mariage dans l’esprit de son pote. Et ses efforts finissent par fructifier par une demande de mariage, il y a un an déjà en arrière.
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Elle ôta son gilet, et resta vêtue d’une bretelle noire serrée mettant en valeur sa grande poitrine, puis poussa la porte du bureau de son patron au rez-de-chaussée de la maison du Chott, à Hammamet.
En la voyant, le patron traça un superbe sourire puis tendit ses mains. Elle s’approcha de lui, s’assit audacieusement sur ses jambes, ceintura son cou avec ses mains, puis en collant un long baiser passionnel avec lui.
- Alors que désires-tu comme cadeau de mariage ?
Il laissa filer un rire volumineux, puis en caressant ses cheveux et on volant un baiser de sa nuque.
- C’est toi mon cadeau !
Elle laissa sa main, se promener un peu partout sur sa poitrine, puis d’une voix capricieuse et jalouse à la fois.
- Je ne supporte pas qu’une autre femme te touche !
Il lui embrassa de nouveau et reprit.
- Tu sais que c’est toi uniquement l’amour de ma vie donc tu n’as pas à être jalouse !
Puis en la repoussant, doucement et en se mettant debout.
- C’est un mariage d’affaires ! combien de fois devrai-je te le répéter Sondos ?



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