vendredi 23 octobre 2009

Sans tabou: épisode1:Une vue d'ensemble

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Il prit le ticket, le dévora attentivement de ses yeux couleur noisette claire, posa le café doucement sur la tasse puis fit un signe avec la main au garçon qui essuyait le comptoir avec une éponge.
Ce dernier, se dirigea vers le monsieur échangea quelques paroles avec lui puis la tension entre les deux sembla monter et le garçon, devint pâle et fit demi-tour en se dirigeant vers son patron ,un jeune homme , la trentaine , bien foutu, qui ne leva pas ses mains de la caisse enregistreuse , lui chuchotant par la suite l’ébauche de la conversation qui s’est déroulée entre lui et l’étrange homme .
-Alors comment le trouves tu Ranime ? dit Olfa à sa meilleure amie,
-je …je ….
-Oh ! Arrête ! Tu vas me rendre malade avec ta timidité excessive ! J’aimerai bien un jour te voir en tête à tête avec un mec ; alors comment tu le trouves ; il est mignon pas vrai ma chérie ?
-Euh ! Oui mignon ! Puis dessina-t-elle un faux sourire sur ses petites lèvres de poisson.
-Mignon seulement ? Il est à croquer ! Excuse-moi ma chérie, mais je dois dire que tu ne comprends rien en matière de mec !
- si tu le dis ! murmura-t-elle en souriant.
Elle lui prit la main et dit avec un large sourire :
- Je vais t’apprendre à faire la distinction entre les mecs ! mais ça sera payant !
Elle rit, puis dit en retirant la main, délicatement :
- OK ! ça marche !
Malgré son allure super enfantine, et son air coincé d’une petite gamine inexpérimentée, Ranime était une jeune fille, de 23ans, qui venait à peine d’avoir son diplôme de technicien supérieur en télécommunication.
Étant la majeure de sa promotion, elle fut acceptée à l’école SUP’COM, de Tunis, pour entamer un cycle d'ingéniorat.
Mais pour une fille, n’ayant mis le pied sur Tunis, qu’en famille, et pour des courses de la rentrée scolaire ; continuer les études supérieures, en dehors du territoire sahélien, était une décision cruciale et une étape tellement délicate, à prendre ; surtout, étant enfant unique, de deux parents hyper protecteurs, et omniprésents dans sa vie de tous les jours.
Pour le bien de leur fille, et après des longs débats, ils finissent par accepter l’idée de son éloignement. Pour s’y faire, ils l’accompagnèrent, durant le processus de recherche d’un loyer adéquat et convenable, pour une petite fille à papa. Et finissent par pêcher, un petit appartement, dans un modeste immeuble, sur la rue de Gazella.
Un appartement, sans parfum de luxe, de deux chambres à coucher, équipée d’une misérable cuisine, délaissée depuis un bail, comme refuge pour la dynastie d’araignées, du coin, ainsi que d’une vieille cuisinière, répandue d’une panoplie de couleurs de sauces asséchées , un héritage abandonné du dernier locataire ; et d’une petite salle de bain, décorée d’un arc-en-ciel de calcaire.
En examinant, en gros, l’appartement, sa mère, protesta, de laisser sa fille, chérie, dans un endroit pareil.
- Impossible ! je refuse de laisser ma fille habiter un endroit pareil !
Le père, une main appuyée sur l’épaule de sa fille, et l’une saisissant le bout d’une cigarette.
- C’est l’appartement le plus voisin à son école !
- Ah, non ! il n’en est pas question !
- Ben, il n’est pas si mauvais que ça ! il est un peu en désordre, vu qu’il était abandonné pour quelques mois…
La mère se mit à jouer avec les cheveux de sa fille, tendrement, en criant.
- Oh, non, mon bébé ne pourrait jamais vivre dans un endroit pareil !
- Il faut que tu coupes son cordant médical ! elle n’est plus une gamine, et puis elle vivra avec deux autres colocataires !
Ici, un peu encouragée, Ranime, qui ne trouva guère, d’arguments au début pour faire face à sa mère.
- J’ai déjà une, Rihab, on a étudié ensemble au lycée ! et j’ai affiché une demande de collocation à la faculté !
- Non, toi, t’es encore jeune ! et je ne crois pas que tu puisses cohabiter avec deux inconnues !
Le père, intervint, en blâmant.
- Rihab, n’est pas une inconnue, elles ont révisé ensemble pour l’examen de baccalauréat, il y a 3ans, l’as-tu oublié ?
- Ah non, je ne suis pas convaincue, et puis pourquoi ne se contentera-t-elle pas de chercher une école voisine à Sousse ?
- Par ce qu’il n’y en a pas.. S’écria le père, perdant son sang-froid.
Le plus important, c’est que sa maman a fini par se rendre à l’évidence, même à contrecœur.
Pour fêter l’événement, et faire « ses adieux » à Sousse, Ranime, décida de prendre un café avec l’une de ses meilleures amies ; enfin, c’était la plus récente des copines, décidant d’arrêter le marathon des études universitaires, dès qu’un agent douanier l’a demandé en mariage, et sa binôme pour son projet de fin d’études.
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A 145km presque de New feeling, la cafétéria, qui était l’endroit des fêtards et des branchés, et sur une belle ruelle, de la cité Enasr, à Tunis, Ghada, était chez la coiffeuse, se préparant pour son grand jour, avec sa cousine et une amie d’enfance.
C’était vers 19H30. Ghada, était encore, chez l’esthéticienne, en train de se faire une pédicure, et les deux filles, assises, dans le luxueux salon d’attente, en train d’échanger des brins de causette, se convergeant toutes sur la nouvelle mariée, qu’elles n’imaginaient point, en robe blanche, ni d’ailleurs épousant un bel homme, le meilleur ami de son grand frère Akram et le propriétaire d’une boutique de fringues féminines au Palmarium.

1 commentaires:

bella_ragatsa a dit…

lol merci:p

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