jeudi 3 septembre 2009

fille de bonne famille:épisode20: Cartes sur table

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Le papier fit le tour de table, de main en main, puis finit posé sur son enveloppe, semi-arrachée. Ma sœur, jusqu’ici silencieuse, décida de l’importuner.
- Apparemment quelqu’un t’en veut à mort !
Eperdu, les yeux ronds, les mains tremblantes, Bilhssan, bégaya.
- Je n’ai des problèmes avec personne ! et d’un ton haineux, la seule personne capable d’un tel acte de bassesse est mon beau père !
Le sourire, autour des lèvres, j’intervins.
- Voyons mon chou, il est entre les barreaux et puis la lettre n’était pas timbrée !
- Et alors ? il a sûrement demandé à un ami de faire ça à sa place ?
Et en me jetant un regard craintif.
- C’est une ordure et il est capable de tout !
Nadia l’interpela, inquiète.
- Tu ne dois pas garder le silence, Bilhssan !
Il échangea un regard bref avec elle et reprit en déposant sa cuillère sur l’assiette.
- Bien sûr ! c’est du harcèlement ! demain matin, mon avocat sera au courant de cette menace.
Tentant de le calmer, j’ajoutai.
- C’est peut être l’un de tes amis qui voulait rigoler ! et en m’arrêtant un moment, la plupart de tes copains sont des motoristes ! et puis c’est écrit à la main, c’est un coup d’amateur, un professionnel tapera le texte sur une machine !
Il sourit et reprit d’un ton moqueur.
- C’est parce qu’il n’est pas aussi malin qu’il le croit !
Puis en endossant le bout de papier plié dans sa poche.
- Il va voir le salaud ! avec ce geste de menace, il prendra au moins cinq ans d’emprisonnement !
- À mon avis, tu ne dois pas accuser ton beau père au premier lieu ! prends ton temps frangin avant de l’accuser de harcèlement !
Ma sœur, énervée, cria.
- J’ai l’impression que t’es du côté de cette famille de la peuplasse ?
Hargneux, Bilhssan me cria dessus.
- Elle est toujours de leur côté comme si elle était leur porte-parole !
Il termina sa phrase et bondit de sa chaise.
- Où comptes-tu aller ? Cria ma sœur soucieuse.
- Je vais sortir !
Elle se leva affolée.
- Pas après cette maudite lettre ? Et si l’auteur de cette menace se cache quelque part ?
- Oh, arrête Sana, je ne suis pas un gamin, et je suis capable de prendre ma propre défense !
En ricanant, j’intervins.
- Ça se voit ! comme c’était le cas pour ton beau père !
Il me jeta un regard de travers et reprit.
- C’est un homme âgé Sandra !
- Enfin, celui qui le voit t’attaquant comme un tigre, ne dis pas qu’il a dépassé la trentaine !
Il saisit sa veste en cuir d’une main et cria, furieux.
- De toute façon, je vais sortir, avec mes potes, alors épargnez moi de vos conseils à la grand-mère !
Les yeux rouges de colère, Sana murmura.
- Merci, Bilhssan !
- De rien ! dit-il en quittant la sale à manger.
Puis on entendit le claquement de la porte principale. Après un petit moment de silence, Sana me regarda minutieusement et parla.
- Je suis inquiète pour ton frère !
En plantant mon regard dans le sien, je répondis.
- Nous sommes tous inquiets pour lui ! puis en haussant la voix, Mahbouba où est le dessert ?
Et en tournant la tête vers ma copine, assise en face de moi.
- T’aimes quoi en dessert, ma chérie ?
Elle sembla, un peu gênée, et bégaya stressée.
- Rien ! je n’aime pas beaucoup le dessert.
Sana, se leva de sa chaise et proposa d’aller prendre le dessert dans le grand salon, vu que sa série turque préférée commença dans quelques minutes. Une fois assise, sur le canapé, et profitant de l’absence de Sana un petit moment, Nadia me gronda.
- Je t’avais demandé à maintes reprises de ne pas me dire chérie, mon cœur ou mon amour devant tout le monde ! désires-tu qu’ils découvrent que nous sommes ensemble ?
En la perçant d’un regard avide, je répondis.
- Je ne peux plus cacher mes sentiments Nadia, et je m’en fou des autres et de leur ouï-dire !
Frustrée, elle me pinça la main, doucement et d’une voix à peine entendue.
- Tais-toi, maintenant, elle est venue !
Sana, s’assit sur le fauteuil, et augmenta le volume, puis parla.
- Je veux un silence absolu !
Énervée, je criai.
- Si tu désires regarder ta série de merde, dans le calme, alors monte la voir dans ta chambre !
Elle sourit son sourire de boa, et répondit.
- Non, je n’aime la regarder qu’ici !
Pour me calmer, Nadia me caressa la main et reprit doucement.
- Laisse-la tranquille ! et en me faisant une œillade, moi aussi j’adore la série !
Malheureusement pour moi, ce n’était pas uniquement un épisode de 45minutes, mais tous les épisodes manqués de la semaine, que cette chaine télé, choisissait, un jour de la semaine pour les diffuser, successivement.
Vers minuit et demi, je me levai, les yeux presque fermés.
- Allez-moi, je vais faire dodo !
- Déjà ? cria ma sœur, étonnée, et en se moquant, tu te couches d’habitude à l’aube !
- Je suis tellement fatiguée ! et puis il n’y a rien d’intéressant qui mérite la veille !
Nadia se leva aussi, et dit, timidement.
- Moi aussi, je vais me coucher !
- Vous me laissez toute seule ? Cria ma sœur.
En badinant, j’ajoutai.
- Tu trouveras plein de films pornos à cette heure, alors amusez-vous !
- Va te faire foutre !
Rieuse, je ne dis rien et je monte l’escalier avec ma copine. Arrivant devant la porte de ma chambre, je m’arrêtai puis Nadia parla, timidement.
- Tu ne me montreras pas la chambre d’amis !
En ouvrant ma porte, je la tirai de son pull vers moi, avidement, puis en la ceinturant de mes bras tout en la plaquant contre le mur et en la dévorant d’un regard vacillant.
- Je te montre plutôt la chambre d’amoureux !

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