
Pour ne pas me sentir à l’écart, et pour faire semblant à Rahma, que je connaissais si bien sa cousine, je murmurai :
- Ah ! oui son encadreur !
Elle traça un large sourire sur ses lèvres voluptueuses, et persista, avec le même enthousiasme :
- Je suis très curieuse, c’est une manie chez moi, de vouloir tout savoir sur les autres, et précisément sur Nadia, car sortir avec un homme est un événement inévitable, pour une fille timide comme elle !
- Ben ! je ne suis pas si curieuse que vous, et donc pour ne pas l’intimider, je n’ai jamais abordé le sujet avec elle !
Elle tapa, le bout de la table, avec sa paume, et reprit avec indignation :
- Mince alors ! pourquoi personne ne donne assez d’importance aux sujets sentimentaux comme moi ?
Riant, à contre cœur, je répondis :
- Ben, chacun, à ses centres d’intérêts !
Je ne sais pas comment, j’ai pu toute cette demi-heure, me contrôler et cacher ma colère et ma déception. Je me sentais, ridiculisée, et minuscule, surtout, quand je me rendais compte , que pendant tout ce temps là, elle jouait la comédie avec moi, en prétendant m’aimer, follement alors qu’elle vivait le grand amour avec son encadreur, et que tout le monde de son entourage était au courant pour cette amourette, sauf moi, une crétine, naïve, aveuglée par l’amour qu’elle enclore.
Un quart d’heure, après le départ de Rahma, je bus le reste de jus d’un seul coup, puis je saisis mes clefs et je me mis en route vers la Marsa, plus exactement vers l’appartement que Nadia, louait avec une colocataire, de Gabes.
Devant l’appartement, je pris mon courage à deux mains, après avoir fumé une cigarette pour dissiper un peu de stress et je frappai à sa porte.
Quelques secondes après, sa colocataire, une brunette, avec une foulard sur la tête, pour faire le ménage apparemment, m’ouvrit la porte avec un sourire sur la bouche.
- Salut ! t’es Sandra, n’est ce pas ?
Galamment, je murmurai :
- Oui, c’est moi et vous ?
- Monjia !
- Monjia ?!!
Elle éclata de rire, et reprit, avec un humeur, semblable à celui d’Oumayma :
- Oui, c’est antique, je le sais mais mon père était décidé à faire plaisir à mamie, en nommant sa fille, aînée, Monjia !
- C’est un prénom original, mais joli !
- Merci ! allez entre ne reste pas là !
- Est-ce que Nadia est ici ?
- Oui, elle fait la sieste, elle vient de rentrer de son job, et elle est hyper épuisée, donc elle se repose le temps, que je prépare le dîner, mais comme je suis une maniaque de la propreté alors je peux pas m’en passer de balayer un peu partout !
Ça fait un sacré temps, que je n’ai pas fait la connaissance, d’une fille aussi spontanée et naturelle, surtout, avec un franc parler pareil mais c’était agréable de l’entendre et de partager des bouts de conversations avec elle.
- Assis toi, je vais la réveiller !
- Ok ! dis-je, en m’asseyant confortablement sur l’unique canapé présent dans leur petit coin modeste, considéré comme salon.
Puis je sortis, une nouvelle cigarette, et je mis à la fumer jusqu’à ce que Nadia, surgisse dans la pièce en me disant, sur les nerfs.
- Tu sais très bien que je ne supporte pas l’odeur du tabac !
Pour l’énerver, je continuai à fumer, tout en sortant de la fumée de mes narines. Et là, elle attrapa le bout de cigarette, de mes lèvres, et l’aspergea d’un peu d’eau d’une bouteille, sur la table, puis s’assit prés de moi, en criant :
- Pourquoi t’es venue ! je t’avais pourtant demandé de ne plus m’approcher ?
En plongeant mon regard, dans le sien, je répondis :
- Ce n’est pas toi qui décide !
- Ne joue pas avec moi la dominatrice, ok ?
Je mis à rire, un petit moment puis je repris, en haussant ma tête :
- J’ai peut être un peu déconner, en embrassant Oumayma, mais c’est rien de tout, par rapport à ton love story avec ton encadreur !
Elle sourit, et répondit, gênée :
- Ce n’est pas vrai ! alors tu m’espionnes maintenant ?
- Non ! je ne suis pas de ce genre, mais c’est ta cousine qui me l’a apprise ?
- Cette connasse ! elle n’arrête pas de foutre son nez partout !
Puis Monjia, vint interrompre le fil de conversation en hurlant :
- Mon dieu ! qui a versé de l’eau sur la table ?
- C’est moi ! bégaya Nadia, en soupirant.
- Mais je venais de la nettoyer !
- C’est bon Monjia, je vais l’essuyer !
- Quand ça ?
- Arrête s’il te plait, je t’avais dit que je vais le faire !
- Ok ! on verra, puis en m’adressant la parole, veux-tu un verre de coca ?
- Oui, avec plaisir !
Elle échangea, un regard coléreux avec sa colocataire, puis retourna à la cuisine.
- Elle m’énerve par moment avec son obsession de la propreté !
Puis elle se tut, quand Monjia, revint avec le verre de coca.
- Je suis désolée, on n’a pas grand-chose à offrir, tu sais on approche de la fin de la semaine et je n’ai pas encore fait les courses.
- Ce n’est pas grave, dis-je en souriant.
Elle me sourit, également puis, en taquinant Nadia :
- N’oublie surtout pas d’essuyer la table !
- Je vais le faire plus tard alors arrête de m’embêter !
Elle partit, ensuite mais Nadia, me demanda, de continuer la conversation, dans sa chambre pour être plus à l’aise. Une fois dedans, elle ferma la porte à clef puis s’assit prés de moi, sur son lit et continua :
- Je te jure, qu’il n’y a rien de tout entre moi et l’encadreur !
- Il s’appelle comment ? criai-je, furibonde.
- Moez ! et il est marié !
- Ça c’est cool, alors tu sors maintenant, avec un homme marié ?
- Je ne sors pas avec lui !
- Arrête de mentir Nadia, même ta famille est au courant.
- J’étais obligée de raconter ça à ma famille, car un salopard de fils de notre voisine à Mahdia, m’avait vu avec monsieur Moez, dans sa voiture, et il m’a dénoncé !
- Ils savent aussi qu’il est marié ?
- Non ! dit-t-elle un peu intimidée, j’ai dû mentir, car tu sais à Mahdia, les gens sont encore hyper conservateurs, et prendre un café, avec un homme marié, est considéré comme honteux voir scandaleux.
Puis en essayant de dévier la conversation :
- Même si je suis sortie une fois ou deux avec mon encadreur, je ne l’ai pas embrassé sur la bouche, comme c’était le cas pour toi.
- N’essaie pas de changer le sujet Nadia, je n’accepte pas de voir ma copine sortir avec quelqu’un d’autre en même temps !
En plongeant son regard dans le mien, elle ajouta :
- Je ne sors pas avec une fille, puis en avalant sa salive, tu peux sortir avec mec si tu veux, ça ne me gênera pas, tu peux aussi l’embrasser mais tu n’as pas le droit de me tromper avec une fille ! et d’un ton jaloux, alors tu feras mieux d’éviter Oumayma, si tu veux bien qu’on reste ensemble !
En haussant mes sourcils, je murmurai :
- Ah bon !
Puis mon GSM, se mit à vibrer, un petit moment alors elle reprit, toute rouge de colère :
- C’est elle n’est ce pas ?
Je sortis mon cellulaire, de la poche de mon pantalon, puis en examinant l’écran :
- Non, c’est ma sœur, qui me fait des appels successifs pour que je la rappelle.
En entendant ma réponse, elle sembla, se calmer un petit peu mais elle resta tout de même, concentrée avec moi en me dévorant du regard et en écoutant la conversation brève qui s’est déroulée entre moi et Sana.
- Alors Sana, qu’est ce que tu veux ?
- C’est maintenant, que tu m’appelles ? après dix appels ?
- T’aurais dû m’appeler au lieu de faire ce truc de radine ?
- Je n’ai pas de solde, puis en entrant au cœur du sujet, dis-moi, est ce que Bilhssan, est à Tunis ?
- Comment pourrai-je le savoir ? dis-je en riant.
- Comme il n’est pas rentré hier soir à la maison, j’ai cru qu’il a peut être passé la nuit à la Marsa.
- T’aurais dû l’appeler lui !
- Ben, je l’ai fait, une centaine de fois, mais il ne décroche pas !



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