lundi 3 août 2009

fille de bonne famille:épisode16: un amour sans sexe

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Affolée, je sortis de mon appartement, et je mis à le chercher des yeux dans le grand hall, en vain, puis je mis à hurler, hystériquement.
- Dally ! oh mon Dieu ! où est-il ? il est très jeune, il va sûrement se perdre, dans une grande ville comme Tunis ! Dally ! réponds-moi !
Oumayma, me rejoigne à l’extérieur, se mit à me caresser l’épaule en me disant :
- Ne t’affole pas ma chérie, on va le trouver !
En repoussant sa main, hors de moi, d’un geste violant, je repris :
- Il n’a que 5ans, puis en imaginant le pire, et si quelqu’un le kidnappe ! oh mon Dieu, c’est un phénomène assez courant nos jours-ci !
- Mais non ! arrête ! on n’est pas aux Etats-Unis !
Les yeux gonflés des pleures, je répondis :
- Oh que si ! j’ai lu plusieurs articles sur des enfants kidnappés à Tunis !
- Arrête d’être pessimiste ! qui connaît ton frère ici, pour décider de l’enlever ?
Sans répondre à sa question, je mis, à claquer, toutes les portes de mon étage. Et seulement, trois, des huit portes, s’ouvrirent.
La première, ouverte, fut, celle de mon voisin d’en face, un ancien retraité, qui vit seul, suite, au décès de sa femme. Et sa réponse ne fut, que m’affoler d’avantage.
- Un petit garçon ? non ! je n’ai pas vu ! je viens d’arriver ! je n’étais pas chez moi.
La deuxième, était celle du coin, tout près de l’escalier de secours, d’une dame, divorcée, qui vit avec ses deux filles, jumelles de douze ans.
- Non ! je n’ai rien vu !
Désespérée, je lui montrai, une photo, de Mohamed Ali, que j’ai sur mon portefeuille, qui ne m’était pas d’ailleurs d’une grande aide.
- Non ! ma chérie, je suis navrée, mais je ne l’ai pas vu !
Et la troisième, porte, située à droite de mon appartement, me donna, un peu d’espoir. C’était celle, d’un ancien étudiant de SUP’COM, un ingénieur, aujourd’hui, travaillant pour le compte de Tunisiana.
- Je n’ai pas vu, de mes propres yeux un petit garçon, mais j’ai entendu les rires, d’un garçonnet, il y a une demi heure, provenant du fond du couloir !
- C’est sûrement Dally ! criai-je, avec un large sourire.
Puis je remerciai l’homme, et je descendis l’escalier à l’étage juste au dessous, suivie par mon amie, qui me tint par la main, à la dernière marche en me demandant étonnée :
- Ne me dis pas que tu comptes frapper à chaque porte de l’immeuble ?
- C’est ce que je vais faire ! je répondis, d’une voix décidée.
- Ma chérie ! c’est un grand immeuble, de cinq étages !
- C’est mon frère qui s’est perdu ! quand tu seras dans ma situation, on verra comment vas-tu te comporter !
- Et si on descend au rez-de-chaussée, pour interroger le concierge, ça sera plus pratique et rapide, que faire de porte à porte, par tâtonnement aveugle !
Sa suggestion me parut raisonnable, alors sans perdre de temps, je remontai de nouveau les quelques marches que j’ai descendues et pris l’ascenseur, avec elle.
Une minute plus tard, je fus au rez-de-chaussée, cherchant des yeux, le vieux concierge, de soixante ans, que je trouvais, assis sur une chaise, en plastique, dans l’entrée de l’immeuble, en train de fumer une cigarette, et de fredonner, une ancienne chanson de Oum kolthoum.
- S’il vous plaît, oncle Ibrahim, est ce que t’as vu un petit garçon de cinq ans sortir de l’immeuble !
- Un petit garçon ? marmotta-t-il en plissant ses yeux.
Sans entrer plus en détail avec lui, je lui mis la photo de Dally, sur sa main. Il l’a dévora du regard minutieusement puis, d’un sourire radieux, d’une personne, qui vient de reconnaître « le porté disparu » (non des FBI bien sûr).
- Ah oui ! j’ai vu ce gamin !
- Où est-t-il ? m’écriai-je, en sentant mon souffle s’entrecouper.
- Il est sorti, il y a une demi-heure, avec madame Aubry. J’ai cru qu’il était son petit fils.
- Madame Aubry ?
- Oui ! la veille belge qui habite, dans l’appartement juste au dessus du votre ! puis en m’expliquant, elle est sortie pour balader ses deux caniches, comme chaque après midi, elle reviendra bientôt, ne t’inquiète pas ma fille !
Puis la bouche ouverte et les sourcils relevés :
- Les voilà !
En tournant la tête automatiquement, je vis la dame, avancer vers nous, lentement, en tenant d’une main, mon petit frère, semblant très joyeux de cette balade, en ville, et de l’autre les deux laisses, en nylons, de ses chiens.
Sous l’emprise de la colère et de la joie mélangées, je courus vers mon petit frère, et je le serrai, quelques temps, doucement contre ma poitrine puis je mis à le gronder.
- Vilain garçon ! tu m’as fait une de ces peurs ! ne me fais plus jamais ça !
Il se mit à pleurer, suite à mes blâmes et la dame, intervint, en lui caressant les cheveux :
- C’est un petit ange, qui parle très bien le français pour son âge, Maxime et Nina, l’adorent !
En descendant les yeux vers ses caniches, je murmurai, en les voyant lécher ses chaussures et remuer leurs queues.
- Ah ! oui ça se voit !
Après cela, je pris un long souffle, en remerciant Dieu pour cette journée, qui ne s’est pas terminé en drame pour moi, comme c’était le cas toujours. Une heure plus tard, ma belle mère, fut dans mon appartement, elle fit quelques câlins à son fils chéri, puis, en le portant dans ses bras.
- Tu es resté sage, mon chou, n’est ce pas ?
Entre les dents, je bégayai :
- Oui ! très très sage !
En fait, j’avais espéré, que les choses, finissent en beauté, dans cette journée de tensions, mais comme je n’avais pas de chance, mes espérances, d’une fin de journée calme et apaisante, furent tombées à l’eau.
Vers 18heures, et après avoir partagé, quelques bières, avec mon amie Oumayma, elle décida de partir, en ouvrant ma porte, elle me fit un long câlin puis me dit, en souriant :
- Surtout n’hésite pas à m’appeler quand t’en as besoin !
- T’inquiète ! je murmurai, en souriant aussi.
Elle traça, un large sourire, sur ses lèvres puis pencha sa tête vers la mienne, et me colla un délicieux baiser sur ma bouche. En ouvrant, mes yeux, par la suite, je vis, le visage, coléreux, et choquée de Nadia, me guetter silencieusement, devant l’ascenseur.
- Nadia ! criai-je, nerveuse.
Sans un mot de plus, elle me jeta un dernier regard, rancunier et furieux, puis pénétra l’ascenseur, qui l’avala, sans me laisser le temps d’agir.

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