
Le lendemain, de bonne heure, je pris ma voiture et je fis mon retour à Tunis. Mais, avant de passer chez moi, je fis l’escale du quotidien, à la Miranda, où mon amie Oumayma, m’accueillit chaleureusement avec les bisous et les câlins.
- Viens à maman !
- Va te faire foutre ! dis-je en riant, tout en me débarrassant de ses bras, enroulés autour de mon cou.
- T’es méchante, toi ! murmura-t-elle, en allumant une cigarette, puis en me faisant une œillade, allez, je veux un rapport complet !
En riant, je continuai :
- Qu’est ce qui m’oblige à tout raconter de A jusqu’à Z ?
Elle se mit à rire, et ajouta, insolemment :
- Moi, je te raconte tout, même la dernière fois où je me suis masturbée !
- Chut ! criai-je, intimidée en lui frappant du pied, sous la table, tu ne vois pas que nous sommes entourés de mecs ?
Elle prit un souffle de sa cigarette, et continua, sans avoir honte :
- Oh ! comme si eux, ils ne se branlent jamais !
- Oh ! mon dieu ! tu veux nous intimider en public toi, ce matin.
Elle s’éclata de rire et continua :
- Je parle toujours comme ça, mais c’est toi qui es devenue pudique ces derniers temps ! et pour me provoquer, et tu me rappelles quelqu’un ?
- C’est bon Oumayma, ne me provoque pas ! dis-je d’un ton belliqueux.
- Ok ! ok ! je me tais, dit-elle, en fumant le bout de cigarette.
Après un long moment de silence, elle reprit :
- Alors, notre Scofield, s’est-t-il remis, après cette immense épreuve ?
En allumant une cigarette à mon tour, je murmurai, aux bouts des lèvres :
- Bien sûr comme si rien n’était, et pour la taquiner, il me rappelle quelqu’un d’ailleurs !
En fait, mon frère s’est vite rétabli, et ce la revient en grande partie, à l’effort fourni par mon père, enfin, à la nouvelle voiture, qu’il a achetée, pour Bilhssan.
Mon père était très attaché à mon frère, et il ne supportait en aucun cas, voir son bébé préféré, mécontent et déprimé, après le vol de sa voiture. Mais cet achat, était la cause principale, d’une montée de colère, qui s’est déclenchée entre papa, et Sana, hier soir, vers minuit. Ils étaient, tous réunis, au salon principal ; Bilhssan, assis prés de mon père, les yeux sautant de joie, après le beau cadeau surprise et Sana, face à eux, explosant de colère et de jalousie.
- Alors au lieu de le punir, tu lui achète une Porche 911 ?
Mon père, caressant les cheveux de son fils, dit, avec un large sourire :
- Je n’accepte pas de voir mon fils se déplacer en taxi ! qu’est ce que les voisins vont penser de nous ?
- Une Passat, ou 407, c’est mieux qu’une voiture de deux cent mille dinars, voir plus ?
- Va l’acheter, toi la 407 ! dit mon frère, en se moquant.
- Je ne vois pas ce qui te gène au fait que j’achète une nouvelle voiture à ton frère ? et en plantant son regard sur elle, si tu désires, changer ta bagnole, ma fille, dis le moi !
- Je ne suis pas gênée, père ! et en ingurgitant sa salive, mais, je ne suis pas d’accord sur le choix d’une voiture de sport. As-tu oublié, les gens qui se plaignent sans arrêt, de Billy à cause des courses qu’il réalise sur la route touristique et le bruit assourdissant du moteur qu’il provoque exprès ?
- Ton frère est jeune, et si il ne vit pas à fond sa jeunesse, quand est ce que il va mordre la vie à plein dents ? dit mon père, en posant sa main, lourde, sur l’épaule de Bilhssan.
Et là, le côté religieux, se manifeste dans les arguments de Sana.
- Dépenser une somme pareille, pour financer des associations de bonnes causes, ou faire des dons pour les pauvres, qui vivent dans la misère et pauvreté, sera plus utile, et tu gagneras ainsi la grâce de Dieu !
Emporté par la colère, mon père haussa la voix.
- J’ai vécu aussi, à une époque de ma vie dans la misère et pauvreté, mais je n’ai jamais tendu la main aux autres, ni mendier. Je suis devenu, ce que je suis maintenant, en m’acharnant sur le travail, et non en faisant la prière à la mosquée ? et je ne désire priver mes enfants de rien ou augmenter le patrimoine de nouveaux riches en finançant des associations comme Basma, ou Ibtissam, ou je ne sais pas quoi ?
En répétant les circonstances de cette conversations, à Oumayma, elle éclata de rire, croisa les jambes et en me caressant la main, elle parla.
- J’aime bien ton père, vraiment, chapeau bas, un homme rationnel et franc!
- Oui trop, quoi qu’il gâte beaucoup Bilhssan, et de cette manière là, il l’encourage à déconner encore et encore !
En secouant ses épaules, elle répondit :
- Personne n’est parfait ! puis en traçant un immense sourire elle reprit, bonjour, Nadia !
En tournant la tête, je vis Nadia, debout, derrière nous, les bras autour de sa taille, et la colère brûlant son regard.
- Nadia, tu n’es pas censé être au boulot, à cette heure là ?
- J’ai pris un jour de congé ! me répondit-t-elle, en jetant un regard de travers à mon amie.
- Viens te rejoindre à nous, je ne mange pas, je t’assure ! dit Oumayma, en rigolant.
En l’ignorant, Nadia, posa sa main doucement sur mon épaule et me chuchota à l’oreille :
- On peut parler pour une minute !
Je me levai, et frustrée, je m’excusai d’Oumayma et je suivis ma petite amie, vers l’entrée des toilettes.
- C’est méchant ce que tu as fait Nadia ! dis-je en baissant ma voix.
- Tu m’as promis de ne plus lui adresser la parole, tu m’as fait la promesse Sandra ! cria-t-elle, d’un ton jaloux.
- C’est ma meilleure amie, ma puce, je ne peux pas ! dis-je, en lui tenant la main.
En me fixant d’un regard sévère, elle répliqua, d’une voix ferme :
- Tu dois choisir, soit elle, soit moi !
Et sans me laisser le temps de répondre, elle retira sa main, et quitta les toilettes pour femmes. La porte se mit à se balancer, un petit moment, puis le grincement s’arrêta.



4 commentaires:
je suis agréablement surpris par ton blog!
merci:p
Bravo! je t'en félicite. Bonne continuation et bonne imagination! c'est très réussi comme expression.
merci si Brahim, ça me touche beaucoup:)
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