
Je cramai le combiné contre mon oreille de nouveau et je continuai, tout en gardant les yeux fixés sur elle :
- Qu’est ce que tu fais à Sousse à une heure pareille ?
- Allez descends !
- Mon père va me tuer s’il saura !
- T’es pas obligée de sortir par la grande porte !et en m’assourdissant avec son rire éclatant, fais comme si j’étais ton petit ami et que tu as un rancard avec moi !
- Où compte tu m’emmener ?
- Ça tu le sauras une fois en bas !
- Ok ! tu m’as eu !
Puis je pénétrai ma chambre. Vite fait, j’enfilai mon jean moulant et je gardai le même pull, et avant de quitter la chambre, je pris ma trousse pour me maquiller, une fois engouffrée dans sa 407.
Heureusement pour moi, tout le monde était dans le salon alors je me précipitai vers la porte de la cuisine, où, je trouvai les deux bonnes, en train de boire du thé tout en regardant la petite télé suspendue. En m’apercevant, Samia, se mit debout de sa chaise et me dit curieuse :
- Cava mademoiselle ?
- Oui !cava ! merci !
- Tu ne regardes pas le feuilleton avec eux ?
Furibonde, car je ne supportai qu’on me pose des questions, je hurlai :
- Si vous laveriez la vaisselle ça sera plus utile à mon avis que vous mêler dans les affaires des autres ?
Et sans attendre leur réponse, j’ouvris la porte et je courus, un peu dans l’allée pour m’arrêter enfin devant sa bagnole pour prendre mon souffle. En m’apercevant dans cet état, elle sauta de sa chaise, se mit à rire un moment puis en m’embrassant sur la joue :
- Oh lala ! il faut que tu arrêtes de fumer !
En la tapant, doucement sur son épaule, je criai, en souriant :
- Ben quand tu l’arrêteras je le ferai !
- Je ne te donnes pas ma parole !
- Moi non plus !
Puis en cessant de rire, elle ajouta :
- Allez monte avant que quelqu’un de ta famille se rende de ton absence !
On s’engouffra par la suite, dans la voiture et elle démarra le moteur. La route, fut presque abandonnée. A part les quelques voitures, garés, à droite et à gauche et les taxis, qui chassaient désespérément les pietants. La rue, fut exclusivement pour nous deux. En me plantant de regard, elle badina :
- C’est chiant à Sousse le ramadan !
- Ben tout le monde préfère rester chez lui et regarder la télé !
- Et les gens qui ne jeûnent pas ils sont censés faire quoi ?
En rigolant, j’ajoutai tout en m’accoudant sur la fenêtre :
- Ben ils n’ont que s’adapter et faire comme les autres ? puis en ingurgitant ma salive, alors où m’emmènera- tu ?
- On ira boire quelques verres !
- De la bière ? au ramadan ?
En posant sa main sur la boite à vitesse, elle reprit en souriant :
- Ne t’inquiète pas les bars sont toujours ouverts, quelques soit les circonstances !
Puis, je me tus un moment, tout en la matant minutieusement puis je repris :
- Tu ne m’as pas encore répondu ?
- Sur quel sujet ? m’interrogea-t-elle, sans me regarder et en baissant le ton.
- Ben qu’est ce que tu viens faire à Sousse ? et en la taquinant, je sais très bien que tu préfères Hammamet à notre ville ?
En voilant son sourire par un mécontentement, elle murmura entre les dents :
- A ton avis ? et en me fixant d’un regard coléreux, qu’est ce qui me pousse à prendre la fuite ?
En mordant mes lèvres, je murmurai :
- Olga !
En soupirant furieusement, elle me dit tout en tapant le volant, violemment :
- Bonne réponse !
En fait, Olga était sa mère. Conçue d’une mère suédoise et d’un père originaire de Nabeul, Oumayma grandit jusqu’à son septième printemps, dans la belle ville Stockholm. Un an après, ses parents divorcèrent à l’amiable, et son papa décida de retourner définitivement à Tunis où il lança, une société d’import et export. Quant à la garde des enfants, ses parents furent d’accord pour élever mon amie et sa seule sœur, plus jeune qu’elle de deux ans, Souhir, séparément. Cette dernière vivait avec sa mère tout au long de l’année et Oumayma, avec son père au manzah9.
Oumayma avait l’habitude, de visiter sa maman pendant les vacances d’hiver et de passer ainsi le Noël avec la grande famille mais les dernières années, sa relation, avec sa mère s’empira. Divorcée pour la deuxième fois successive, sa mère sombra dans une dépression, qui la rendit, névrosée et sa maladie ait par la suite des mauvaises répercussions sur sa fille et surtout sur leur relation mère fille.
- Et tu comptes faire quoi ?
- Ben passer quelques jours à la marina, le temps qu’elle quitte la Tunisie !
En lui caressant la main, je murmurai calmement :
- Tu dois plutôt être avec ta mère ! dans des moments pareils elle a besoin de toi !
- Elle n’a besoin de personne ! et en me dévorant du regard, elle a besoin de pognon et elle vient uniquement ici pour voler l’argent de mon père, comme quoi c’est pour ma sœur alors qu’en réalité, elle le dépense sur les deux clochards, avec qui elle traîne, chaque fois qu’elle séjourne à Tunis !



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