
- Non papa ! je ne veux pas bosser ! criai-je, tout en me mettant debout.
Sans hausser la voix, la tête encore baissée, il m’ordonna fermement de m’asseoir. Sans contester, je m’assis de nouveau et c’est à cet instant là, qu’arrive la bonne, Samia, apportant, un gros plateau de gâteaux et le déposa, doucement au milieu de la table.
- Dans tous les cas ce n’est pas mon anniversaire ce soir ! badina Bilhssan tout en riant.
Puis, Sana, rieuse, interférait :
- C’est pour moi le gâteau !
- Pourquoi c’est ton anniversaire aujourd’hui ? s’exclama Dally.
- Non mon chou ! et en adressant la parole à Billy, tu sais très bien que j’ai un faible pour le gâteau ! et en découpant, un grand morceau, hum ! ça a l’air délicieux ?
Satisfaite du résultat, Samia sourit et ma belle mère lui interpola :
- Où est le dessert ?
- Mahbouba est en train de laver les pommes !
- Combien de fois devrai-je vous le répéter que la corbeille du fruit doit être sur la table avant le dîner ! mais vous ne comprenez jamais ! bon sang ! hurla Soukayna, sur les nerfs.
Les mains tremblantes et le visage tout pâle, Samia, bégaya, frustrée :
- La voilà madame !
Et là, Mahbouba pénétra la salle à manger, avec un grand plateau rempli de fruits et le posa sur la table, rapidement puis recula deux pas et s’arrêta, prés de l’autre bonne.
Mon père prit une pomme et se mit à l’éplucher, calmement quant à ma sœur, elle se mit à crier, furieuse :
- Mais où sont les fourchettes ?
- Mais mademoiselle je vous ai apporté deux tout à l’heure ! répondit Samia, d’une pâleur de mort comme si elle était présente devant la barre d’un tribunal.
- Je les ai utilisées ! et en tombant des yeux sur Sinda, qui vient de sortir de la cuisine et s’apprêta à monter l’escalier, Sinda, apporte moi, une fourchette !
- Dis s’il te plaît Sana ! j’intervenais, en lui jetant, un regard sacripant.
- Pourquoi s’il te plaît ? murmura Sana, tout en riant, puis en pointant Sinda du doigt avec beaucoup de mépris, et fais vite !
Sinda, s’arrêta sur place, fit demi-tour, et cria, en maîtrisant sa colère :
- C’est un ordre ça ?
- Oui ! cria sana, en croisant les bras.
- Alors va l’apporter toute seule !
La réponse de Sinda, me plut alors je me mis à rire, et c’est là qu’intervint Billy, en haussant la voix :
- Apporte-lui une fourchette tout de suite !
- Je ne suis pas sa bonne ! s’écria Sinda, larmoyante.
- Mais moi je suis ton mari et je t’ordonne de le faire !
Samia, interféra en disant :
- Je vais moi la chercher !
Sana, leva la main en objectant tout en criant :
- Non ! moi je désire être servie par Sinda.
Mon père, calme, comme s’il était isolé dans un pièce tout seul où il ne pouvait entendre personne, dégusta sa pomme sans mettre un terme à cette montée de tension.
- Vous êtes vraiment des saletés ! criai-je, furibonde et en adressant la parole à ma sœur, et vous chère pieuse, est ce que l’islam dit qu’on doit abuser d’une enceinte, dans son dernier mois de grossesse ?
- Toi ma chère athée ne prononce pas le mot islam !
- Je suis athée mais humaine au moins ! et si tu veux une fourchette ma chère, tu n’as qu’à te lever et la chercher, comme une grande fille !
Mon père essuya sa bouche, se mit debout puis prit sa deuxième fourchette, encore enveloppée dans une serviette propre, s’approcha de ma sœur et la lui déposa dans sa main, doucement, puis en la fixant d’un regard, coléreux.
- Et épargnez-moi de vos caprices pour une soirée !
Tout de suite après, il quitta la pièce et se dirigea vers son bureau. Ma sœur honteuse, baissa la tête sans proférer le moindre mot et mon frère, Bilhssan, se mit debout, brusquement et se précipita vers sa femme, lui tint le bras, violemment, et en la secouant, cria, comme un fou :
- T’es contente hein ? à cause de toi mon père a quitté la table furieux !
- Laisse-moi ! murmura-t-elle en pleurant.
- Pas avant que tu t’excuses auprès de ma sœur !
- Jamais de la vie ! s’écria-t-elle, en sanglotant et en lâchant son bras, je ne peux plus rester ici ! c’est un enfer ça pas une vie !
- Où compte tu aller ? hurla-t-il, les yeux rouges de colère.
- Je retournerai auprès de ma famille ! je ne peux plus ! et en montant l’escalier, lentement et tout en pleurant, vous n’êtes pas humains, vous êtes des monstres !
- Va-t-en et surtout ne reviens plus jamais, salle conne ! cria-t-il, d’un ton furax.
Je sautai de ma chaise, et je me précipitai vers l’escalier, tout en grondant Billy :
- T’es vraiment un salopard !
En m’approchant d’elle sur la dernière marche de l’escalier, je disais en essayant de la calmer :
- Ne te fâche pas s’il te plaît Sinda ! ils sont des pauvres gamins gâtés !
- Moi aussi je suis gâtée dans ma fille néanmoins je ne suis pas odieuse avec les gens ! et tout en ouvrant la porte de sa chambre, j’ai de la dignité Sandra, et je ne supporte pas d’être présente dans un endroit où je ne suis pas la bienvenue !
Puis elle entra dans sa chambre, tout en fermant la porte derrière elle quant à moi je me dirigeai vers la mienne. En m’approchant de la porte, j’entendis mon portable, sonner alors je me hâtai et en saisissant le Gsm dans mon poignet, je vis le numéro d’Oumayma affiché alors je décrochai aussi vite que je pus.
- Enfin te voilà ! mais t’étais où ?
- Ben en train de dîner c’est Ramadan si tu l’as oublié !
En éclatant de rire, elle cria, tout en rigolant :
- Ah oui j’ai oublié ! et en badinant, et maintenant que tu as dîné, rhabille toi vite et descends ?
- Quoi ? t’es où ?
- A Sousse ! exactement à Khozema devant le grand portail de votre aimable demeure.
Je sortis très vite au balcon, et je la vis, assise au volant de sa voiture garée, juste devant la porte du jardin. En m’apercevant, elle se mit à me sourire puis à me saluer avec la main.



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