
C’était une drôle de façon, d’avouer son amour à sa bien aimée. Nos regards profonds, brillants d’amour et de passion étaient largement suffisants pour contrarier nos phrases émises, avec beaucoup de timidité et de coincement mais aucune de nous deux n’a voulu le dire directement. Chacune de nous deux, attendait de l’autre qu’elle le fasse en premier mais l’audace, fut absente, comme menottée par la raison ou la peur ; la peur d’avouer l’amour impossible, l’amour interdit et surtout la crainte que les sentiments ne soient réciproques.
A ce moment là, j’étais très touchée et émotive, j’avais envie de la serrer contre moi, de l’embrasser et de dire le mot je t’aime, coincé au fond de la gorge mais, elle ne m’a pas laissé le temps pour agir. Dès qu’elle termina sa phrase, elle m’embrassa sur la joue, puis d’une voix larmoyante prit son sac déposé sur le comptoir et quitta la cafétéria avec son amie, qui se faisait draguer tout ce temps là, par le serveur.
Dès que sa silhouette disparut du portail, Oumayma, qui me guettait du loin, vint, en précipitant le pas vers moi et se mit à me poser plein de question mais, je ne répondis pas, et je lui demandai, d’un ton ému de me déposer, chez moi.
Tout au long du trajet, elle n’arrêtait pas de me dévorer avec le regard puis quand elle gara la voiture devant, l’immeuble que j’habitai, elle me cria, fermement :
- Allez raconte- moi tout !
- Je ne sais pas quoi dire !, murmurai-je, toute confuse, puis en avalant ma salive, elle m’a demandé si je l’aime ou pas et…
- Et quoi ? tu lui as dit quoi ?
- Rien, j’avais peur de la choquer, la peur qu’elle réagisse mal,
En tapant le volant avec sa paume, elle reprit :
- Alors t’as rien dit ?
- Si ! j’ai dit que je l’aime en tant qu’amie !
En soupirant, elle cria en me fixant de regard :
- En tant qu’amie ? tu me saoules avec ton coincement ! et en me tenant le menton au bout du doigt, elle est amoureuse de toi, ça saute aux yeux, la preuve elle t’a demandé si tu l’aimes !
- N’importe qui pourra me le demander !
En tapant son front, elle reprit :
- Mais t’es à ce point là naïve ! moi, par exemple, est ce que je t’ai déjà demandé si tu m’aimes ou pas ? c’est une question qu’on pose lorsqu’on aime une personne ! putain, ouvre tes yeux !
- Je ne sais pas ! et en haussant les sourcils, je n’arrive pas encore à croire qu’elle me l’a demandé ! je ne m’attendais pas et…
Puis en ouvrant la porte, et en avançant, une jambe à l’extérieur :
- Tout bouillonne dans ma petite tête comme dans une marmite ! j’ai besoin de me reposer !
- Tu dois l’appeler ma puce !
En me levant complètement, je marmottai, l’esprit ailleurs :
- Ok ! bon je te laisse, et en souriant, merci pour la balade et tout !
- De rien ma belle ! me répondit-elle en me faisant une œillade puis fit un demi tour, et en levant la main, salut ma belle, repose toi bien, je passerai le soir te voir !
- Ok ! à ce soir !
Puis j’entrai la grande porte de l‘immeuble, et je pris l’ascenseur. Au 5ème étage, la porte automatique s’ouvrit, et en levant les yeux, je fus surprise, par mon ex, Ghassen, scotché à la porte de mon appartement, les bras croisés et le regard fixé sur moi.
- Enfin te voilà ! me dit-il en souriant.
En m’approchant de lui, je criai, très gênée par sa présence :
- Qu’est ce que tu fais ici ?
- Je suis venu visiter ma copine !
- Oh ! mon dieu ! et en le matant dédaigneusement, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ! tout est fini entre nous !
Furibonde, il m’attrapa, agressivement par le bras et cria :
- Je t’aime Sandra ! je n’arrive pas à t’enlever de ma tête !
- Laisse-moi ! tu me fais mal !
Avec un regard de psychopathe, il répliqua :
- Je ne te laisserai pas tant que tu ne m’expliques pas c’est qui le mec qui t’a défendu l’autre fois !
- T’es sourd ou quoi ! et en riant rien que pour l’énerver, il te l’a dit lui-même, c’est mon petit copain !
Il me tint l’autre bras aussi, et mit à me secouer violemment en hurlant :
- Tu mens ! tu le fais exprès pour me rendre jaloux !
- Je ne mens pas c’est la vérité !
- Non ! ce n’est pas vrai ! t’es une menteuse !
Il le dit tout en me secouant si fort, puis en me lâchant tout d’un coup, ma tête heurta violemment le mur. Le choc était si intense, que je sentais, tout de suite, une certaine humidité, à l’arrière du crane, puis, une lourdeur soudaine, au niveau des jambes me fit perdre l’équilibre, en ricochant sur le sol. Les dernières paroles, que j’entendis avant de perdre conscience furent celle de Ghassen, perturbé, et affolé qui criait :
- Sandra ! oh mon dieu ! qu’est ce que j’ai fait ! tu saignes ! Sandra ! Sandra ! réponds-moi ! s’il te plait ! réponds-moi !



2 commentaires:
si tu n'avoues pas ton amour et tu te le gardes , peut être tu regrettera plus tard et tu te dira j'aurais dû le lui dire surtout si elle est amoureuse de toi sinon tu sera soulagé au cas où elle ne t'aime pas
le premier pas c'est assez souvent difficile à réaliser.
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