
Chaque fois que je me rappelle de cette période, je ressens un petit pincement au cœur . C’était l’enfer pour moi, un cauchemar sans fin surtout mes entretiens avec ce vieillard, qui me prenait pour une déprimée et une suicidaire à qui on devrait donner goût à la vie et ses délices.
J’avoue, que l’idée de la mort m’avait percuté l’esprit mais ce n’était pas de tout sincère. Je voulais, seulement enlever Nadia de ma tête ou faire comme si elle ne m’avait rien dit, comme si elle ne m’a pas brisé le cœur, en m’insultant et me traitant de tous les noms. Je voulais uniquement arrêter la souffrance qui me hantait.
Heureusement pour moi, que chaque début a sa fin. Et que les deux longues semaines d’emprisonnement à la maison se sont terminées. En fait, mon père m’a rendu ma liberté, et je ne fus désormais plus l’objet de ses discussions ni d’ailleurs la raison de son inquiétude.
Cette liberté m’était offerte grâce à la crise financière, qui a fini par toucher l’une des sociétés de mon père et il a dû par conséquent, se réunir d’urgence avec les quelques actionnaires, dispersés en France et Suisse pour manigancer une nouvelle stratégie leur permettant de se défendre face à la concurrence, impitoyable. Pour s’y faire, mon père prit l’avion pour Paris et moi la fuite de la maison, de Sousse, en volant bien sûr les clefs de mon appartement, de la chambre à coucher de mon papa.
Je revins par la suite, à Tunis, à mon cher appartement et je me jetai, pour une semaine et demi, au bras de la bière et de la vodka ; une façon pratique de se sentir bien dans sa peau même si ce n’est que pour quelques heures.
Ce n’est qu’au début de la troisième semaine de Novembre, que je reprenne ma vie, du quotidien, et mon humour, quasi absent, durant presque un mois.
Pour fêter l’événement, j’acceptai d’accompagner mon amie Oumayma, à la salle de sport du Nasr. Elle était hyper contente de retrouver son amie, et ne cessait de me faire rire avec ses blagues et ses histoires à la con. La pauvre, faisait tout son possible, pour revoir apparaître mon sourire, comme si elle se sentait coupable et la cause, de cette tristesse, qui m’ait envahie.
- Quelle est la différence entre un agent de police et une cocotte-minute?
Pour lui faire plaisir, je souris en murmurant :
- Les deux sifflent !
- C’est la moitié de la réponse ! et en riant, Il n'y en a pas car pour tous les deux, dès qu'ils sifflent c'est cuit !
Franchement ce n’était pas marrant mais pour ne pas l’intimider, j’ai souri, superficiellement et c’est là qu’elle a commencé à me tapoter.
- Allez ne fais pas cette tête de mort ! et en m’embrassant sur mon front, tu trouveras mieux que cette pétasse ! entre nous, c’est mieux que tout est fini entre vous, aussitôt, vous n’êtes pas compatibles de tout !
- Oumayma ! on ne va pas commencer ! dis-je en essuyant mon visage, couvert de sueur.
- Ok ! ok ! c’est bon ! et en me taquinant, je te trouverai, bientôt une fille, canon !
- Je ne veux plus de filles !
- Dans ce cas ! un mec !
- Je ne veux ni fille ni mec ! j’ai eu ma dose !
En badinant, elle persista :
- Dans ce cas, tu as moi !
- Salope ! dis-je en riant, t’es toujours derrière mes problèmes.
Elle se mit à rire, puis en descendant du steppeur :
- Comment j’aurai pu deviner que sa majesté, était chez toi au moment de mon coup de fil !
Et en s’essuyant ses bras tous trempés de sueur avec sa serviette :
- T’es aussi fautive que moi ! t’aurais dû décrocher !
En marchant sur le tapis roulant, je me défendais :
- Ben t’étais pas obligée non plus de dire tout ce que t’as sur le cœur d’un seul coup.
Elle but, un peu d’eau de sa bouteille puis répliqua :
- Si tu avais laissé ton GSM allumé, ce malentendu ne serait déclenché.
Les yeux fixés sur le compteur des kilomètres, je bégayai :
- C’est bon ! c’est ma faute, je l’avoue !
Et en hochant la tête :
- Tu vas faire du vélo ?
- Non ! j’en peux plus je suis toute épuisée ! je vais me doucher !
Puis s’en arrêtant tout d’un coup :
- Je vais plutôt au sauna !
En levant les sourcils, je l’interrogeai :
- On peut y accéder ?
- Et oui ! depuis une semaine, les adhérents du club, l’ont inauguré ! et en me faisant un clin d’œil, c’est la petite nouveauté qui me plaît dans cette salle !
En sautant de la machine, je la taquinai :
- Dis plutôt que tu cherches à mâter les filles dénudés.
Elle éclata de rire, et me répondit avec sa franchise :
- En quelque sorte oui ! alors tu viens ou pas ?
- Bien sûr ! ça m’aidera à me détendre un peu.
Quelques instants après, on se trouva dans une petite cabine, en bois, envahies par des nuages de vapeur, en s’asseyant côte à côte avec Oumayma, enveloppée dans une serviette de la poitrine jusqu’aux genoux, je lui chuchotai d’un air moqueur :
- On dirait dans un Hammam.
Elle ria, et m répondit :
- Un sauna à l’arabe quoi !
Puis on se mit à rire, et la vue d’une fille toute nue, passant devant nous ne nous laissa indifférentes.
- Ça alors ! elle se balade à poil dans ce sauna ? criai-je en plantant mon regard sur elle.
- Elle se sent à l’aise avec son corps.
- Mais ce n’est pas bien de se balader en montrant sa foufoune !
En éclatant de rire, elle continua, avec son humour hors norme :
- Tant qu’elle est épilée, il n’y a pas de mal à la montrer !
- Salope ! tu aimes tout ce qui a un caractère obscène toi.
En dévorant la fille du regard elle continua :
- Elle a un joli cul !
- Arrête de la mater ! as-tu oublié que t’es en couple ?
- Je ne fais que mater, et il n y a pas de mal à ça !
- Tu ne changeras jamais toi ! dis-je rieuse.
C’était très agréable cette petite demi heure, passée au sonna. Ça m’a permis de me détendre et d’évacuer le stress et la tension, tout en me procurant une extraordinaire sensation de bien être.
Par la suite, je me rhabillai et je remerciai mon amie pour cette agréable après midi. Du retour à mon appartement, une surprise du poids lourd m’était réservée. C’était Nadia, le dos collé, à ma porte, qui m’attendait. En m’apercevant, elle sourit puis vint vers moi.
- T’es enfin de retour ?
- Qu’est ce que tu veux ? dis-je d’une voix ferme gonflée de colère.
- Je sais que tu m’en veux et que…
En lui coupant la parole, violemment je criai :
- Tu fous quoi devant mon appart ?
- Je t’attendais !
En poussant un rire coléreux, je bégayai :
- Tu m’attendais ? je pensai que tu ne voulais plus me voir, vu que je suis une perverse. et en plongeant mon regard dans le sien, que tu n’es pas lesbienne ?
Elle se tut un moment puis en ingurgitant sa salive elle reprit :
- Je ne le suis pas mais je t’aime !



2 commentaires:
Anges ou démons miss nadia?
A vous de le découvrir:p
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