vendredi 24 juillet 2009

fille de bonne famille: épisode15: Le premier"je t'aime"

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Elle se tut un moment, me regarda minutieusement puis murmura, au bout des lèvres :
- C’est gentil de ta part mais…
- Mais quoi ? dis-je en tenant sa main.
Elle caressa ma main et continua, tout en plongeant son regard dans le mien :
- J’ai déjà payé un mois de location .
- Et alors ?
- Et puis le propriétaire était trop sympa avec moi, et m’a fait un bon prix de location et…
Je lui coupai la parole, en riant :
- Si tu habites avec moi, ça sera gratuit !
Elle trempa ses lèvres, avec un peu de jus puis me répondit :
- Ah ! non ! je ne peux pas !
Puis en dessinant un large sourire sur ses lèvres :
- Merci tout de même pour l’offre.
Je croisai mes bras et je continuai, un peu d’un ton déçu :
- Je ne te comprends pas d’une part tu trouves la location chère et de l’autre part tu ne veux pas habiter, gratuitement chez moi ?
- Ton appart est petit et puis…
- Qui t’as raconté ça ? criai-je, un peu étonnée, j’ai un grand appart et deux chambres à coucher, tu peux donc t’installer dans la chambre d’amis .
Elle sourit sans répondre alors je continuai pour la convaincre :
- Je te déposerai même devant l’agence dont laquelle tu bosses, ce n’est pas trop loin de lieu de mon travail.
- T’es super gentille toi ! cria-t-elle en riant puis ajouta, mais je ne comprends pas pourquoi tu insistes pour que j’emménage chez toi ?
En fait, ça était une question piège, à laquelle je n’ai pu répondre. Une question, que j’ai provoquée moi-même. Suite à un long moment de silence, je murmurai, à voix basse :
- Ben pour rien ! puis en rougissant, moi non plus je ne supporte pas de vivre toute seule.
C’était bien sûr faux ; une façon de mentir pour travailler une cause ; dans mon cas, réussir à la convaincre et gagner sa confiance.
- Pourquoi tu vis seule alors ?
Et voilà, quand on tisse un mensonge à l’improviste, et qui n’est pas bien construit sur des bases solides, on peut s’attendre au pire.
- Bon ! tu ne me sembles pas chaude pour être ma colocataire et je ne veux pas te forcer.
- Non ce n’est pas pour ça… murmura-t-elle doucement.
- Ok fais comme si je ne t’ai rien dit !
- Ne te fâche pas, ce n’est pas que je ne veux pas habiter avec toi mais c’est loin de l’institut dans lequel je suis inscrite et il faut que je prenne le bus et le métro pour y aller !
- Ne te fais pas de soucis pour ça je t’avais dit que je te déposerai quand il le faut.
Elle sourit puis refusa gentiment sous prétexte qu’elle ne veut pas abuser de notre amitié mais moi je pensai qu’elle évitait d’habiter avec moi car elle a peur que je la saute ; enfin, c’est exagéré, je ne sais même pas si elle éprouve les mêmes sentiments pour moi ou s’agit-il uniquement d’une forte amitié entre filles . Voilà, en deux mots le résumé de notre dernier rancard, mais j’ai réussi tout de même à la convaincre pour venir chez moi, jeter un coup d’œil sur l’appartement et elle a dit oui.
A peine installée dans mon nouveau bureau, la porte cria et Mansour me montra sa grande tête chauve puis un sourire stupide en tenant par la main une grande photo du président dans un cadre doré puis me dit :
- Excusez-moi mademoiselle pour le dérangement !
- Qu’est ce que vous voulez Mansour ?
- J’ai oublié de coller cette photo au mur.
- Ben ce n’est pas grave, de toute façon j’aime bien des murs blancs sans posters et photos.
- Chaque cadre supérieur doit avoir cette photo dans son bureau, et comme vous êtes la fille du patron, donc c’est tout a fait légitime d’en mettre une !
Pour me débarrasser de lui je murmurai, en mordant mes lèvres :
- Ok Mansour ! et fais vite, j’ai des choses à faire !
- Tout de suite mademoiselle !
Une fois le tableau suspendu sur le mur, derrière mon bureau , Mansour quitta la pièce et je me trouvai , toute seule à nouveau. Je mettais à mater le tableau, un bout de temps puis mon portable se mit à sonner et ce fut ma sœur.
- Oui !
- On dit allo et bonjour ! cria sur les nerfs ma sœur.
- Ok qu’est ce qu’il y a ? je sais que tu ne m’appelles jamais pour prendre de mes nouvelles.
- En fait j’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer !
Le cœur battant fort, je haussai la voix, effrayée :
- Est-ce mon père ?
- Non ! ne t’inquiète pas mon père est en bonne santé mais c’est concernant Sinda !
- Qu’est ce qu’elle a ?
- Elle a accouché il y a trois heures.
En riant je disais :
- Tu appelles ça une mauvaise nouvelle ? alors c’est un garçon ou une fille ?
Elle se tut quelques secondes, puis reprit, d’un ton triste :
- Un garçon mais il est mort né !

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