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Je l’ai connu sur un certain site de rencontre ; c’était ma première fois avec une fille, enfin, j’ai toujours su que j’étais hors norme (c'est-à-dire lesbienne) un terme qui choquait toujours dans un pays comme le nôtre, régie par la loi de silence, c’était un certain samedi soir, à cette époque j’étais une nouvelle abonnée à l’internet, concernant ce site, c’est grâce à ma cousine qui est venue séjourner chez nous quelques jours que j’ai y pris connaissance.
Au début, je n’étais pas trop accro à l’internet après elle demeurait ma cocaïne ; ma douce maladie incurable ; qui m’était l’autoroute qui ouvrait accès à mon petit cœur gâté qui voulait prolonger son congé loin du monde tourmenté des sentiments.
On s’est parlé pour la première fois sur un chat ; j’étais bien sûre indifférente mais je me sentais à l’aise avec elle et peu à peu je commençais à l’apprécier et à sympathiser avec elle.
C’est seulement sur MSN, que j’ai appris son vrai nom car elle se cachait pendant les deux premières semaines derrière un pseudo ; elle s’appelait FARAH, elle avait 24ans et moi 28ans ; quatre années de différence qui ne me gênait pas bien sûre vue que nous étions sur la même longueur d’onde et qu’on aimait toute les deux la littérature et les sorties entre copines ; elle était étudiante à la faculté de fiscalité de SOUSSE et j’étais doctorante mais en même temps j’enseignais le cours d’économétrie à l’IHEC et à l’ISG de SOUSSE.
Vu mon statut social et ma profession, je craignais au début de notre relation lui filer des détails à mon propos, je ne voulais même pas la rencontrer tant qu’un construit de confiance mutuel ne fut bâti entre nous deux.
J’avoue aussi que moi-même j’ai menti sur mon prénom, mon âge et ma profession à certain moment, j’étais vaccinée du net (après certains fiascos avec de filles homosexuelles qui se sont avérées des hommes, désespérés et disjonctés, qui n’ont pas réussi dans la vrai vie à séduire les femmes alors ils eurent choisi de se déguiser en femme pour plaire aux femmes) c’est pour cela que j’ai prise tout mon temps avant de me lancer dans cette aventure hors du commun, moi qui était homosexuelle en cachette et hétérosexuelle sur scène.
Ce n’est qu’en cinquième semaine de cette liaison que j’ai commencé à lui parler sans méfiance et spontanément sans vraiment retaper les mots sur le clavier et les modifier à chaque fraction de seconde, j’étais vraiment lâche et je manquai de courage je l’avoue avec amertume ;mais depuis le moment où je me suis relâchée tout a basculé, j’ai appris à aimer, à partager le bout d’iceberg qui flottait dans mon thorax et à le sculpter sous forme du cœur .
Mon premier investissement dans cette relation, fut le jour où j’ai accepté d’avoir une conversation vidéo avec elle en ouvrant ma caméra et en ayant une conversation via le microphone que j’ai acheté quelque temps plus tôt rien que pour qu’elle puisse entendre ma voix, car jusqu’à là je gardai légèrement mes distances en refusant de lui donner mon numéro de GSM.
En la voyant pour la première fois à travers mon écran, je fus immédiatement ensorcelée par sa beauté divine et son charmant sourire qui rayonnait ses lèvres voluptueuses et ses yeux de chat d’une verdure attrayante.
En dévorant son joli visage avec mes yeux, j’eux comme impression que le bout glacial qui vêtit mon cœur fondit tout d’un coup et je sentais une chaleur éphémère émanant de toute ma poitrine et des battements du cœur rapides que je dégustai pour la première fois de toute mon existence.
A partir de ce moment là, je compris que je suis devenue amoureuse, l’esclave et la prisonnière de son charmant sourire. A partir de ce moment là aussi, je pris conscience de l’importance de l’amour dans la vie humaine et surtout dans la mienne ; j’ai appris à sourire non pas pour répondre aux sourires des autres mais pour faire plaisir à sois même, j’ai appris à prononcer le mot je t’aime infiniment sans réaliser un compte rendu à mon cerveau du nombre du fois où ce mot fut composé, j’ai appris à partager mon cœur et à m’investir sans rien attendre en retour.
Au fil des jours, je pris mon courage à deux mains, je décidai enfin de m’engager avec elle sérieusement et de la rencontrer. Pour cela, on fixa un premier rancard dans un certain hôtel qui se trouvait sur la route touristique, j’étais une jeune employée qui disposait d’un joli salaire et qui n’eut pas vraiment des grandes dépenses, je voulais en quelques sortes l’impressionner et frimer comme un homme qui voulait montrer son indépendance et son aisance devant sa petite amie.
Je n’oublierai jamais le moment fatidique où elle pénétrait le portail de la cafétéria ; une superbe silhouette, de taille fine, vêtue d’un pull décolleté rougeâtre et d’un beau jean moulant qui mettait en valeur ses belles cuisses et ses magnifiques fesses bien rondes et bien épaisses. Etant de nature timide, je perdais ma langue un bout de temps avant de la retrouver et de composer les mots suivants sur mes lèvres lâches qui voulaient barbouiller n’importe quoi rien que pour fuir la magie de son regard doux.
Je ne sais pas vraiment quoi dire, je suis tellement émue de te voir en direct.
Moi aussi je suis tellement heureuse, en me dévorant de ses yeux elle reprit, j’attendais ce moment depuis deux longs mois, tu ne sais pas à quel point je t’aime et je t’apprécie, je n’ai jamais eu de relation sérieuse avec une fille auparavant, t’es vraiment spéciale à mes yeux, je pense toujours à toi et je n’arrive pas à m’en dormir le soir si tu m’envoyais pas un message, je te jure ma chérie.
J’étais tellement émue par sa déclaration d’amour que je n’eus pas pu répondre. Là, elle me tint la main, mes joues rougissaient automatiquement et ajouta :
Ce qui me fait craquer le plus chez toi c’est ton côté timide, promets moi que tu ne m’abandonneras jamais et qu’on restera ensemble pour toute la vie.
Les larmes aux yeux de l’émotion, je répondis avec candeur :
Je te le promets ma puce, je t’aime et je t’aimerai pour toujours !
Depuis ce jour là, nos retrouvailles se multiplièrent ; de cafétéria en cafétéria, de restaurant en restaurent, d’hôtel en hôtel (toujours les cinq étoiles bien sure) de tout coin branché de SOUSSE et du HAMMAMET et c’était toujours moi qui payais les additions, moi qui offrais les cadeaux, moi qui jouais le mec mais je m’en foutais des sommes énormes que je dépensais ; j’étais par nature économe, un peu radine pas au point de devenir sfaxiene, mais avec elle ce côté de moi disparaissait et laissait place à une autre HOUDA généreuse, aveuglée par l’amour, qui ne faisait rien à part mitrailler sa bien aimée de ses yeux pensifs et avides au nectar de ses belles lèvre palpitantes.
Je faisais également le chauffeur, avec ma voiture GOLF5, je l’attendais toujours à la sortie de sa faculté, pas devant l’entrée de l’université bien évidemment, on faisait tout en cachette vu qu’un couple homosexuel fut regardé du mauvais œil, et je la déposais toujours où elle habitait, après l’avoir dorloté de caresses et de bisous .En fait, elle n’était pas de SAHEL, elle partageait avec trois filles un studio qu’elles louaient dans la zone de SAHLOUL. Ce n’est qu’au weekend qu’elle rentrait chez elle à NABEUL mais parfois elle restait avec moi et quand elle restait on faisait des trucs coquins, je réservais toujours une chambre d’hôtel à MONASTIR ou à HAMMAMET, l’important dans un endroit où on ne peut nous reconnaitre et par la suite éveiller les soupçons.
Etant lesbiennes, la seule faveur qu’on avait dans ce pays était de pouvoir coucher ensemble sans que personne ne se mette à douter de notre couple, surtout dans les hôtels ou un couple d’hétérosexuels n’ait droit à ce privilège que si un lien matrimonial les unissait. Elle était bonne au lit et me faisait toujours jouir rien qu’en collant ses douces lèvres sur les miennes ; elle était parfaite en tout, la sculpture d’un si joli sculpteur, elle m’apprit à faire l’amour sans pudeur, à m’exhiber et à me sentir à l’aise avec mon corps, elle me donnait la sensation d’être unique, spéciale et me faisait monter au septième ciel du bonheur, de plaisir et de jouissance.
Ce n’est qu’après une année de vie commune de rêverie et d’amour passionnel, qu’elle se métamorphosait. Elle se mettait à me négliger, à trouver des excuses pour ne pas sortir avec moi, elle arrivait même à ignorer les dénombrables messages que je laissais sur la messagerie de son GSM et bien sure ne décrochait pas le plus souvent à mes appels infinis en prétendant qu’elle n’ait pas entendu le portable sonner où qu’elle l’ait mise en mode silencieux pendant les séances de cours et qu’elle ait oublié de le désactiver après.
C’était la période la plus tendue et la plus stressante pour moi, la période la plus noire et la plus sombre de mes souvenirs d’elle. Je ne sentais plus l’étincelle de l’amour à travers son regard, qui perdait son rayonnement et son charme jour après jour et devenait avec le temps maussade, oisif, embrouillant et surtout ordinaire. C’était également la période où j’eus commencé à déguster l’autre facette de l’amour, sa facette de souffrance et de torture, sa facette des pleurs et de nostalgie permanente ; je devenais dépressive, toujours sur mes nerfs, toujours triste et mélancolique, je prenais toujours des congés et je ne trouvais point du gout ni à l’enseignement ni à ma thèse du doctorat.
Ne pouvant plus suivre le rythme de ce train de chagrin et de frustrations, je décidai de résoudre cet énigme et de savoir la cause capitale de ses mutations progressives ; ce n’est qu’en l’espionnant un certain jour que j’eus eu la réponse fatale à mes doutes.
C’était un certain vendredi, plus pire que vendredi treize, plus maléfique et plus noire pour moi, ce jour là, je n’avais pas de cours à enseigner et je n’avais rien à foutre à part la suivre en cachette. Je garai ma voiture à deux ruelles de sa faculté puis je m’approchais à pas lourds du portail de la fiscalité et je me cachais derrière une vieille camionnette blanche. Après un quart d’heure d’attente, je la voyais sortir, élégante et coquette comme d’habitude, et se dirigeait vers une voiture bleue, une POLO, garée auprès d’une parfumerie, en traversant la rue et un certain monsieur , un bel homme qui avait la trentaine presque assis à l’intérieur qui échangeait un long sourire avec elle puis sortit de sa caisse , échangea deux bisous avec ma copine et lui ouvrait la porte de voiture de son côté comme un gentleman . Elle avait l’air heureuse avec lui, tellement rayonnante et plein de vie comme à l’époque où nous étions à l’apogée de notre histoire d’amour ; qui débutait en cachette et prit fin en cachette aussi.
Le lendemain, le 17avril, après une longue nuit blanche où mes yeux furent inonder par une pluie torrentielle de pleurs, je décidai d’avoir une conversation avec elle, de montrer un bout de diadème à ma pauvre personne et d’essayer de remédier les multiples blessures qu’elle m’avait infligées en l’insultant, lui crachant dessus la méprisant comme elle l’ait fait avec moi auparavant. Sans trop réfléchir, je pris les clefs de ma voiture, je la démarrai et je me dirigeai vers SAHLOUL. En arrivant, après dix minutes, à ma destination, je garai ma voiture pas loin de la maison qu’elle louait puis je claquai à la porte et c’est elle qui me l’ouvrit, surprise et gênée, puis trouva sa langue en murmurant :
C’est toi ? Qu’est ce que tu veux ! Je t’avais dit que tout est fini entre nous !
T’es vraiment une pourriture, une fille superficielle et une salope ! Dirai-je les larmes aux yeux, je souhaite que tu bruleras en enfer pour tout le mal que tu m’as causé !
Là, elle me guetta d’un regard de travers puis éclata de rire en me disant en toute cruauté:
Brûler en enfer ? C’est toi la lesbienne, c’est toi qui finiras toute sa vie seule et qui bruleras le jour du jugement dernier, je ne veux pas d’une relation en cachette sans future, je ne veux pas non plus finir vieille fille comme toi !
C’est moi la lesbienne ? As-tu oublié que c’est toi qui m’a dragué en premier et que c’est toi qui a insisté qu’on soit en couple ?
On a passé du bon temps ensemble, je l’avoue mais ça s’arrête là, en avalant sa salive elle reprit, j’ai un fiancé, c’est un architecte qui a sa propre maison, une voiture, et qui peut me faire des enfants ; mais toi tu ne peux rien m’offrir !
Merci infiniment pour ta franchise, je disais amèrement, merci tu m’as bien eu mademoiselle ! Je mérite vraiment ce qui m’arrive !
Elle me coupa la parole en criant sur moi :
Et maintenant fiche moi la paix, je veux plus te voir, ni entendre parler de toi, vieille fille ! Oublie moi ou suicide toi ça m’est complètement égal, de toute façon tu n’es rien pour moi ! À dieu !
Puis, elle ferma la porte brusquement et je restais debout, paralysée et sentant le sang bouillonnait dans tout mon corps. Le 25 avril, je repris conscience dans une certaine clinique, pâle et chétive. Il parut par en effet que je me suis tombée dans le coma suite à un accident de voiture le jour maudit où elle m’avait dit mes quatre vérités en cachette tout comme notre histoire d’amour qui s’est déclenché en cachette et a pris fin en cachette également.
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