
En fait, elle n’avait aucun empêchement. C’était une façon de parler ; de se la jouer capricieuse et désintéressée. Mais le lendemain, matin, elle m’appela pour la confirmation. J’étais aux anges, très même, c’était l’occasion pour moi de me rapprocher d’elle et pourquoi ne pas, faire un pas sérieux et lui avouer mon grand amour pour elle.
Cependant, un seul détail m’avait gêné. Elle avait insisté pour que ses colocataires, soient présentes. Comme, je présumai ne pas avoir le choix, et que je voulais coute qui coute, l’avoir à mes côtés cette soirée, j’étais d’accord.
Dès notre arrivée, elles furent émerveillées et ensorcelées, par l’ambiance disjonctée de la boite comme si c’était leur première fois ; excusez moi ; c’était la première fois pour Nadia, en tout cas. Elle semblait coincée, et un peu intimidée et frustrée par la lumière vive alors je lui initiai à la conversation, pour qu’elle se sente à l’aise.
- Hey ! Nadia ! pourquoi t’es peu bavarde ce soir ?
Mais comme d’habitude, son amie Rakia parla à sa place, comme si elle était son avocate ou sa tutrice.
- Elle est toujours peu bavarde ! en en caressant la main, de sa colocataire, détends toi ma puce ! on est venu ici pour faire la fête pas le deuil !
Elle sourit et répondit, entre les dents :
- C’est juste parce que c’est ma première fois en boite !
- Tu n’as donc jamais mis le pied en boite avant ? j’intervins, un peu étonnée.
- Jamais ! murmura-t-elle, un peu honteuse.
Et son amie Rakia, lui coupa la parole comme toujours, pour me répondre.
- Elle vient d’une famille hyper conservatrice ! sa mère et sa sœur ainée porte le voile, et ses tantes aussi ! et en rigolant, je me demande quand est ce que on te verra voilée comme eux !
- C’est bon Rakia ! ce n’est pas drôle ! cria-t-elle énervée.
Puis Maha, l’autre colocataire m’adressa la parole :
- Nadia ! nous a dit que ton père soit un milliardaire ! c’est vrai ça ?
J’étais un peu interloquée par sa question, mais je répondis tout de même :
- Oui ! il est riche !
Les yeux grand ouverts, et la bouche également, elle reprit :
- Waw ! tu vis comme une princesse alors ?
- Pas tellement ! je répondis, doucement.
- Tu voyages souvent ?
- Oui !
- Tu as fait le tour du monde ! intervint Rakia, curieuse.
- Non pas vraiment !
- Tu voyages combien de fois par an ? me lança Maha.
- Ça suffit vous deux ! s’écria Nadia, un peu embarrassée par l’attitude de ses copines.
- On ne fait rien de mal ! c’est juste des simples questions ! lui répondit Rakia et en m’abordant, n’est ce pas Sandra ?
Je souris sans prononcer le moindre mot puis en levant la tête, je vis Oumayma, du loin. Je lui fis, un petit signe avec la main, elle me repéra et vint vers nous après avoir collé un long baiser sur les lèvres de son petit ami.
- Ça alors ! t’es venue sans me le dire ! et en examinant les visages de mes invitées elle rajouta, avec son humour, un peu piquant. traitre ! tu me trompes maintenant avec d’autres filles !
Les filles semblaient, un peu, gênée par sa phrase, mais elle ne s’arrêta pas là, s’assit sur mes jambes et continua, en posant ses deux bras autour de mon cou :
- Tu m’as manqué petite garce !
- Arrête Oumayma ! je criai, en gardant mon sang froid.
Elle glissa ses lèvres sur ma nuque, et m’embrassa, puis se leva et dit en riant :
- Ne soyez pas choquées les filles ! on est toujours ainsi moi et elle ! n’est ce pas mon poussin ?
Je souris, un sourire superficiel et je bégayai :
- Bien sûr ma chérie !
Puis, Oumayma, chercha de ses yeux, Nadia, qui semblait gênée par sa présence et lui dit :
- Tu m’as manqué toi aussi !
Nadia, haussa la tête légèrement, sans même la regarder vraiment, et dit :
- Merci !
Mais Oumayma, n’arrêta pas là, et suivit comme une peste :
- Ce soir ! tu ne m’échapperas pas ! tu vas me répondre pour ma question de l’autre jour ! et en allumant une cigarette, elle persista, je n’oublie jamais, moi !
En toute amabilité, je lui dit :
- Oumayma ! s’il te plait !
Elle ria, comme une folle puis reprit en me faisant un clin d’œil :
- C’est bon ! je me tais ! je te promets de rester sage ce soir !
Et en prenant un long souffle de sa cigarette, elle cria, en grimaçant :
- Et merde !
- Qu’est ce qu’il y a ? je demandai un peu inquiète.
En secouant sa nuque, et bougeant légèrement les yeux, elle murmura :
- Regarde qui vient d’entrer !
En suivant la trajectoire qu’elle m’ait indiquée, je vis Ghassen, le dos collé à la porte d’entrée, et nos regards se croisèrent très vite. Il me sourit, méchamment, puis échangea quelques paroles avec sa bande d’amis et se dirigea vers nous.



2 commentaires:
l'irrigation goute à goute
euh oui c'est un peu ça:p
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