
Dans la vie, on regrette tous, à un certain moment, une chose qu’on a faite. Moi, ce que j’ai regretté le plus, c’était le baiser que j’ai échangé avec mon amie Oumayma, sur la piste de danse, en plein public, non pas parce que je me sentais honteuse mais parce que, depuis cette maudite soirée, Ghassen n’arrêtait pas de me harceler immanquablement ; par ses coup de fil torrentiels ou ses messages infinis, qui ont fini par saturer mon pauvre portable.
Si cette gêne provenait uniquement, d’un petit engin, de malheur, le casser ou le fermer, pour quelques jours serait une solution en or ; mais, ça ne s’arrêtait pas là. Ghassen, me suivait partout où j’allais comme mon ombre comme s’il n’avait rien à faire de sa maudite vie à part empoisonner la mienne.
Même, la veille du Samedi, il n’a pas hésité à me suivre ; au centre commercial du lac, lui qui n’aimait pas généralement m’accompagner pour faire le shopping. Il ne m’a même pas laissé faire du lèche vitrine tranquillement pour choisir une belle robe pour le grand événement familial, et bien sûr m’a cassé la tête avec ses leçons de morales et son amour fou qui m’étouffèrent sans cesse.
- Ghassen ! fiche moi la paix !
- Non ! je ne pars pas avant que tu m’expliques la scène que j’ai vue il y a deux jours en boite ! insista-t-il.
- Il n’y a rien à expliquer !
- Ah ! bon ! rien de tout.
Et en me tenant par mon poignet, fortement :
- Mais tu n’as pas honte Sandra ?
- Pourquoi devrai-je en avoir ?
- Comment ose tu l’embrasser sur la bouche devant tout le monde !
En relâchant ma main, je répondis en mordant mes lèvres :
- C’est elle qui m’a embrassé en premier !
- Et toi ! tu n’as pas dit non !
Je m’arrêtai un moment, devant une boutique et je repris, en rogne :
- Je ne vois pas en quoi ça te regarde, maintenant, que nous ne sommes plus ensemble !
Et en riant ironiquement :
- Tu dois plutôt te balader avec ta nouvelle copine ! elle s’appelle comment déjà ?
- Hela ! et ce n’est pas ma nouvelle copine, elle était ma cavalière pour une soirée !
Et en s’arrêtant devant moi :
- C’est toi ma copine !
- Oh ! Ghassen ne commence pas s’il te plait !
Et après l’avoir regarder longuement :
- Tu sais très bien que je n’éprouve pas les même sentiments pour toi !
Il lança, un rire forcé, et cria :
- Et tu éprouves de l’amour pour Oumayma ? c’est ça ! tu deviens lesbienne maintenant ?
- Je ne suis pas amoureuse d’elle ! c’est ma meilleure amie !
- Khalil est mon meilleur pote aussi néanmoins on s’embrasse pas par la bouche ! me répondit-il avec l’expression de dégout tracé sur son visage.
- Ce n’est pas pareil ! nous les filles on aime les caresses et la tendresse ! et puis c’était un baiser innocent !
- Innocent ? tu as peut être oublié que Oumayma soit bisexuelle ?
- Et alors ?
- Ah ! j’arrive pas à croire ! puis en serrant ses dents de colère, réveille toi Sandra ! tu fais partie d’une famille, très respectable et de la haute société ! tu dois au moins honorer ton nom de famille et te conduire en lady !
- C’est ma vie ! et je suis libre de faire tout ce que je veux ! va chercher plutôt une autre fille de bonne famille à épouser ! car ça ne sera jamais le cas avec moi !
Il me tint les deux épaules par ses mains et se mit à me balancer, légèrement, comme une manière physique de me blâmer, tout en criant :
- Je ne comprends pas pourquoi tu n’arrives pas à m’aimer ! je suis beau, riche, et fou amoureux de toi !
Puis en me serrant, fortement contre sa poitrine, il me chuchota, d’une voix étranglée de pleurs :
- Je t’aime tellement ! ne me dis plus que tu n’éprouves rien pour moi ! tu ne sais pas à quel point je souffre chaque fois que tu me le répète !
Je levai la tête, et je mis à regarder, ses yeux, puis je baissai de nouveau ma tête tout en disant, avec beaucoup de remords :
- Je suis désolée Ghassen ! je ne peux pas !
- Mais putain ! ne me dis pas que tu préfère les filles aux garçons ! j’arrive pas à croire !
Puis, j’entendis, une voix féminine qui m’appelait, en tournant la tête, j’aperçus Nadia, souriante qui me fait vite fait la bise, serra, timidement et rapidement la main de Ghassen, tout en disant :
- Ça alors quelle coïncidence !
- Ah ! oui ! je murmurai, toute frustrée puis je l’interrogeai, tu fais du shopping aussi ?
- Non ! je suis venue avec ma cousine Rahma, elle est en train d’essayer un paire de chaussure et je vous ai aperçu par hasard à travers la vitrine alors je suis venue vous passer le bonjour !
Je souris et je dis, en cachant ma joie de l’avoir rencontrée :
- Je suis contente de te voir !
Puis, elle remarqua le malaise de Ghassen, et la colère, dans ses yeux alors elle lui adressa la parole d’un ton inquiet et par politesse :
- Cava Ghassen ?
- Non ! je ne le suis pas ! et en me dévorant du regard, il continua, comment pourrai je me sentir bien alors que ma petite amie veuille rompre avec moi !
- Ghassen ! tais-toi ! je criai, en essayant de le calmer.
- Non ! je ne vais pas me taire ! et en regardant Nadia, un petit moment, il répliqua, mais le plus drôle ce qu’elle veuille rompre pour se mettre en couple avec une fille !
Nadia, resta bouche bée, un moment, n’osant même pas me regarder puis bégaya :
- Une fille ?
- Oui ! la fameuse Oumayma ! joli couple pas vrai ?
Là, Nadia, haussa la tête, sous l’effet de surprise et nos yeux se croisèrent mais les mots nous manquèrent cédant ainsi la parole, à un autre langage, plus expressif, celui du regard.



5 commentaires:
ça devient une drogue cette histoire. Bonne continuation!
oui! ma cocaîne à moi:p merci pour votre commentaire:)
ce qui fut sera sandra
la confrontation est inévitable (come out)
tout le reste n'est que littérature
un come out précoce, imposé mais inévitable comme tu le dis( le moment peut être mal choisi, mais le but atteint:p)
Ah, un si beau garçon ! Il aurait eu tellement de succès avec les filles.
Comme quoi, sortir de son placard est un moyen efficace de se venger de la connerie ambiante.
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