
Je précipitai le pas à mi-chemin puis, à quelques mètres de leur table, je baissai le rythme de ma marche, et j’hésitai un bon moment avant de rebrousser chemin et de me diriger vers les toilettes. Là, je mis à me laver le visage avec de l’eau et à me dire : « mais qu’est ce que te prend Sandra ? Tu comptais faire quoi ? Hein ? Vous ridiculisez en public ? » Et au moment où je me levai la tête, je vis à travers le miroir, Nadia, debout derrière moi, croisant les bras qui me disait après un long moment de silence :
- Salut Sandra !
- Salut ! je disais en essuyant mes mains avec une serviette.
- Tu voulais me dire quelques choses ? me lança-elle directement en me dévorant du regard.
- Moi ! non ! Qu’est ce qui te fait penser que je voulais te parler ?
- Par ce que tu n’arrêtais pas de me regarder depuis tout à l’heure !
- Moi ! criai-je en riant, et pourquoi je te materai ?
- A toi de me le dire ! me dit-elle sérieusement.
- Tu te fais des illusions ma chère !
- Ah ! des illusions ! murmura-t-elle entre les dents.
Puis on échangea, un long regard et je m’apprêtai à sortir des toilettes mais elle m’empêcha en me tenant par la main :
- Il faut qu’on parle Sandra !
- On n’a rien à se dire ! je murmurai en fuyant ses yeux.
Elle me caressa le visage puis me dit doucement :
- Je t’aime bien Sandra ! et je ne veux pas te perdre à cause d’un garçon !
Je souris, et je disais, un peu frustrée :
- Ok !
Alors elle continua en me disant :
- Je ne suis pas le genre de fille à piquer les mecs de mes copines ! donc tu n’as pas à t’inquiéter pour ça !
Je m’éclatai de rire et je répliquai :
- Tu me fais vraiment rire ! tu crois que je t’en veux parce que j’ai peur de toi ?
- Non ! je n’ai pas dit ça !
- Pour votre culture générale ma chère ! je suis capable de sortir avec un mec même au bout de cinq minutes ! rien qu’un simple sourire de ma part et n’importe quel mec sera séduit !
Elle sourit, son joli sourire et reprit :
- La prétentieuse !
- Je ne suis pas prétentieuse ! mais c’est la vérité !
Au bout d’un moment, la fille mystérieuse, fit son apparition, s’approcha de Nadia et lui dit :
- Bon ! j’y vais moi !
- Si vite !
- Ben ! oui ! il faut que je parle à mon encadreur !
Et là, Nadia, fit les présentations en me disant :
- Sandra ! c’est ma cousine Rahma ! Elle est venue à Tunis le temps de passer sa thèse de doctorat !
Rahma me sourit, et me dit gentiment après m’avoir fait la bise :
- Ravie de faire ta connaissance !
- Moi de même ! je murmurai en souriant aussi.
Puis elle embrassait Nadia et lui dit :
- Allez ! je te laisse cousine ! bisous !
Puis en me faisant un clin d’œil :
- Bye Sandra !
- Bye !
Puis en regardant Nadia, un moment j’ajoutai :
- Tu ne veux pas me rejoindre Oumayma et moi ?
- Bien sûr que je le veuille ! me répondit-elle, les yeux brillants de joie.
En revenant, à ma table, Oumayma fut surprise, avec les yeux grands ouverts, alors je souris et je m’assis , en face d’elle et Nadia, à ma droite, prés du moi puis je pris la parole en disant :
- Je suppose que tu connais mon amie Oumayma !
- Oui ! un peu ! dit-elle, un peu timide.
- Moi par contre je te connais bien ! lança Oumayma, en me regardant.
- C’est vrai ?
- Oui ! Sandra me parlait souvent de toi !
Je fus, un peu frustrée, et je lançais un regard sacripant, à mon amie, elle comprit le message, ria, un moment puis reprit :
- Alors ! tu as un petit ami !
- Non ! je viens de rompre avec mon fiancé !
- Ah ! je suis navrée !
- Non ! c’est rien !
Puis Oumayma continua avec ses questions agaçantes.
- Qu’est ce qui te plait chez un mec ?
Elle se taisait un moment puis dit :
- Son regard !
- Non je veux dire physiquement !
- Le torse ! répondit-elle, un peu gênée.
- Moi ! c’est la taille du pénis ! cria-elle en examinant Nadia du regard.
Alors j’intervins, sur les nerfs :
- Oumayma ! tais- toi !
Puis en adressant la parole à Nadia :
- Je suis désolée ! elle est un peu disjonctée !
Mais Oumayma, comme si elle voulait me provoquer, continua :
- T’as déjà embrassé un mec ?
- Non ! jamais ! murmura-t-elle en baissant la tête.
- Jamais ! jamais ! cria Oumayma, un peu surprise puis en persistant, alors comment tu sais que tu aimes les garçons ?
- Ah ! voyons ! nous sommes dans un pays arabe ! et…
- Et alors ? moi j’embrasse tous mes petits amis et même des filles !
Nadia, fut choquée, en entendant cela, puis dit, toute pâle :
- Tu as embrassé des filles ?
- Oui ! et c’était agréable ! très même !
- Ça ne se fait pas !
- Pourquoi ?
- Parce que Dieu ne le veut pas !
- Dieu ? puis en allumant une cigarette, dis moi tout d’abord, est ce que ça te dégoute de voir deux filles s’embrasser ?
J’intervins de nouveau en criant :
- Oumayma !arrête tu ne vois pas que tu exagères un peu avec tes questions ?
- Je veux entendre sa réponse ! alors ?
Nadia, ne répondit pas, se mit debout brusquement puis me dit :
- J’y vais moi ! et en regardant Oumayma, à peine, elle murmura, heureuse d’avoir fait ta connaissance !
- Mais Nadia… je bégayai, un peu déçue.
Elle me sourit, prit son sac à main et quitta le cafétéria alors je regardais Oumayma et je criai en rogne :
- Mais putain ! Qu’est ce que t’a pris de parler ainsi avec une fille que tu connais à peine ?
- Je voulais t’aider !
- Tu as fait fuir la fille !
- Tu sais sa réaction est très encourageante !
- Ferme-la !
Puis je partis moi aussi, sans même regarder Oumayma, en essayant de contrôler ma colère pour ne pas faire marche arrière et la gifler.



2 commentaires:
Merci mon amie oumayma pour ton aide précieuse.elle a l’air de prendre la vie plutôt positivement.j'aime le personnage
oui un vrai franc parler malheureusement les gens comme elle ne sont pas tellement appréciés !
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