lundi 20 avril 2009

fille de bonne famille: épisode7: Mon séjour à Nice

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Je sortais de nouveau au balcon et je continuai à fumer le bout de cigarette que j’ai caché derrière un pot à fleurs (mon père était comme tous les pères hyper protecteurs et n’appréciait guère de voir une de ses filles fumer alors je le ferai en cachette quand il fut présent dans les parages) et je pris un souffle ; ça était presque pareil le jour maudit où j’ai appris la mort de Vanessa ; j’étais au balcon et je fumais le bout d’une cigarette sur mes nerfs tout en menaçant ma sœur et ma belle mère de me jeter du premier étage.
Je n’étais pas tellement désespérée pour le faire, je voulais seulement rester seule une sorte de deuil pour ma chienne qu’ils n’ont même pas respecté le décès et l’ont jeté comme une merde aux ordures ; un être si pure et si innocent avec une fin si dramatique et méprisante ; c’est cela en fait qui m’a blessé le plus.
En même temps je guettai mon petit frère qui jouait au jardin tout près de mon balcon avec son ballon ; il se croyait un footballeur professionnel (un rêve commun pour tous les petits garçons ; au moins moi quand j’avais son âge je rêvai de devenir institutrice mais bon le temps change et la mentalité aussi) et reculait puis avançait brusquement et lança le ballon si fort comme dans la fameuse série de BD japonaise de Tom et Olivier (capitaine Majed) il a même crié en lançant la balle en disant « le coup de l’aigle » . Je l’envie d’être si petit et naïf et je serai prête à payer mes yeux pour revenir en arrière à mon enfance et la belle époque de l’innocence et la spontanéité juvénile.
Il y avait un peu du vent cet après midi là et le ballon finissait par atterrir entre les branches du plus vieil arbre du jardin ; un amandier d’une vingtaine d’années le seul survivant de l’extermination des arbres qui ait mis terme à notre ancien jardin et l’ait remplacé par une pelouse toute gazonnée un nouveau décor choisi par ma belle mère qui voulait un air contemporain ; plus gai et plus vif au jardin et le sortir de son vieux manteau usé et dépassé d’une savane sauvage. Mon père était d’accord avec elle sur toute la ligne sauf bien sûr pour cet amandier qu’il aimait tant et qui selon lui fut son porte bonheur tout au long des années de sa gloire mais ce jour là il fut maudit pour notre jardinier.
Dés le moment que le ballon se coinçait Mohamed Ali essayait de grimper l’arbre de cinq mètre de langueur ou plus mais il glissait tout le temps et ne parvenait pas à trouver la bonne technique pour monter. Déçu, mon petit frère commençait à pleurnicher comme toujours lorsqu’il ne parvenait pas à ses fins et à tressaillir comme une grenouille morte qu’on galvanise. Par hasard, Hadi, notre jardinier de 63ans fut du passage avec sa brouette ; il était en train d’enlever les mauvaises herbes lorsqu’il entendit la mélodie des pleurs odieuse de mon frère ; il avait un faible pour mon frérot et il s’est accroupit pour essuyer ses larmes puis en souriant il lui disait :
- Ne pleure pas mon garçon ! les jeunes hommes ne pleurnichent pas ! je vais grimper ce méchant amandier et te jeter le ballon !
A ces mots ses pleurs disparaissaient et cédaient place à un joli sourire si joyeux et rayonnant. Fidèle à sa promesse, Hadi poussa sa brouette bleue, la collait à l’arbre puis montait sur elle et parvenait à toucher la plus basse branche et à la grimper avec une certaine difficulté mais le ballon fut encore loin de sa portée alors il essaya de se maintenir debout sur la branche qui était assez épaisse pour supporter son poids mais même sur les bouts des orteils il n’arrivait pas à secouer les deux naissantes branches du sommet de l’arbre à un mètre et demi de hauteur de plus alors il prit le risque de grimper une autre branche plus au moins fragile pour supporter sa lourdeur mais c’était la seule solution pour arriver à toucher le maudit ballon.
A peine accroché au bout de cette branche, l’arbre commençait à se secouer violemment et le sinistre fut au rendez vous ; les mains collées sur cette maudite branche et les pieds dans l’air , Hadi finissait par perdre l’équilibre , la branche de se casser ; et le malheureux homme tomba agressivement sur sa brouette ; le choc fut intense comme un bombardement et ma peur doublement effrayante : à la vue de notre pauvre jardinier s’écraser comme une bombe sur sa brouette et la porte de ma chambre qui se brisait elle aussi comme dans un film d’action avec l’entrée théâtrale de Monji qui tomba par terre du coup puis se leva si vite et se dirigea vers moi , lui, ma sœur et la bonne Mahbouba alors que je voyais l’autre bonniche assise sur ses genoux en essayant de réveiller ma belle mère évanouie suite à ce désastre.
Ce fut le jour le plus maudit de toute mon existence et le plus noir ; ce soir là tout fut éteint la télé, la lumière et nos lèvres furent cousues comme s’il y avait un mort ; en effet, la vie de Hadi était en danger le pauvre tombant violemment sur le dos, perdant la connaissance et flottant dans son sang fut amené d’urgence à l’hôpital.
Là-bas, on apprenait que son état fut critique et qu’il se noyait dans un coma profond qu’on ignorait sa durée où les chances qu’il ait pour survivre. On a prié fort pour lui ; il était seul dans la vie sans famille ni épouse ; un pauvre homme solitaire dont personne ne s’y souciait vraiment. Ce n’est qu’à l’hôpital que j’apprenais ceci de lui ; dire que je ne suis pas moins pire que ma sœur mais m’intéresser aux pauvres et à leur souffrance ne m’ait jamais intrigué c’est seulement ma personne qui m’intéressait ; ma vie de princesse et mon petit monde d’opulences et de caprices.
Après cette malheureuse incidence, je me noyais dans une dépression ; je refusai de manger où de sortir de ma chambre ; ce qui inquiétait fort mon père et il décida d’intervenir pour me sortir de mon état d’angoisse et de tristesse extravagant. Ce fut la première fois qu’il se montrait affectueux à mon égard et qu’il me proposa de l’accompagner pour quelques jours à Nice pour changer d’air et apaiser ma douleur psychique.
Mais le voilà, qu’il changeait de version tout au long du voyage ; dans l’avion il me répétait et m’assurait qu’il resterait avec moi une semaine entière et à peine arrivés à Nice dans notre quartier chic il le résumait à deux journées et finalement à une soirée mais je l’en voulais pas après tout ses marchés vont lui apporter plus de bénéfices mais moi plus de nausées et une bonne dose d’Aspégic.

4 commentaires:

zizou a dit…

pauvre jardinier

zizou

zizou a dit…

Je perçois du vrai dans ce que vous dites, mais je crois tout de même que nous devons avoir un but dans le périple qu'est notre vie.

N’oubliez pas que la seule chose qui soit réelle dans votre périple, c'est le pas que vous faites en ce moment. C'est la seule chose qui existe vraiment.

Il n'est pas nécessaire de fouiller votre passé, sauf lorsqu'il se manifeste dans l'instant sous la forme d'une pensée, d'une émotion, d'un désir, d'une réaction ou d'un événement qui vous arrive.

Si vous commencez à fouiller votre passé, ce sera un trou sans fond, car vous trouverez toujours autre chose. Vous croyez peut-être qu'il vous faut plus de temps pour comprendre le passé ou vous en libérer, donc que le futur finira par vous en délivrer. C'est là une illusion. Seul le présent peut vous amener à cela.
zizou

bella_ragatsa a dit…

c'est vraiment joli comme aperçu:P vous êtes mon zizou de Sousse ou le nouveau car j'ai deux maintenant :D
et vous avez raison c'est le moment qu'on vit actuellement qui est important:)

zizou a dit…

je me suis rendu compte que je me suis inscrit deux fois à ton blog
Désolé pour mon ignorance J'avais mal interpréter le terme connexion

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