
Comme d’habitude, et conformément à mes statistiques, ma sœur fut la source de toutes les mauvaises nouvelles, concernant la famille.
Pour être franche, j’étais un peu touchée par la mort de ma grand-mère, et je sentais aussi du remords vu, que je ne lui ai jamais rendu visite, après le départ de ma mère, comme si je voulais faire payer à tout membre de sa famille, « le crime » qu’elle ait commis à notre égard et les faire souffrir autant que nous.
Le lendemain, je pris mes clefs, et je montai en voiture. Après deux heures de conduite, je garai ma voiture devant la maison de grand-mère ; une maison, que j’aimais petite et qui, me rappelait des bonnes souvenirs ; d’une famille heureuse, solidaire et stable.
La porte du jardin, était ouverte, celle d’entrée semi-ouverte, et un cercueil était posé par terre, sous la fenêtre de la salle à manger ; où ma grand-mère me dorlotait, enfant, en me préparant, tous les petits plats, que j’aimais.
La maison, semblait vide, abandonnée du loin. En pénétrant la petite porte d’entrée, je ne vis personne mais, j’entendis, des voix, provenant du salon principal, et en m’approchant , je découvris ma mère, mon oncle Rida et ma tante Mounia, réunis, debout tous les trois et la conversation ne me parut guère affective, ni adéquate dans des circonstances pareilles.
- Il n’en est pas question qu’on vende la maison ! cria ma mère, furieuse.
Et ma tante Mounia, la soutenant, ajouta :
- Qu’est ce que les gens vont penser de nous ? hein ? ils attendaient la mort de leur mère pour vendre la maison ?
- Arrêtez vous deux ! répliqua mon oncle, qui a perdu presque toutes ses cheveux, tout le monde a sa propre villa, et cette maison, si personne ne l’habitera, elle restera abandonnée donc, la vendre et profiter de l’argent qu’elle nous rapportera constitue, un bel revenue pour nous tous !
Et pour les encourager, à accepter son idée, il ajoutait :
- Il y a un acheteur, qui m’a proposé 300millions, vous vous rendez compte, c’est une somme énorme, et n’oubliez pas que l’emplacement de la maison, est stratégique, au milieu de Sousse, donc on doit la vendre !
- Mais ça ne se fait pas surtout, que notre mère est récemment morte ! objecta ma mère.
- C’est l’occasion ! surtout ! que tous mes frères et sœurs sont présents en Tunisie ! en ingurgitant sa salive, il reprit, toi-même tu t’en vas dans quelques jours, donc il faudra mieux précipiter la procédure du vente pour le bien de tout le monde ! vous savez les affaires d’héritage prennent du temps ! et en plus, Abdel Bassit est d’accord, il ne reste que mes sœurs à convaincre !
- Je ne crois pas que Jamila, sera de ton côté ! répliqua ma tante Mounia, elle est trop attachée à ma mère et elle refusera surement !
Puis, en tournant la tête vers la porte, par hasard, me remarqua, sourit largement et cria, toute émue :
- Sandra ! je ne crois pas mes yeux !
Elle se dirigea vers moi me serra fortement contre sa poitrine, et me couvrira partout de ses bisous et reprit :
- J’étais sure que tu viendras ! et en versant, quelques pleurs, malheureusement tu as raté l’enterrement hier ! j’ai dit à mes frères de retarder les funérailles, le temps que tout le monde vienne, mais tu sais dans la religion mieux vaut précipiter l’enterrement ! dieu seul sait pourquoi, moi je ne suis pas trop cultivée côté religion !
- Mounia ! arrête tu lui casses la tête avec tes bavardages ! intervint ma mère, en souriant, son joli sourire.
- Oui ! je sais que je suis une grande gueule ! murmura ma tante, en souriant.
Puis ma mère s’approcha de moi, me serra contre elle, me colla un bisous sur le front puis, un deuxième sur la joue et continua en me caressant le visage tendrement :
- Cava ma puce ?
Je remuai la tête pour dire oui, alors ma tante répondit à ma place :
- Elle est très émue par la mort de sa mamie ! j’ai toujours dit que Sandra était la plus gentille de la famille Idriss, tenez la preuve, à part elle personne n’est venue, même pas Sana, qui portait le voile et qui prétendait être pieuse !
- Mounia ! tu vas la fermer ou pas ? la gronda ma mère, en lui jetant un regard coléreux.
Et mon oncle, intervint, en s’approchant de moi, et en m’examinant du regard :
- Tu as grandi ! t’es devenue super belle, comme Najla quand elle avait ton âge ?
Ma mère le tapa doucement sur son épaule, et dit en rigolant :
- Tu ne me trouves plus belle Rida ?
- Ah ! non je ne voulais pas dire ça ! et en souriant, mais tu sais la jeunesse est unique et irréversible ! à cette époque j’avais encore tous mes cheveux !
Puis tous les trois se mirent à rire, mais pas tellement gaiement, et à voix basses, alors je reculais deux pas en arrière et je disais, un peu confuse :
- Ben ! je suis venue présenter mes condoléances et m’en aller ! je vous laisse maintenant !
Et je précipitai le pas vers l’extérieur sans même attendre leur réponse, et au moment où je m’apprêtai à monter dans la voiture, j’entendis ma mère m’appeler puis s’approcha de moi et me dit en me tenant par mon poignet :
- Qu’est ce qu’il y a ma puce ? pourquoi t’es partie ?
- Je ne sais même pas pourquoi je suis venue ! je bégayai, embrouillée.
- Je suis contente que tu sois venue ! me dit ma mère, en me regardant, aimablement.
- Pas moi ! je criai d’un air belliqueux, tu feras mieux de retourner dans les bras de ta charmante maitresse et disparaître de notre vie à jamais !
- Sandra ! mais… bégaya-t-elle sans vraiment, trouver quelques choses à me raconter.
Mais je ne lui laissai le temps de s’exprimer, je montai en voiture, fermai la porte violemment puis je m’en allais, en pleine vitesse, et je baissais le rétroviseur momentanément pour que son visage ne soit pas la dernière image mémorisée dans ma tête.



2 commentaires:
Il n'est pas impossible que dans ta vie sandra, tu sois en quête de quelque chose qui remonte au temps où ta grand-mère était vivante, quelque chose que tu avais en toi et que tu considères avoir perdu . Cet objet que tu veux retrouver pourrait symboliser un désir, un rêve ou une envie par exemple, mais là c'est à toi de chercher de quoi il peut bien s'agir. Ca peut avoir un rapport avec ta famille puisqu'en cherchant cet objet, tu te retrouves en plein milieu de cette famille. C'est même certainement relié à ta grand-mère et à ton enfance. J'ai l'impression que tu as été une enfant un peu effacée, dans ton monde, mais que cette grand-mère comptais beaucoup pour toi parce qu'elle au moins savait te voir et t'apprécier. Est-ce que ça te parle ? Peut-être que l'objet de ta quête n'est autre que ton vrai "toi-même"...
elle est en quête d'amour , d'affection et de tendresse comme tout le monde: tout ce dont elle a été privé depuis son adolescence; l'amour d'une mère, l'ambiance conviviale d'une famille et l'attention et l'affection d'un père, quasi absent.
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