
- Quel argument ? Criai-je d’un ton moquer puis j’ajoutai, t’es malade Ghassen ! Ça ne se fait pas de lui demander de partir, ce n’est pas digne d’une fille de bonne famille !
- oui c’est ça ! Bafouilla-il minablement.
- et maintenant excuse-moi mais je dois rejoindre monsieur Swaya ! Et en sortant je continuai, ferme bien la porte en partant !
Il me suivit au hall et disait avec son entêtement enfantin :
- Je n’irai nulle part ! je vais rester ici au salon et vous surveiller !
Je m’arrêtai un moment en sortant un long soupire puis je repris :
- Pardon ! tu veux m’espionner ?
- Juste te protéger de cet inconnu !
- Oh ! arrête même mon père ne se comporte pas ainsi avec moi !
- Il ne t’aime pas autant que moi !
- Oui c’est surement ça ! murmurai-je en souriant puis en me rappelant, dis donc il y a pas un match cet après midi entre l’espérance et le club ?
- Oui il commencera dans une demi-heure.
- Tu m’as dit que tu comptes le regarder dans une cafétéria avec tes potes !
- Je vais le regarder chez toi !
- Je n’ai pas « Tunis7 » !
- Ce n’est pas grave je l’écouterai sur radio.
- Pour un passionné de foot je m’en doute !
Il s’approcha de moi, m’encercla avec ses deux mains et me dit en me dévorant d’un regard brulant :
- Ma passion pour toi dépasse celle du foot ma puce et tu le sais très bien !
Battue et perdant tout espoir, je ne proférai le moindre mot et je me dirigeai vers ma chambre à coucher où je trouvai monsieur Swaya bien installé sur mon bureau avec son pc et quelques papiers. J’échangeai un bref sourire avec lui puis je m’approchai de la porte avec l’intention de la fermer mais Ghassen vint et l’ouvrit complètement puis s’assit sur le canapé et ne cessa de nous guetter comme un chien de garde tous les trois minutes.
- Excuse-moi pour ce malentendu monsieur Swaya !
- Ce n’est rien ! c’est tout à fait légitime ce qu’il a fait ! il est très amoureux de toi je comprends bien sa réaction !
Je mordis ma lèvre d’indignation puis je repris en changeant de sujet :
- Alors je peux voir le travail !
- Oui bien sûr !
Il ouvra Word et en apercevant une centaine de page, je restai bouche bée et je criai comme une gourde :
- Nom de dieu ! c’est beaucoup 120 pages !
- Oui c’est un peu détaillé mais plus tu expliques les notions mieux ça sera apprécié ton travail ! et en avalant sa salive il rajoutait, la partie théorique est finie tout ce qu’il te reste à faire c’est remplir une centaine de questionnaires !
- Une centaine ?
- Oui c’est un sale boulot mais débrouille toi tu connais plein de monde, demande leur de remplir ces questionnaires pour toi ! et d’un ton sérieux il continua, et tu dois me les remettre dans une semaine pour la validation ! on est bien d’accord ?
- C’est peu une semaine !
- Il ne reste pas beaucoup de temps ! et en se rappelant, et bien sûr tu dois résumer tout le travail sur Power Point !
- Tu veux que je résume 120 pages ? tu rigoles j’espère !
- Non je suis sérieux ! et d’une voix étonnée il reprit, t’es sure que tu as un encadreur !
En riant je dis :
- Il sert à tout sauf à encadrer ! et en souriant je continuai, tu sais ce qu’il m’a dit au début de l’année ? et en imitant sa voix grave je continuai, mademoiselle dis moi tu comptes faire un Mastère plus tard ? quand je lui ai dit pas vraiment, il m’a répondu, alors démerde toi comme tu peux, et on se reverra vers la fin de mai !
- Ça alors ! je ne crois pas vraiment qu’un prof universitaire puisse se comporter ainsi avec une étudiante !
- Il était très gentil avec moi ! et en rigolant j’ajoutai en imitant encore sa voix, en cas de problème tu peux m’appeler mais je ne serai pas en Tunisie d’ici trois mois ! et en revenant à ma voix féminine je murmurai, il m’a proposé son aide au moins !
Il riait et dit avec amertume :
- Dire que moi qui ai trop envie d’enseigner je ne suis pas embauché et des gens sans scrupules le sont !
- Oui vive les pistons ! je disais en souriant.
Je ne savais pas pourquoi mon encadreur me rappelait sans cesse mon frère ; ce n’est pas d’un point de vue physique certes mais ils avaient une façon commune de faire face au monde qui les entourait avec une légèreté et irresponsabilité qui dépassaient les limites de la raison et comme me l’a dit monsieur Swaya ils n’ont ni scrupules ni regrets .Ils vivent au jour le jour sans vraiment compter ou examiner leurs actes.



5 commentaires:
j'aime enseigner, expliquer et voir progresser ...boffffff
Le métier que je fais par contre, ça brûle quelqu'un en peu de temps..
chaque boulot a ses délices:P
vivent les accidents du travail sans qui je ne pourrais pas vous lire
lotf 3lik:p
3aychek
bien hamdoullah koi que un peu fatigué
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