
Je ne sais pas comment j’ai trouvé l’audace de demander à mon petit copain de me procurer un film pornographique, pas n’importe quel film bien sûr, un film érotique où deux filles faisaient des cochonneries ensemble, je me souviens du moment fatidique où je lui ai demandé de le faire.
On était ensemble à Sidi Bou, je dégustai la crêpe que je venais de commander et lui faisait une pipe au narguilé :
- ILYES !
- Oui ma poupée !
Après un bout de moment d’hésitation, je pris mon courage à deux mains et je crachai le morceau :
- écoute, je veux te demander un truc !
- vas-y ma poupée.
- voilà, je veux que tu me procures un film porno.
Et là, mon petit copain éclata de rire et me dit :
-Sacré coquine ! Tu sais ma poupée t’as pas besoin d’un film pour te jouir je suis là moi !
- oh ! Arrête tu sais que je ne coucherai pas avec toi tant que nous ne sommes pas mariés ! Je veux rester vierge jusqu’au mariage.
- Oui c’est ça ! on est au 21ème siècle Sandra ! on n’a plus besoin de ce genre de protocole qui remonte à l’antiquité
- Je dois respecter ce genre de protocole pour honorer mon vieux papa, je disais en souriant,
En effet, j’étais la fille d’un vieux milliardaire de 75ans, qui après passé la moitié de sa vie à augmenter son patrimoine et à écraser tous ses concurrents et les nouveaux richards appartenant au domaine d’agroalimentaire, eut l’idée fastidieuse de fonder une famille, pour être franche, ce n’était pas sa propre idée mais celle de sa maman, pardon ma grand-mère , qui était atteinte d’un cancer de foie et comptait les jours qui lui restaient dans cette vie maudite puisqu’elle était dans la phase terminale et même la puissance de mon père et les millions qu’il dépensait comme il respirait n’ont rien pu apporter pour la sauver des griffes de la mort qui ait mis terme à son existence il y a 10ans. Enfin bref, mon vieux papa fut marié à une femme de bonne famille, une canon qui avait presque la moitié de son âge à cette époque là, il avait 50ans et elle à peine 24ans, ensemble ils eurent trois formidables bébés successivement, enfin un an d’écart entre moi et ma grande sœur Sana mais ils faisaient une pose de 3ans pour mettre au monde mon petit frère Bilhssan, un prénom classique qui n’ait guère plu à mon frangin, qui préférait de loin qu’on l’appelait Billy, un prénom branché comme lui. En fait, l’unique chose que j’ai hérité de ma mère était sa beauté divine, son visage angélique et son corps de danseuse , sa finesse et sa féminité excessive , ma pauvre sœur quant à elle était normale , pas laide mais pas belle de tout , elle ressemblait à mon père , un peu son portrait craché mais en version féminine, Bilhssan lui, était un mélange des deux il ait les cheveux bouclés de mon papa , sa grande corpulence, sa couleur de peau brune et de ma mère ses yeux verts pistaches et son nez fin . C’est ce que ma mère nous a laissé comme souvenir d’elle, ou plutôt comme un tatouage impossible à effacer. C’est ce que ma mère nous a collé comme étiquette signée d’elle avant de marquer l’histoire de famille Idriss par la honte, le scandale et le déshonneur.
Ma mère était très forte dans le tissage du coup qu’elle a fait à mon pauvre papa, un vrai génie qui méritait un prix Nobel de bassesse. J’avais presque 12ans, une jeune adolescente qui venait à peine d’avoir ses règles pour la première fois, lorsque j’ai appris de la bonniche que ma mère a fait ses valises et a quitté la maison vite fait sans même nous dire au revoir à moi, ma sœur et mon frère. J’étais si naïve et je ne comprenais pas ce qui se passait autour de moi, ma sœur non plus d’ailleurs, on était si jeunes pour pouvoir avaler une telle réalité de tel poids ; en deux mots et sans trop vous faire patienter ma mère avait fait une fugue avec son jeune amant qui avait 7ans de moins qu’elle, en laissant derrière elle sa famille, son mari et ses enfants ; quelques mois après avoir bombardé la dignité de mon papa et la nôtre et avoir sali le nom de famille, elle demanda le divorce et se maria le lendemain même de l’obtention du l’affirmation du juge des affaires familiales.
Tout ce que je sais d’elle désormais c’est qu’elle vit actuellement avec son mari et ses deux enfants ; mes demi frères à Londres. Quant à mon pauvre papa, qui était hyper sensible et face à cette situation scandaleuse qui resterait à jamais gravé dans son CV de vie matrimoniale, s’est noyé pour deux longues années dans un océan de dépression avant de retrouver goût à la vie ; mon père était une vraie machine de travail, on le voyait pas souvent à la maison et même les diners conviviales en famille étaient rares et comptables sur les bouts du doigts et la situation s’est encore empiré depuis la fuite de ma mère , mon père devenait plus qu’une simple machine de travail, un ordinateur de hautes performances qui ne faisait rien à part doubler sa fortune et nous faire nager dans l’opulence jusqu’à devenir l’un des cinq milliardaires les plus puissants dans toute la Tunisie et bien sûr numéro 1 à Sousse .
Ce n’est qu’après 5ans de ce scandale honteux, que mon père décida de nouveau de se marier et de nous offrir une nouvelle mère, une nouvelle opportunité d’affection et d’amour en guise de remplacement selon lui, pour nous tenir compagnie histoire de nous substituer son quasi absence journalière, il arrivait même parfois que je ne rencontrai mon père que les weekends mais bon je me suis habitué à ça, le drôle , ce que le fait de le voir 3jours successifs à la maison me paraissait anormal et intriguant parfois. Et quel remplacement ! Ma belle mère n’était rien d’autre que sa secrétaire qui avait 6ans de plus que moi et qui l’avait ensorcelé je ne sais pas comment ; pour qu’il tombe amoureux d’elle et ainsi j’ai eu non seulement une jeune belle mère mais encore un petit frère qui fêtera bientôt son 4ème anniversaire , un petit ange qui s’appelait Mohamed Ali et que j’adorais grave malgré qu’il n’était qu’un demi frère à moi et le fils d’une femme avec qui j’entretenais une liaison plutôt tendue et pimentée ; heureusement pour moi, j’étais inscrite dans le Campus de Tunis et que je ne revenais à Khozema que les weekends ce qui m’éviterait les montées de colère et les bagarres innombrables avec cette intruse convoiteuse et égocentrique.
A suivre....



5 commentaires:
ton père première fortune de sousse? il ne s'appellerait pas par hasard Zine el abidine ben Ali?
juste un éclaircissement ma chère! j'emploie le "je" car j'adore incarner mes personnages et ce n'est pas mon histoire chui pas riche et mon père n'est pas Ben Ali et puis les écrivains sont tous des menteurs sur papiers mais si ça propage dans la vie là tu peux m'en vouloir mais tant que j'écris je me tolère tout meme si je me passai pour un extraterestre ! pigé? tu dois plutôt juger le continu !
"les écrivains sont tous des menteurs sur papiers" <--- mais pas si cons..
Avec un tel talent bordelique t'auras la chance d'ecrire la 2ème partie de "Tendresse de Loup" ya mas5a
euh merci monsieur l'épouvantail je le prend comme un compliment mais je vois pas vraiment pourquoi tu détestes tant les homos, chui pas sale et chui pas comme tu le penses seulement j'écris pour tout le monde homo ou hétéro si tu lis mes autres récits tu vas te rendre compte que je n'exclus parsonne et concernant l'article par amour sur lequel t'as mis ton fameux commentaire il s'agit d'une histoire vraie que j'ai lu sur un journal il y a presque 8ans mais seulement j'ai y intégré une histoire d'amour et un peu de romance!
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