
Malgré mon allure super sérieuse, je n’ai pu lui transmettre le message. Par contre, je me suis mise à l’aider pour trouver une belle robe de soirée, pas trop dénudée, pour son « diner gala ». En fait, j’ai essayé de le lui dire mais à chaque fois elle m’entrecoupait la parole et fit des va-et –vient entre son lit et sa garde robe, pour parler de tout et de rien comme si elle ne voulait pas m’entendre. Non, je reformule, elle ne le voulait pas. D’ailleurs, c’est l’un de nos problèmes majeurs, ce manque de communication ou plutôt la manie d’entendre uniquement ce qu’on voulait entendre.
Le lendemain, je quittai la maison vers les 19H, laissant tout le monde préoccupé par les préparatifs, pour ce diner spécial à l’honneur du monsieur Mehdi, en prétendant revenir dans une heure mais en réalité, je ne comptai revenir, qu’à minuit ou plus tard même. L’important à mes yeux ou plutôt mon objectif à atteindre, fut éviter la confrontation avec ce minable.
Et comme je savais, que mon amie Oumayma, séjournait encore à la marina, je décidai de m’inviter moi-même pour passer une soirée entre fille le temps, que la petite fête familiale, prit fin.
Une fois dans les maisons de jardin, je gravitai vite le petit escalier menant vers l’appartement 4175, celui du père de mon amie et je frappais à la porte. Mais il fallut, presque un bon quart d’heure et trois ou quatre appels sur son portable pour que mademoiselle m’ouvrit finalement la porte, vêtue d’une brettelle assez dénudée et d’une jupette dévoilant des cuisses bien musclés et trop tentatrices.
- Sandra c’est toi ?
- Non plutôt sa sosie ! murmurai-je énervée, suite à l’attente, puis curieuse, t’es super sexy ce soir !
Elle recula d’un pas en arrière cache son joli corps derrière la porte puis répondit en me montrant uniquement sa tête rieuse :
- Qu’est ce que tu fais ici ?
- Ben je m’invite à passer la soirée chez toi !
- Pourquoi tu ne m’as pas appelé avant ? m’interrogea-t-elle, un peu mal à l’aise.
En hochant la tête, je mis à la regarder minutieusement puis je criai d’un ton moqueur :
- Ne me dis pas que t’es en train de prendre ton pied ?
Puis en la poussant doucement :
- Alors c’est un mec ou une fille ?
A peine ma phrase terminée et une fois dedans, je vis une fille, allongée sur le canapé en sous vêtements. Dès qu’elle m’aperçut, elle bondit vite et mit une robe de chambre, puis cria, effrayée ou plutôt honteuse :
- T’es qui toi ?
Oumayma, fermant la porte d’un coup de pied, s’approcha de moi et répondit un peu gênée :
- C’est Sandra ma meilleure amie. Et en m’interpolant, Sarah, ma copine ?
- Ta copine ? je croyais que tu sortais avec un DJ ?
- On a rompu depuis deux mois et Sarah est ma nouvelle copine ! m’expliqua-t-elle en allumant une cigarette.
Très intimidée, Sarah, hurla :
- Je ne suis pas ta copine !
En riant, elle persistait :
- Elle est bisexuelle aussi, donc ne crains rien !
Sa phrase ne me plaira point alors je criai, agressivement :
- Je ne le suis pas arrête ! mais t’es tarée ou quoi ?
Bouche bée, Oumayma, se mit à nous regarder longuement avant de retrouver sa langue :
- Arrêtez de vous coller des étiquettes !
Puis en sautant sur le canapé, et tout en souriant :
- Allez viens t’asseoir prés de moi connasse ! et en adressant la parole à sa meuf, et toi aussi ma chérie.
- Non je regrette, j ne veux pas ! puis elle se dirigea vers la chambre d’Oumayma pour se changer.
Surprise, je chuchotai à l’oreille de mon amie ;
- Qu’est ce qu’elle a ?
- Ben ! je suppose gênée, à cause de son homosexualité dévoilée !
En la tapant sur la nuque, doucement je bégayai :
- Tu prétends être ma meilleure amie et tu sors avec une fille en cachette sans me le dire ?
- Ça fait uniquement une semaine qu’on sorte ensemble !
- Qu’est ce qui fait que tout le monde craque pour toi !
En soufflant de la fumée de ses narines elle murmurai :
- Par ce que je suis moi-même et que je ne me complique jamais la vie comme certains !
Par la suite, Sarah sortit de la chambre, prit son sac à main d’un mouvement violent et cria, sur les nerfs :
- Amusez vous bien les filles ! moi je m’en vais !
Oumayma, se leva très vite, tint la main de sa copine et continua :
- Mais qu’est ce qu’il y a ma puce ?
- Je suis venue du Hammamet pour être avec toi pas avec ta meilleure amie !
Comme je ne me sentais pas la bienvenue, je me levais moi aussi, et en attrapant mon sac à main, je murmurai, avec beaucoup d’amertume :
- Bon je crois que je ferai mieux de partir.
- Non Sandra, tu…
Essaya Oumayma de me retenir mais elle fut interrompue pas sa copine, très énervée.
- Oui tu feras mieux de partir !
J’ingurgitais ma salive avec difficulté puis je quittai l’appartement sans jeter un coup d’œil derrière moi, ni attendre d’ailleurs la réaction de mon amie. Tout de suite après, je m’engouffrai dans ma voiture, et pour trois heures, je ne faisais que sillonner, chott Meriem et une partie de Hergla, avec ma voiture en essayant de me calmer, après ce fiasco de samedi soir.
De retour chez moi, vers minuit moins quart, et comme prévu, les invités étaient déjà partis. Mais, en montant l’escalier, et devant ma chambre, ma sœur qui était collé au sol, me réserva un accueil chaleureux.
- C’est maintenant que tu rentres ?
- Je rentre quand je veux.
- Oui tu me prouves toujours que tu n’es pas une fille de bonne famille ! cria-t-elle, furibonde.
- Ecoute c’est ton fiancé et ton diner gala, je ne vois pas qu’est ce qui pourra te gêner du fait que je ne sois pas présente !
- Tu as fait honte à papa ! le pauvre ne cessait de te trouver des excuses pour expliquer ton absence à un diner familial.
- C’est bon ! c’est bon ! j’ai la tête qui tourne et je ne désire me bagarrer avec toi à une heure tardive ! et en ouvrant ma porte, on reprendra la deuxième manche demain !
Puis je claquai la porte violemment et je me jetai sur mon lit toute habillée. Vers 2H du matin, je fus réveillée par la sonnerie de mon GSM et un numéro étrange s’afficha en plein écran. En décrochant, une voix masculine me parla :
- Sandra c’est toi ?
- Qui est ce ?
- C’est Mehdi !
- C’est Sana qui t’a filé mon numéro ?
- Non ! je l’ai piqué tout seul de son portable.






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