mercredi 8 avril 2009

fille de bonne famille: épisode5: Comme si rien n'était

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Elle me serra fortement et chaleureusement dans ses bras puis me couvera de bisous comme si elle trouvait quelques choses de précieux qu’elle cherchait depuis une éternité puis ses yeux se noyaient dans un océan de pleurs et reprenait d’une voix émotive :
- Tu as tellement grandi ma chérie ! à moins un je t’aurai confondu avec Najla ! tu lui ressemble tant !
Et comme je restai silencieuse elle ajouta en me regardant tout droit :
- Ne me dis pas que tu ne m’as pas reconnu ? je suis Mounia, ta petite tante qui jouait jadis avec toi au scrabble ! tu t’en souviens comment je t’ai appris l’anglais très jeune, tu dois être fière d’avoir une tante professeur d’anglais si généreuse comme moi. Essaya-elle en vain de sympathiser avec moi.
- Non je ne me rappelle pas très bien ! toi aussi tu as pris du poids !
- Oui bien sûr ! après le mariage automatiquement l’obésité nous tend les bras ! puis éclata de rire et reprit, alors tout va bien j’espère ?
- Oui cava !
- Et ton père ?
- Qu’est qu’il a ? je lançai un peu d’un ton sacripant.
- Il s’est remis ?
- Oui il s’est remarié même !
- Oui j’ai entendu parler et tu t’entends très bien avec ta belle mère ?
- Ça ne te regarde pas ! (oui j’aurai aimé lui dire cela, mais étant fille de bonne famille, on devrait toujours réfléchir deux fois avant de remuer nos lèvre) oui cava ! ça peut aller !
- Je suis contente pour toi ! puis elle ingurgitait sa salive et reprit, Bilhssan et Sana comment vont ils?
- Ils vont bien ! tout le monde est bien !
- C’est génial ! il est devenu un homme maintenant ! ah les années passent trop vite !
- Oui sûrement !
- Alors !
- Alors quoi ?
- Pourquoi tu ne passe jamais voir ta grand mère elle t’aime trop tu sais et n’arrête pas de vous évoquer chaque fois qu’on parle ; tu dois essayer de lui faire plaisir un jour et de lui rendre visite !
- Ok !
- Promet moi que tu le feras !
- C’est promis !
Mais en aucun cas, elle n’a essayé d’évoquer ma mère ou de parler d’elle éloquemment à part sûrement me trouver comme étant son portrait craché à sa jeunesse ; elle savait au fond d’elle peut être que ce que a fait ma mère est impardonnable et intolérable et que laisser l’affaire se classer et s’enterrer en silence fut le meilleur remède à notre dignité collective encore saignante.
Après cette rencontre, j’avoue que je me suis mise à songer à ma mère constamment ,à prétendre que si elle était une bonne épouse et une fille de bonne famille nous serions plus au moins comme n’importe quelle famille, heureuse vivant dans une ambiance conviviale mais son coup cinématique mis terme à tous nos rêves communs de faire partie d’une famille solidaire et chaleureuse.
Mais à peine une quinzaine de jours après, elle ne passait plus dans mon esprit c’est seulement le fait hasardeux de rencontrer ma tante Mounia qui a déclenché mes souvenirs d’elle et m’a rappelé que j’avais une mère comme tout le monde.
Je me réveillais de mon égarement dans le passé par la voix de mon copain qui me disait d’une humeur bourrue :
- t’inquiète quand on sera marié tu auras une vraie famille ?
- Salaud ! et tu crois que je suis sans famille ?
Il éclata de rire et me serra dans ses bras tout en m’embrassant sur le front pour se faire pardonner de sa bêtise si on peut la qualifier ainsi.

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